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Une critique philosophique et scientifique de la doctrine athéiste de Stephen Hawking (2/2)

L’athéisme de Stephen Hawking, un engagement personnel précipité

Une critique philosophique et scientifique

Deuxième partie

Après avoir abordé la critique de l’hypothèse Hawking sur l’unification de la physique, nous nous attaquerons cette fois à sa deuxième hypothèse sur les lois de la physique qui est un pilier de sa doctrine athéiste.

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  1. Critique de la doctrine de Hawking concernant les lois de la physique

Selon Hawking, la connaissance humaine des lois physiques signifie qu’on n’a pas besoin de Dieu pour comprendre l’Univers. On va démontrer dans cette partie de l’article qu’il n’en est rien.

Des philosophes contemporains de la science comme Ian Hacking, Baas Van Fraassen et Nacy Carterwright ont prouvé que les théories de la physique sont loin d’être réalistes (c’est-à-dire des théories qui décrivent et représentent la réalité physique) et que les lois fondamentales de la physique sont spéculatives.

Ces philosophes pensent que la réalité physique n’est appréhendée que grâce à la manipulation des entités inobservables du monde physique (électrons, quarks, etc.), à des connaissances phénoménologiques basées sur les expériences, à une inférence s’appuyant sur les causes probables des phénomènes et à des vérités familières tirées de l’expérimentation.

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On remarque très bien aujourd’hui combien ces philosophes nous éclairent d’un jour nouveau sur les limites des lois physiques, sur l’inévitabilité d’un contact causal et de la manipulation pour se convaincre de la réalité physique.

Leurs affirmations sont tellement justes que les théories les plus élaborées à l’heure actuelle sont considérées par des physiciens comme hautement spéculatives, voire pseudo-scientifiques. Pour s’en convaincre, il suffit de voir la théorie des super-cordes, la théorie de la gravitation quantique à boucle et celle sur les multi-univers.

    1. Le rôle de l’intervention causale et de la manipulation versus lois physiques

A l’origine de cette situation confuse de la physique qui semble n’avoir pas préoccupé Hawking est ce cul-de-sac idéaliste ou ce que Hacking appelle l’écran des représentations. La philosophie de la connaissance du XXe siècle a simplement perpétué les épistémologies et philosophies de la connaissance du XVIIe siècle, mais en nous enfermant cette fois-ci complètement dans la représentation1.

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Cet enfermement est le résultat d’une propension à privilégier la théorie du savoir conçue comme « spectacle » en créant un fossé entre la pensée et l’action2. L’intérêt de la philosophie de la connaissance pour la représentation obscurcit l’importance de l’intervention et de l’action qui se déploie dans l’expérimentation3.

C’est pour cette raison que les arguments des antiréalistes contre le principe de l’inférence à la meilleure explication ont fait long feu par l’intermédiaire de Laudan (1981), Fine (1984), Boyd (1991) et Fraassen.

Si les lois physiques ne sont pas un terrain solide pour représenter la réalité physique, comment alors s’en sortir ? C’est grâce à la manipulation et à l’intervention sur les entités physiques que nous pouvons comprendre leur fonctionnement et croire à leur réalité.

Plus nous comprenons certaines forces causales des électrons, plus nous pouvons construire des instruments qui peuvent réaliser des effets très bien connus dans d’autres parties de la nature. Avec le temps, lorsque nous utilisons l’électron pour manipuler d’autres parties de la nature de manière systématique, l’électron cesse d’être quelque chose d’hypothétique et d’inféré.

L’utilisation des électrons ou de toute autre entité inobservable permet, non seulement, d’intervenir dans le monde microscopique mais également de croire en leur réalité. Il y a ainsi un cercle vertueux, qui n’a pas été prévu par les philosophes des théories scientifiques, entre le réalisme et l’intervention. C’est notre capacité à utiliser les électrons comme des outils pour manipuler d’autres entités inobservables qui permet de croire, en même temps, en leur réalité.

Par ailleurs, la meilleure alternative à l’argument de l’inférence à la meilleure explication (IME) qui est à la base des lois physiques est l’inférence rendue possible simplement par l’interaction causale.

Steve Clark dans un article intéressant4 donne un exemple familier de cette inférence : derrière un ordinateur dans le coin en bas à droite, il y a un bouton on/off. Une personne n’ayant jamais observé directement ce bouton quoique elle sache qu’il est situé dans l’endroit indiqué et que c’est un bouton on/off ignore en même temps ce que c’est. Elle n’a aucune notion théorique de ce qu’est un ordinateur. Ses connaissances lui permettent cependant de supposer que des ordinateurs possèdent des boutons on/off dans des endroits autres que le coin en bas à droite.

Toutefois, cette personne est convaincue que le bouton est situé dans ce coin et que c’est est un bouton on/off en raison du fait qu’elle a utilisé un stylo pour manipuler le bouton ce qui provoque l’allumage et l’éteinte de l’ordinateur.

Ainsi, c’est l’interaction causale qui justifie ma croyance en l’existence de ce bouton on/off. Cette personne comprend qu’elle puisse interagir causalement avec ce bouton sans que cette interaction soit fondée théoriquement.

Ses connaissances sont empiriquement et non théoriquement fondées comme par exemple le fait que les ordinateurs s’allument et s’éteignent et que les boutons on/off contrôlent le flux d’électricité vers l’ordinateur. De telles connaissances ne reposent sur aucune théorie fondamentale et élaborée.

S’agissant des expériences de physique, les scientifiques possèdent des connaissances empiriques similaires qui leur permettent d’interagir avec les entités inobservables en les manipulant et en intervenant sur leurs propriétés causales. Ces scientifiques conduisent ces expériences en l’absence de théories fondamentales sur les entités qu’ils manipulent5. La source des croyances des scientifiques ne sont pas des théories mais seulement des croyances formulées sur ces entités qui permettent une interaction causale réussie avec elles.

L’inférence qui est la base de ces croyances est ce qu’on appelle l’inférence à la cause probable (ICP) qui a été élaborée par Nancy Cartwright6.

Grâce à cette inférence, le scientifique intervient dans le processus causal en manipulant les entités impliquées7. A travers une telle inférence, on peut déterminer quelles sont les entités manipulées qui interagissent causalement avec d’autres entités, ce qui permet de ne prendre en considération que les entités qui interagissent dans ce processus8. On peut ainsi inférer que ces entités sont probablement celles qui interagissent causalement dans les expériences sans tenir compte de celles qui n’ont pas cette propriété.

Cette inférence principe repose sur deux arguments fondamentaux : 1/ l’argument de la coïncidence, selon lequel, l’utilisation de ICP ne nécessite pas un choix entre plusieurs causes probables. La coïncidence est bien reflétée par le fait qu’il est possible de mener de multiples expériences qui démontrent chacune et de manière indépendante que la même entité est la cause probable du même effet9. Cette coïncidence permet de s’assurer que toutes ces expériences mettent en jeu un unique processus causal.

2/ L’argument de la non-redondance : l’inférence à la cause probable permet d’inférer l’existence d’une entité qui est la cause de l’effet sans opter pour une quelconque théorie fondamentale décrivant cette entité10. Cette inférence est « neutre » par rapport à la diversité des théories et à l’équivalence empirique entre ces théories.

Le mot « neutre » signifie que notre croyance en l’existence d’une entité causalement efficace est compatible avec la diversité des théories fondamentales décrivant ces entités.

On va donner un seul exemple pour montrer que l’inférence à la cause la plus probable (ICP) permet d’inférer l’existence d’une entité sans opter pour une quelconque théorie fondamentale :

– Grâce aux expériences de Hertz et à la reproduction de résultats similaires à celles de ces expériences par d’autres scientifiques que la confiance des physiciens à propos de l’existence des ondes électromagnétiques a été définitivement acquise.

