En 2002, l’écrivain américain Gore Vidal, qui a côtoyé John F. Kennedy, prédisait que le président George W. Bush serait « l’un des pires présidents des États-Unis ». En 2006, le journaliste Carl Bernstein, qui, avec Bob Woodward, avait contribué à la démission de Richard Nixon en révélant les méfaits du scandale du Watergate, concluait que cela a été « les cinq années les plus désastreuses de toutes les présidences américaines contemporaines » .
Il y a cinq ans,
aujourd’hui, le mardi 11 septembre 2001, les États-Unis faisaient l’objet d’une
attaque menée par un commando du groupe armé transnational Al Qaida. Cette opération,
qui fit plus de trois mille morts, représentait l’aboutissement d’un effort de
guerre inédit entamé depuis 1996 en représailles à la politique américaine au
Moyen Orient — un casus belli s’articulant autour de trois points :
la présence de troupes militaires américaines dans la région, l’aide Ã
l’occupation israélienne des territoires palestiniens et le soutien apporté aux
régimes arabes autocratiques. Entamée dès le 7 octobre suivant avec la guerre
en Afghanistan, la réaction américaine aux attaques de New York et Washington s’est,
au cours des cinq dernières années, illustrée par l’invasion de deux pays
(l’Afghanistan et l’Irak), une campagne mondiale ouverte dite « guerre
contre le terrorisme » qui, à peu de choses près et tout en refusant
obstinément de dire son nom, cible presque exclusivement des Arabes et des
musulmans, et un soutien de plus en plus direct aux ambitions israéliennes au
Moyen-Orient qui culminera avec la sixième guerre arabo-israélienne en juillet-août
2006.
Sous-tendue
par une vision politique néo-conservatrice aux relents fondamentalistes
souterrains, cette marche a rapidement aboutit à une remilitarisation des
termes de l’échange sur la scène internationale (suscitant trois nouveaux
conflits armés internationaux majeurs en cinq ans) comme elle est en passe d’intégrer
l’histoire comme l’une des incartades stratégiques parmi les plus conséquentes
des relations internationales contemporaines. De fait, en lançant, le 20 mars
2003, une guerre illégale contre un pays qui ne l’avait pas attaqué et en plaçant
la souveraineté de sa décision au-dessus de celle des organisations
internationales et régionales, l’administration Bush a franchi consciemment une
ligne qui a essentiellement renvoyé le Moyen-Orient aux dynamiques de force en
place il y a un demi-siècle. L’insécabilité de cette aventure a également guidé
l’évolution de deux autres politiques qui lui sont associées, à savoir celles de
l’Europe et d’Israël dont on peut considérer que les gestions respectives de
l’après-11 septembre ont hypothèqué, à maints égards, leurs relations avec le
monde musulman.
Aujourd’hui,
comme en 1956 lorsque la Grande-Bretagne et la France s’alliaient à Israël afin
de forcer militairement une configuration du Moyen-Orient en leur faveur, Ã peu
de choses près, seul compte le rapport de force sur la scène internationale. Traduire
en dimensions martiales des ambitions politiques est redevenu, pour trop
d’États (et, désormais, de groupes non-étatiques), une considération opérationnelle
des plus immédiates — option dont, de plus, la rationalisation s’est avérée
plus aisée qu’on ne l’aurait pensé.
Aussi,
si le leadership américain n’a pas su ou voulu prendre la mesure de la folie
que représentait l’aventure en Irak, si les intellectuels américains et européens
ont dans leur grande majorité accompagné le mouvement (souvent avec enthousiasme),
si le public américain s’est trop rapidement et trop facilement rallié au cadre
interprétatif sémantiquement nonsensique et juridiquement confus d’une « guerre
contre le terrorisme » qui rend, paradoxalement, cette population plus
vulnérable que jamais, l’action américaine s’est, au terme de ce quinquennat,
soldée par un insuccès militaire et politique qui a également été celui de ceux
qui, en Europe (à l’image des gouvernements de José MarÃa Aznar, Silvio
Berlusconi et Tony Blair) et dans le monde arabe (tels les régimes de Hosni Moubarak,
Abdallah II et la famille Saoud), leur ont emboîté le pas.
En
l’espèce, les États-Unis se seront embourbé en Irak, réussissant à ne pas
gagner une guerre qu’ils ne pouvaient pas perdre, font match nul avec une Al
Qaida dont ils avaient juré la perte et qui bénéficie passivement d’un tel
statu quo tout en se réservant le droit de frapper quand et où elle veut
(soixante-quatorze pour cent de la population américaine s’attend désormais Ã
une nouvelle attaque contre les États-Unis), et ont vu leur protégé israélien
perdre pour la première fois en soixante ans une guerre contre un ennemi arabe,
et des moindres puisque Hezbollah, qui n’est ni l’Iran ni la Syrie, n’est qu’un
groupe armé non-étatique de quelques milliers d’hommes.
En
Irak, l’argument — fallacieux — d’une guerre « préventive » menée
pour empêcher le développement et l’utilisation d’armes chimiques ayant été infirmé,
des justifications idéologiques (tout autant illégitimes) ont été substituée ex
post facto et la fiction d’un Irak indépendant en route vers le progrès et
la démocratie continue inlassablement à être présentée au monde alors même que
le chaos, la barbarité et la misère règnent en Mésopotamie. Que, de Mosul Ã
Basra, les nostalgiques de la dictature de Saddam Hussein soient devenus
légions en dit long sur l’ampleur de la déconvenue du projet américain. Le
verdict est, en effet, sans appel et les faits alarmants pour l’avenir de l’Irak
en tant que nation-État autant que pour la position des États-Unis dans la
région : de mai 2003 à mai 2006, le nombre quotidien de kidnappings a
augmenté de deux à trente-cinq ; l’opposition armée aux américains et
autres forces de la coalition est passée de trois mille à vingt mille hommes ;
le nombre des attaques quotidiennes contre les unités américaines et ses forces
supplétives de cinq à quatre-vingt-dix ; en juillet dernier, le nombre de
bombes placées aux bords des routes irakiennes a atteint son chiffre mensuel le
plus élevé depuis le début de la guerre ; enfin, plus de dix mille
irakiens ont été tués, principalement à Bagdad, au cours des quatre derniers
mois (1). On assiste, en d’autres termes, à une constante augmentation et
aggravation du désordre et de l’insécurité, en même temps qu’aucun scénario de
résolution (retrait ou maintien des troupes) ne semble recéler d’aspects
positifs tangibles et immédiats pour la résolution de l’équation irakienne.
