Lundi 13 mai 2013
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La problématique du calendrier islamique

La problématique du calendrier islamique
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« Les ulémas n’ont pas le monopole d’interprétation de la charia. Evidemment ils doivent être consultés au premier plan sur les questions de la charia. (Mais) ce ne sont pas eux qui font la loi religieuse, de même que ce ne sont pas les professeurs de droit qui font la loi, mais les parlements » (Ahmed Khamlichi, Point de vue n° 4).

Partagez :

« Le soleil et la lune (évoluent) selon un calcul
(minutieux) » (Coran, Ar-Rahman, 55 : 5)

« C’est Lui (Dieu) qui a fait du Soleil une clarté
et de la Lune une lumière ; il en a déterminé les phases afin que vous
connaissiez le nombre des années et le calcul du temps » (Coran, Yunus,
10 : 5)

« Les ulémas n’ont pas le monopole d’interprétation
de la charia. Evidemment ils doivent être consultés au premier plan sur les
questions de la charia. (Mais) ce ne sont pas eux qui font la loi religieuse,
de même que ce ne sont pas les professeurs de droit qui font la loi, mais les
parlements » (Ahmed Khamlichi, Point de vue n° 4)
(1)

Introduction

Le calendrier islamique souffre de faiblesses indéniables.
Ses dates sont associées à des jours différents dans différents Etats musulmans
et il ne permet pas, à l’intérieur du même pays, de planifier d’activités
au-delà du mois en cours.

A titre d’illustration, le 1er shawal 1426, jour
de célébration de l’aïd el fitr, correspondait au mercredi 2 novembre 2005 en
Libye et au Nigéria ; au jeudi 3 novembre dans 30 pays dont l’Algérie, la
Tunisie, l’Egypte, l’Arabie Saoudite et une partie des Etats-Unis ; au
vendredi 4 novembre dans 13 pays dont le Maroc, l’Iran, le Bangladesh,
l’Afrique du Sud, le Canada, une partie de l’Inde et une partie des
Etats-Unis ; et au samedi 5 novembre dans une partie de l’Inde. (2)
Cet état des choses n’est nullement exceptionnel, mais se renouvelle chaque
mois.

Pourtant, le calendrier lunaire, basé sur le calcul, est en
mesure de remplir parfaitement toutes les fonctions que les sociétés modernes
en attendent. Mais, suite à l’interprétation que les ulémas ont donnée à un
célèbre hadith du Prophète sur le début des mois lunaires, le mois lunaire
islamique s’est retrouvé déconnecté de ses fondements conceptuels et
méthodologiques astronomiques, ce qui a rendu caduques les fonctions du
calendrier musulman, qui ne peut pas être établi à l’avance. (3)

De nombreux penseurs islamiques et juristes de renom se sont
sentis interpelés par cette situation et ont publié à diverses reprises, depuis
le début du 20è s., des études qui prônent l’utilisation par la communauté
musulmane d’un calendrier islamique basé sur le calcul, dont ils confirment et
démontrent la licité. La célèbre étude du cadi Ahmad Shakir (1939) (4),
aux conclusions de laquelle le professeur Yusuf al-Qaradawi s’est dernièrement
rallié (2004) (5) et les récentes décisions du Conseil du Fiqh
d’Amérique du Nord (2006) (6) s’inscrivent dans cette ligne de pensée.

Le ‘alem et le calendrier

Le Coran n’interdit pas l’usage du calcul astronomique.
Cependant, au temps de la Révélation, quand les Bédouins interrogèrent le
Prophète sur la procédure à suivre pour déterminer le début et la fin du mois
de jeûne, il leur recommanda de commencer le jeûne du mois du ramadan avec
l’observation de la naissance de la nouvelle lune [au soir du 29è j du mois] et
d’arrêter le jeûne avec la naissance de la nouvelle lune (du mois de shawal).
« Si le croissant n’est pas visible (à cause des nuages) comptez jusqu’à
30 j. ». (7)

De ce fait, à part quelques juristes isolés, dans les
premiers siècles de l’ère islamique, qui prônèrent l’utilisation du calcul pour
déterminer le début des mois lunaires (8), le consensus des ulémas se
forgea solidement, pendant 14 siècles, autour du rejet du calcul. Sur le plan
institutionnel, seule la dynastie des Fatimides, en Egypte, a utilisé un
calendrier basé sur le calcul, entre les 10è et 12è s., avant qu’il ne tombe
dans l’oubli à la suite d’un changement de régime.

