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Amir Khan, le champion du monde de boxe : “Je suis fier d’être britannique et musulman”

Hors des rings où ses puissants uppercuts ont pulvérisé tous les plafonds de verre en terrassant ses adversaires depuis l’adolescence, Amir Khan, 28 ans, le champion du monde de boxe adulé Outre-Manche, a raccroché momentanément les gants pour faire parler l’homme d’origine pakistanaise qui se cache derrière le gladiateur entré dans la légende.

Boxeur multi-médaillé au grand cœur et passeur de flambeau dans l’âme, Amir Khan mise sur l’impact percutant des mots pour envoyer au tapis un terrorisme islamiste impitoyable se réclamant éhontément de l’islam, et dont les musulmans sont les victimes impuissantes, au premier chef ou collatérales, tout en réaffirmant sa fierté d’appartenance à sa terre d’adoption et sa culture d’origine : "Je suis fier d’être britannique et musulman", a-t-il récemment confié dans un entretien au Daily Star.

"Il y a un temps pour se cacher derrière un rocher et un temps pour se tenir dans les hautes herbes", a-t-il poursuivi avec le moral d’acier qui le caractérise, déterminé à livrer bataille par la force du verbe. "Ces terroristes nuisent gravement à l’image de l'Islam et des musulmans, il y a un temps pour se lever et parler", a-t-il insisté, en ayant à coeur de rétablir l’honneur outragé de sa religion et des siens.

De retour du Pakistan, où il a tenu à rendre un vibrant hommage aux 140 victimes innocentes d’une école de Peshawar, principalement des enfants de militaires, qui ont péri sous les tirs en rafale d’un commando rebelle taliban en décembre dernier, Amir Kahn garde un souvenir ému de son séjour, d’autant plus qu’il est désormais l’heureux papa d’une petite fille et que sa prise de conscience de l’horreur de ce drame absolu n’en est que plus grande.  

"J’ai moi-même une fille maintenant. Je suis allé sur place parce que je voulais dire aux jeunes enfants survivants qu’ils doivent tout faire pour surmonter leur peur et continuer à aller à l’école. Ces enfants sont si courageux avec leurs cartables sur le dos, car ils mettent leur vie en péril simplement en empruntant le chemin de l’école ! Et pourtant, ce n’est qu’à ce prix qu’ils pourront faire quelque chose de leur vie et qu’ils vaincront le terrorisme. Ne plus retourner à l’école, c’est capituler devant les terroristes, et il ne faut surtout pas les laisser gagner !", plaide-t-il sans relâche, en ayant fait de ce nouveau challenge le combat de sa vie.

C’est sur le devant de la scène publique qu’Amir Khan est prêt à répondre coup pour coup à la terreur, et en plusieurs rounds de condamnations verbales s’il le faut, tout en espérant que son immense notoriété et son style de vie multiculturel, entouré de son entraîneur Afro-américain et de son assistant personnel britannique et blanc, auront valeur d’exemple pour la jeunesse musulmane défavorisée de Bolton, dans le Grand Manchester, d’où il est originaire et porté aux nues, mais aussi au-delà, dans le reste du royaume.

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