En
Afghanistan, premier théâtre de la « guerre contre le terrorisme », les
fêlures se sont multipliées révélant la falsifiabilité de la campagne de 2002. Les
Talibans, donnés pour défaits, se sont réinstallés à travers les cinq provinces
du sud du pays et mènent, depuis le début de l’année, des attaques de plus en
plus meurtrières contre les troupes de l’OTAN qui se sont récemment substituées
aux forces américaines. Le 29 mai dernier de graves émeutes à Kaboul avaient
fait près de vingt morts, suivis, début septembre, par de nouveaux accrochages
d’ampleur toujours grandissante. Avec une quarantaine d’attentats-suicides
depuis 2005, on assiste également à l’importation de tactiques
« irakiennes ». Al Qaida aurait ainsi quitté l’Afghanistan pour y
revenir plus expérimentée en guerre non-conventionnelle. Dans certaines zones,
la situation socioéconomique est si désastreuse, en particulier en ce qui
concerne l’étendue de la pauvreté et de la corruption (les trente millions
d’Afghans dépendent en grande majorité de l’aide alimentaire), que les populations
se tournent à nouveau vers les Talibans pour l’administration de la justice
(2).
style=';;'>Un nouveau syndrome du Vietnam
style=';;'>Incapable de
consigner le déroulement de ce propos — c’est-à -dire des conséquences d’une politique
étrangère fonctionnant désormais formellement sur le mode antithétique — le système
politique américain s’est accommodé de ces revers et violences déclinées un peu
partout, et qui sont avant tout le contrecoup d’une vision impériale latente
depuis une décennie et brusquement accélérée à l’automne 2001. Partant, les
deux analogies les plus convoquées sont celles de la guerre du Vietnam, conflit
que les États-Unis ont perdu, et de l’empire romain, dont la puissance
mondialisée et le lent et vaste déclin donnent la mesure historique de la
portée des dysfonctionnements du dessein américain. L’historien américain Morris
Berman, qui avait consigné l’étiolement culturel aux États-Unis avant le 11
septembre, attribue les déboires politiques de l’après-11 septembre à une sénescence
de fin d’empire telle, précisément, celle de Rome (3).
Or, le
« fiasco » (4) américain a d’abord été bel et bien celui du
manque de compréhension de la nature des défis auxquels les États-Unis ont eu Ã
faire face suite aux attaques du 11 septembre. L’inopérabilité de la matrice réactive
pour laquelle le pays a opté s’est avant tout illustrée par des procédés
artificieux (juridiques notamment, mais également idéologiques comme la notion
de vouloir refondre une région et ses peuples dan un « Grand Moyen-Orient »
petit-fils du « Grand Jeu ») et par une impatiente logique de
criminalisation : ceux qui s’opposent — ou de par leur identité ou culte
pourraient être amenés à s’opposer — aux États-Unis et leurs alliés sont
affublé derechef du statut indélébile de « terroristes ». De fait,
l’ethos des sociétés (musulmanes) auxquelles appartiennent ces individus est conçu
comme un pathos qu’il faudrait soigner à défaut de le recoloniser. À cet égard,
le discours (Croisé) de « religion change » est le pendant politiquement
incorrect du plus connu propos de « regime change » articulé
dans la production néo-conservatrice.
Comment
l’échec américain s’est-t-il manifesté ? Stratégiquement, par le fait
qu’Al Qaida demeure, une demi-décennie après son audacieux assaut contre les métropoles
américaines, la menace la plus réelle pour la sécurité des États-Unis, étant,
entre temps devenue tout autant létale pour les alliés de Washington.
Tactiquement, par le fait que, si la guerre en Afghanistan a ôté au groupe la
possibilité d’utiliser ce territoire comme sanctuaire, celle en Irak, pour
laquelle plus de moyens ont été mobilisés, a offert à la nébuleuse islamiste un
nouveau terrain de réimplantation avec de surcroît la possibilité d’en découdre
quotidiennement avec la soldatesque américaine.
Au-delà , par la dépréciation
des valeurs libérales d’un pays au départ éminemment démocratique, l’apparition
et la mise en place quasi-institutionnelle de procédures discriminatoires, la rationalisation
de la pratique de la torture (avec parfois la complicité de médecins (5)) , le
traitement bureaucratique et la compartementalisation des violations (la
plupart des crimes commis par les soldats américains en Afghanistan, en Irak et
dans les camps de Guantanamo Bay sont demeurés impunis), la criminalisation passive
d’une catégorie de citoyens (en 2005, la liste de surveillance du
« Terrorist Screening Center » du FBI contenait près de deux
cent quarante mille noms, avec un taux d’erreur d’identification de
quarante-deux pour cent…), la multiplication de la criminalité militaire (dans
les prisons d’Abou Ghraib, Guantanamo, Bagram) avec au moins deux massacres de
civils (Mahmoudia, Haditha), et la baisse des standards de recrutement de l’armée
américaine par laquelle, selon une étude du Southern Law Center publiée en
juillet 2006, un grand nombre d’extrémistes néo-nazis, antisémites et skinheads
sont désormais présents au sein de l’armée américaine (des graffitis de la Nation
aryenne ont été vus à Bagdad). Enfin, tout en exprimant un soutien de plus en
plus entier à l’occupation israélienne des territoires palestiniens,
l’administration Bush a vu le degré d’antipathie mondiale à sa politique
étrangère aller crescendo (6).
En
d’autres termes, face à l’un des plus grands défi de leur histoire, les États-Unis
ont eu a présenter une administration des plus radicales comme ils ont fait des
choix qui ont, pour beaucoup, confirmé les vieux soupçons de « deux poids,
deux mesures » tout en semant les graines de nouveaux désirs de vengeance
parmi les nombreux ennemis et victimes de l’Amérique. À l’aune de ces critères
de démarcation et leurs prédicats concassés, on peut, dès lors, comme le fait le
diplomate américain Peter Galbraith, considérer que « la guerre en Irak
n’a avancé aucun des intérêts américains  » (7).
Si
ceci était évitable, cela était également prévisible au vu de la lisibilité
d’un propos républicain soigneusement arpenté et quasi-théorisé au lendemain de
l’arrivée de l’administration Bush. En 2002, l’écrivain américain Gore Vidal, qui
a côtoyé John F. Kennedy, prédisait que le président George W. Bush serait
« l’un des pires présidents des États-Unis ». En 2006, le
journaliste Carl Bernstein, qui, avec Bob Woodward, avait contribué à la démission
de Richard Nixon en révélant les méfaits du scandale du Watergate, concluait
que cela a été « les cinq années les plus désastreuses de toutes les présidences
américaines contemporaines » (8).
Pour
autant, nombreux sont ceux qui, en Occident et en Orient, ont accepté ou toléré
une apocryphe notion de guerre pour démocratiser, et l’illégitimité d’une telle
idée fut trop rapidement survolée comme l’a été la nature extralégale d’un
grand nombre de mesures anti-terroristes en tant que « moindre mal »
(9). À titre d’exemple, lorsque, sous une forte pression internationale et à la
demande des Nations Unies, l’administration Bush se mit à considérer la possibilité
de fermeture du camp carcéral de Guantanamo, de nombreuses voix — tel ce
professeur de droit de l’université de Chicago qui défendit la validité des
principes juridiques des incarcérations (10) — s’élevèrent pour s’opposer à une
telle décision.
À
terme, l’on a pu assister à l’éclosion d’une industrie de rationalisation
journalistique, intellectuelle et politique, installée dans une mythologie
défensive, de ce qui, en réalité, ne sont que des crimes d’État. Malgré la
descente dans la barbarité dans ce pays, le 16 juin 2006, le Congrès américain vote
une résolution déclarant que l’action américaine en Irak est centrale à la
« guerre contre le terrorisme ». Deux mois plus tard, selon un
sondage du New York Times et de CBS News, cinquante et un pour cent des Américains
estiment que tel n’est pas le cas (11). Une telle évolution, de la part d’une
population traditionnellement peu au fait des questions de politique étrangère,
constitue en soi un important désaveu du narratif avancé par l’équipe Bush
depuis l’automne 2001.
