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Un joueur de cricket australien refuse de porter le label d’une marque de bière

Leur label s’appose à prix d’or sur les maillots des sportifs mais leurs partenariats juteux scellés avec de grands clubs n’achètent pas tout, l’argent des sponsors n’a pas d’odeur, sauf pour certains musulmans qui ne veulent pas jouer les hommes-sandwich au nom de leur foi et éthique.

De l’autre côté de la Manche, le footballeur de Newcastle Papiss Cissé s’oppose depuis plusieurs mois à l’accord conclu entre son prestigieux club et la société très controversée de  prêt à court terme Wonga, refusant de mouiller le maillot car entaché d’une activité usuraire en tout point antinomique avec les valeurs prônées par l’islam.

Si la contestation de Papiss Cisse, à ce jour insatisfaite, a des allures de fronde, en Australie, nation sportive où le cricket est une religion,  la même revendication émise par le joueur professionnel Fawad Ahmed a été entendue, sans mettre en émoi ni les Dieux du stade, ni le sport roi, et encore moins  le pays tout entier qui lui voue un culte.

D’origine pakistanaise, ce dernier n’a pas hésité à faire part de son profond malaise à l’idée d’arborer le logo d’une marque de bière auprès de la fédération nationale de cricket. Un cruel dilemme que Mike McKenna, directeur général des opérations, respectueux des croyances personnelles de Fawad Ahmed, a compris et résolu en lui permettant de revêtir un maillot sans marque.

"Suite à la sélection de Fawad dans l’équipe nationale d’Australie dans le cadre d’une tournée dans les îles britanniques en juin, Cricket Australia et Carlton United Breweries (CUB) sont respectueux des croyances personnelles de Fawad et ont accepté à sa demande qu'il porte une chemise sans marque", a signé Mc Kenna dans un communiqué cité par The Guardian.

Son tourment apaisé, la reconnaissance de Fawad Ahmed envers la fédération de cricket n’en est que plus grande, et c’est dans un climat particulièrement serein que celui-ci a eu l’agréable surprise de voir les autres membres de son équipe jouer plus que jamais collectif, en se rapprochant de lui, en s’intéressant à sa religion, à sa culture, avec respect et confiance.

Dans la cité multiculturelle de Melbourne où il fait bon vivre pour Fawad Ahmed, pratiquer sa religion au vu et au su de tous n’expose les fidèles à aucune mise à l’index déraisonnée, ou à aucun bûcher en place de Grève…

"Toutes les équipes et le pays tout entier ont vraiment respecté ma religion, ma tradition. Je n'ai jamais rencontré de difficultés à effectuer mes prières, que ce soit à la gare, à l'arrêt de bus, sur le terrain de cricket, ou dans les chambres des joueurs", a-t-il déclaré, ajoutant : "Melbourne est riche de son multiculturalisme. Il y a de nombreuses mosquées aux alentours, de nombreux magasins de viande halal, la pratique de ma religion n'a jamais posé de problèmes. C'est ce qu'il y a de formidable en Australie."

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