L’argument majeur utilisé pour justifier cette situation a
trait au dogme : il n’est pas loisible d’aller à l’encontre d’une
prescription du Prophète. (9) Il est illicite de recourir au calcul pour
déterminer le début des mois lunaires, alors que le Prophète a recommandé la
procédure d’observation visuelle. (10)

De nombreux ulémas soulignent, de plus, que le calendrier
basé sur le calcul décompte les jours du nouveau mois à partir de la
conjonction, laquelle précède d’un jour ou deux l’observation visuelle de la
nouvelle lune. S’il était utilisé, le calendrier basé sur le calcul ferait
commencer et s’achever le mois de ramadan, et célébrer toutes les fêtes et
occasions religieuses, en avance d’un jour ou deux par rapport aux dates qui
découlent de l’application du hadith du Prophète, ce qui ne serait pas
acceptable du point de vue de la charia. (10)

Mais, depuis le début du 20è s., de plus en plus de penseurs
islamiques, ainsi qu’une poignée d’ulémas de renom, remettent en cause de tels
arguments.

A leur avis, le Prophète a simplement recommandé aux fidèles
une procédure d’observation de la nouvelle lune, pour déterminer le début d’un
mois nouveau. A l’époque, les bédouins se basaient sur la position des étoiles,
de nuit, pour se guider dans leurs déplacements à travers le désert et
observaient l’apparition de la nouvelle lune pour connaître le début des mois.
Le Prophète n’a fait que les conforter dans leurs habitudes ancestrales.

L’observation du croissant n’était qu’un simple moyen, et
non pas une fin en soi, un acte d’adoration (‘ibada). Le hadith relatif à
l’observation n’établissait donc pas une règle immuable, pas plus qu’il
n’interdisait l’utilisation du calendrier astronomique.

D’après certains juristes, le hadith ne parle même pas d’une
observation visuelle de la nouvelle lune, mais simplement de l’acquisition de
l’information, selon des sources crédibles, que le mois a débuté. (11)
Cela ouvre naturellement de toutes autres perspectives dans la discussion de
cette question.

L’Arabie Saoudite a d’ailleurs abandonné en 1999 la
procédure d’observation de la nouvelle lune, pour lui substituer une nouvelle
procédure basée sur le calcul des horaires de coucher du soleil et de la lune
aux coordonnées de la Mecque, le soir du 29è j de chaque mois. Le coucher du
soleil avant la lune indique le début du nouveau mois. Dans le cas inverse, le
mois en cours aura une durée de 30 j.

Des études, de plus en plus nombreuses, réalisées par des
astronomes musulmans au cours des dernières années, démontrent par ailleurs que
les débuts de mois décrétés dans les pays islamiques sur une période de
plusieurs décennies étaient très souvent erronés, pour toutes sortes de
raisons. (12) et (13)

L’opinion juridique du cadi Shakir

Le cadi Ahmad Muhammad Shakir (14) mérite une mention
à part dans ce débat. Il s’agit d’un juriste éminent de la première moitié du
20è s., qui occupa en fin de carrière les fonctions de Président de la Cour Suprême de la Charia d’Egypte (tout comme son père avait occupé les fonctions de
Président de la Cour Suprême de la Charia du Soudan), et qui reste, de nos
jours encore, un auteur de référence en matière de science du hadith. (15)

Il a publié, en 1939, une étude importante et originale axée
sur le côté juridique de la problématique du calendrier islamique, sous le
titre : « Le début des mois arabes … la charia permet-elle de le
déterminer en utilisant le calcul astronomique ? » (4).