Or, Hertz a réalisé ces expériences sans qu’une théorie précise sur les ondes électromagnétiques n’ait été retenue comme base de son travail. En réalisant ses expériences, il a juste inféré l’existe des ondes électromagnétiques en exploitant les données empiriques obtenues.

Mais ce qui est important dans les travaux de Hertz, c’est que, non seulement, il y a eu une consolidation des expérimentations néo-hertziennes mais également une prise de conscience sur la possibilité de manipuler ces entités physiques qui sont inobservables (ondes électromagnétiques).

Par ailleurs, une culture de la preuve est née depuis cette date. Les résultats des expériences d’Hertz sont autant de preuves de l’existence de ces ondes. On peut entendre par le mot «preuve » : l’accumulation suffisante de données empiriques qui permettent d’inférer l’existence d’ondes électromagnétiques. En effet, il existe dans les expériences d’Hertz une inférence à l’existence des ondes électromagnétiques qui sont la cause probable des effets enregistrés dans ces expériences.

Ces effets sont par exemple les arcs électriques qui se produisent dans la boucle réceptrice qui sont le résultat d’un courant électrique induit par l’émission d’ondes électromagnétiques (la cause efficace) produites par l’émetteur qui est un circuit LC oscillant au-delà de la limite de claquage.

L’oscillateur comprend deux sphères de cuivre, d’environ 30 cm de diamètre, reliées par un conducteur rectiligne d’environ 3 m, coupé en son milieu par un éclateur constitué de deux petites sphères dont la distance peut être réglée.

Les sphères sont reliées à une bobine de Ruhmkorff qui est un générateur électrique permettant d’obtenir des tensions très élevées à partir d’une source de courant continu (conçue en 1850 par Heinrich Daniel Ruhmkorff). Les charges s’accumulent dans les grandes sphères jusqu’au moment où l’étincelle éclate entre les petites sphères de l’éclateur.

Cette expérience reflète une manipulation de la cause efficace qu’est l’onde électromagnétique qui permet d’inférer l’existence de cette cause. Les historiens des sciences Michel Atten et Dominique Pestre ont affirmé à ce propos « c’est moins de prouver l’existence des ondes (ou de les rendre visibles) qui convainc que de les manipuler11 ».

2.2. L’inférence à la cause probable de Cartwright c’est mieux qu’une loi physique 

Le scientifique peut s’arrêter à des considérations « plus modestes » comme l’adéquation empirique où la tâche consistant à « sauver les phénomènes12». La vérité est souvent un objectif hors de portée et il n’est pas reconnu que les théories scientifiques ont besoin de décrire parfaitement la réalité.

Ces théories aspirent tout au plus à sauver les phénomènes. Van Fraassen a associé les deux concepts de manière étroite dans une même définition : « Une théorie est empiriquement adéquate si son contenu à propos des choses observables et des évènements dans le monde est vrai dans le sens où il « sauve le phénomène13 ». 

Le contenu empirique d’une théorie couvre les conséquences observationnelles qui lui sont liées. Le mot « observationnelles» ne doit pas ici nous égarer : il suffit juste de préciser que Van Fraassen développe un constructivisme empirique s’agissant des entités observationnelles qui ne rejette pas totalement le réalisme. Mais en ce qui concerne les entités inobservables, il est complètement antiréaliste. Il est, selon lui, impossible de prouver l’existence de ce genre d’entités.

Le défi qu’a lancé van Fraassen au réalisme scientifique et à son concept phare qui est l’IME ne peut être relevé par le réalisme que si celui-ci démontre qu’il existe un type d’inférence qui n’a rien à voir avec IME permettant de décrire les entités inobservables.

Une telle inférence ne doit pas dépendre des « vertus pragmatiques » utilisées dans les explications et se conformer au principe de « non-redondance» (un choix possible entre explications empiriquement adéquates)14. Cette inférence doit également permettre de démontrer que ce genre d’entités existe et ne pas se satisfaire de l’« adéquation empirique15 ».

Il est donc inutile de reprendre la discussion sur les vertus d’ICP. Si nous avons parlé ici de la critique antiréaliste de van Fraassen, c’est simplement en raison du fait que nous ne pouvons pas nous contenter de la démonstration relative aux vertus d’ICP par rapport à IME concernant les principes de non-redondance, de coïncidence, de frugalité (selon le principe de frugalité, on peut se contenter de l’adéquation empirique dans toute explication et ne pas chercher si elle est vraie ou approximativement vraie) et du recours aux vertus pragmatiques de Van Fraassen.

Toutefois, il reste une question importante : comment concilier entre le réalisme scientifique et l’antiréalisme empirique de van Fraassen en se débarrassant de tout contenu des lois théoriques ?

En d’autres termes, si l’inférence à la cause probable (ICP) permet de déterminer les entités causalement impliquées dans le processus causal abstraction faite de l’équivalence empirique entre différentes explications tout en étant certain que cette entité existe réellement par la manipulation et l’intervention causale, cela signifie-t-il que nous avons obtenu une explication (de nature causale) sans le recours aux théories? A quel genre appartient l’explication causale si elle n’est pas théorique ?

Van Fraassen admet l’existence de théories concernant les entités inobservables mais ces théories ne peuvent décrire la réalité ni être vraies ou approximativement vraies. Il croit aux théories mais il est antiréaliste dans un sens large en s’opposant au réalisme scientifique qui consacre la prééminence de la vérité de la théorie et sa description de la réalité.

Nancy Cartwright, pour sa part, ne partage pas l’antiréalisme de van Fraassen concernant les théories ou ce qu’elle appelle les « lois fondamentales ». Selon elle, les lois fondamentales ne sont pas utilisées par les scientifiques pour décrire la réalité. Le seul contenu théorique qu’elle reconnait parallèlement à l’inférence de la cause probable, c’est ce qu’elle appelle les « lois phénoménologiques » qui sont plus des modèles idéalisés que lois fondamentales ou des théories élaborées.

Grâce à cette contribution « infra-théorique », elle considère les lois fondamentales comme ni vraies, ni fausses. Elle affirme également que nous ne possédons dans la manipulation et l’intervention causale dans le monde inobservable que de « généralisations » descriptives de faible niveau et de nature causale et étroitement liées aux données empiriques et non aux lois scientifiques.

Par exemple, nous savons que l’électron possède une charge qui est l’unité minimum et l’une des constantes de la nature, une masse, un spin et bien d’autres choses. Millikan a déterminé cette charge. Quant à la notion de spin, elle a été introduite pour les électrons, par George Eugene Uhlenbeck et Samuel Abraham Goudsmit en 1925, pour rendre compte de propriétés particulières des spectres atomiques, notamment les dédoublements de raies.

Ce sont là, des connaissances empiriques sur les électrons et non de théories ou de lois fondamentales. Les théories fondamentales et globales comme celle de Bohr et de Lorentz qui prétendent expliquer toutes ces propriétés causales (masse, spin, etc.) et toute la réalité au sujet de l’électron ne sont pas reconnues par cette auteure.

Cartwright a affirmé « La route de la théorie à la réalité passe de la théorie au modèle puis du modèle à la loi phénoménologique. Les lois phénoménologiques sont certes vraies des objets dans la réalité– ou pourraient l’être ; mais les lois fondamentales [les théories] sont vraies seulement des objets dans le modèle16 ».

On remarque dans cette affirmation un refus de recourir aux théories : il est illusoire de penser que les théories accèdent à la réalité car il existe quelque chose entre les théories et l’expérience : ce sont les lois phénoménologiques qui sont le plus liées aux données empiriques.

Les théories fondamentales en sont les plus éloignées. Il n’est pas possible de vérifier si les énoncés théoriques disent vrai dans la mesure où ces énoncés ne peuvent être confrontés directement à la réalité17.

