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Une première à Christchurch : deux candidats musulmans se présentent aux élections locales

Dans une lointaine Nouvelle-Zélande idéalisée, qui se rêvait elle-même en havre de paix immunisé contre le terrorisme aveugle, et où la vie a repris doucement ses droits, aucun musulman n’est ressorti indemne de l’épouvantable tragédie de Christchurch.

A l’instar de nombre de leurs coreligionnaires qui peinent à s’en remettre, il y a eu un avant et après 15 mars 2019 pour Gamal Fouda, l’imam miraculeusement épargné de l’une des deux mosquées endeuillées, et Zahra Hussaini, une doctorante en sciences appliquées qui, depuis, n’a plus jamais repris le chemin de l’Université.

Ce terrible drame, qui provoqua une immense onde de choc émotionnel à l’échelle nationale, leur fit l’effet d’un puissant électrochoc, au point de vouloir donner un nouveau sens à leur vie, de lui insuffler un souffle nouveau.

Cinq mois après l’innommable, ces deux administrés musulmans de Christchurch ont à coeur d’ériger des ponts au-dessus de la haine de l’altérité dévastatrice, semeuse de malheur et de mort.

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Forts de l’estime dont ils jouissent et de leur ancrage local, Gamal Fouda et Zahra Hussaini ont décidé de s’investir sur le terrain, au service des habitants de leurs circonscriptions respectives. Ils veulent agir au mieux dans le seul et unique intérêt de leurs concitoyens de Riccarton et Waimari, quelles que soient leurs origines, leur couleur de peau, leur confession, leurs attentes et autres doléances.

Le Prince William témoignant sa compassion à Gamal Fouda, lors de sa venue à Christchurch

En plus d’aspirer à redonner ses lettres de noblesse à la gestion des Affaires de la cité, ces deux néophytes en politique, qui briguent un siège aux prochaines élections cantonales, ont en commun d’écrire une nouvelle page de l’histoire de leur ville : ils sont, en effet, les deux premiers candidats de confession musulmane à se présenter devant les électeurs. Zhara Hussaini réussissant même un doublé, en sa qualité de première candidate musulmane voilée.

Sans se consulter mais en parfaite osmose, ils se font les chantres de la tolérance religieuse et de la compréhension mutuelle partout où ils passent, tout en promettant de faire de la lutte contre le racisme et de la résolution des problèmes liés au logement, à la jeunesse, à la préservation de l’environnement, les axes forts de leur programme.

« La tolérance et la compréhension des autres cultures sont très importantes et contribueront à la cohésion et à l’harmonie dans notre société », a déclaré avec solennité Gamal Fouda, tandis que Zahra Hussaini confiait aux médias locaux que l’envie de se lancer dans le grand bain de la politique la titillait depuis près d’un an.

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Zahra Hussaini, à l’issue d’une réunion publique

« Je suis la première femme musulmane, revêtue d’un hijab, à me présenter à une élection locale. Je n’en tire aucune gloriole à titre personnel, c’est un fait, voilà tout. Le massacre effroyable de Christchurch a provoqué un déclic en moi. J’ai mis un terme à mes études pour mieux me consacrer aux autres », a-t-elle expliqué, avant de renchérir avec émotion : « Je veux servir ma communauté et la collectivité du mieux que je peux, c’est ce que ma foi et ma conscience me commandent de faire. Je veux être utile aux autres et à cette terre de Nouvelle-Zélande, aujourd’hui profondément meurtrie, où mes parents ont élu domicile il y a plusieurs années de cela ».

Très attachés à l’humanisme des valeurs musulmanes, Gamal Fouda, l’imam originaire d’Egypte de la tristement célèbre mosquée Al Noor, et Zahra Hussaini, la chercheuse née en Iran dans une ferme qui s’est éloignée des amphithéâtres depuis ce 15 mars funeste, sillonnent sans relâche leur portion de territoire, soucieux du bien vivre-ensemble. Ils se soumettront très bientôt au verdict des urnes.

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3 commentaires

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  1. “une lointaine Nouvelle-Zélande idéalisée, qui se rêvait elle-même en havre de paix immunisé contre le terrorisme aveugle” ?

    Le terrorisme aveugle est celui qu’imposent au reste du monde les tenants de l’islam radical. Qui tuent autant les musulmans pas assez conformes à leurs vues que ceux qui ne sont pas musulmans, pour monter au paradis.
    Car le terrorisme est surtout le fait de gens qui se réclament d’un livre qu’ils ont peut-être mal lu, nous dira-t-on, mais les faits sont là : 51 morts en Nouvelle-Zélande, mais 237 en France depuis janvier 2015.

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