Eric Besson en croisade contre Wikileaks

Emporté par les flots de son débat fleuve sur l’identité nationale, déshonoré par une servilité qui a

lundi 6 décembre 2010

Emporté par les flots de son débat fleuve sur l’identité nationale, déshonoré par une servilité qui a expulsé à tour de bras, le bon petit soldat Besson, indéboulonnable en dépit du resserrement à droite du gouvernement, nous revient, démangé par l’envie de bouter Wikileaks hors de France.

Virtuose du transfert, passant du coq à l’âne avec la légèreté de l’ambitieux sans scrupule, le nouveau ministre de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, chargé notamment de l’économie numérique, a été repris par son protectionnisme aigu contre le maître de la transparence électronique : Julian Assange.

Si seulement Wikileaks pouvait débarrasser le plancher, dans un charter d’un genre particulier, mais tout aussi liberticide ! Eric Besson n’est pas homme à s’embarrasser de considérations déontologiques, voire légales, et c’est sans hésiter qu’il a demandé au Conseil général de l’Industrie, de l’Énergie et des Technologies (CGIET) de mettre fin à l’hébergement du site WikiLeaks.

Après les allers sans retour vers le non man’s land Afghan, ou vers l’inconnu sans avenir pour les Roms et les sans-papiers, le seul survivant de l’ouverture façon Sarkozy se distingue à nouveau par un excès de zèle autoritaire, qui n’est qu’une piètre posture face à la réalité juridique d’un pays de droit.

Le directeur général d’OVH Octave Klaba, qui héberge en France Wikileaks, ne l’a d’ailleurs pas envoyé dire au ministre : « Ce n’est pas au monde politique ni à OVH de demander ou de décider la fermeture ou pas d’un site mais à la justice. C’est comme ça que ça doit marcher dans un pays de droit ».

Quand l’heure était à la division pour mieux régner, il s’est fait le prédicateur d’un subterfuge identitaire, quand l’heure était à l’expulsion tous azimuts, il s’est fait le pourvoyeur des charters de la honte, quand l’instant cède à la panique sous l’effet de la déferlante Wikileaks, il se fait l’oppresseur du droit et des libertés publiques… C’est certainement à cet opportunisme là que le renégat du socialisme doit son exceptionnelle longévité à l’Elysée.

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