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Tuerie de San Bernardino : deux dignitaires musulmans tourmentés par les raisons du crime commis par Syed Farook

Les questions à ce jour sans réponses se bousculent dans leur tête, ne leur laissant aucun répit depuis mercredi dernier, jour funeste du carnage commis sous le soleil californien de San Bernardino par Syed Farook et son épouse, Tashfeen Malik, deux dignitaires religieux musulmans, qui ont connu le principal suspect tué par les forces de l’ordre, ont l’esprit tourmenté par son crime abominable réprouvé par l’islam et par les motivations qui l’ont poussé inexorablement à trahir les préceptes de sa religion.

Comment, en effet, un fidèle aussi pieux et fervent, décrit comme paisible et discret, a-t-il pu en arriver à commettre l’innommable et à bafouer tous les grands principes auxquels il croyait ?

Mustapha Kuko, le directeur du Centre islamique de Riverside, et Mahmood Nadvi, l’imam adjoint de la mosquée Dar Al-Islamiyah Uloom Al Amer, à San Bernardino, deux enceintes sacrées fréquentées assidûment par Syed Farook, en ont perdu le sommeil, se demandant à quel moment tout a basculé.

"Il écoutait religieusement mes sermons, il prenait plaisir à échanger avec moi", a déclaré Mustapha Kuko, se souvenant que le jeune homme et futur époux  lui avait demandé sa bénédiction pour s'unir à une Pakistanaise vivant en Arabie saoudite, ajoutant avec une tristesse très perceptible dans la voix : "Je me suis assis la nuit dernière, incapable de fermer l'oeil, et je n’ai fait que penser à ce qui a bien pu lui arriver."

"On nous dit dans l'Islam que si vous prenez une vie humaine, c’est comme si vous tuiez toute l'humanité", a-t-il souligné, tandis que Mahmood Nadvi, tout aussi profondément perturbé, martelait de son côté : "Vous ne pouvez pas être un musulman digne de ce nom et dormir tranquillement après ce bain de sang atroce. Nous pleurons la disparition tragique de nos frères et sœurs en humanité, et sommes de tout cœur avec leurs familles."

"C’était une personne très calme, réservée, jamais un mot plus haut que l’autre, ce n’était pas un homme à querelles. Sa femme portait le niqab", a précisé Nizaam Ali, un étudiant de 23 ans, qui a côtoyé Syed Farook au cours de la grande prière du vendredi, au sein de la mosquée de San Bernardino.

Une fois marié en Arabie saoudite, celui-ci est revenu vivre en Californie, et c’est au Centre islamique de Riverside qu’il a choisi de célébrer son union, en présence de 250 à 300 convives. "Je ne l’ai jamais vu aussi heureux que lors de cette soirée-là", a confié Mustapha Kuko, en étant de nouveau envahi par les sentiments d’incompréhension et d’impuissance : "S’il avait déjà exprimé des idées extrémistes, nous aurions tenté de l'arrêter", avant d'affirmer plus catégorique : "Nous l’aurions arrêté."

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