D’après lui, le Prophète a tenu compte du fait que la
communauté musulmane (de son époque) était « illettrée, ne sachant ni
écrire ni compter », avant d’enjoindre à ses membres de se baser sur
l’observation de la nouvelle lune pour accomplir leurs obligations religieuses
du jeûne et du hajj.

Mais, la communauté musulmane a évolué de manière
considérable au cours des siècles suivants. Certains de ses membres sont même
devenus des experts et des innovateurs en matière d’astronomie. En vertu du
principe de droit musulman selon lequel « une règle ne s’applique plus, si
le facteur qui la justifie a cessé d’exister », la recommandation du
Prophète ne s’applique plus aux musulmans, une fois qu’ils ont appris « à
écrire et à compter » et ont cessé d’être « illettrés ».

Les ulémas d’aujourd’hui commettent donc une erreur
d’interprétation lorsqu’ils donnent au hadith du Prophète sur cette question la
même interprétation qu’au temps de la Révélation, comme si ce hadith énonçait
des prescriptions immuables, alors que ses dispositions ne sont plus
applicables à la communauté musulmane depuis des siècles, en vertu des règles
mêmes de la charia.

Shakir rappelle le principe de droit musulman selon lequel
« ce qui est relatif ne peut réfuter l’absolu, et ne saurait lui être
préféré, selon le consensus des savants. ». Or, la vision de la nouvelle
lune par des témoins oculaires est relative, pouvant être entachée d’erreurs,
alors que la connaissance du début du mois lunaire basée sur le calcul
astronomique est absolue, relevant du domaine du certain.

Il rappelle également que de nombreux juristes musulmans de
grande renommée ont pris en compte les données du calcul astronomique dans
leurs décisions, citant à titre d’exemples Cheikh Al-Mraghi, Président de la Cour Suprême de la charia d’Egypte ; Taqiddine Assoubaki et Takiddine bin Daqiq al-Eid.

Shakir souligne, en conclusion, que rien ne s’oppose, au
niveau de la charia, à l’utilisation du calcul pour déterminer le début des
mois lunaires et ce, en toutes circonstances, et non à titre d’exception
seulement, comme l’avaient recommandé certains ulémas.

Il observe, par ailleurs, qu’il ne peut exister qu’un seul
mois lunaire pour tous les pays de la Terre, basé sur le calcul, ce qui exclut
la possibilité que le début des mois diffère d’un pays à l’autre. (16)
L’utilisation du calendrier basé sur le calcul rendra possible la célébration
le même jour, dans toutes les communautés musulmanes de la planète,
d’événements à caractère hautement symbolique sur le plan religieux, tels que
le 1er muharram, le 1er ramadan, l’aïd al fitr, l’aïd al
adha ou le jour de Arafat, lors du hajj. Cela renforcera considérablement le
sentiment d’unité de la communauté musulmane à travers le monde.

Cette analyse juridique du cadi Shakir n’a jamais été
réfutée par les experts en droit musulman, 66 ans après sa publication, ce qui
conforterait la notion que les ulémas n’ont rien trouvé à y redire, sur le plan
juridique.

Il faut noter, dans ce contexte, que le professeur Yusuf
al-Qaradawi s’est récemment rallié formellement à la thèse du cadi Shakir. Dans
une importante étude publiée en 2004, intitulée : « Calcul
astronomique et détermination du début des mois », (5) al-Qaradawi
prône pour la première fois, vigoureusement et ouvertement, l’utilisation du
calcul pour l’établissement du calendrier islamique, une question sur laquelle
il avait maintenu une réserve prudente jusque-là. Il cite à cet effet avec
approbation de larges extraits de l’étude de Shakir.

