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USA : une hôtesse de l’air musulmane mise à pied pour son refus de servir de l’alcool

Débarquée brutalement, le 25 août dernier, de la compagnie aérienne américaine Express.Jet qui l’employait depuis trois ans, Charee Stanley, une hôtesse de l’air récemment convertie à l’islam, proteste aujourd'hui contre une mise à pied arbitraire et une sanction discriminatoire qui ne dit pas son nom.

En effet, la jeune femme, dont la rigueur professionnelle et l’amabilité envers les passagers n’ont nullement été prises en défaut, paie le prix fort de son refus de servir de l’alcool, alors que, en l'absence d'une réponse de sa direction à sa requête d'accommodement religieux, elle avait réussi à contourner cet écueil en confiant cette tâche à ses collègues de cabine, en parfaite concertation avec ces dernières.  

Bien que la qualité de son service n’ait en rien été affectée par cet échange de bons procédés avec ses co-équipières, Charee Stanley a été placée en congés administratifs pendant 12 mois, à sa grande stupeur.

C’est tout naturellement vers le CAIR, l’organisation phare de défense des droits des musulmans Outre-Atlantique, que s’est tournée cette hôtesse de l’air désemparée, suspectant fort que sa décision de porter le voile ait également pesé lourd dans la balance. Une suspicion qui s’est très vite confirmée à la lumière de l’enquête interne menée par le CAIR, révélant qu’un employé de sa compagnie avait bel et bien porté plainte contre elle pour « port du voile ».

S’insurgeant contre un renvoi abusif, l’avocate attitrée du CAIR du Michigan, spécialisée dans le droit du travail, s’est immédiatement fendue d’un courrier pour rappeler à la direction d’Express Jet la règle d’or, en l’espèce bafouée, de « l’accommodement raisonnable ». "Nous avons informé ExpressJet de son obligation de répondre favorablement à la demande d’accommodement religieux de Mme Stanley concernant le service d’alcool, conformément à la loi en vigueur", a stipulé Lena Masri dans un communiqué.  " Au lieu de cela, ExpressJet a délibérément choisi de violer les droits constitutionnels de Mme Stanley", a-t-elle ajouté, en indiquant que le CAIR allait saisir la justice.

"Je ne pense pas que je devrais avoir à choisir entre la pratique de ma religion et gagner ma vie (…) parce qu’ils sont tous les deux importants", a insisté pour sa part Charee Stanley depuis le tarmac de l’aéroport, d’où elle espère pouvoir à nouveau s’envoler et s’acquitter au mieux de sa mission au service des passagers.

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