Il est important de souligner que cette vision des choses est étroitement liée à la notion d’explication causale. Selon Cartwright il y deux sortes d’explications : l’explication causale et l’explication théorique18 : tandis que l’explication causale permet de vérifier directement la réalité des entités ou des phénomènes qui font l’objet de cette explication, l’explication par les théories décrit l’entité en relation avec beaucoup d’autres entités et phénomènes dans le cadre d’un cadre théorique très élaboré incluant des lois fondamentales.

Ces lois « dématérialisent » les données empiriques en faveur d’une explication théorique élargie qui prétend expliquer beaucoup de choses concernant cette entité. Ce genre d’explication n’atteint jamais l’objectif d’être directement vérifiable dans les objets de la réalité.

En revanche, l’explication causale dont on a vu toutes les vertus dans la satisfaction des principes de non-redondance grâce à l’ICP permet le recours aux lois phénoménologiques qui sont vérifiables par l’expérience.

Mais comment Cartwright développe-t-elle son antiréalisme à l’égard des théories ? C’est précisément en reprenant la critique antiréaliste de van Fraassen contre elle-même.

Dès lors que les raisons qui nous amènent à retenir des théories ne sont pas nécessairement liées à la confrontation avec la réalité mais plutôt à des critères de commodité, de simplicité, de cohérence et généralement de tout ce qui relève de ce que van Fraassen appelle les « vertus pragmatiques » et que Cartwright désigne par le terme « commodité19 », les lois fondamentales qui forment le contenu de ces théories ne sont pas nécessairement la source des lois phénoménologiques, lesquelles sont directement confrontées aux données empiriques.

Par exemple, la théorie de Théodore Franz Éduard Kaluza (1921) proposant d’ajouter à l’espace-temps quadridimensionnel une cinquième dimension afin d’unifier dans un même appareil mathématique force électromagnétique et gravitation a été « abandonnée » mais non « réfutée », alors même qu’elle était en parfaite cohérence avec la théorie de la relativité générale. Rappelons que cette théorie a tenté d’unifier la gravitation et la force électromagnétique en ajoutant une cinquième dimension. L’idée de base est l’extension de la théorie de la relativité générale en exploitant sa stratégie d’ajouter des dimensions supplémentaires.

En fait, les équations de cette théorie cohabitent bien avec les équations de Maxwell mais de manière formalisée qui tient compte de l’existence d’une cinquième dimension. Mais c’est Oscar Klein qui a donné une description précise de cette dimension supplémentaire. Il a imaginé qu’elle est enroulée en cercle.

Toutefois, ces lois fondamentales (cinquième dimension enroulée en cercle, cohabitation des équations de la relativité générale avec les équations de Maxwell) n’ont jamais été confrontés avec la réalité mais relèvent de considérations théoriques liées à une certaine cohérence mathématique et de l’idée qui semble « séduisante » mathématiquement d’ajouter une dimension supplémentaire pour unifier les deux forces (gravitation et électromagnétisme).

On peut dire également que cette théorie est commode selon le critère de Cartwright puisqu’elle a trouvé une issue rapide au problème de l’unification entre les deux forces fondamentales. Mais cette issue à occulté le problème de la cohabitation entre la mécanique quantique et la théorie relativiste de la gravitation.

Par ailleurs, la théorie de Kaluza-Klein n’a pas aboutit à des lois phénoménologiques20 qui sont confrontées à des données empiriques. Bien au contraire, l’expérience ne peut pas prouver une théorie qui stipule que la cinquième dimension est invisible et dont la taille est équivalente à la longueur de Planck, soit 10-33 cm.

Il est en fait impossible d’expérimenter un phénomène physique à cette dimension.

Même la théorie des cordes qui a succédé à la théorie de Kaluza-Klein prévoyant un Univers à dix dimensions ne comprend aucune loi phénoménologique permettant de la confirmer ou de décrire des données empiriques et repose uniquement sur ce que van Fraassen appelle les « vertus pragmatiques ». La cohérence mathématique et la commodité dictée par l’intérêt d’unifier les forces de la nature font parties de ces vertus pragmatiques.

Lorsque Kaluza a présenté sa théorie à Einstein en 1919, ce dernier disait, dans un article, qu’il ne pensait pas que la théorie à cinq dimensions de Kaluza soit susceptible de contenir beaucoup d’arbitraire. Il est du moins douteux que le mot « arbitraire » puisse concorder avec le réalisme et la vérification expérimentale, même si Einstein avait évoqué, comme exigence supplémentaire pour la validité d’une théorie, en sus de l’expérimentation, le critère de la « perfection interne ». L’on ne peut finalement que se résigner à l’idée que ce critère n’a pas fait ses preuves avec la théorie de Kaluza.

Cette dernière a été, en dépit de sa cohérence mathématique, sa simplicité et sa séduisante architecture, tout de même abandonnée pour des raisons de commodité parce que les chercheurs avaient emprunté une autre voie pour établir des théories sur l’unification des forces21. Au lieu d’enrichir l’espace–temps à quatre dimensions en lui ajoutant une dimension supplémentaire, le mathématicien Hermann Weyl proposa, en 1918, de conserver l’espace quadridimensionnel, mais de compliquer sa structure22.

Pour les mêmes raisons de commodité, la théorie de Kaluza et son concept d’« introduction de dimensions supplémentaires » a été reprise par la théorie des cordes à dix dimensions. Mutatis mutandis la théorie de Weyl fut également abandonnée par les physiciens parce qu’elle ne reproduisait pas correctement la gravitation. Toutefois, le concept d’« invariance de jauge » lui a survécu, et fut inclut dans un nouveau formalisme mathématique utilisé par les théories des champs (comme le modèle standard).

2.3. Les limites des lois fondamentales : les lois physiques « mentent »

Dans la mesure où les lois fondamentales sont imprégnées de fictions et de représentations idéalisées et irréelles, le réalisme structurel ne peut plus refléter la réalité des structures dans les théories physiques et des autres invariants fondamentaux. En suivant le raisonnement de Cartwright, on peut conclure que ces structures et ces invariants sont tout aussi fictifs que les lois fondamentales qui les portent.

Cette façon de voir est le résultat d’une approche privilégiant les connaissances phénoménologiques qui regroupent les observations empiriques qui ne sont pas liées nécessairement aux lois fondamentales sur lesquelles les théories sont basées.

Par ailleurs, en poursuivant jusqu’au bout sa réflexion sur les lois fondamentales, Cartwright affirme que les théories « mentent », c’est-à-dire que les énoncés théoriques sont faux. Etant donné que les théories scientifiques sont le résultat d’une construction en utilisant des « matériaux symboliques divers », elles ne sont pas valides si on veut appliquer leurs lois dans la pratique. Cartwright s’attaque principalement à la généralité de l’application des lois fondamentales Ceteris paribus (toutes choses égales par ailleurs)23.

Par exemple, la loi de la gravitation stipule Ceteris paribus que la force gravitationnelle s’exerçant entre deux corps est inversement proportionnelle au carré de leur distance.

Dans la réalité, la force de gravitation n’est pas la seule force qui agit sur les corps. Ce qui signifie que lorsque la théorie de Newton se veut aussi générale en disant que la force de gravitation est in fine la force qui va s’exercer comme si elle est la seule force à l’œuvre, est fausse24. Cette théorie ne peut être vraie que lorsqu’on parle de forces gravitationnelles, ce qui est un cas très limité. La loi nous dit que la force entre deux masses de valeur m et m’ séparées par une distance r est Gmm’.

Mais cette loi n’est valable que lorsqu’il n’y a pas de charges électriques, pas de forces nucléaires, etc. Lorsque la théorie veut être vraie, son explication devient très limitée car elle ne peut expliquer des cas où il y a une composition de causes, ce qui caractérise généralement le monde empirique.