La décision du Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN)

De son côté, le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN),
qui s’est senti depuis des années interpelé par cette question, a annoncé au
mois d’août 2006 sa décision mûrement réfléchie d’adopter désormais un
calendrier islamique basé sur le calcul, en prenant en considération la
visibilité du croissant où que ce soit sur Terre. Utilisant comme point de
référence conventionnel, pour l’établissement du calendrier islamique, la ligne
de datation internationale (International date line (IDL)), ou Greenwich Mean
Time (GMT), il déclare que désormais, en ce qui le concerne, le nouveau mois
lunaire islamique en Amérique du Nord commencera au coucher du soleil du jour
où la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT. Si elle se produit après
12 : 00 GMT, alors le mois commencera au coucher du soleil du jour
suivant. (6)

La décision du CFAN est d’un grand intérêt, parce qu’elle
conjugue avec une grande subtilité les exigences théologiques des ulémas avec
les données de l’astronomie.

Le CFAN retient le principe de l’unicité des matali’e
(horizons), (16) qui affirme qu’il suffit que la nouvelle lune soit
observée où que ce soit sur Terre, pour déterminer le début du nouveau mois
pour tous les pays de la planète. Après avoir minutieusement étudié les cartes
de visibilité du croissant lunaire en différentes régions du globe, il débouche
sur la conclusion suivante :

Si la conjonction se produit avant 12 : 00 GMT, cela
donne un temps suffisant pour qu’il soit possible d’observer la nouvelle lune
en de nombreux points de la Terre où le coucher du soleil intervient longtemps
avant le coucher du soleil en Amérique du Nord. Etant donné que les critères de
visibilité de la nouvelle lune seront réunis en ces endroits, on pourra
considérer qu’elle y sera observée (ou qu’elle aurait pu l’être si les
conditions de visibilité avaient été bonnes), et ce bien avant le coucher du
soleil en Amérique du Nord.

Par conséquent, sur ces bases, les stipulations
d’observation de la nouvelle lune seront respectées, comme le prescrit la
charia, et le nouveau mois lunaire islamique débutera en Amérique du Nord au
coucher du soleil du même jour. Si la conjonction se produit après 12 : 00
GMT, alors le mois commencera en Amérique du Nord au coucher du soleil du jour
suivant.

Conclusion

La problématique du calendrier islamique ne soulève pas de
difficultés au niveau de son volet astronomique. Ce sont les volets
théologique, culturel et politique qui posent problème. Les ulémas ont donné à
un hadith du Prophète sur le début des mois lunaires une interprétation qui a
déconnecté le mois islamique de son ancrage astronomique, l’exposant à tous les
aléas. Mais, comme le démontrent des juristes éminents, ce hadith peut être
analysé de diverses manières.

L’interprétation traditionnelle qui en a été donnée par les
ulémas a forgé un consensus autour du rejet du calcul, considéré comme illicite.
Mais, le cadi Shakir et le professeur al-Qaradawi affirment maintenant que
l’utilisation du calcul est parfaitement licite, parce que le hadith en
question ne s’applique plus, selon les règles de la charia, aux sociétés
islamiques modernes.

Le Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord (CFAN) a développé,
pour sa part, une solution alternative, qui se situe à mi-chemin entre les deux
positions précitées. Elle conjugue avec une grande subtilité les exigences
théologiques des ulémas avec les derniers développements dans les connaissances
astronomiques relatives au début des mois lunaires. La solution retenue par le
CFAN est particulièrement attrayante, du fait qu’elle permet de résoudre de
manière élégante un problème épineux, considéré comme insoluble pendant des
générations. En effet, elle permet l’établissement à l’avance d’un calendrier
lunaire islamique annuel, dont le début des mois est programmé sur la base du
moment (parfaitement prévisible, longtemps à l’avance) auquel la conjonction se
produira chaque mois.

Le raisonnement du CFAN peut s’appliquer, sans retouches, à
l’ensemble des communautés islamiques de la planète. Il leur permettrait d’établir ensemble, à l’avance, un calendrier islamique annuel
unique, valable en tous lieux du globe, dans le respect des règles de la
charia.

Les gouvernants des Etats islamiques, seuls vrais décideurs
en la matière, ont donc un choix à faire entre le maintien du statu quo,
l’adoption du raisonnement juridique « pur et dur » du cadi
Shakir ou l’application de la solution « intermédiaire », mais tout
de même élégante et efficace, développée par le CFAN.

