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Sommet Kuala Lumpur : le roi de Malaisie exhorte « à unir nos efforts pour renforcer la Oummah »

Placé sous l’égide de la Malaisie, le cinquième sommet réunissant les puissants du monde musulman, parmi lesquels figurent certains frères ennemis irréductibles, se déroule actuellement à Kuala Lumpur, jusqu’à samedi.

Sourd aux critiques cinglantes émanant de Djeddah, de la part de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), généralement considérée comme la voix du monde islamique, le sultan de l’Etat de Pahang devenu, le 31 janvier 2019, roi de la monarchie élective malaisienne, a exhorté les nations musulmanes « à unir leurs forces et élargir leurs efforts individuels pour améliorer leur bien-être collectif et renforcer la Oummah, confrontée à de si grands et graves défis dans de nombreuses régions du monde ».

Dans son discours d’ouverture aux accents rassembleurs, Abdullah Shah a insisté sur l’impérieuse nécessité d’instaurer un « dialogue ouvert et constructif pour mieux se comprendre les uns les autres, favoriser la création de synergies fructueuses et tendre à nouveau vers l’excellence », mais aussi pour dissiper « les malentendus, les préjugés qui ternissent l’islam ». Il a également souligné l’importance de « maintenir une bonne gouvernance » au sein de chaque pays.

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« Unissons-nous tous et engageons-nous solennellement à mettre en pratique les prières que nous accomplissons cinq fois par jour, à seule fin d’améliorer la vie de notre Oummah et reconstruire la civilisation islamique, pour lui redonner la splendeur d’autrefois », a-t-il appelé de ses vœux.

« Le Coran soutient que l’objectif principal du dialogue est de promouvoir le bien commun – al-khayra – pour l’ensemble de l’humanité », a-t-il rappelé, renchérissant : « Le dialogue reste la base idéale pour l’interaction entre des personnes d’horizons différents. Grâce au dialogue, les musulmans disposeront d’une plateforme puissante pour corriger les idées fausses sur leur foi parmi les personnes d’autres religions et idéologies, ce qui nous permettra d’améliorer nos interactions et nos relations avec d’autres cultures et civilisations ».

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Tout en incitant chaque musulman à « acquérir une meilleure compréhension de sa religion, car c’est le fondement même de son identité », le souverain de Malaisie a également mis l’accent sur le troisième pilier de l’islam, la Zakat, et sur la charité, l’une des vertus essentielles prescrites par le Coran, appelant avec force à « respecter scrupuleusement ces principes clés de la religion pour surmonter les défis auxquels la Oummah est confrontée ».

« Lorsque nous accomplirons cela, nous créerons une nouvelle génération de musulmans qui pourront jouer leur rôle avec sagesse, courage, équité et justice », a-t-il proclamé, avant d’évoquer l’âge d’or de la civilisation islamique et la prospérité dont jouissaient alors les contrées musulmanes.

Le président Erdogan a participé au déjeuner offert par le roi de Malaisie, après avoir visité l’exposition historique du Sommet

Devant le président Tayyip Recep Erdogan, assis aux premières loges, Abdullah Shah a relaté le passé glorieux de l’Empire ottoman et loué son respect de la loi basée sur les principes islamiques, grâce auquel Istanbul a connu un prodigieux essor, tant sur le plan commercial, culturel, artistique que scientifique.

« Sous le règne de Soliman le Magnifique, Istanbul est devenue non seulement le centre de la culture islamique, mais aussi du commerce et des échanges, faisant littéralement le pont entre l’Est et l’Ouest », a-t-il déclaré d’un ton admiratif, ajoutant avec exaltation : « Plus connu en Orient comme « le législateur », Soliman le Magnifique a codifié la loi coranique et établi les droits de ses citoyens selon les principes islamiques, créant une société distincte, pieuse et ordonnée. Nous avons la chance d’avoir un passé aussi riche qui peut nous guider dans le présent ».

Et de poursuivre : « Notre riche passé fait partie intégrante de l’histoire du monde et peut nous guider aujourd’hui. N’oublions pas que, tout au long de l’histoire, nos philosophes islamiques ont été des pionniers dans l’élargissement des frontières de la connaissance humaine ».

Après avoir mis en exergue la flamboyance du passé et l’empreinte indélébile laissée par d’illustres personnages musulmans, le sultan Abdallah a rendu hommage à la jeune génération musulmane, à sa quête de l’excellence et à son formidable potentiel. « Avec la combinaison de valeurs positives, l’accès aux technologies de l’information et de la communication, cette nouvelle génération de musulmans a un grand potentiel pour relancer la civilisation islamique et inaugurer un nouvel âge d’or de l’islam », s’est-il enthousiasmé.

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Sa voix a ensuite trahi une vive inquiétude, à l’évocation de la montée de la haine et de l’intolérance. « Elles ont atteint des niveaux alarmants partout dans le monde », a-t-il alerté, avant de se vouloir résolument positif : « Néanmoins, je suis fermement convaincu que nous pouvons  trouver ensemble une voie pacifique, car l’islam est une religion qui encourage la rationalité, la pensée scientifique et une éthique forte ».

Après avoir chaleureusement remercié la vingtaine de chefs d’Etat présents, ainsi que leurs éminents représentants, le roi de Malaisie s’est réjoui que leur participation à ce sommet « reflète leur prise de conscience sur l’urgence de la situation et leur pleine et entière adhésion au nécessaire renforcement de la Oummah ».

« De nombreux défis nous attendent dans ce monde très complexe dans lequel nous vivons aujourd’hui. Pour moi, le besoin d’unité de notre Oummah ainsi que le développement de nos communautés sont les deux moyens les plus importants pour relever ces défis », a-t-il conclu de manière vibrante.

Il est à noter que l’homme fort d’Ankara et le Premier ministre malaisien ont profité du Sommet pour dénoncer à l’unisson l’incapacité des pays musulmans à peser de tout leur poids sur le conflit israélo-palestinien, ainsi que sur différentes autres crises majeures. « Pourquoi n’avons-nous pas pu réaliser de progrès en faveur de la cause palestinienne, pourquoi ne pouvons-nous pas freiner l’exploitation de nos ressources, et pourquoi ne pouvons-nous pas mettre un terme à la fragmentation du monde musulman ? », ont-ils lancé en appuyant là où le bât blesse.

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