Fluxion
et muance politique aidants, l’Amérique se retrouve donc à vivre un échec patent
sans pouvoir réellement l’admettre. La rétractation leur étant contre nature et
les États-Unis étant la société de spectacle par excellence, c’est tout
naturellement à travers la culture populaire que les nécessaires palliatifs
seront trouvés. Signe des temps, c’est Hollywood qui ainsi trahira la réalité
du parallèle (longtemps rejeté) avec une autre décennie et un autre conflit
perdu, à savoir les années 1970 et le Vietnam. Aussi, depuis 2002, l’on assiste,
précisément comme cela avait été le cas trente ans plus tôt, à la dominante prolifération
de trois types de films axés sur la peur, les catastrophes naturelles et le
militarisme, le tout sous-tendu par une crainte diffuse du transport aérien
(nouveauté due à la nature du raid de septembre 2001).
Les
remakes se sont multipliés et le genre horrifique a été particulièrement
prolifique avec une déclinaison entière des frayeurs enfantines et la peur
primaire de l’inconnu à des productions plus simplement sadiques (telles « Saw »
et « Hostel » et leurs incarcérations post-Abou Ghraib). De même, le narratif du monde
nouveau du 11 septembre est donné tout naturellement aux adolescents : dans
leurs nouvelles aventures respectives, Batman combat un réseau d’Al Qaida et
Spiderman révèle volontairement son identité afin de prêter main à un
« Superhuman Registration Act » qui fait penser au Patriot Act... La
relève semble déjà assurée pour cette « longue guerre » annoncée en
janvier dernier par le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld. Une différence
de taille, néanmoins, entre le Vietnam et l’Irak : l’absence de mouvement
anti-guerre, une situation due pour beaucoup à l’absence de conscription
militaire aux États-Unis depuis 1973 mais que l’éditorialiste du New York
Times Andrew Rosenthal attribue tout autant à la pression, dans la nouvelle
Amérique, de demeurer silencieux ainsi qu’au fait que la guerre est en grande
partie occultée par les médias, notant qu’il est « difficile d’échapper
à la conclusion que les Américains trouvent bien plus facile de rester muets
lorsqu’il n’y a pas de sacrifice partagé » (12).
Au
final, la militarisation soft d’une société américaine de plus en plus apeurée,
paranoïaque et étrangement insensible à la violence que ses actions suscitent peut
être considérée comme l’expression du traumatisme du 11 septembre et d’un
sentiment rancuneux et peccant. Aujourd’hui comme hier, l’empressement Ã
accepter des images médiatiques cauchemardesques suggère l’existence de peurs
et d’angoisses susceptibles d’être aisément mobilisées (13). Illustré de
telle sorte par la culture populaire, la seule qui a une emprise réelle aux États-Unis,
cet affaissement éthico-politique s’est, dans le même temps, doublée d’une
dissolution du tissu social qui a pris la forme d’une formulation synthétique
de toutes les questions nationales.
Aussi,
la traditionnelle ignorance américaine populaire des sujets politiques a été transcendée
par un individualisme continuellement élargi qui, en l’espèce, prive tout véritable
débat d’une arène nationale tout en multipliant à l’infini les espaces
d’expression atomisés (tels les blogs où toute opinion peut s’exprimer sans
autre forme de conséquences). Selon un rapport publié en juin 2006 par le Pew
Research Center, vingt-cinq pour cent de la population américaine n’est pas au
courant des abus qui ont été commis dans la prison d’Abou Ghraib en Irak et
dans les camps d’internement de la base navale sur l’île de Guantanamo Bay.
Apathie ou anomie, cela n’a, en réalité, que peu de conséquences sur le fil des
événements ; le projet néo-conservateur est mû par une logique autonome
où, une fois acquis à travers l’artifice de l’instrumentalisation de la peur,
le rôle du public devient presque accessoire dans le cadre d’un deuxième mandat.
style=';;'>« Vieille » mais pas encore assagie
style=';;'>Alors que la
défaite américaine s’est essentiellement exprimée par une série d’actions
radicales qui, d’une part, dénotent une vision politique assez élémentaire — le
pays arabe le plus exaspérant depuis dix ans se devait de payer pour une action
menée par d’autres Arabes ; qu’importe si l’Irak baasiste et Al Qaida
islamiste avaient toujours été à couteaux tirés —, et, d’autre part, trahissent
un besoin émotionnel de revanche naguère inconséquent en realpolitik,
l’Europe aura, pour sa part, tout autant manqué le coche. Ici, l’adoption d’une
logique de mimétisme, et parfois de soumission, se fera surtout à travers
l’expression de peurs longtemps enfouies concernant la difficulté de trouver réponse
aux questions soulevées par la présence croissante, en son sein, de minorités
au lignage arabe ou musulman.
style=';;'>Une fois libéré
par le prétexte externe d’une « lutte mondiale contre le terrorisme »,
qui n’inquiétera pas outre mesure l’ETA espagnole ou les FARC colombiennes, le mélange
tour à tour opéré inconsciemment ou à dessein entre des questions socioculturelles
nationales circonscrites et un vaste conflit politique international permettra
une forme de dérobade face aux ambitions impériales américaines — velléités qu’une
Europe récemment coloniale ne sait pourtant que trop bien qu’elles ne peuvent
aboutir. Les coups de filets opérés régulièrement dans les milieux islamistes
du « Londonistan » ou ceux des banlieux françaises ou belges participent-ils
uniquement d’une logique policière dénuée de soubassements culturels ? On
le croirait volontiers si le jeune Égyptien en Allemagne, Algérien en France, Marocain
en Espagne ou Hollande, Pakistanais en Grande-Bretagne ou Tunisien en Italie n’était
pas continûment confronté à une atmosphère publique palpable où il est tenu
pour quasi-suspect.
De
fait, la perte européenne sera double puisque sans réellement opposer une
vision alternative (moins culturaliste, plus légale) au projet américain, et
tout en acceptant d’abord de cautionner passivement une campagne globale indéfinie
à l’arrimage juridique fragile puis en tolérant une guerre d’occupation illégale
en Irak, la « vieille Europe », comme l’appellera Donald Rumsfeld, verra
son inaction vertement critiqué par une Amérique belliqueuse, et, à terme, s’attirera les
foudres d’Al Qaida de Madrid à Londres.
L’un
des aspects les plus négatifs de ce bilan sera surtout celui de la complicité
dans le traitement extrajudiciaire de la menace terroriste. En contravention de
leurs propres textes constitutionnels et des chartes internationales en
vigueur, un grand nombre de pays européens ont, au cours des trois dernières
années, hébergé sur des sites tenus secrets des individus que les autorités
américaines (la CIA principalement) avaient détenus sans jugement — ce que le
président Bush admettra le 6 septembre dernier — et sur lesquels la torture a
souvent été pratiquée (14). Par ailleurs, en juin dernier, un rapport du
parlementaire suisse Dick Marty, mandaté en novembre 2005 par le Conseil de
l’Europe, avait conclu à l’existence d’une multitude de vols secrets ayant
transporté de tels prisonniers à travers toute l’Europe.