Il est bon de rappeler, à ce propos, que le calendrier
julien, lui aussi, a connu toutes les mésaventures imaginables, en son temps,
avant d’atteindre son statut actuel de référence universelle, grâce aux
adaptations dont il a fait l’objet au cours des siècles. En 1267, Roger Bacon
écrivait, à son sujet :

« Le calendrier est intolérable pour le sage, une
horreur pour l’astronome et une farce pour le mathématicien ». Pourtant,
il a surmonté sa crise de croissance, grâce aux soins dont il a été entouré.
Car, comme Jules César le résume si bien :

"Nos fautes, cher Brutus, ne sont point dans nos
étoiles, mais dans nos âmes prosternées." (17)



Notes

(1) Ahmed Khamlichi : « Point de vue n° 4 »,
Rabat, 2002, p. 12

(2) http://www.moonsighting.com/

(3) Khalid Chraibi : 1er muharram :
calendrier lunaire ou islamique (Oumma.com)

(4) Ahmad Shakir : « Le début des mois arabes …
est-il licite de le déterminer par le calcul astronomique ? ». (en
arabe, publié en 1939) reproduit dans : Quotidien arabe
« al-madina », 13 octobre 2006 (n° 15878) :  href="http://ahmadmuhammadshakir.blogspot.com/">http://ahmadmuhammadshakir.blogspot.com/

(5) Yusuf al-Qaradawi : « Calcul astronomique et
détermination du début des mois » (en arabe) : href="http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2004/10/article01b.shtml">http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2004/10/article01b.shtml

(6) Conseil du Fiqh d’Amérique du Nord : href="http://www.moonsighting.com/">http://www.moonsighting.com/

(7) Al-Bokhary, Recueil de hadiths (3/119)

(8) Abderrahman al-Haj : « Le faqih, le politicien
et la détermination des mois lunaires » (en arabe) : href="http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2003/10/article03.shtml">http://www.islamonline.net/Arabic/contemporary/2003/10/article03.shtml

(9) Muhammad Mutawalla al-Shaârawi : Fiqh al-halal wal
haram (édité par Ahmad Azzaâbi), Dar al-Qalam, Beyrouth, 2000, p. 88

(10) Allal el Fassi : « aljawab assahih wannass-hi
alkhaliss ‘an nazilati fas wama yata’allaqo bimabda-i acchouhouri al-islamiyati
al-arabiyah », rapport préparé à la demande du roi Hassan II du Maroc,
Rabat 1965 (36 p.), sans indication d’éditeur

(11) Al-Ghazali, Ihya’e ouloum addine cité dans al-Ghomari
(réf. 16 ci-dessous), p 30

(12) Karim Meziane et Nidhal Guessoum : La visibilité du
croissant lunaire et le ramadan, La Recherche n° 316, janvier 1999, pp. 66-71

(13) Nidhal Guessoum, Mohamed el Atabi et Karim Meziane :
Ithbat acchouhour alhilaliya wa mouchkilate attawqiti alislami, 152p., Dar
attali’a, Beyrouth, 2è éd., 1997

(14) Ahmad Muhammad Shakir (notice biographique détaillée
en arabe) : href="http://www.islamonline.net/Arabic/history/1422/09/article17.shtml">http://www.islamonline.net/Arabic/history/1422/09/article17.shtml

(15) Un auteur de référence en matière de science du hadith href="http://www.sounna.com/article.php3?id_article=106">http://www.sounna.com/article.php3 ?id_article=106

(16) Abi alfayd Ahmad al-Ghomari : Tawjih alandhar litawhidi
almouslimin fi assawmi wal iftar, 160p, 1960, Dar al bayareq, Beyrouth, 2è éd.
1999

(17) Shakespeare :
Jules César, Acte I, Scène 2

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Commentaires

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0 points

Article qui démontre parfaitement l’urgence d’une refonte du calendrier islamique sur des bases scientifiques et non plus sur des critères politico-culturels. Un article plein de bons sens.

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0 points

assalam aleçum
Je voudrais savoir l’année héjirenne compte combien de jour ?

