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Solidarité avec les Palestiniens du Naqab

Les conflits qui endeuillent la région du Moyen orient et les victimes innocentes qui sont chaque jour sacrifiées sur l’autel de la cupidité capitaliste et de la domination impériale ne doivent pas nous faire oublier le drame quotidien du peuple palestinien qui continue de subir au quotidien les affres de la colonisation, de l’oppression et de l’intimidation. Le gouvernement israélien exploite perfidement le fait que les projecteurs de l’actualité sont actuellement braqués sur la crise égyptienne et le conflit syrien pour accélérer ses projets de colonisation dans la région du Naqab, projets qui constituent une tentative flagrante de purification ethnique dans le cadre de ce qui est appelé le « plan Prawer ».

Qu’est-ce le plan Prawer ? Citant le chercheur Thabet Abu Rass, Fadwa Nassar explique qu’ « il s’agit de la pire des lois conçue par l’entité coloniale depuis 1948 quant à ses effets sur la population palestinienne. Ce plan vise l’expulsion de 40.000 Palestiniens et la confiscation d’un demi-million de dunums de terres (pour rappel : la Journée de la terre, en 1976, a été déclenchée pour s’opposer à la confiscation de 21.000 dunums des terres dans la région d’al-Jalil, au nord). Mais le plan Prawer propose d’autres mesures discriminatoires : pour la première fois, une zone est déclarée fermée et interdite à une catégorie « nationale » et non pour des mesures « sécuritaires », comme le prétendaient avant les autorités coloniales.

Le plan Prawer interdit l’indemnisation des Palestiniens dont les terres seront confisquées et situées dans une certaine zone, tout comme il interdit la construction de villages arabes dans la zone nord-ouest du Naqab, d’où les Palestiniens seront exclus par avance de tout achat de terrain. Le Plan Prawer a de l’effet sur les biens confisqués appartenant au réfugiés de l’intérieur (qui représentent 25% des Palestiniens de 48), puisqu’il propose une très légère compensation monétaire pour les terres confisquées des Palestiniens du Naqab depuis 1948 (4000 shekels pour le dunum).

De plus le Plan Prawer propose de nouveaux critères pour la reconnaissance des villages arabes, beaucoup plus sévères que les planifications précédentes, comme par exemple des critères économiques, et pour la première fois, depuis la création de l’Etat sioniste, des villages arabes sont détruits pour permettre la construction de colonies sionistes à leur place (cela s’est toujours fait, mais en silence.. sans être annoncés à l’avance), comme a commencé la destruction du village de ‘Umm al Hiran pour installer la colonie sioniste (Hiran). Un plan précédent conçu par les sionistes proposait le maintien du village en le rattachant à la colonie. Mais le Plan Prawer veut détruire et effacer le village en entier.» (1)

D’ailleurs, toujours selon le même chercheur cité par Fadwa Nassar, le plan Prawer a déjà commencé à être appliqué, dans le village menacé de ‘Atir : «  Un des quartiers du village, comprenant 30 maisons, a été entièrement détruit et tous les arbres fruitiers, plantés par les Palestiniens du village, ont été arrachés. Mais la population est restée sur place. Elle refuse de s’en aller. Des patrouilles de la police sioniste et les « brigades vertes » du ministère sioniste de l’agriculture vont et viennent, elles menacent la population et leur enjoignent de s’en aller. Devant l’insistance à s’accrocher à la terre et au village, elles menacent : « des bus viendront et vous emmèneront loin d’ici. »

L’expulsion programmée des Arabes du Naqab doit être dénoncée comme elle l’est : un plan de purification ethnique qui ne dit pas son nom. Un plan qui est loin d’être isolé puisqu’il ne doit pas occulter le plan de judaïsation d’Al Qods. Ce plan vient rappeler à ceux qui seraient tentés de l’oublier la nature véritable du projet de colonisation sioniste en Palestine. Malgré l’arsenal juridique et répressif mis en œuvre par l’occupant dans le Naqab, le peuple palestinien ne reste pas passif. Ce n’est pas parce que les médias mainstream érigent un mur du silence des plus honteux autour de la lutte du peuple palestinien que cette lutte n’existe pas. Le 15 juillet a été décidée journée de grève et de manifestations par les organisations de la société civile palestinienne.

Rim Al Khatib décrit ainsi cette journée de lutte : « Au moment où les regards sont tournés ailleurs qu'en Palestine, le peuple palestinien poursuit sa résistance héroïque. Aujourd'hui, dans les territoires occupés en 1948, des dizaines de manifestations ont bloqué les voies, et la grève générale dans les villes arabes a été décrétée. Il s'agit de refuser la dernière expression du sionisme colonial, la loi Prawer, qui vise à expulser 40.000 Palestiniens du Naqab et la destruction de 28 villages. » (2)

Durant ce mois de Ramadan où la solidarité doit être plus que jamais présente, il est de la plus haute importance de se rappeler le combat de nos frères et sœurs qui résistent contre la spoliation de leurs terres et de leur patrimoine culturel en Palestine. La résistance des Palestiniens du Naqab n’est pas un phénomène isolé. Au contraire, elle fait partie d’une résistance plus générale et multiforme que mène le peuple palestinien pour le recouvrement de ses droits nationaux légitimes. Ni la puissance de l’occupant ni la complicité des puissances internationales et régionales ne pourront arriver à réduire la résistance héroïque du peuple palestinien.

Cette résistance elle-même fait partie d’une résistance plus globale des peuples de la région contre la domination impériale dont l’Etat-colon s’Israël est le gendarme régional par excellence. C’est pourquoi cet Etat n’est pas étranger au putsch qui vient de donner un coup d’arrêt au processus démocratique en Egypte ni aux manœuvres internationales qui consistent à faire durer la guerre en Syrie pour mettre complètement à terre ce pays arabe quelle que soit par ailleurs l’issue du conflit.

En France et en Europe plus généralement, les citoyens libres qui savent que si on laisse faire l’injustice quelque part dans le monde, on risque de la subir tôt ou tard chez soi, doivent faire entendre leur voix, auprès de leurs élus et de leurs institutions démocratiques. Il n’est pas normal qu’en leur nom, leurs Etats et les institutions de l’Union européenne continuent à fermer les yeux sur ce qui se passe en Palestine occupée. Il n’est pas normal que les médias publics qui fonctionnent grâce aux impôts de tous les travailleurs continuent à céder au chantage des lobbies pro-israéliens.

Les formes dans lesquelles la solidarité doit s’exprimer sont nombreuses et variées, de la solidarité humanitaire à la solidarité politique. La diversité des comités et des associations de soutien au peuple palestinien permettent au plus grand nombre d’exprimer sa solidarité selon ses convictions et ses possibilités.

L’important est de ne pas rester passif face à tant d’injustices.

  1. The International Solidarity Movement, 14 juillet 2013.

  2. Palestine Solidarité, 15 juillet 2013

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