Ces
détentions secrètes comme les transferts interétatiques illégaux de prisonniers
contreviennent aux droits de l’homme et aux politiques européennes en la matière,
et leur caractère non-accidentel révèle une opération de vaste ampleur. Après
sept mois d’enquête, le rapport Marty évoque ainsi une « toile
d’araignée » de disparitions, de détentions secrètes et de mouvements transnationaux
illégaux dont les autorités américaines sont tenues pour responsables avec la
collaboration de quatorze États membres du Conseil de l’Europe.
Sans
pouvoir si aisément mettre tout les pays européens dans le même panier — en
dépit de quelques concessions importantes à Washington, la France, par exemple,
s’est, en 2003, opposée au projet américain en Irak et, en 2006, dissociée des
desseins israélo-américains au Liban — il est néanmoins possible de parler
d’échec Européen collectif puisque l’Union n’a pu arrêter une politique commune
en réaction à une série d’événements historiques. D’autre part, il y a eu une assistance
avérée au projet américain, soit activement avec la participation de la Grande-Bretagne
et, un temps, l’Espagne et l’Italie dans la guerre en Irak (mais également
l’Allemagne qui aurait fourni aux Américains des renseignements militaires (15)),
et dans les violations de droits de l’homme (à travers donc, au moins, le cas
des vols clandestins et les prisons secrètes).
style=';;'>Au lendemain du
11 septembre 2001, il était possible de croire qu’Israël risquait de tirer les
dividendes de la campagne que l’Amérique s’apprêtait à lancer contre ses
ennemis dans le monde arabe et musulman. Cela d’autant plus, qu’à l’instar d’un
certain nombre de régimes arabes autoritaires avec leurs opposants islamistes
ou de Moscou à l’égard de sa guerre en Tchétchénie, le gouvernement israélien
avait rapidement compris l’intérêt de présenter sa répression des Palestiniens résistants
l’occupation de la Bande de Gaza et de la Cisjordanie comme partie intégrante
de la « lutte contre le terrorisme ». « Israël fait le sale
boulot du monde » sera une ligne maintenue dur et ferme, et ce jusqu’à la
guerre contre le Liban cet été. Or, une telle esbroufe occulte l’illégalité originelle
des actions israéliennes d’occupation comme elle présente le bien-fondé de
l’ambiguë « guerre contre le terrorisme » comme un fait accompli.
Un
pays musulman mis sous tutelle, un nouveau pays arabe colonisé, une campagne
mondiale militaro-policière contre les groupes islamistes de tous bords, le
processus de paix mis en veille (il sera déclaré officiellement
« mort » par le secrétaire général de la ligue arabe le 15 juillet
dernier), l’autorité palestinienne mené au bord de la faillite puis boycottée suite
à sa prise de contrôle (démocratique) par les élus du Hamas, une guerre civile particulièrement
meurtrière dans le pays de la région qui avait au cours des dernières années constitué
la menace la plus sérieuse pour Israël, un regain de violences sectaires chez
son voisin du nord, et un sentiment anti-musulmans mondialement diffus doublé
de relents de racisme contre les Arabes, tout cela aurait dû en principe faire
le jeu d’Israël, sans même que cette dernière eut à s’activer substantiellement
dans ce sens.
Néanmoins — et le paradoxe n’est pas des moindres —, au cours de cette même période, Israël
aura vu son pouvoir politique diminuer, la sympathie (réflexive) dont elle fait
l’objet à travers de nombreux secteurs de par le monde céder le pas à un regain
d’antisémitisme et d’animosité grandissante à l’égard de son traitement des Palestiniens,
et, fait inédit et inattendu, son pouvoir militaire ébranlé suite à ce que Haaretz
qualifiera d’« humiliante défaite » (16) face aux hommes du
Hezbollah.
Si
une telle évolution contre intuitive a pu avoir lieu, c’est essentiellement
pour deux raisons. D’une part, accélérant un cheminement entamé sous
l’administration Clinton — qui, de Camp David à Wye River, avait petit à petit abandonné
un rôle d’arbitre du conflit au Moyen-Orient pour celui de tuteur des positions
israéliennes —, l’administration Bush a rapidement et simplement pris fait et
cause pour Israël et s’est essentiellement attelé à créer les conditions
diplomatiques, financières et politiques d’une assise militaire israélienne
durable à l’égard de la Palestine, du Liban et de l’ensemble de la région
Moyen-Orientale. Avec l’élection d’Ariel Sharon en mars 2001, que George W. Bush
qualifie d’« homme de paix » (qu’importe si une plainte pour crimes
de guerre avait été introduite contre l’intéressé à Bruxelles), l’alignement
est de plus en plus complet. Selon un ancien officiel du Département d’État sous
l’administration Bush, « le président [Bush] ne voit aucune
différence entre les intérêts américains et les intérêts israéliens en ce qui
concerne le Moyen-Orient » (17). Ce qui n’est pas sans susciter une réaction,
certes timide, au sein de cercles politiques influents aux États-Unis.
Illustrant
une telle évolution et cassant un tabou de près de soixante ans, deux
professeurs américains des universités de Chicago et de Harvard publient, en
mars dernier, un rapport d’étude sur les aspects négatifs du pouvoir du lobby
pro-israélien aux États-Unis et l’impact négatif qu’il suscite pour la
politique étrangère américaine (18). Petit à petit l’idée fait son chemin, et,
pour la première fois, la notion de séparation politique gagne en
acceptabilité. Un autre professeur, de l’université de Boston, résume le
sentiment nouveau : « Ce qui est désirable pour les États-Unis ne
l’est pas forcément pour Israël. Israël se doit de faire tout ce qui sert ses intérêts.
Cela vaut également pour les États-Unis. Nous sommes deux nations distinctes
dont les circonstances diffèrent. À un moment donné, les options israéliennes
et américaines pour faire face à la menace islamiste peuvent être différente.
Cette phase pivotale dans l’histoire moderne militaire peut peut-être nous
amener à ce moment » (19).
Plus
que jamais alliée avec Washington après le 11 septembre, Israël ne pouvait que
partager le sort des États-Unis au Moyen-Orient. Le gouvernement américain
cantonné à une position externe déclamatoire, Tel Aviv pouvait continuer à tirer
les dividendes de sa protection comme elle l’a toujours fait. L’aura du
protecteur écornée au sein même du voisinage suite à la débâcle en Irak, Israël
était condamnée à en souffrir les retombées. Au-delà de l’incompétence de la
direction militaire et politique israélienne durant le récent conflit et de la
témérité du Hezbollah, c’est cette nouvelle équation qui explique, avant tout,
la déroute israélienne.