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0 points

L’année hégirienne est une année lunaire normale. Elle compte 354j pendant deux ans d’affilée, et 355j la troisième année. Voici l’explication :

Le mois lunaire débute au moment de la « conjonction » mensuelle, quand la Lune se trouve située sur une ligne droite entre la Terre et le Soleil. Le mois est défini comme la durée d’une rotation de la Lune autour de la Terre (29,53 j), donnant pour l’année de 12 mois une durée de 354,37 j.

Les astronomes ont posé, il y a quelques milliers d’années, la convention que des mois de 30 j et de 29 j se succédaient en alternance, ce qui permettait de faire correspondre la durée de rotation de la Lune sur deux mois successifs à un nombre de jours entiers (59), laissant à peine un petit écart qui se cumulait pour atteindre 24 h (soit l’équivalent d’un jour) en 2,73 ans. Il suffisait d’ajouter un jour tous les trois ans au calendrier lunaire pour solder cet écart, de la même manière qu’on ajoute un jour tous les quatre ans au calendrier grégorien.

Pour plus de détails, voir l’article "1er muharram calendrier lunaire ou islamique ?" sur Oumma.com (lien en bas de cette page)

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0 points

Il est dommage que l’auteur nous ne parle pas du projet de l’OCI de lancer un satellite d’observation de la lune ( ne revez pas, il ne s’agit pas de sciences !), mais tout simplement d’aider la vue humaine à voir les phases lunaires sans être genée par les nuages.

L’abstraction, du calcul donc, n ’est pas pour demain et c’est tout à fait vrai, il n ’y a de vrai que ce qui se voit à l’oeil nu.

L’avantage du satellite est que tous les ulémas du monde verront la même chose et ainsi le calendrier lunaire serait identique pour tous les musulmans, exit le calcul une fois pour toute.

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Toutes les civilisations ont d’abord commencé par prendre la lune comme horloge naturelle des mois et ont fini par constater que l’horloge solaire dont on peut suivre l’évolution à partir de l’ombre portée sur le sol est beaucoup plus fiable.

C’est cette dernière horloge qui a été internationalement et définitivement adoptée par les nations du monde avec un découpage en fuseaux horaires auquel chaque pays adhère. Les états changent, les fuseaux horaires restent.

Pour sortir de notre souk, nous autres musulmans, nous avons deux possibilités :

1. Choisir de passer du calendrier lunaire au calendrier solaire et décréter, une fois pour toute, que ramadan correspond à septembre avec ses 30 jours de jeûne.

2. Si cette solution, la plus élégante, ne nous convient pas, nous pouvons tout simplement adopter les mêmes fuseaux horaires pour la lune et laisser déterminer un calendrier ‘perpétuel’ par les astronomes. Ainsi, chaque pays faisant de toute façon partie d’un fuseau horaire fera partie d’un fuseau lunaire qui déterminera un calendrier lunaire fiable.

Ces deux solutions n’ont qu’un désavantage : celui de réduire nos palabres et nos pommes de discorde. Nous sommes si bien installés dans nos disputes dont nous connaissons toutes les ficelles que je ne saurais pas quoi produire comme discours demain si je n’avais pas à copier mes prédécesseurs.

Avec tous mes respects

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bravo pour l’article depuis le temps qu’on attendait des études plus approfondies pour alligner toute la communauté musulmane sur un meme calendrier.nos politiques font tout pour ne pas s’entendrent.deux pays limitrophes à calendrier différant:on voit la lune dans une ville frontalière mais chaque pays applique à sa manière.je pense qu’il faut vraiment arreter ses querelle et penser à l’avenir de la communauté.le jour de Aarafat est le meme pour tous les hajjis,meme chose pour l’aid akbar(le sacrifice) ;le monde musulman est obligé de s’alligné sur le calendrier de l’Arabie saoudite.il faut que nos dirigents pensent plus aux peuples(à toutes ces humiliations créaient par l’indifférence)

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Merci Khalid Chraïbi pour cette analyse.

Chaque année, on a le droit au même mélodrame pour fixer le premier jour du mois de Ramadan, ou celui de l’Aïd, chacun y va de sa version au mépris des règles scientifiques de base. Revenons à la science et seulement à la science.

