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Arabie saoudite : la liberté de conscience et d’expression accusées de “terrorisme”

Elles ne sont pas en odeur de sainteté au royaume saoudien, la liberté d’expression et la liberté de conscience sont deux notions particulièrement mises à mal par les autorités et censeurs du pays, ignorées, foulées aux pieds et désormais marquées au fer rouge du « terrorisme » pour mieux les museler.

A mille lieues de l’ère historique inaugurée par la Tunisie, qui a gravé la liberté de conscience dans le marbre de sa nouvelle Constitution, l’Arabie saoudite a écrit une nouvelle page législative en s’enfonçant dans un despotisme qui crie au « terrorisme » à la moindre voix dissonante qui ose faire entendre sa différence.

Epinglée par l’ONG Human Rights Watch, dans un rapport accablant publié la semaine dernière, la nouvelle mouture de la réglementation anti-terroriste concoctée par la monarchie absolutiste heurte les esprits éclairés, épris de tolérance et de justice, qui se font les chantres du débat d’idées, car elle est le bras armé de l’anéantissement de l’expression critique, envoyant derrière les barreaux les athéistes comme les apostats, à ce petit détail près que l’apostasie est passible de la peine de la mort, les dissidents politiques comme les empêcheurs de régner en rond…

"Les autorités saoudiennes n’ont jamais toléré les critiques envers leurs politiques, mais ces lois et règlementations récentes transforment pratiquement n’importe quelle expression critique ou groupe indépendant en crime terroriste", a déclaré Joe Stork, directeur adjoint du Human Rights Watch Moyen-Orient et Afrique du Nord, déplorant vivement que "ces règlementations brisent tout espoir que le roi Abdullah ouvre la voie à une dissidence pacifique."

Il n’y a pas pire terrorisme intellectuel que la « Loi sur le terrorisme » appliquée d’une main de fer par l’Arabie saoudite, cet immense désert de la liberté de penser, qui n’en finit pas de promulguer des décrets toujours plus restrictifs qui laisseraient sans voix le plus loquace des opposants politiques saoudiens…  Si l’Occident a une fâcheuse propension à voir des terroristes derrière chaque musulman, le royaume saoudien hurle à sa manière avec les loups en voyant des terroristes derrière chacun de ses sujets un peu trop indépendant d’esprit, détonant, voire séditieux à son goût.

Ainsi, le poète palestinien Ashraf Fayad, arrêté pour "propagation de l’athéisme et cheveux longs", aura eu le triste privilège d’être l'un des premiers à subir de plein fouet cette loi qui l'a étiqueté "terroriste", tandis que la confrérie des Frères musulmans a rejoint, le 7 mars 2014, la liste noire des organisations classées "terroristes", dans une lettre de cachet portant le sceau royal.

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