La deuxième
raison de l’affaiblissement stratégique israélien est d’ordre interne et tient
de l’évolution de la société israélienne elle-même. Si les cinq premières
guerres avec les Arabes avaient été menées par une génération d’hommes qui étaient
motivés par un désir urgent d’asseoir leur idée d’une nation israélienne et
qui, pour certains, avaient connu l’Holocauste, les soldats qui ont tenté en
vain de prendre le sud du Liban à l’été 2006 étaient d’un tout autre calibre ;
de très jeunes recrues, peu motivées, avec en leur sein un nombre important
d’objecteurs, et qui ont, pour beaucoup, trop longtemps vécu cette « sale
guerre » d’occupation des territoires palestiniens. Faisant brusquement face
à un farouche adversaire, qui a mené avec doigté un combat asymétrique
insupportable pour toute armée conventionnelle, ces hommes pouvaient difficilement
remporter un tel conflit.
style=';;'>Ce qui ne les tue
pas les rend plus forts. L’histoire contemporaine des Arabes serait-elle une surprenante
illustration de l’aphorisme nietzschéen ? L’insupportable paralysie du
monde musulman et l’extraordinaire regain d’animosité dont il a fait l’objet de
la part de l’Occident au cours des dernières années auraient-ils combiné pour
créer les conditions, certes lentes, mais potentiellement réelles d’une
renaissance dans l’adversité ?
Artisan
de son propre malheur, le monde arabe ne l’a, en réalité, que trop longtemps été.
On peut, à cet égard, considérer que le mal que les régimes arabes
postcoloniaux ont fait à leurs sociétés respectives et au progrès potentiel du
monde arabe et musulman est incalculable. De crimes politiques en ratées
économiques, voilà un théâtre socioculturel où les frustrations ont été
croissantes depuis soixante ans. Or, dans l’après-11 septembre et avec le
regain d’autoritarisme résultante opportuniste de la « guerre contre le
terrorisme », le processus de divorce entre les populations arabes et
leurs gouvernements s’accélère. Plus ces peuples assistent à la stigmatisation
de leur religion et culture, plus ils constatent la couardise illimitée de
leurs gouvernements. Plus ils voient Israël aggraver ses crimes d’occupation en
Palestine, plus ils entendent leurs représentants palabrer sans fin pour offrir
plus de concessions à Tel Aviv. Au bout du compte, l’acuité aiguë de ces
frustrations fera le lit d’une unité dans le désespoir et d’une cassure en
forme de libération dont la sixième guerre arabo-israélienne — menée, du côté
arabe, par un groupe non-étatique — constituera le point d’orgue.
Les
principaux vainqueurs de ces cinq dernières années sont, dès lors, paradoxalement
ceux là même que l’on a trop rapidement donné comme battant retraite. Il s’agit,
premièrement, de ces mouvements islamistes qui ont réussi à s’organiser et qui
ont consciemment fait le choix de rompre avec les politiques de concessions
qu’ils estiment suicidaires. Hezbollah, Hamas et Al Qaida ont, à leurs façons
respectives qu’il importe de ne pas confondre sous prétexte qu’ils partagent des
identités religieuses et politico-militaires voisines mais loin d’être
synonymes, sont tous les trois sortis vainqueurs d’importantes épreuves dans
leurs différents parcours. Le succès, s’il est souvent mitigé et pas toujours
visible à priori — Hamas n’est-il pas paralysé ? Al Qaida n’a-t-elle pas
été affaiblie ? Le Hezbollah n’aurait-il pas aliéné un pan de la société
libanaise ? — est d’abord celui de la survie face à des ennemis puissants
et déterminés. Il est ensuite pour Hezbollah et Hamas celui de l’expansion
de leur assise populaire et, partant, de leur légitimité se doublant d’une
dimension électorale.
De
manière générale, on semble ainsi s’acheminer vers une évolution suivant
laquelle un islam politique de rébellion qui aurait pu s’avérer être simplement
une vague de mécontentement dans les années 1980 et moment d’inflexion durant
les années 1990 (par lequel l’échec d’un grand nombre d’États arabes était sanctionné
afin de forcer assainissement et développement) devient, au cours des années
2000, une formule de gouvernance démocratique des affaires internes et externes
s’inscrivant sur le long terme. Pour sa part, et si son modus operandi
d’attaques contre les civils pose un problème central, la campagne d’Al Qaida
contre les États-Unis et leurs alliés n’en rencontre pas moins de la sympathie
tacite auprès de nombreux musulmans à travers le monde et Oussama Ben Laden
demeure une icône pour des millions.
Que peut-on,
aujourd’hui, attendre de la prochaine phase de cette période que les historiens
du futur appelleront certainement l’ « après 11
septembre » et qui dépassera bientôt la durée de la deuxième guerre
mondiale ? Une aggravation de ces dystrophies qui se dessine sur trois fronts
avec, premièrement, de probables nouveaux engagements entre les États-Unis et
Al Qaida. Cette dernière a confirmé cette année, dans les récents messages
d’Oussama Ben Laden et d’Ayman el Dhawahiri, qu’elle comptait frapper Ã
nouveau, ce qui ne restera pas sans réaction des États-Unis — même s’il n’est
pas évident où et comment ces derniers réagiront. Autre signe de la paralysie
tactique des États-Unis dans ce conflit, en effet, la dissemblance des
diagnostics domine. Alors que l’organisation poursuit son expansion, à tout le
moins perceptuelle, avec l’annonce cet été de deux nouvelles cellules
officielles dirigées par un Égyptien et par un Américain, une confusion
analytique règne quant à l’évaluation de la situation ; là où un
commentateur propose que les États-Unis déclarent victoire et que l’on en
finisse (20), un autre considère que ces germes ne sont que prélude à une
prochaine guerre mondiale débutant au Moyen-Orient (21).
En
Irak, deuxièmement, on l’a vu, rarement une proposition stratégique aura été
aussi funeste. Un départ américain ferait sombrer le pays encore plus dans le
chaos et permettrait aux insurgés de déclarer victoire, le maintien des troupes
ne fait qu’aggraver la situation tout en augmentant les pertes américaines.
Ici, on peut considérer que la situation se maintiendra ainsi, « mauvais
an, mauvais an » jusqu’à ce que la prochaine administration américaine
hérite de ce fardeau et décide de s’en extirper peut-être comme l’avait fait le
gouvernement de Gerald Ford en 1975 dans le cas du Vietnam.
Enfin,
la défaite d’Israël — au terme de trente-trois jours de guerre, près de deux
cent morts israéliens dont quatre vingt pour cent de soldats, pas de libération
des otages objet officiel du litige, ni de désarmement du Hezbollah (22) — appellera
une revanche qui est sûrement déjà en préparation. Or, l’arsenal de Tel Aviv ne
changera rien au fait que, depuis deux cent ans, les guerres asymétriques ont été
systématiquement perdues par la partie la plus puissante. En appliquant plus de
force, Israël suscitera une résistance plus accrue des combattants du Hezbollah
désormais deux fois aguerris comme elle accroîtra les chances de l’entrée en scène
de la Syrie et l’Iran.
Ce
qui à son tour permettra aux États-Unis d’en découdre avec Damas et Téhéran. Ce
dernier conflit, auquel l’administration Bush semble particulièrement tenir peut-il,
en effet, rester notionnel et indirect indéfiniment ? Par la même équation
de relation entre protecteur et protégé qui a desservie Israël durant la guerre
de juillet-août 2006, Téhéran sort, pour sa part, renforcée par la performance
de son poulain libanais, ce qui peut également l’amener à prendre des risques
tactiques en voulant asseoir davantage cette position temporaire.
On le
voit, le système est condamné au renouvellement des cycles de violences et cela,
semble-t-il jusqu’à ce que la question de fond qui conditionne la situation au
Moyen-Orient, à savoir l’occupation de la Palestine, soit traitée et résolue. En
dernière analyse, les attaques du 11 septembre, et les réactions et contre-réactions
qu’elles ont suscité, auront avant tout constitué un mouvement de bascule
historique. Cinq ans après, nous ne sommes qu’à  la clôture d’un premier
acte, certes riche en rebondissements, d’une tragédie politique qui se joue
encore.