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Il faut en finir avec le folklore et remettre l’interprétation l’islam entre les mains de personnes douées de raison, dotée d’une culture universelle, seul gage d’un rayonement de l’ islam.

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Excellent article dont les autorités religieuses du monde musulman devraient s’inspirer.

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Il y a une question plus lourde de conséquences qui se pose.

Le verset [10 :5] le dit clairement : non seulement la lune, mais aussi le soleil, doivent servir à l’établissement du calendrier.

Or, le calendrier dit islamique n’utilise pas le soleil.

Qui plus est, le verset [17 :12] établit sans aucun doute possible que l’année est solaire. Et les versets [12 :47-49] le confirment en montrant que les années sont corrélées avec les récoltes.

Par conséquent, il n’est pas impossible que les musulmans soient dans l’erreur depuis très longtemps du point de vue de leur calendrier.

Il ne serait pas insensé de lire de nouveau le Coran plutôt que de continuer à suivre aveuglément les opinions des oulémas.

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Maintenant que cet article vient de nous concaincre sans recours aucun à un quelconque stratagème, la suite réside maintenant dans l’action auprès des "Décideurs" pour adopter ses conclusions dans l’intérêt et le respect de la réligion musulmane sur cette planète.

Vifs remerciements et bonne gratitude au rédacteur de cet article fort utile et lumineux pour la mommunauté musulmane.

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cet article part d’un préambule faux : il part du principe que le calendrier doit être unique pour tous les musulmans de la Terre. Or c’est impossible, uniquement par le fait que la Terre est ronde : on est obligé de décréter arbitrairement une ligne de changement de date qui ne doit sa position que parce qu’elle est à l’antipode des nations dominantes.

Le calendrier musulman a comme particularité sa simplicité : il est à la portée de chaque communauté d’avoir son calendrier, uniquement par l’observation de phénomènes naturels, indépendamment de l’irrégularité des cycles lunaires (le cycle de la Lune n’est pas uniforme).

De même que les mois changent de position dans le temps (le ramadan passe dans toutes les saisons, sur ce point M. Hilout s’est ridiculisé), les mois sont différents d’une ville à l’autre.

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J’ai lu avec intérêt cet article bien informé et aux conclusions pertinentes.

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La question du décalage horaire est souvent évoquée dans les discussions concernant le calendrier islamique, pour tenter d’expliquer ou de justifier le décalage de dates observé entre différents pays. Mais, le décalage horaire n’a rien à voir avec la question.

Quand on parle de décalage horaire, c’est au sein de la même date de référence, le vendredi 2 février 2007 par exemple. Ainsi, quand il est midi au village de Greenwich (fuseau de référence GMT), il est 7 h du matin à New York ou 15 h à la Mecque, mais c’est toujours au sein de la même date du vendredi 2 février.

Et quand il est 1 h du matin à Greenwich , le vendredi 2 février, il est 20 h le jeudi 1 février à New York. A chaque jour est associé une date particulière.

Ce n’est pas le cas du calendrier islamique, où des dates différentes sont associées au même jour : aujourd’hui, c’est le vendredi 15 muharram en Arabie Saoudite, le vendredi 14 muharram en Egypte et le vendredi 13 muharram au Maroc. Le problème est de nature complètement différente.

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http://www.muslimphilosophy.com/it/works/ITA%20Pagspi%2014.pdf

salam je vous conseil ce lien pour comprendre l’importance du calendrier
lunaire.

youssef

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Après la lecture de cet article (Pertinent). Se sont commentaires qui me font réagir.

