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Affaire bikini Reims : le témoignage de Nesrine, la principale mise en cause, discrédite les artisans de la polémique passionnelle

Samedi dernier, à Reims, théâtre d’un violent crêpage de chignon entre filles de 16 à 24 ans, aux prénoms venus d’ailleurs et sur fond d’une vulgaire histoire de maillot de bain/bikini, tous les ingrédients étaient réunis pour broder un scénario explosif à souhait. Un scénario de nature à faire sortir du bois les apprentis sorciers du populisme et les associations anti-racistes, tous prompts à s’enflammer pour monter en épingle une simple dispute, certes qui a dégénéré, en affaire d’Etat aux relents islamophobes pestilentiels.

Il faut dire que le récit sensationnaliste conté par la presse locale, faisant état d’un "lynchage d’une jeune fille de 21 ans par cinq autres, au motif qu’elle bronzait en maillot de bain dans le parc Léo-Lagrange", suffisait amplement pour déclencher un emballement politico-médiatique passionnel dont on connaît les ressorts insidieux et délétères.

Mais patatras ! Le fait divers qui a provoqué un tsunami de réactions enflammées en quelques heures à peine, notamment de la part des aboyeurs de l’UMP et du FN, les pitoyables Morano, Ciotti, Philippot et Ravier, mais aussi de SOS Racisme Reims qui a improvisé en un éclair une manifestation de protestation en maillots de bain sur le lieu du délit, s’est dégonflé comme une baudruche, révélant la déraison de cette énième tempête dans un verre d’eau, et l' indignité de ceux qui l’ont exacerbée sans en vérifier la véracité, comme à l’accoutumée…

Dès dimanche, le parquet de Reims affirmait que «ni la victime ni les auteures des coups n’ont fait état, lors des auditions, d’un mobile religieux ou d’un mobile moral qui aurait déclenché l’altercation»«C’est une altercation entre jeunes filles qui dégénère après qu’une des auteures de l’agression a dit: «Allez vous rhabiller, ce n’est pas l’été», a précisé  à l’AFP la commissaire de permanence, Julie Galisson. "Une des femmes ainsi interpellée ne s’est pas laissée faire et cela a dégénéré en violences", a ajouté cette dernière.

Aujourd’hui, c’est au tour de Nesrine, la principale mise en cause, de livrer sur Facebook sa version de ce samedi après-midi à Reims très agité, mais sur lequel n’a jamais plané l’ombre de l’islam, ni de l'islamisme, et encore moins de la morale,  de la charia, de la police religieuse, voire d’un conflit civilisationnel, discréditant les sinistres artisans des peurs qui dévaluent chaque jour davantage l’exercice de la politique et la lutte contre le racisme.

Minerve autour du coup, la jeune femme affirme, face caméra :«Aujourd'hui je demande à ce que ma tête on la voit bien. Je veux expliquer les faits. Il n'a jamais été question de maillot de bain. Je suis la première à aller bronzer en maillot de bain au parc Léo Lagrange. Il n'a jamais été question de cela.

Il a été question d'un physique. Ma copine a bien dit “ce n'est pas l'été, il ne faut pas bronzer, ce n'est pas l'heure de sortir le maillot”. La personne, la soi-disante victime, a dit “vu ton corps, je comprends que tu ne puisses pas te mettre en maillot”. Ma copine a fait l'erreur, c'est vrai elle a fait une petite erreur.

Je suis venue les séparer. La victime n'a pas eu peur de me porter une gifle. Si elle avait été impressionnée, comme elle a dit, par les cinq personnes autour d'elle, pourquoi m'a-t-elle porté une gifle ? Comment vous expliquez que cette personne a eu 4 jours d'ITT, alors que j'ai eu 10 jours d'ITT par mon médecin ?

Maintenant nous sommes dans un débat politique. Là, notre histoire, nous sommes les proies faciles j'ai envie de vous dire […] Mais nous ne sommes pas des terroristes. Personnellement, puisque l'on parle de moi, je ne suis pas une terroriste, je ne suis pas tout ça, ni une policière islamique.

Je sais que je fais cette vidéo et que des racistes, des fachos vont dire "cheh [“bien fait”] tu es dans cet état". Mais je leur montre que je resterai debout quoiqu'il arrive. C'est vrai que j'ai eu des coups bas, des moments noirs comme tout le monde. Jamais je n'aurais pensé être dans une affaire comme celle-là».


 

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