C’est le même cas de figure avec la loi d’inertie. Pour qu’on puisse vérifier cette loi, il faudrait faire une expérience dans une région de l’univers ou aucune force gravitationnelle n’agit, ce qui est impossible dans le monde empirique. Par conséquent, la loi d’inertie n’est pas vérifiable.

L’approche de Cartwright nous incite à voir dans les lois fondamentales des instruments symboliques aux pouvoirs explicatifs très limités.

On va donc poursuivre l’éclaircissement de cette approche en donnant d’autres exemples.

– Le modèle de Bohr continent des énoncés faux. Il convient de rappeler que Bohr a élaboré en 1913 une théorie sur la base du modèle planétaire de Rutherford, cherchant à comprendre la constitution d’un atome et plus particulièrement, celui de l’hydrogène et expliquant de manière simple les raies spectrales des éléments hydrogénoïdes tout en effectuant un rapprochement entre les premiers modèles de l’atome et la théorie des quanta.

Toutefois, il a été révélé concernant cette théorie que « l’intégration de l’équation de Schrödinger pour l’atome H à un seul électron introduit 3 nombres quantiques : n, 1, m. Le moment cinétique dépend des deux derniers : 1 et m ; l’énergie, du premier : n. La condition de quantification posée par Bohr, n k, est fausse25 ». Par ailleurs, les « orbites de Bohr » sont une « fiction » si on applique l’équation de Schrödinger.

« L’électron de l’atome d’hydrogène ne tourne pas autour du proton en décrivant une orbite képlérienne, circulaire ou elliptique ; mais, sauf si 2 = 0, il a un moment cinétique non nul. Dans un autre atome, les électrons ayant un moment cinétique sont souvent assez nombreux : 6 sur 11 dans celui de sodium ; 78 sur 92 dans celui d’uranium26 ». « Toutefois, par suite de compensations, le moment cinétique résultant pour l’ensemble des électrons de l’atome soit est nul, comme pour Na, soit correspond à un quantum petit27 ».

C’est pour cette raison que le modèle de Bohr a survécu. Par ailleurs, ce modèle tel que reconnu inclut des notions comme les couches électroniques et la longueur de la fonction d’onde qui n’ont pas été prévus par Bohr dans son modèle initial de l’atome mais proviennent des versions ultérieures de la mécanique quantique28.

Par conséquent, les théories ou les lois fondamentales « mentent » comme l’affirme Cartwright. Une analyse détaillée de la plupart des théories comme on l’a bien remarqué avec la théorie de Bohr montrent qu’elles sont très faillibles et ne résistent pas à une confrontation très précise avec les données empiriques.

Elles apparaissent, par ailleurs, très imparfaites en termes techniques lorsqu’on compare ces théories avec les développements théoriques qui leurs sont ultérieures.

Ces caractéristiques « négatives » des lois fondamentales disqualifient les théories dans le processus de confrontation avec la réalité et ne peuvent ainsi être considérées comme vraies. En revanche, les modèles reflètent, selon Cartwright, des relations causales et peuvent par conséquent prétendre à la vérité.

En abandonnant les lois fondamentales et en rapprochant les lois phénoménologiques des données empiriques à travers les modèles, Cartwright a réhabilité l’explication causale car les lois fondamentales ne peuvent être considérées comme vraies contrairement à l’explication causale.

C’est ce qu’elle appelle la « réalité des causes». Elle affirme à ce propos « bien que les philosophes croient généralement en des lois et nient les causes, la pratique explicative en physique montre juste l’inverse29 ».

En revenant à Stephen Hawking, ce dernier reconnait lui-même l’existence d’une contradiction lorsqu’on recoure aux lois physiques dans des domaines comme la naissance de l’Univers. Il explique cette contradiction de la manière suivante :

« Pour prédire comment l’univers aurait pu commencer, on a besoin de lois qui tiennent le coup au commencement du temps…Toutes les lois de la physique que nous connaissons ne sont plus valables en un tel point. On pourrait inventer de nouvelles lois valables aux singularités, mais il serait très difficile tout de même de les formuler en de tels points au comportement aberrant, et nous n’aurions aucun guide fourni par les observations pour nous montrer en quoi elles pourraient bien ressembler30 »

Rafik Hiahemzizou

1 Ian Hacking Representing and Intervening, Cambridge University Press (1983), p.218.

2 Ibid.

3 Ibid.

4 Clarke Steve Defensible Territory for Entity Realism, Oxford University Press 2001, p.710.

5 Ibid.

6 Cartwright Nancy How the laws of physics lie: (1983), Oxford, Oxford University Press, p.92.

7 Ibid.

8 Ibid, p. 712.

9 Ibid, p.82.

10 Op.cit. Steve Clark, p.713.

11 Pestre Dominique et Atten Michel, Heinrich Hertz. L’administration de la preuve, PUF, collection Philosophies, 2002.

12 Van Fraassen Bas C., The Scientific Image, Oxford, Clarendon Press, 1980, p.88.

13 Ibid, p.54.

14 Op.cit. Steve Clark, p.707

15 Ibid.

16 Op.cit. Cartwright, p. 6.

17 Varenne Franck Théorie, réalité, modèle Epistémologie des théories et des modèles face au réalisme dans les sciences, Editions météorologiques Collection « Sciences& Philosophie » materiologiques.com août 2012, p. 226.

18 Ce terme est de notre invention et il ne peut être attribué à Nancy Cartwright.

19 Op.cit. Cartwright, p.1.

20 Ibid.

21 Freedman Daniel Z. et Van Nieuwenhuizen Peter, Les Dimensions cachées de l’espace-temps, in Pour la Science (mai 1985), p.56.

22 L’idée centrale de la théorie de Weyl était que l’on ne modifie pas la description d’une force si l’on change les échelles de longueur ou de temps des instruments de mesure que l’on utilise en différents points de l’espace. Le principe est appelé invariance de jauge (d’après les jauges, c’est-à-dire les instruments de mesure auxquels Weyl faisait référence). Cette théorie est appelée théorie des champs de jauge, ou plus brièvement théorie de jauge.

23 Cartwright Nancy Do the laws of physics state the facts? Pacific Philosophical Quarterly 61. 1980. Traduction française de Dennis Bonnay dans Philosophie des sciences, naturalismes et réalismes, textes réunis par S.Laugier et P.Wagner, Paris, Librairie Philosophique J.Vrin 2004, p.214.

24 Ibid, p.227.

25 Georges Guinier ; Bulletin de l’Union des Physiciens 75 (1980) p.1294.

26 Ibid.

27 Ibid.

28 Ibid.

29 Op.cit. Cartwright, p. 86.

30 Op.cit. Hawking, p. 173.

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19 commentaires

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  1. Dans ma réponse à Monsieur Kalim, j’ai fait une certaine confusion dans le copier-coller. Je m’en excuse. Je demande aux lecteurs de “supprimer” l’avant-dernière proposition et d’aller directement à la dernière. Je vous remercie.

  2. Merci Riccardo pour ces précisions très intéressantes. J’adhère.

    Merci également Rafik pour votre réponse et aussi de manière plus générale pour vos articles. J’attends le prochain avec impatience.

