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Une enseignante américaine appelle à inclure des voix féminines dans les applications dédiées à la récitation du Coran

Le Ramadan venu, lorsque Jerusha Lamptey, professeure adjointe d’Islam à New York, au sein de l’Union Theological Seminary, s’isole, profondément recueillie, pour écouter la lecture psalmodiée du Saint Coran, elle reste pleinement en phase avec son époque, recourant, comme des milliers d’autres fidèles, aux nouvelles technologies et notamment à l’une de ses applications préférées : Quran Explorer.

Parmi le large éventail d’applications existantes dédiées au Tajwid, ou à la récitation du Coran érigé en art, il n’a pas échappé à l’oreille avertie de cette enseignante émérite qu’aucune voix féminine n’est perceptible, déplorant cette carence de récitantes musulmanes qui, avec le temps, se fait ressentir de plus en plus cruellement.

Tout en louant les qualités de Quran Explorer auprès de ses étudiants et coreligionnaires, Jerusha Lamptey a décidé que le temps était venu pour elle d’agir afin de pallier l’absence des femmes dans cette discipline essentiellement masculine qui obéit à des règles d’or, ne craignant pas pour ce faire de bousculer les mentalités et de révolutionner le High Tech…

Le Hastag #AddAFemaleReciter a ainsi vu le jour, accompagné d’une pétition en ligne appelant Quran Explorer à ouvrir son application aux voix féminines, dans le sens d’une nécessaire évolution, source d’enrichissement, ce qu’a parfaitement compris Omid Safi, un professeur d'études orientales de l'Asie et du Moyen-Orient, qui a déclaré : « C’est de la responsabilité des hommes de contrôler leurs propres pulsions; il est injuste d'imposer ces restrictions aux femmes ».

Des restrictions qui connaissent toutefois un assouplissement notable de l’autre côté de l’Atlantique, à l’image de Tahera Ahmad, une femme aumônier à l'Université Northwestern, qui a eu l’opportunité, il y a deux ans, de psalmodier les versets du Noble Coran lors de la conférence annuelle de la Société islamique d'Amérique du Nord, la plus grande organisation musulmane du pays, ou encore de la récente innovation que représente l’ouverture d’une mosquée pour femmes à Los Angeles. Petite ombre au tableau, cette innovation, acclamée par les uns, et jugée un peu trop avant-gardiste par les autres, a essuyé au final un feu nourri de critiques de la part d'hommes comme de femmes.

« On doit demander des choses pour essayer de les obtenir », clame l’audacieuse Jerusha Lamptey, déterminée à se battre pour réparer ce qu’elle considère être une véritable injustice envers la gent féminine, tout en concédant que ce n’est là qu’une « petite chose ». Loin de se laisser abattre par le faible taux de signataires de sa pétition et par la réponse courtoise, mais très convenue de la direction de Quran Explorer, qui s’est réfugiée derrière la phrase bateau « On étudie votre demande », celle-ci préfère y voir d’un côté, l’éveil lent et progressif des consciences féminines, et de l’autre côté, la sensibilisation naissante à une requête inédite, puisque tant qu’une fin de non recevoir ne lui pas été signifiée, tous les espoirs sont permis…

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