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Une activiste américaine, noire et musulmane, troque son voile contre un chapeau par peur de représailles islamophobes

Comme un coup de tonnerre fracassant dans un ciel américain passablement orageux, la victoire de Donald Trump à la présidentielle a littéralement figé sur place Blair Imani, 23 ans, une jeune activiste noire et musulmane dont le cheminement spirituel l’a amenée à se voiler au mois de mars, en son âme et conscience, la laissant abasourdie, sans voix et scotchée devant son téléviseur.

Ce qui fut le grand soir du tombeur de la va-t-en-guerre Hillary Clinton se transforma en une longue nuit, peuplée de cauchemars, pour la fondatrice de l’association « L’égalité pour Elle », choquée et effrayée à la fois par l’impact sur l’opinion de la rhétorique « trumpienne » hautement délétère, dont elle avait minimisé le fort retentissement et la large adhésion populaire.

Comme Blair Imani, elles furent nombreuses, mardi soir dernier, de l’autre côté de l’Atlantique à faire de Twitter un exutoire pour exorciser leurs peurs, notamment celle qui s’empara d’elles à l’annonce du verdict des urnes  : la peur irrépressible de porter le hijab sous l’ère Trump de mauvais augure.

Cette peur paralysante qui envahit aujourd’hui une jeune américaine diplômée de l’université de Louisiane et engagée dans la défense des droits des femmes, la lutte contre les violences policières et le fléau de l’islamophobie, est née à l’épreuve de la dure réalité, il y a huit mois de cela, lorsqu’elle décida de rendre son islamité visible. Moquée et insultée par des passants, traitée de « terroriste » par les plus hargneux, menacée de représailles par les plus furieux, elle fut violemment agressée, verbalement et physiquement, par une femme dans une épicerie qui se déchaîna contre son voile.

Redoutant des lendemains qui déchantent dans un ciel américain déchiré par les éclairs du populisme, et craignant plus encore la spirale infernale de violences islamophobes, Blair Imani a longuement mûri la décision qui lui arrache le cœur : troquer son voile contre un chapeau.

« Loin de moi l’idée d’encourager les autres femmes musulmanes américaines à suivre mon exemple. C’est un choix personnel qui me coûte beaucoup. Oui, j’ai peur que l’élection de Trump soit interprétée par certains individus comme un feu vert pour passer à l’acte contre les musulmans, et particulièrement contre les femmes voilées », se justifie-t-elle, avant d’insister avec sincérité : « Je ne cesserai jamais de me couvrir la tête, ni d’être musulmane ».

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