  3. Dans un commentaire, il est difficile d’intervenir sous une forme appropriée sur le sujet traité par l’article ci-dessus. Cependant, je vais essayer. Parte I. Je pense que Hawking a eu tort de fonder son athéisme sur les connaissances scientifiques actuelles. Que la foi en un Dieu créateur et ordonne est un fait socioculturel et, en fin de compte, personnel qui n’a rien à voir avec les résultats de la physique et de la cosmologie. Même si l’homme devait unifier les théories de la relativité générale et de la quantique (certainement en changeant les hypothèses de base de celles qui ont été faites jusqu’ici et en espérant un future progrès technologique dans la recherche), comprendre le Tout n’éliminerait pas la possibilité d’un principe absolu. En ce qui concerne le holisme (le tout ne peut être réduit à la somme de ses parties), je ne suis pas d’accord avec l’auteur de l’article. C’est un principe général qui a été décliné avec des résultats positifs dans différentes disciplines (biologie, écologie et sciences humaines, par exemple). Sur le plan épistémologique aussi, la thèse holistique de Duhem-Quine est toujours prise en considération. En conclusion, paraphrasant un passage de David Bohm* : il faut noter que la relativité et la mécanique quantique, même si elles ne l’ont pas démontré, ont insisté sur le fait que le monde ne peut être analysé dans des parties existant séparément. Que chacune implique tous les autres. Et que le mystique pense aussi de la même façon. Partie II. Cette partie de l’article est basée sur ce que l’on appelle la “Stanford School”, une approche de la philosophie de la science qui a particulièrement mis l’accent sur les pratiques et rejeté les abstractions théoriques de la science. En particulier, bien qu’en dehors de cette école, Nancy Cartwright a développé un programme épistémologique pragmatique/réaliste qui est basé uniquement sur une base empirique. Eh bien, pour beaucoup d’autres philosophes traitant des métasciences, son approche semble inadéquate. Il est bon de rappeler que Kant, à l’époque, croyait déjà que la connaissance combine des éléments objectifs et subjectifs. Exclure la créativité, l’intuition de l’homme qui se dépose dans les théories scientifiques, me semble non seulement trompeuse, mais aussi délétère. Il empêcherait socialement l’émergence du nouveau, freinerait la dynamique du travail scientifique qui, en fin de compte, a chez les individus qui font partie ses militants.
    De plus, tous les grands progrès technologiques du XXe siècle sont un produit important des théories scientifiques qui sont apparues, qu’elles soient ou non encore maîtrisées.
    Enfin, je dois dire que l’article est peut-être coupable d’un a priori non avoué. C’est-à-dire, la Vérité ne repose pas dans la science (occidentale) mais dans le Coran. Ou dans d’autres livres sacrés, les Hébreux et les Chrétiens pourraient dire. Mais la vérité scientifique est une chose humaine, une partie de la nature qui est devenue à être. Et la pulsion, le stimulus vers la connaissance du Tout se poursuivra tant que l’homme existera.
    *Dans “El Paradigma Holografico” (8. El Fisico y el Mistico), Editorial Kairos, Barcelone, 1987.

    • “Que la foi en un Dieu créateur et ordonne est un fait socioculturel et, en fin de compte, personnel qui n’a rien à voir avec les résultats de la physique et de la cosmologie.”
      Vous ne pouvez pas dire que c’est un fait socioculturel et personnel en tentant de l’écarter des sciences car :
      1 – Les sciences sont un facteur socioculturel ;
      2 – Le Dieu personnel i.e. dans une compréhension propre n’enlève pas son côté universel à ceci près que dans le monothéisme il est très loin d’être personnel mais est partagé par l’humanité dans sa définition où seules quelques particularités permettent de distinguer les monothéismes entre eux ;
      3 – Vous ne pouvez pas appeler le concept de Dieu personnel et socioculturel dans une même phrase tout en retirant la possibilité au physicien et au cosmologiste de le définir. C’est un non sens et un manque de logique évident.

      “C’est un principe général qui a été décliné avec des résultats positifs dans différentes disciplines (biologie, écologie et sciences humaines, par exemple).”
      Pas vraiment, le trait général qui en sort n’est en tout cas celui défendu. Par exemple, en biologie, la biochimie tentent d’expliquer des processus physico-chimiques, protéiques et lipidiques inhérents au fonctionnement de la vie, d’une cellule, d’un organe. Hors, en dehors des expériences, nous ne savons finalement pas grands choses. Ce sont surtout les maladies et accidents qui nous font découvrir les principes du fonctionnement du corps humain. Et ce sont les méthodes d’investigations et de diagnostics qui ont permis une grande amélioration. Les premiers médicaments furent suite à la découverte de plantes médicinales (on en cherche toujours) voire des “venins”. De nos jours, les limites imposées par la physico-chimie sont celle imposées en biologie. Le fonctionnement de la mémoire est un cas très parlant. Nous ne savons quasiment rien des immenses potentiels du cerveau humain. Ce qui a révolutionné les sciences humaines est notamment la psychologie (qui a introduit l’empirisme) et nous savons depuis longtemps que la philosophie se fait très bien compléter par le raisonnement mathématique et beaucoup influencée par les découvertes scientifiques. Egalement, l’histoire, la géographie doivent beaucoup aux sciences de la physique et de la chimie. Pareil pour l’écologie. Que dire des OGM sur lesquels nous ne savons rien sur les conséquences à long terme et qui ont déjà prouvé leur nocivité. Si on oppose OGM vs Bio, c’est peut-être que finalement les OGM démontrent que nous ne maîtrisons pas ce que nous faisons, nous produisons simplement ce que nous sommes capables faire.
      A ce titre, les investissements en R&D dans le milieu de la pharmacologie démontrent que nous avons besoin de faire des expériences sur des animaux puis des tests sur des humains avant de valider une molécule. Une fois sur le marché, nous savons très bien que la performance de celle-ci n’est pas toujours au rendez-vous. Si notre savoir suffisait, nous n’aurions pas besoin de R&D d’une manière aussi coûteuse et dimensionnée. Par ailleurs, la médecine chinoise et arabomusulmane démontrent que beaucoup de médicaments en occident sont inutiles. Si s’attaquer aux conséquences plus qu’aux causes est un choix thérapeutique souvent obligatoire par manque de connaissances suffisamment précises et parfois efficace, l’abus médicamenteux est du à deux causes : la croyance aveugle dans la science + le capitalisme ultra-libéral outrancier de big pharma. Tout ceci concerne en réalité les sciences en général, que serait la géologie sans la physique par exemple?

      On voit dès lors que la base de votre commentaire s’effondre parce que votre croyance dans l’athéisme vous limite et vous empêche de comprendre la science si vous n’êtes pas lié au Plus Grand Scientifique. Elle vous empêche également d’avoir la bonne vision globale. Mais continuons quand même car les conséquences sont intéressantes à analyser et cela ne m’étonnerait même pas que soyez un croyant en “la” théorie de l’évolution sans aucun esprit critique judicieux qui colle à la réalité.

      1 – Vous dîtes que “il faut noter que la relativité et la mécanique quantique, même si elles ne l’ont pas démontré, ont insisté sur le fait que le monde ne peut être analysé dans des parties existant séparément”, si ce n’est pas démontré nous entrons dans le spiritisme ici et il n’y a aucune tentative d’explication concluante. Pour le croyant, le Tout ne peut être observé à sa juste mesure que par Dieu. Ceci est déjà beaucoup plus rationnel que d’essayer de nous expliquer que l’homme sans rien démontrer peut être capable de voir ou de comprendre le tout. Il y a un manque de déduction évident. Alors que le croyant musulman vous apporte des preuves concrètes (prophète, miracles scientifiques du Noble Coran), sur quoi basez-vous concrétement votre “mysticisme” sinon à tomber effectivement dans un spiritisme scientiste où vous tentez de vous mettre à la place de Dieu tout en créant votre propre réalité. Face au Dieu personnel qui semble être la projection opposée de votre croyance et qui est un terme plutôt bizarre pour un musulman, n’existe-t-il pas une réalité personnelle des athées? La réponse est définitivement oui.

      Dès lors, on voit bien que le croyant musulman est plus réaliste que l’athée car il ne fait dire à la science que ce qu’elle dit. Dans sa recherche, il n’a pas la prétention d’expliquer, de voir le tout car il sait scientifiquement et pragmatiquement que c’est impossible.