NOTES
(1) Voir Nina Kamp et Michael O’Hanlon, « The State
of Iraq : An Update », The New York Times, 16 juin 2006, p. A27 ;
Michael R. Gordon, Mark Mazzetti et Thom Shanker, « Insurgent Bombs
Directed at GIs Increase in Iraq », The New York Times, 17 août 2006, p.
A1 ; Bryan Bender, « Pentagon Studying its War Errors », The
Boston Globe, 16 août 2006, pp. A1 et A5 ; et Jerome Taylor, « At
Least 100 Die as Militia Force Drive Iraqi Troops Out of Town », The
Independent, 29 août 2006.
(2) Carlotta Gall, « Nation Faltering, Afghans’
Leader Draws Criticism », The New York Times, 23 août 2006, p. A1.
(3) Voir Morris Berman, The Twilight of American
Culture New York, Norton and Company, 2001 ; et Dark Ages America — The
Final Phase of Empire, New York, Norton and Company, 2006.
(4) Lire Thomas E. Ricks, Fiasco — The American
Military Adventure in Iraq, New York, Penguin Press, 2006Â ; et Ron Suskind,
The One Percent Doctrine — Deep Inside America’s Pursuit of Its Enemies
Since 9/11, New York, Simon and Schuster, 2006.
(5) Voir Steven H. Miles, Oath Betrayed — Torture, Medical
Complicity, and the War on Terror, New York, Random House, 2006.
(6) Brian Knowlton, « Global Image of the U.S. is
Worsening, Survey Finds », The New York Times, 14 juin 2006,
p. A9.
(7) Peter W. Galbraith, The End of Iraq — How American
Incompetence Created a War Without End, New York, Simon and Schuster, 2006.
Sur l’anatomie de ce fiasco, lire également la chronique, par le correspondant
du Washington Post, du quotidien dans la zone verte à l’époque du régime
de Paul Bremmer : Rajiv Chandrasekaran, Imperial Life in the Emerald
City — Inside Iraq’s Green Zone, New York, Knoft, à paraître fin septembre
2006.
(8) Voir son réquisitoire « Senate Hearings on Bush
Now », Vanity Fair, avril 2005, et celui de Lewis H. Lapham,
« The Case for Impeachment – Why We Can No Longer Afford George
Bush », Harper’s, mars 2006, pp. 27-35.
(9) C’est le titre de l’ouvrage d’un chantre des droits de
l’homme, Michael Ignatieff : The Lesser Evil – Political Ethics in an
Age of Terror, Princeton University Press, 2004.
(10) Eric Posner, « A Threat that Belongs Behind Bars », The
New York Times, 25 juin 2006.
(11) Carl Hulse et Marjorie Connelly, « Poll Shows a
Shift in Opinion on Iraq War – More People Say Fight Has No Link to Larger
Antiterror Effort », The New York Times, 23 août 2006, p. A16.
(12) Andrew Rosenthal, « There is Silence in the Streets ;
Where Have all the Protesters Gone ? », The New York Times, 31 août 2006,
p. A26.
(13) Voir Philip Jenkins, Decade of Nightmares — The
End of the Sixties and the Making of Eighties America, New York, Oxford
University Press, 2006.
(14) Voir Giulietto Chiesa, « Au Mépris de l’Europe et du
Droit : L’Archipel des Prisons Secrètes de la CIA », Le Monde
Diplomatique, août 2006.
(15) Michael R. Gordon, « German Intelligence Gave U.S.
Iraqi Defense Plan, Report Says », The New York Times, 27 février
2006, p. A1.
(16) Ari Shavit, « Olmert Cannot Remain in the Prime
Minister’s Office », Haaretz, 11 août 2006.
(17) Farah Stockman, « View of Common Fears Drives US-Israel
Policy », The Boston Globe, 18 août 2006.
(18) John J. Mearsheimer et Stephen M. Walt, « The
Israel Lobby and U.S. Foreign Policy » Working Paper RWP06-011, John F. Kennedy
School of Government, Harvard University, mars 2006. Voir également le débat
entre les auteurs (rejoints par l’ancien conseiller national à la défense
américain, Zbigniew Brezinski) et leurs détracteurs dans le numéro d’août 2006 de
la revue Foreign Policy.
(19) Andrew J. Bacevich, « No Win », The Boston
Globe, 27 août 2006.
(20) James Fallows, « Endgaming the Terror
War », The Atlantic Monthly, 298, 2, août 2006, pp. 60-75.
(21) Niall Fergusson, « The Next War of the
World », Foreign Affairs, 85, 5, septembre-Octobre 2006.
style=';'>(22) Herb Keinon, « Israel Gives Up
on Disarming Hizbullah », The Jerusalem Post, 24 août 2006.
Commentaires
Une analyse épatante de la politique américaine au Proche-Orient
Un ravissement de l’esprit que cette lecture de l’article Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou
Les américains n’ont jamais rien compris au Proche-Orient, ils sont obsédés par la protection d’ Israël et le pétrole. Ils cherchent à imposer la démocratie à coup de missiles, et pourtant eu Europe, et aux Etats-Unis, la démocratie est advenue à l’issue d’un processus politique. Les américains feraient mieux de s’occuper de leur propre pays, où il y a des millions de pauvres. Le Proche-Orient n’ a pas besoin des ingérences américaines.
J’ai été impressionné par la justesse des arguments. On sent que l’auteur de ce texte est un véritable spécialiste, un expert stratégique confirmé ! Triple bravo ! ça nous change des rabateurs pro atlantistes qui se sont succédes ces derniers jours dans les médias
Un article précis, une démonstration cinglante de l’échec totale de la politIque américaine, à laquelle nous étions sommés de nous soumettre
André
militant anti-libéral.
Voilà une autopsie du fiasco de l’Oncle Sam comme j’aimerais en lire plus souvent dans la presse française dite « grande », dont un certain quotidien du soir avait affirmé par la plume de son directeur « nous sommes tous des américains », on nous prend vraiment pour des gogos. Le journal le Monde est à la solde des puissants de ce monde, où est la fameuse éthique journalistique ?????????
Excellent article qui ne verse pas dans l’autocélébration béate. Car au cours de cette célébration très hollywoodienne du 11 septembre et avec tout le respect que l’on doit aux victimes, chaque individu doit faire montre de compassion et verser une larme ( même de crocodile) sous peine d’être taxé d’américanophobe, ou d’être accusé d’être des alliés de l’islamisme radicale. Les Etats-Unis d’amérique demure une nation impérialiste ( je rappelle que je ne suis pas marxiste), qui souhaite faire du monde un immense marché où l’individu ne serait qu’un producteur/consommateur pour délaisser tout idéal humaniste permettant ainsi d’avaliser l’empire américain sans mot dire. L’uniformisation des comportements par le marché est le stade suprême du libéralisme US, qui n’est rien d’autre qu’une nouvelle forme de totalitarisme
Merci beaucoup pour cet article intéressant. Je suis d’accord que le problème de fond est celui de la Palestine. Le monde ne peut pas connaitre de stabilité tant que l’injustice règne en maitre. Personnellement je ne crois pas que les civilisations se confrontent naturellement mais que ce sont les humains qui les poussent à se déchirer entre elles. Aucune religion n’est terroriste par nature mais c’est l’injustice et l’incapacité qui poussent le faible à faire usage du terrosisme pour se défendre. Espérons en un avenir meilleur pour nos enfants. Salam à tous.
