Le drame de la flottille pour Gaza : une pluie de réactions

Endeuillant un convoi humanitaire attendu dans un enthousiasme fébrile à Gaza, l’acte de piraterie meurtri

lundi 31 mai 2010

Endeuillant un convoi humanitaire attendu dans un enthousiasme fébrile à Gaza, l’acte de piraterie meurtrier d’Israël a sorti momentanément la communauté internationale de son silence coupable, ponctuant ce lundi noir d’une pluie de réactions.

Dans un ballet de convocations officielles de pure forme, jouant sur leur symbolisme pour donner l’illusion d’une condamnation occidentale univoque, les ambassadeurs israéliens ont été entendus par la plupart des pays européens, dont la France, pour justifier l’injustifiable : le carnage perpétré par leur marine dans les eaux internationales.

Passés maître dans l’art subtil de la réprobation nuancée, qui désapprouve sans clouer au pilori, Washington et Paris se sont faits écho dans une harmonie de prudence, à l’instar de Nicolas Sarkozy qui est bien plus outré par "l’usage disproportionné de la force", que par l’usage scandaleux de la force tout court.

Les réunions extraordinaires se sont enchaînées, à l’image des ambassadeurs des pays de l’UE signataires d’un texte "condamnant" l’usage de la violence lors du raid israélien meurtrier et demandant une enquête "impartiale", de l’ONU qui exhorte la communauté internationale à poursuivre "les responsables du meurtre" de civils désarmés, et des ambassadeurs de l’OTAN, lesquels se réuniront mardi à la demande expresse de la Turquie.

La Turquie, où les premières clameurs de protestation populaire ont retenti, 10 000 manifestants furieux scandant "Mort à Israël" et "Soldats turcs, partez pour Gaza !", à l’unisson du gouvernement qui a tapé du poing sur la table diplomatique en rappelant sur-le-champ son ambassadeur en Israël.

Sous le choc, Israël et Gaza ont laissé éclater leur révolte, un appel à la grève générale et à des manifestations ayant été lancé parmi les 1,3 million d’Arabes israéliens, tandis que plusieurs milliers de Palestiniens se sont rassemblés dans la bande de Gaza, ainsi qu’à Gaza même, près du port de pêche où devait accoster la flottille et devant le siège local des Nations unies.

Et pendant tout ce temps là, alors que la main vengeresse d’Israël avait une résonance planétaire, le second couteau de Sarkozy, Frédéric Lefebvre nous réservait une de ses perles de la déclaration à chaud, pas encore aseptisée par la langue de bois officielle, et tellement révélatrice du parti pris pro-israélien du gouvernement, quel que soit le nouveau palier franchi dans l’horreur et l’arbitraire.

Ainsi, se laissant aller à la spontanéité, le porte-parole de l’UMP s’est quelque peu oublié en évoquant une "provocation de la part des militants pro-palestiniens", avant de se reprendre, traversé par un éclair de lucidité, dans une dénonciation tout aussi piteuse, mais que le locataire de l’Elysée ne pourra pas renier : la "surréaction israélienne".

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