      2 – Pour terminer, cette question de l’intuition est très importante. En effet, nous pourrions citer le tableau de mendeleev qui avait eu une intuition pour compléter le tableau qui s’est ensuite confirmée expérimentalement. Mais, il s’agit d’une intuition pragmatique et logique qui colle au réel. Tellement pragmatique qu’il est passé d’un christianisme othodoxe à une vision islamique de l’Unique (ne pas dire trois mais UN). Sa recherche était encouragée par sa mère avec ces mots : “patiently search divine and scientific truth” (chercher patiemment la vérité divine et scientifique). Dieu, la patience et la science sont des mâitres mots en islam. Il n’avait donc pas la prétention d’observer, d’expliquer le tout mais tout en gardant une certaine humilité face à la Création qui le dépasse, il a touché au réel par la miséricorde divine qui lui en a fait don dans une continuité scientifique de ce qu’étaient réellement les connaissances de la science.

      Pour conclure, on voit très bien que l’athéisme est lié à un scientisme irréel qui ne colle plus à la réalité de la science. Le scientisme athée nous fait perdre pied et s’avère dangereux pour la science alors que la croyance en l’Unique nous rend humble et nous oblige à coller à la réalité scientifique en obtenant la bonne intuition, la bonne voie tout en contemplant la Création sans prétention aucune que d’y voir la Grandeur d’Allah swt et de recueillir des signes intelligibles et des connaissances par Sa Toute Miséricorde. Tout ce que nous savons, c’est que les divagations des scientistes disparaîtront et seront remplacées par de nouvelles connaissances pendant que Le Seul Ecrit qui perdurera dans une Vérité scientifique inépuisable et toujours d’actualité sera le Noble Coran. La Seule Certitude prouvée depuis plus de 14 siècles est celle-là. Aucun autre livre scentifique dans le monde ne peut ou n’a pu avoir cette prétention. Donc, oui, le plus Grand Philosophe des sciences est Dieu et Il a laissé un Livre et l’histoire d’un prophète sws pour cela. L’existence de Dieu est ainsi prouvée scientifiquement et concrétement et empêche de tomber dans les divagations scientistes des athées pour mieux comprendre la réalité scientifique en l’état actuel de nos véritables connaissances grâce à laquelle nous pouvons comptempler l’Oeuvre d’Allah swt.

      • Monsieur Kalim, je sais très bien que la science est un fait socioculturel, qui se forme dans les communautés – depuis longtemps internationales – de professionnels de la recherche dans différents domaines du savoir. À son tour, interne aux différentes sociétés. Et je sais aussi que la dynamique de chacun d’entre eux a conduit, non sans difficulté, à en unifier certains. Et il continuera certainement à le faire.
        Par rapport à votre première critique, je ne sais pas quoi vous dire… sauf que je ne comprends pas votre contre-logique. Comme vous pouvez le voir, je suis honnête et humble.
        A regard de votre deuxième critique, je ne vois pas le problème. Vous reconnaissez également que la clôture dans une seule discipline, en fermant les yeux sur les résultats que d’autres ont obtenus, théoriquement et expérimentalement, empêche un nouveau potentiel cognitif qui pourrait faire beaucoup de bien à l’humanité.
        En ce qui concerne la troisième critique, je dois dire que je n’ai aucune “foi en l’athéisme”. En Occident, c’est un fait incontestable, la science dont nous parlons est historiquement autonome de la religion. Et bien qu’il y ait eu et qu’il y ait des scientifiques religieux, en fin de compte, ils ne peuvent produire la connaissance de notre monde et de l’univers dans lequel il se trouve que par la raison, les mathématiques et l’expérimentation. Je utilise ma raison du mieux que je peux en m’informant de ce que les grands scientifiques ont écrit dans des livres destinés avant tout à des lecteurs cultivés. Enfin, si vous croyez que la connaissance scientifique doit être absolument liée au Plus Grand Scientifique…. si ce était comme vous le dites, la science – dont nous discutons – n’aurait pas fait un pas en avant depuis l’époque du concept de “mouvement” d’Aristote, la théorie “géocentrique” de Ptolémée et la médecine clinique “Hippocrate”. Et comme reflet aussi sur les connaissances sociales qui ont contribué à la transition de la survie, au bien vivre et, qui sait dans le futur, mieux vivre. Il convient également de noter que la science moderne a vu le jour et s’est développée en Europe, et non au Moyen-Orient. Ce n’était pas un accident.
        La quatrième critique. Une théorie scientifique est toujours le produit de la raison et de l’imagination. Ce dernier postule des relations entre l’objet faisant l’objet de l’enquête et les autres. Parfois, ces liens sont finalement vaincus, comme pour l’éther, au XIXe siècle, ou vérifiés comme la courbure de l’espace-temps ou la dualité des ondes et des particules au XXe siècle. Actuellement, donc, certains scientifiques cherchent des variables cachées pour se passer, dans la description des processus microscopiques, des aspects probabilistes de la mécanique quantique. Sur le plan ontologique, il s’avère incomplet. Cependant, il fonctionne mathématiquement. Et sur le plan technologique aussi : les ordinateurs quantiques sont déjà en cours de traitement avancé, et il ne faudra pas longtemps avant que des “conversations” futures comme la nôtre aient lieu sur deux exemples du cas.
        En ce qui concerne la cinquième critique. Le brillant tableau périodique de Mendeléev, né en 1869, avait pour critère d’ordre l’augmentation du poids atomique et, en plus des 63 éléments présents, divisés en 8 groupes, il avait des espaces vides permettant d’en découvrir de nouveaux. En fait, quelques années plus tard, trois autres ont été ajoutées : le gallium, le scandium et le germanium. Et avec les mêmes propriétés que Mendeléev avait prévues. En 1894, on a découvert l’argon, un gaz qui ne forme pas de composés en interagissant avec d’autres éléments. Il n’a pas été prédit par le chimiste russe et, par conséquent, il a lui-même ajouté une autre colonne, appelée groupe zéro. Peu de temps après, de nouveaux gaz inertes, hélium, néon, krypton et xénon, ont été ajoutés. Par la suite, s’est posé le problème de classer les éléments apparus en fonction de leur masse atomique et de leurs propriétés chimiques. En 1913, Henry G.J. Moseley a proposé de modifier la loi périodique en utilisant le numéro atomique comme base pour ordonner le système périodique. Mais laissons l’histoire, aujourd’hui, « dans le modèle atomique actuel, les électrons ne sont pas situés sur des coquilles autour du noyau, mais relocalisés autour de celui-ci dans des zones de l’espace, appelées orbites, où elles sont susceptibles d’être. Pour un électron donné, les états et les orbites accessibles sont définies par quatre nombres quantiques. Le tableau périodique des éléments tient compte de la connaissance de la structure atomique et de l’état de l’atome et suit dans les lignes fondamentales le tableau de Mendeleev, en préservant sa subdivision en des périodes et des groupes, mais enrichi par une structure en blocs. L’application de la théorie de la loi périodique a conduit à remanier le tableau périodique dans son intégralité a été étendu à 18 groupes, ce qui met l’accent sur l’interprétation électronique. Il reflète le diagramme de remplissage des électrons dans les différentes orbites atomiques autorisées » (Daniele Baldassin». Eh bien, vous pouvez m’expliquer ce que ça a à voir avec « nous pourrions citer le tableau de Mendeleev qui avait eu une intuition pour compléter le tableau qui s’ensuite confirmée expérimentalement. Cependant, c’est le résultat d’une intuition pragmatique et logique qui nous relie au rapport. La façon pragmatique dont le christianisme est passé à une vision islamique de l’Unique (pour ne pas en mentionner trois) »
        Conclusion. L’accusation de faire une science irréel ou de professer un spiritualisme scientifique à ceux qui se consacrent à la connaissance en séparant leur propre travail d’une croyance religieuse découle d’un fait simple et seulement subjectif : la foi, la foi en un Livre.
        Avec tout le respect que je vous dois, j’ai toujours été ouvert au dialogue avec ceux qui pensent différemment de moi. Parce que je crois que la compréhension mutuelle peut être trouvée dans les esprits résonnant. Parce que je crois que le temps de faire la guerre pour défendre une foi doit être laissé au passé. L’Être Suprême ne s’est jamais présenté à toute l’humanité, mais seulement à des hommes individuels, en commençant par Moïse et en terminant par Mohammed. Partout dans le monde, il y a des gens qui ont leur propre religion depuis des milliers d’années. On peut dire que ce qui unit l’humanité, c’est précisément un sentiment de nullité par rapport, Conclusion. L’accusation de faire une “science irréel” ou de professer un “spiritualisme scientifique” à ceux qui se consacrent à la connaissance en séparant leur propre travail d’une croyance religieuse découle d’un fait simple et seulement subjectif : la foi, la foi en un Livre.
        Avec tout le respect que je vous dois, j’ai toujours été ouvert au dialogue avec ceux qui pensent différemment de moi. Parce que je crois que la compréhension mutuelle peut être trouvée dans les hommes raissonables . Parce que je crois que le temps de faire la guerre pour défendre une foi doit être laissé au passé. Partout dans le monde, il y a des peuples qui ont leur propre religion depuis des milliers d’années. On peut dire que ce qui unit l’humanité, c’est précisément un sentiment de nullité par rapport à l’univers, malgré tout, merveilleux dans lequel nous sommes nés et mourons. Et j’espère vraiment que le patrimoine moral de l’âme humaine pourra unir en paix tous les peuples de la Terre.

