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Une autorité religieuse saoudienne accuse des “pèlerins africains” d’avoir provoqué la bousculade meurtrière

Alors que le mois de janvier 2006 se rappelle douloureusement à la mémoire des millions de pèlerins qui ont survécu à la nouvelle bousculade des plus meurtrières qui, hier, jeudi 24 septembre, jour de célébration de l’Aïd Al-Adha et sur les mêmes lieux, à la périphérie de La Mecque, a entraîné la mort de 717 fidèles et fait plus de 800 blessés (selon le dernier bilan officiel), tous les regards sombres se tournent vers les autorités saoudiennes, lesquelles pointent un doigt accusateur vers des « pèlerins de nationalités africaines » pour se dédouaner de toute faute ou grave manquement.

Niant farouchement l’incompétence et l’incurie dans la gestion du Hajj, l’un des responsables saoudiens du comité central du grand pèlerinage, pris en flagrant délit de racisme, a trouvé les coupables idéaux sur les ondes de la BBC : les « pèlerins de nationalités africaines ».

Une version des faits qui est contredite par plusieurs autres sources, notamment par le chef du comité d'organisation iranien du Hajj qui renvoie les autorités saoudiennes à la fermeture « inexplicable » de deux voies d'accès au Mina, le lieu saint de la Mecque, théâtre de la catastrophe, reflétant les nombreuses interrogations et accusations qui se font jour au lendemain de cette tragédie effroyable.

Les langues se délient au fur et à mesure que l’incompréhension grandit et la grogne monte, l’Arabie saoudite étant d’autant plus sur la sellette que la Terre Sainte venait à peine d’être endeuillée par un premier accident terrifiant : la chute de l’imposante grue de chantier, le 11 septembre dernier, qui a tué plus de 107 pèlerins et blessé plus de 238 autres.

l'Iran a fait état d'un bilan de 90 morts parmi ses ressortissants. Pour le  guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, il ne fait pas l'ombre d'un doute que les autorités saoudiennes sont seules responsables de ce mouvement de foule incontrôlable, dénonçant une "mauvaise gestion" de Riyad. De son côté, le grand mufti de Turquie, Mehmet Görmez, a indiqué que 18 pèlerins turcs étaient portés disparus. L'Algérie a fait état de trois morts parmi ses ressortissants. Oman a fait état d'un disparu. Aucune victime française n'est à déplorer parmi les 25 000 pèlerins de l'Hexagone recensés qui effectuaient le Hajj.

Face aux griefs qui sont faits à la monarchie saoudienne,  le prince héritier Mohammed ben Nayef a ordonné une enquête pour comprendre les circonstances de cet événement dramatique, tandis que le roi Salmane, qui a reçu les responsables du hajj, a dit en attendre les résultats "au plus tôt". Il a ajouté avoir ordonné "une révision des plans" d'organisation du pèlerinage pour que les fidèles "accomplissent leurs rituels en toute sécurité".

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