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Le pape François dénonce l’amalgame entre « islam et violences »

Les raccourcis, aussi faciles que ravageurs, entre islam et terrorisme ne passeront pas par le pape François qui les balaie d’un revers de main, alertant sur leur redoutable capacité de nuisance en ces termes éloquents : « On peut tuer avec la langue aussi bien qu’avec un couteau », a-t-il répété avec force au cours de ses interventions en Pologne, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse assombries par la tragédie de Saint-Etienne-du-Rouvray, en faisant allusion à la résurgence de l’extrême droite sur le Vieux Continent et à la véhémence de ses coups de boutoir, nationalistes et racistes.

Telle la plus destructrice des armes, ces amalgames insidieux et banalisés à dessein au cours de ces dernières années ne cessent de produire leurs effets calamiteux, au grand dam du souverain pontife qui, lors de sa traditionnelle conférence de presse tenue, dimanche, à bord de l’avion qui le ramenait vers Rome, les a dénoncés, estimant par ailleurs que la violence n’est pas l’apanage d’une communauté particulière.

« Il n’est pas vrai et il n’est pas exact [de dire] que l’islam c’est le terrorisme », a-t-il déclaré, au détour d’une question portant sur le meurtre ignoble du père Jacques Hamel. « Je ne pense pas qu’il soit juste d’associer islam et violences », a-t-il insisté, tout en déplorant : « Tous les jours quand j’ouvre les journaux, je vois des violences en Italie, quelqu’un qui tue sa petite amie, un autre qui tue sa belle-mère, et ce sont des catholiques baptisés ».

Et de poursuivre : « Si je dois parler de violences islamiques, je dois aussi parler de violences chrétiennes. Dans presque toutes les religions, il y a toujours un petit groupe de fondamentalistes. Nous en avons nous aussi. »

A ses yeux, la religion a bon dos pour justifier des exactions d’une extrême violence qui s’enfoncent, chaque fois un peu plus, dans les ténèbres de la barbarie. Le terrorisme « prospère quand le dieu de l’argent est placé en premier » et « quand il n’y a pas d’autre option », a martelé le pape, avant d'appuyer là où le bât blesse cruellement : « Combien parmi nos jeunes Européens avons-nous abandonné sans idéal, sans travail ? Alors ils se tournent vers les drogues, vers l’alcool, et vont là-bas s’engager avec les groupes fondamentalistes. »

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