        • C’est toujours marrant de lire les athées prosélytes sur ce site musulman. C’est le même discours pieusement prêché avec ferveur. Ceci dit je n’ai rien contre votre religion et croyance mais réveillez vous un peu quand même. Vous appelez au respect et à l’humilité sans comprendre réellement leurs sens. Je vous invite à mieux vous respecter en ayant plus d’humilité envers l’histoire par exemple.

          Je ne sais pas si Aristote ou Platon ou Ptolémée ont existé, ce que je peux dire c’est que selon les diverses traductions ici et là, Thalès, Pythagore, Platon étaient des disciples des Egyptiens. Champollion et tous les réveillés savent que la Grèce antique doit beaucoup aux babyloniens, égyptiens, sumériens etc.
          Quant à venir m’expliquer qu’on devrait la science antique séparément de la religion et que ceci vaut pour l’occident également. Je vous laisse avec cette simplicité déconcertante et fausse pour tout être cultivé.
          Sur la question de la science moderne, si vous avez étudié dans une université, vous l’avez fait dans ce qui fut dans ses prémices une mosquée. Les premières universités étaient des mosquées. En fait, la science mondialisé et moderne n’est pas née en “occident”.

          Je vais m’arrêter là car l’objectif n’est quand même pas de trop vous accabler mais simplement de secouer votre croyance aveugle en l’athéisme. Personnellement, je n’ai pas de croyance mais une certitude car j’ai des preuves concernant ma religion. Alors que vous, vous avez su encore une fois de plus démontrer votre scientisme, incapacité à raisonner droit quand on parle de votre croyance en plus de nager dans l’irréel.

          PS: Vous savez, rien qu’en Espagne, Italie, Suisse, etc, ils n’ont absolument pas le même avis que vous sur ce que vous appelez “occident”. Même le terme “occident” est flou pour ceux qui essayent d’en faire une civilisation à part. Bref, vous vivez dans un irréel franco-français. Wake up, reconnectez-vous à votre créateur, là est la seule vérité quand on est intègre, scientifique et de bonne foi.

          Je vous salut.

  4. Merci pour ce tour d’horizon. Vous soulevez la différence majeure entre ceux qui font la science et ceux qui y croient (= les sicentistes).
    Pour compléter un peu, si les théories expliquaient réellement quelque chose, il n’y aurait plus de R&D (recherche & développement). Nous n’aurions plus que la Recherche puis nous développerions directement. Ce sont les expériences qui permettent le développement afin d’aboutir à une “recette”.

    Par ailleurs, scientifiquement, le prophète Muhammed sws a bien existé, c’est le seul qu’on puisse prouver. Le Noble Coran a été inchangé depuis plus de 14 siècles et lance d’ailleurs un défi de tenter de produire un même livre. Les miracles scientifiques qu’il contient sont démontrés et prouvés. Il s’agit dès lors soit d’accepter la Vérité soit de nier l’Evidence.

    Les croyants ont des preuves concrètes à apporter alors que les athées comme nous le voyons se basent sur le scientisme sans rien prouver sinon leur instabilité. On voit bien que les élucubrations des athées scientistes ne sont en réalité que des conjectures sans fondements solides. Pas étonnant que très peu furent de grands scientifiques. C’est comme si quelques chose s’est éteint en eux. C’est triste pour eux d’accepter cette pauvreté spirituelle.

    • Juste au hasard : Gog et Magog cité dans le Coran, ça a été prouvé scientifiquement ?
      Pourtant ils sont censés creuser, encore aujourd’hui et jusque la fin des temps, le mur de cuivre construit par Dhu el Qarnayn (le bicornu) dans une région précise d’Asie.

      C’est très hasardeux de s’aventurer dans la littérature  « miracle scientifique du Coran ».
      Vous risquez fort d’être déçu à l’arrivé.

    • Propos complètement inepte sur la R&D. Mais vous n’êtes plus à ça près : donner votre avis sur tout et n’importe quoi sans rien y connaître est votre spécialité.

  5. A Zarathoustra
    En fait, les choses peuvent être complexes. L’objectif de mon article est d’enlever le sol rassurant qui conforte les scientifiques comme Hawking qui prouvent selon eux qu’on a pas besoin de Dieu parce qu’on disposent des lois scientifiques et d’une possibilité qu’une unification de la physique permettrait une connaissance omnisciente du monde et l’homme devient alors un être supérieur à l’être intelligent (Dieu). L’article montre seulement qu’une confiance aveugle vis-à-vis des lois scientifiques et des théories n’est pas justifiée en raison de l’antiréalisme des théories partagée par de nombreux philosophes des sciences qui trouve son fondement dans la mécanique quantique mais aussi dans le mythe de l’holisme qui tend à nous montrer une unification trompeuse de la physique. Là, j’ajoute que l’acharnement des scientifiques en matière de gravité quantique et de théorie des cordes nous éloigne de la science vers une sorte d’idéologie scientifique : pour s’accrocher à ces théories qui sont devenues pseudo-scientifiques (infinités, chiffres négatifs, multivers), on laisse croire que la science a changé de visage au point qu’elle implique non plus une seule prédiction mais peut être une infinité d’autres prédictions. D’autres scientifiques souhaitent qu’on abandonne ces théories et rien ne pointe à l’horizon. Par conséquent, la physique est dans l’impasse et je vais écrire un article sur ce sujet prochainement.
    Par conséquent, Hawking ne peut pas reposer sur ce sol rassurant mais illusoire (possibilité d’unification de la physique et fixité et absoluité des lois physiques). D’ailleurs, la troisième partie de mon article évoque l’échec de sa théorie sur l’univers sans bord de Hawking.
    J’ajoute aussi en anticipant la publication de la troisième partie de l’article et là je vais un peu répondre à votre questionnement concernant le rôle de la religion dans l’explication du monde physique : les lois scientifiques comportent une dimension immatérielle en plus de la dimension matérielle et causale parfaitement connue. Cette dimension immatérielle a certainement existé avant la naissance de l’Univers puisque ces lois sont supposées avoir donné naissance à celui-ci. Ceci réfute la thèse de la naissance de l’Univers du néant comme le prétendent Hawking mais aussi Kraus.
    Par ailleurs, je vais reprendre l’approche de Newton qui a supposé que Dieu a donné naissance à une force créatrice permanente qui permet à l’univers de ne pas disparaître (entropie, trous noirs, désintégration du proton, etc.).
    L”apport de la religion est donc d’élaborer des théories de ce genre (création permanente, anti-entropie, fine-tuning, etc.). Je vais tenter de baliser ce terrain en préparant des articles sur ces sujets.
    Merci pour l’enclenchement de ce débat.