Remarquable M. Ould Mohamedou. Le présentateur Serge Moati aurait été inspiré de vous inviter au cours de son émission Ripostes sur France 5, consacré au 11 septembre, avec un titre alarmiste : « 11 septembre : début de la troisième guerre mondiale ? ». La plupart des invités étaient d’une incompétence effroyable, et se sont contentés de chanter un hymne à Israël, seule démocratie de la région. Pitoyable comme d’habitude, toutes ces émissions de propagande.
Bush est une menace pour la paix, ce sous président a une réthorique guerrière qui rappelle les pires moments des croisades. Le plus étonnant, mais faut-il s’en étonner, est qu’en France certains tenants d’une « laïcité » laïcarde admire Bush, je pense notamment à BHL, Finkie, Philippe Val, voire Malek Boutih, et son ex-ami Doc Gyneco reconvertit en propagandiste ultra libérale Bushiste, mais version sarkoziste.
Merci Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou pour cette brillante analyse
Les américains se sont pris plusieurs revers au Proche-Orient, (Irak, Afghanistan et bientôt Iran) à vouloir assurer une hégémonie dans cette partie du monde, les Etats Unis battent des records d’impopularité, même en europe.
Que dire de plus, Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou, si ce n’est que j’adhère en tout point à votre papier.
Je suis très étonné qu’il n’y ait, dans les messages publiés, aucun "opposant" à cet article.
Salut et fraternité. Ni dieu, ni maitre.
Un anar.
Je pense que votre article est intéressant à bien des égards. Cependant, j’estime que vous qui avez une certaine analyse sur le comportement du gouvernement US vous devriez revoir votre analyse de départ qui semble incomplète. Vous devriez vous documenter sur les évènements du 11 septembre 2001 qui n’ont pas été orchestré par des arabo-musulmans comme on veut bien nous le faire croire (voire notamment à ce sujet le site http://reopen911.online.fr et vous comprendrait). Amicalement.
Un citoyen français pacifiste
Ce texte d’une grande clairvoyance tombe à pic, je lisais , il ya quelques jours le livre de Gilles Kepel : « Fitna, guerre au coeur de l’islam. » Voilà ce que dit Kepel au sujet de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient, telle qu’elle est voulue par les néoconservateurs. La disparition du regime de Saddam Hussein « en châtiant de façon exemplaire un despote qui a infligé à sa population des épreuves terribles, elle doit favoriser la transition démocratique en permettant à la société civile débarassée du dictateur de parvenir au pouvoir. Enfin elle ouvrira une ère de prospérité eu Proche-Orient, inaugurée par la reconstruction de L’Irak et financé par son abondante production pétrolière. L’exemple irakien galvanisera les populations des Etats voisins, incitées à renverser leurs propres dirigeants, cela permettra au Moyen-Orient de devenir in fine une région normalisée insérée dans le processus de normalisation (...) »
Comment Kepel qui est présenté comme un expert du monde arabo-musulman, peut présenter la stratégie des néonconservateurs comme une fable à dormir debout destinées. C’est proprement incensé
Bush et ses amis criminalisent tous ceux qui cherchent à résister à l’odre américain. N’étant pas musulman, j’estime néanmoins que la démarche du Hezbollah s’inscrit dans une démarche de résistance, je le dis d’autant plus que je suis issu d’une famille de résistants français. L’occupation appelle toujours la résistance, De Gaulle l’a signifié publiquement à l’endroit d’Israël.
Certes l’article offre une analyse documentée, mais je m’interroge sur la responsabilité de la rue arabe. Comment cette population éprise de justice, nostalgique de la grandeur civilisationelle de l’islam, peut-elle à ce point demeurer inerte politiquement devant ces régimes arabes autoritaires et corrumpus, alliés de Washington. Là est la vraie question, à laquelle Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou n’ pas répondu, malgré la qualité du texte. Nous français avons renversé la monarchie, les pays d’Amérique du Sud se sont débarassés de leurs dictatures, les pays de l’est en ont fait autant des régimes communistes autoritaires, seuls les peuples arabes et musulmans ont maintenu leur dictatures. Alors pourquoi ?????
« On le voit, le système est condamné au renouvellement des cycles de violences et cela, semble-t-il jusqu’à ce que la question de fond qui conditionne la situation au Moyen-Orient, à savoir l’occupation de la Palestine, soit traitée et résolue. En dernière analyse, les attaques du 11 septembre, et les réactions et contre-réactions qu’elles ont suscité, auront avant tout constitué un mouvement de bascule historique. Cinq ans après, nous ne sommes qu’à la clôture d’un premier acte, certes riche en rebondissements, d’une tragédie politique qui se joue encore. »
Votre conclusion M.Mahmoud Ould Mohamedou est malheureusement pertinente, le proche-orient risque de de connaître de nouveaux bouleversements, toujours comme vous l’affirmez dans le cadre de nouveaux cycles de violences.
Article intéressant, passionnant même mais surprenant quand même !
A la lecture, j’ai l’impression qu’il n’y a pas eu de 11 / 9 ou plus implicitement que c’est un juste réponse à je ne sais quel crime...Il y a eu un 11/9 commis par des gens qui ont revendiquer leur crime en utilisant un argumentaire religieux. Fallait-il s’attendre à une absence de réaction américaine ? Il ne faut pas être naïf après tout quel Etat accepterait d’être attaqué et de laisser l’ensemble sans réponse ? Je souligne qu’Al Qaïda s’inscrit elle-même dans cette logique de "clash des civilisations", ce n’est pas une invention américaine quand même, il y a des textes dessus ! Que le Moyen-Orient ait "loupé" son développement, c’est son problème mais il serait bon de l’analyser avec raison et non idéologie ; après tout l’Occident n’a pas tout gagné en un jour ! Or à lire les textes , on pourrait croire que l’Occident a tout pillé et volé cette région !!
L’échec américain en Irak est patent mais une guerre n’est pas finie et je me demande ce qui se serait vraiment passé si cela avait explosé sous Saddam... Bref , je m’arrête...Mon petit mot passera peut-être...
Voici une analyse lumineuse de la situation actuelle .Merci de ce travail et bravo pour vos compétences !
Alors maintenant:quid de l’avenir ?Pour le préparer et agir,votre article nous souffle des voies:seuls "les hommes de bonne volonté"ceux qui sont pour la paix ,doivent œuvrer pour pousser les deux parties à négocier,ce qui ne peut se faire qu’avec l’ennemi .Mais pour en arriver là ,il faudra que les peuples poussent leurs dirigeants à le réaliser.Hélas c’est une œuvre de longue haleine que d’éclairer les peuples sur les enjeux véritables des conflits que les dirigeants préfèrent réaliser afin de conserver leur pouvoir("On ne rassemble qu’en créant un ennemi extérieur "rappelle Freud), et voilà où votre article nous emmène,il faut le faire connaitre,(ce que j’essaye en l’envoyant à mes connaissances).
