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Un député PS lance une pétition contre la nomination de Chevènement à la tête de la Fondation pour l’islam de France

Pour son retour en fanfare sur la scène publique, sur lequel rares sont ceux qui auraient parié, a fortiori à la tête de l’embryonnaire Fondation pour l’islam de France, c’est peu dire que Jean-Pierre Chevènement a non seulement manqué cruellement de discrétion, mais s'est aussi mis à dos un bon nombre de personnes en un temps record !

A peine l'ex-sénateur du territoire de Belfort a-t-il été propulsé tout en haut d’une pyramide dont les fondations sont des plus fragiles, que déjà il s’est discrédité en deux déclarations malheureuses, dont son bien mal avisé « conseil de discrétion » adressé à ses concitoyens musulmans lui a valu non pas des louanges, mais une salve de quolibets de la part de ces derniers.

Le président très controversé de la Fondation pour l’islam de France essuie à présent un feu nourri de critiques au sein de son propre camp, notamment de la part de Mathieu Hanotin, député PS de Seine-Saint-Denis, qui a pris la tête de la fronde, après avoir été profondément heurté par une petite phrase qui a trahi le vrai fond de pensée de son auteur, pétri d’un racisme et d’une condescendance qui ne siéent guère à sa nouvelle fonction, et c’est un doux euphémisme…

Selon le prisme de l’analyse de Jean-Pierre Chevènement qui, s’il avait voulu prouver que le gouvernement avait misé sur le mauvais cheval, ne s’y serait pas mieux pris : « 135 nationalités étaient présentes » à Saint-Denis, mais « une seule a quasiment disparu », ainsi qu’il l’a asséné sans sourciller sur les ondes de France Inter. 

C’en était trop pour Mathieu Hanotin ! « Après l’avoir écouté sur France Inter, j’ai été scandalisé à double-titre. D’une, sa rhétorique paternaliste et colonialiste, dans la même veine que ses propos sur la "discrétion" des musulmans. De deux, j’ai été choqué par ses propos scandaleux et racistes sur Saint-Denis. Il fait une confusion mentale entre être Français et être Blanc. La ligne rouge a été franchie. Il faut que le président de la République renonce le plus vite à nommer cette personne », s’est indigné le parlementaire socialiste au micro d’Europe 1, avant d’annoncer le lancement d’une pétition contre sa nomination, dont il espère qu’elle fera florès et provoquera un déclic salutaire au sommet du pouvoir.

Tout aussi outré, Stéphane Peu, le premier adjoint à la ville de Saint-Denis, considère que Jean-Pierre Chevènement a achevé de se « disqualifier» aux yeux de tous : « La nationalité pour Jean-Pierre Chevènement se définit-elle par la couleur de peau ? Je rappelle que 75 % des habitants de Saint-Denis sont de nationalité française ! Ils sont à l’image de la France populaire et métissée d’aujourd’hui », s’est insurgé ce dernier.

A trop vouloir jouer les directeurs de conscience des musulmans de manière fracassante, Jean-Pierre Chevènement, extirpé soudainement de son placard doré, en a oublié de s’appliquer à lui-même son fameux « conseil de discrétion »… Cela lui aurait évité l’affront d’être désavoué, sitôt parachuté.

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