  6. Le problème, Rafik, c’est que systématiquement vous annoncez une démonstration que vous ne faites pas. En l’occurence ici : “Selon Hawking, la connaissance humaine des lois physiques signifie qu’on n’a pas besoin de Dieu pour comprendre l’Univers. On va démontrer dans cette partie de l’article qu’il n’en est rien.” En quoi avez vous démontré que nous avons besoin de l’hypothèse de Dieu pour comprendre l’univers ? Essayez seulement d’insérer à présent cette hypothèse dans l’édifice scientifique et vous verrez qu’elle n’apporte rien, sauf peut être à boucher les trous (provisoires ?) de la science.

    Le débat réaliste / anti réaliste est ancien. Il mériterait sans doute d’être mieux connu par les scientifiques, d’où l’intérêt de la philosophie des sciences. En revanche, il ne change pas grand chose : la science n’en ressort pas affaiblie et votre religion renforcée. Quand il s’agit de parler du monde sensible, l’écart entre les deux est devenu incommensurable. Votre religion ne peut plus rien apporter de majeur à la science. En faveur de la science : ses théories ou ses modèles sont bien plus consistants pour proposer une description fine des phénomènes observables et mesurables ; même d’un point de vue instrumentaliste (en considérant que les entités qui peuplent ses théories sont des fictions commodes), elle ne perd pas son pouvoir prédictif et donc sa capacité à agir pour le pire et le meilleur sur le monde (la mécanique quantique a peut être un défaut majeur d’un point de vue réaliste mais elle a permis des avancées phénoménales que l’on constate dans le quotidien avec l’informatique) ; la science fait preuve d’un minimum de réflexivité, ce qui lui permet de cerner ses failles internes comme ses limites par rapport à d’autres domaines.

  7. A chafardon

    Bonjour,

    L’article est basé sur des arguments philosophiques et scientifiques afin de prouver que la connaissance des lois fondamentales et des théories de la physique ne sont pas un argument pour prouver l’inexistence de Dieu car elles ne sont aussi précises comme le prétendent des scientifiques. Des philosophes des sciences ont démontré que c’est l’expérimentation qui permet d’établir des vérités phénoménologiques et familières qui sont basée sur les données de l’expériences alors que les lois et les théories contiennent des concepts métaphysiques fausses. Je vous laisse lire l’article pour voir les exemples scientifiques donnés qui sont autant de preuves de cette démonstration.
    Ce sont les scientifiques athées et spécialement Hawking qui prétendent que les lois de la physiques permettent de s’affranchir des pouvoirs de Dieu dans la création car selon eux ces lois fonctionnent d’elles-mêmes alors que j’affirme que ces lois ne sont pas aussi fixes, vraies, testables et dénuées d’erreurs d’autant plus lorsque ce n’est pas l’expérience qui l’affirme (à travers mes exemples qui sont articulées sur les arguments de cette partie de l’article consacrées aux lois scientifiques et une bonne de ces exemples est corroborée par d’éminents philosophiques des sciences comme Cartwright, Van Fraassen et Ian Hacking).
    Apparemment vous n’êtes pas familiarisé avec la philosophie des sciences, ce qui explique votre jugement.
    Dès lors que les théories et les lois ne sont pas aussi puissantes, elles ne peuvent plus servir d’argument contre l’existence de Dieu.
    J’ajoute que mon article n’aborde pas directement la création divine mais je vais tout de même affirmer que ce ne sont pas des lois fixés et déterminées à l’avance qui expliquent que l’Univers existe bel est bien. La création est continuelle et permanente et elle ne date uniquement du Big-bang. Je vais peut être expliquer la chose dans un prochain article.

    Rafik Hiahemzizou

    • Très intéressant cher Rafik,

      “La création est continuelle et permanente et elle ne date pas du big-bang”.

      Voilà une assertion intéressante, je voudrais simplement au risque de gâcher la “surprise” qu’elle n’est pas du tout nouvelle, les philosophes islamiques ont été les premiers à défendre cette thèse, même si peu à peu la physique moderne commence avec bcp d’hésitation à converger vers cette thèse. Je pense évidemment à cette question épistémologique de la “substantialité”. En effet, depuis Einstein et la physique quantique, “l’équivalence masse-énergie” contredit alors la conception classique de la matière, en ceci qu’elle était considérée autrefois comme pérenne (cet héritage remonte il me semble à Aristote, voir son Organon notamment). Or, en philosophie islamique qui n’a donc pas tjrs été fidèle aux Grecs, et qui n’a pas connu cette “laïcisation de la métaphysique” (Corbin), le monde se renouvelle continuellement, il est créé en permanence, je pense bien évidemment à Ibn ‘Arabi et surtout à Molla Sadra avec sa thèse phare de “Al-haraka al-jawhariyya”, “la substance mouvante”, qui contredit donc Aristote et les Machchâîyyûn comme Avicenne sur cette question. En quoi consiste cette thèse du “temps substantiel”? Eh bien, “le mouvement est une continuelle régénération et recréation du monde à chaque instant : ce ne sont pas seulement les accidents qui sont en mouvement mais la substance même de l’univers”. Autrement dit, “le monde est créé dans le temps parce qu’à travers le mouvement substantiel, l’existence de l’univers est renouvelé à chaque instant” (voir l’introduction de la métaphysique d’avicenne dans son Shifa, de Georges. C. Anawati chez Vrin, p53-54). Lire aussi l’acte d’être de Ch. Jambet et C. Bonmariage, Du Réel aux réalités.

      C’est une thèse fondamementale en philosophie islamique, redéfinition du temps et de la substance, qui lui permettra de  dépasser cette célèbre polémique entre création du monde et l’éternité du monde des mutakallimine et autres philosophes. Et ce qui permet de sauver, si j’ose dire sans jeux de mots, “toute chose périt hormis Sa face”. C’est une belle thèse pour lez amoureux de la nature car la substance devient sujet, n’en déplaise à Bacon!

      Mouhib Jaroui

      • A Mouhib

        Oui absolument. Des théories peuvent être élaborées dans un cadre religieux comme celle de la création permanente. Merci pour le rappel qui montre que c’est une théorie qui a préoccupé les philosophes musulmans du Moyen Age. Newton a également été intéressé étant donné ses travaux peu connus sur la théologie.

  8. Les deux articles m’ont retourné le cerveau. Certes la posture athéiste de Stephen Hawking relève plus de convictions profondes que de démonstrations scientifiques.
    Néanmoins, il devient difficile, voir intenable, d’opposer le discours du croyant consistant à vanter la perfection de l’univers ou la supposé perfection de la création humaine. Et donc qu’il existe nécessairement un Etre parfait derrière. L’argument ne tiens plus face à la théorie (plus que solide) de l’évolution. Non, l’être humain n’est pas une créature parfaite. Il est juste à un stade de son évolution à un instant t. Beaucoup d’imperfections sont notables !
    La science moderne a le mérite au moins de nous remettre à notre insignifiante place.

  9. Bonjour,
    Je souhaiterais savoir pourquoi vous faites semblant de connaître les sciences ?
    En lisant votre article, il semblerait que vous lanciez des mots scientifique aux hasards.
    Prouver qu’une théorie est fausse ne signifie pas que la votre (dieu existe) est vrai.
    Cordialement,

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