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Australie : un couple musulman très en vue entré en lutte contre les préjugés islamophobes

Waleed Aly, l’homme-orchestre d’origine égyptienne de la télévision australienne, sacré « personnalité de l’année » en 2016, quand il ne troque pas son habit de lumière pour la plume de l’écrivain ou le costume d’universitaire, pourrait paraphraser la célèbre citation de feu John Kennedy dédiée à sa femme Jacky : « Je suis l’homme qui accompagne… Susan Carland, lorsqu’elle fait son shopping à Melbourne ».

En effet, ce visage connu par des millions de téléspectateurs accorde une grande importance à l’image qu’il renvoie dès qu’il apparaît, dans l’espace public, aux côtés de son épouse convertie à l’islam, à la notoriété grandissante, et à ce que les gens perçoivent, pensent, disent ou colportent, à travers le prisme des préjugés tenaces.

En accord avec sa moitié, connue pour sa fibre féministe chevillée au cœur et les nombreuses cordes qu’elle a, elle aussi, à son arc – Susan Carland est tout à la fois universitaire, conférencière et auteure à succès – Waleed Aly s’efface volontiers pour ne pas alimenter les stéréotypes ravageurs contre son couple très médiatique, refusant de passer pour ce qu’il n’est surtout pas : le « méchant mari musulman machiste ».

De son côté, sa femme multi-casquettes qui conjugue avec talent son engagement au sein du Conseil islamique de Victoria, son rôle d’enseignante à l’université de Monash, où elle met l’accent dans ses cours sur la place des musulmanes en Australie, et l’animation de l’émission SBS Salam Café, veille à ne jamais être vue ou photographiée en train de marcher derrière son célèbre époux, craignant de donner du grain à moudre aux islamophobes de tous poils.

Il faut dire que Susan Carland n’a pas été épargnée par de violentes campagnes de calomnies sur les réseaux sociaux, au point d’être traitée de « sympathisante terroriste » pour avoir osé apporter un nouvel éclairage sur la Charia.

« Je ne suis pas désincarnée sous mon hijab », clame-t-elle haut et fort. « Oui, je suis soucieuse de l’opinion publique et je ne veux pas que les gens s’imaginent que je suis infériorisée ou mise sous tutelle, parce que j’ai la tête couverte », martèle Susan Carland qui se dit « épuisée » par l’idée reçue, largement répandue, selon laquelle le « hijab symbolise une forme d’oppression contre les femmes », mais sans pour autant capituler devant son enracinement dans les esprits.

Face à ses étudiants, elle déploie une formidable énergie pour déconstruire les préjugés pernicieux qui ont la vie dure, d’autant plus que le microcosme politico-médiatique se charge de les raviver à dessein. « L’oppression des femmes attribuée à l’islam est une notion purement occidentale », insiste-t-elle devant un auditoire suspendu à ses lèvres.

Sous les feux des projecteurs quoi qu’ils fassent, Waleed Aly et Susan Carland forment un  « couple musulman d’influence » qui attire tous les regards et déchaîne les passions, mais leur influence réelle aura-t-elle le pouvoir de changer les regards et de dissiper les fantasmes dans l’îlot lointain du multiculturalisme ?

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