Tout d’abord, je ne pense pas qu’un sujet aussi pointu, (vulgariser par un petit article) soit à la portée de tout le monde. Ce n’est pas un débat ouvert au premier venu…

Il faut de la rigueur scientifique Car (الحكمة ظالة المؤمن فانا وجدها فهو احق بها) et théologique

وَمَا يَعْلَمُ تَأْوِيلَهُ إِلاَّ اللَّهُ وَالرَّاسِخُونَ فِي الْعِلْمِ يَقُولُونَ آمَنَّا بِهِ كُلٌّ مِنْ عِنْدِ رَبِّنَا وَمَا يَذَّكَّرُ إِلاَّ أُوْلُوا الأَلْبَابِ

S3-V7

En arabe on dit que la science se compose en trois chibr (CHIBR : la distance entre le bout du pousse et le bout l’auriculaire d’une main posé à plat et écarté). Le premier chibr rend son homme vaniteux, le deuxième le rend modeste, et le troisième lui apprend qu’il ne sait que peu de choses !
Dés lors, je recommande à certains de se resservir un chibre de science…

Ensuite, nous vivons une époque qui ressemble beaucoup à celle de l’imam EL GHAZALI.
Son courant d’idées n’a donné ces fruits qu’un sicle après (presque). Parce que le changement qui s’opère à la base met plus de temps.
Mustapha kamel, avait mit moins de temps pour changer radicalement son pays !
Je veut dire le pouvoir peu aidé nahda fikria mais il ne peu l’arrêter complètement.

Seul deux pays « musulman », La République islamique de Mauritanie et La république islamique d’Iran (Et la dernière n’est pas fréquentable …)
Bien sur, j’occulte tout les royaume…

Je ne veux pas raviver des animosités ni paraître utopique. Mais le jour où les mosquées seront pleines pour salat el fajr, ce jour là le problème du calendrier trouvera une solution,
Parce que

لا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنفُسِهِمْ وَإِذَا أَرَادَ اللَّهُ بِقَوْمٍ سُوءاً فَلا مَرَدَّ لَهُ وَمَا لَهُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَالٍ

S13-V11

Pour finir, peut être que Monsieur Chraibi a passé sa vie derrière les livres pour apprendre et qu’il a usé ses souliers à la demande de savoir pour pouvoir synthétiser en un article ce sujet.

Ce n’est pas une raison de se facher avec les Ulamas

وَأَطِيعُوا اللَّهَ وَرَسُولَهُ وَلا تَنَازَعُوا فَتَفْشَلُوا وَتَذْهَبَ رِيحُكُمْ وَاصْبِرُوا إِنَّ اللَّهَ مَعَ الصَّابِرِينَ

S8-V46

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Bonjour à tous.

Je voudrais émettre une piste de réflexion :
je suppose que les heures de prières sont déterminées par un calcul astronomique.
Pourquoi utilise-t-on le calcul astronomique pour les heures d’appel à la prière qui sont calculées à la minute près (je conviens qu’à l’époque de la révélation, on ne connaissait pas les secondes minutes et heures) alors que pour les jours de fêtes on utilise l’oeil humain ou les lunettes astronomiques ?
Existe-t-il des hadiths qui donnent des éléments sur les heures de prière ?

Merci à oumma.com de laisser les commentaires des internautes avoir une modeste place dans la toile vertigineuse.

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Un lecteur anonyme a laissé le commentaire suivant :

Il est dommage que l’auteur nous ne parle pas du projet de l’OCI de lancer un satellite d’observation de la lune ( ne rêvez pas, il ne s’agit pas de sciences !), mais tout simplement d’aider la vue humaine à voir les phases lunaires sans être genée par les nuages.

L’abstraction, du calcul donc, n’est pas pour demain et c’est tout à fait vrai, il n ’y a de vrai que ce qui se voit à l’œil nu.

L’avantage du satellite est que tous les ulémas du monde verront la même chose et ainsi le calendrier lunaire serait identique pour tous les musulmans, exit le calcul une fois pour toute.

Il a juste oublié un petit détail : si le satellite est sur le méridien de la Mecque, les indonésiens seront en train de dormir alors que c’est le coucher du soleil pour le satellite ! Réveillons-nous pour y voir plus clair.

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veuillez s’il vous plais m’envoyé un calendrier islamique

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Envoyer moi ce texte au ibou151@hotmail.com
Merci et bon ramadan à tous les musulmans que Dieu le Tout puissant accepte nos jeûnes et toute nos prières.