Bon courage
Les discours incantatoires de condamnation du terrorisme ( qu’il faut en effet condamner avec vigueur) seront totalement inopérants si un effort de compréhension de ces attentats ( comprendre n’est pas approuver) n’est pas consenti.
On lutte mieux contre ses ennemis avec un diagnostic sérieux des raisons qui les incientent à passer à l’action.
Le texte de Mohammad-Mahmoud Ould Mohamedou fournit des éléments de réponse imparables.
Vouloir conférer à ces attentats une dimension religieuse est totalement inepte, ou plutôt, il démontre que certains idéologues ou autres journalistes ont d’autres motivations que celles de la véritable lutte contre le terrorisme, motivations politiques comme diffuser un sentiment d’angoisse auprès des populations occidentales pour mieux asseoir une politique ultra sécuritaire, ou pour d’autres entretenir le climat de guerre civilisation, où l’slam tient une place de choix.
Jamais aucune nation n’est parvenue à asservir le Moyen Orient. Les mongols qui voulaient en faire une immense steppe se sont tout simplement convertis à l’Islam. Les nombreuses croisades dans le passé se sont soldés par l’échec et mat. En d’autres termes, tôt ou tard tous les intrus déguerpiront à leur tour, car l’air est irrespirable pour ceux qui ne savent s’insérer par la bonne foi et les bonnes actions. Les populations du Moyen Orient sont de vieilles populations, extrêmement résistantes. Elles ont le souffle long et le monde le comprendra. Par expérience, la France a eu raison de mettre en garde les Etats Unis de ne pas aller en Irak. Lors d’une émission télévisée, en présence du conseiller influent de la Maison Blanche (Pearl), l’ex ministre Raymond Barre a bien éclairé les instigateurs sur ce qui les attendaient. Mais il faut passer par le terrain et constater le nombre considérable des morts et des détraqués mentaux résultants pour comprendre
A bon entendeur salut !
Sur les motivations de Ben Laden, je renvoie au très détaillé rapport du juge Garzon en 2003 publié en son temps par le Monde.
Il démonte le parcours de Ben Laden depuis son enfance et adolescence de gosse de riche (d’ultra riche), ses combats en afghanistan, sa "démobilisation" après le retrait de l’Union Soviétique jusqu’Ã
sa déclararation de guerre aux Etats-Unis en 1993.
On est donc bien avant Bush, n’en déplaise à ceux qui lui attribuent toute les responsabilités possibles et imaginables.
On sait par ailleurs quels sont les objectifs politiques de Ben Laden et d’Al Quaeda, il s’agit de rétablir le califat sur l’ensemble des zones du monde qui sont aujourd’hui musulmanes ou l’ont été (par exemple l’Espagne). Le côté réaliste ou non de ce projet importe peu, mais il est la motivation de sa guerre. Elle vise les pays occidentaux en général mais bien entendu en premier les Etats-Unis et Israël.
Elle vise aussi les régimes de pays arabes jugés corrompus, à commencer par le sien. Il faudrait peut être se souvenir que ces régimes ne sont pour la plupart pas des créations des occidentaux. La vaste majorité de ces pays a adopté dans les années 50-60 un régime de type marxiste soutenu par l’Union Soviétique avec son corollaire de dictature et de misère économique qui explique peut être le retard dans lequel ils se trouvent aujourd’hui.
Ceci dit l’Arabie Saoudite est un pays allié des Etats Unis depuis 1945 suite à un deal sécurité d’approvisionnement en pétrole contre sécurité du royaume. La famille Saoud, qui s’était engagée à lever les arabes contre l’empire ottoman pendant la 1ère guerre mondiale (Lawrence d’Arabie), en échange de la création d’un royaume d’Arabie indépendante ne parvint à ses fins qu’en 1932.
Certes le pays regorge d’argent du pétrole, preuve peut être qu’il n’a pas été entièrement pillé par les occidentaux, mais il a un régime islamique des plus stricts. Il est donc savoureux de voir Ben Laden s’en prendre à ce régime, sa famille. Les psychanalystes trouveraient peut être quelquechose à dire là -dessus.
On voit dans la chronologie des attentats d’Al Quaeda visant les Etats Unis que ceux ci ne font pas grand chose pour riposter. Beaucoup reprocheront à Clinton sa faible réaction après les attentats contre les ambassades américaines en 1996. Sans doute, comme dans tous les pays démocratiques confrontés au terrorisme, les politiques et l’opinion pensent qu’on peut contrôler la situation avec de la police et du renseignement.
Mais survient le 11/9. Je n’ai personnellement aucun doute que si Al Quaeda avait disposé d’armes capables de plus de destructions encore ils en auraient fait usage.
Alors que fait on ?
Si on suit beaucoup de ceux qui écrivent sur ce site, les choses sont très simples, il n’y a qu’un responsable, l’occident avec à sa tête les Etats Unis.
Tout ce qui ne va pas dans le monde arabo musulman est de la faute des occidentaux, il n’y a jamais d’examen critique de sa propre responsabilité.
Ces thèses sont des échos en tout point semblables aux diatribes anti-impérialistes des marxistes qui ont duré jusqu’à la chute du mur de Berlin et continuent chez certains nostalgiques que l’on trouve surtout dans ce qu’on appelait l’ouest à l’époque et singulièrement en France.
Les habitants d’Europe de l’est eux, qui se sont libérés de ce joug savent ce qu’il en est de cette propagande et combien ils on souffert de la servitude.
Il faudra bien que les populations arabo musulmanes prennent quelques risques si elles veulent sortir de leur servitude actuelle et ne pas tomber dans celle promise par Ben Laden.
Mais pour que les populations concernées ouvrent les yeux, encore faudrait il que des politiques, des intellectuels s’engagent et les guident. Au lieu de quoi, on voit ressasser les mêmes idées paranoiaques de victimisation qui n’ont pour but que de servir les intérêts de ceux qui tiennent le pouvoir ou qui rêvent de s’en emparer (les islamistes). Quand j’entends des universitaires égyptiens venus en France prétendre que le 11/9 est un coup monté des Etats-Unis, je suis catastrophé. Quelle est la responsabilité première d’un intellectuel ? On cherche les Vaclav Havel arabes !
Le monde change très vite Aujourd’hui des pays d’Asie qui étaient dans le tiers monde il y a 40 ans entrent dans celui des pays développés. Qui a dit que les pays du monde arabo musulman n’avaient pas toutes les chances de pouvoir en faire autant, certainement pas les occidentaux. Le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Developpement) a émis un rapport fait par des universitaires égyptiens (pas les mêmes que précédemment à l’évidence) qui indique la stagnation du développement humain dans toute cette zone. Il indique que le nombre total de livres traduits depuis le 8ème siècle (100000) est celui annuel de l’Espagne. A qui la faute, aux occidentaux ?
On est au début d’un changement radical du monde, de la même ampleur que la révolution industrielle du 19ème siècle. Il appartient aux arabo musulmans de décider si ils veulent monter dans le train ou rester sur le quai à se lamenter.
Bravo pour cette remarquable analyse. Je viens de lire votre ouvrage "Contre-Croisade" et suis impressionné par son exceptionelle qualité.