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Un juge américain dans la tourmente pour avoir ordonné à une femme pasteur, coupable d’une agression islamophobe, de se familiariser avec l’islam

Faut-il clouer au pilori le juge Paul Yee Jr, au motif qu’il aurait violé les droits constitutionnels de Daisy Obi, 73 ans, une femme pasteur d’origine nigériane officiant à Somerville, une localité située au nord de Boston, pour lui avoir ordonné lors de sa comparution dans son tribunal il y a un an de cela : « Je veux que vous appreniez la religion musulmane. Je veux que vous vous inscriviez et assistiez à un cours d’introduction à l'islam. Je veux que vous fassiez des efforts pour comprendre les musulmans, car ils doivent être respectés, ainsi que leurs droits fondamentaux, Ils peuvent adorer Allah … mais ils doivent être respectés » ? (traduction Oumma).

Dans l’émission matinale de la chaîne conservatrice et islamophobe Fox News, le sort du magistrat a été récemment scellé sans sourciller par des commentateurs acrimonieux, lors d’un procès en sorcellerie orchestré devant les caméras. S’ils sont nombreux, à l’instar de Pamela Gellar, la pasionaria pro-sioniste qui crie à l'islamisation de l'Amérique entre deux campagnes d'affichage ordurières, à jeter l’anathème sur lui, lui reprochant une position à contre-courant, un tantinet trop islamophile, ils sont plus rares à évoquer le fond de l’affaire et à révéler l’agression commise contre sa locataire musulmane par Daisy Obi, « la propriétaire de l’enfer », telle que l’a décrite le juge Paul Yee Jr. en personne.

Le juge Paul Yee Jr.

Les faits remontent en 2012, lorsque Daisy Obi, propriétaire d’une vaste maison, a loué l’un de ses appartements à une famille de confession musulmane, composée de Gihan Suliman, de son mari et de leurs cinq jeunes enfants. 

A peine avaient-ils emménagé que les premiers ennuis commencèrent et s'enchainèrent très vite, Guhan Suliman se plaignant en vain que l’électricité et le chauffage soient défectueux, jusqu’à ce jour où tout a basculé, juste un mois après leur arrivée, quand Daisy Obi s’est mise à hurler sa haine de l’islam en injuriant sa locataire depuis le haut de l’escalier.

Ce n’était que là que les prémices d’un véritable cauchemar, Guhan Suliman subissant un harcèlement psychologique quotidien d’une rare violence de la part de Daisy Obi, laquelle éructait de rage à chaque fois qu’elle la croisait, seule ou accompagnée de ses enfants, mais le pire restait à venir. La mère de famille musulmane a été en effet brutalisée chez elle par sa propriétaire, et dans l’altercation qui s’ensuivit, celle-ci l’a poussée de toutes ses forces dans un escalier d’une vingtaine de marches.

Une chute qui aurait pu être fatale à Guhan Suliman et qui lui a causé de profondes séquelles physiques et psychologiques, entraînant la condamnation de son agresseuse qui n’était pas à son coup d’essai contre des locataires musulmans.

Niant tout en bloc, prétendant être la victime et non la coupable, la ligne de défense de Daisy Obi a échoué à convaincre de sa bonne foi le juge Paul Yee Jr, lequel se retrouve aujourd’hui dans la tourmente pour avoir enjoint à une femme pasteur de se familiariser avec l’islam et de respecter toutes les religions, dont la religion musulmane.

Sans grande surprise, sur Fox News, la chaîne qui ne craint pas d'outrepasser ses prérogatives et de faire mentir son slogan vertueux « Juste et équilibré », un verdict sans appel est tombé, alors même que le tribunal du Massachusetts doit statuer sur cette affaire retentissante début janvier.

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