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Selon le Washington Post, un plan post-guerre à Gaza prévoit la relocalisation « volontaire » de toute la population

Des Palestinien-nes fuyant Beit Lahia via la rue Salah al-Din vers la ville de Gaza, 22 octobre 2024. (Omar Elqataa)

Sous les décombres et les dizaines de milliers de morts, certains voient déjà Gaza comme un terrain de spéculation. Le Washington Post affirme qu’un document confidentiel de l’administration Trump envisage ni plus ni moins que d’effacer la population palestinienne pour rebâtir l’enclave en « Riviera du Moyen-Orient », mêlant complexes touristiques de luxe et usines high-tech.

Le quotidien révèle qu’un prospectus de 38 pages, circulant au sein de l’administration Trump, propose de placer Gaza sous tutelle américaine pour au moins dix ans. Le plan, baptisé GREAT Trust, promet de transformer l’enclave en zone balnéaire et technologique de pointe, avec plusieurs « smart cities ».

Selon le Washington Post, le projet prévoit la relocalisation « volontaire » de plus de deux millions de Gazaouis, vers l’étranger ou dans des zones sécurisées internes. Ceux qui accepteraient de partir recevraient 5 000 dollars en liquide, quatre ans de subventions de loyer et une année de nourriture. Les propriétaires se verraient attribuer des « jetons numériques » échangeables contre des appartements futurs.

Le montage, écrivent les auteurs, garantirait des profits colossaux aux investisseurs sans financement public américain, tout en écartant toute perspective d’État palestinien — un dispositif dénoncé comme un transfert forcé de population.

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Le journal souligne que la proposition émane d’un réseau d’entrepreneurs israéliens liés au GHF ; la modélisation financière a impliqué des cadres du Boston Consulting Group, depuis écartés. Trump a réuni Marco Rubio, l’émissaire Steve Witkoff, Tony Blair et Jared Kushner pour discuter de « la suite », sans annonce officielle, même si des participants affirment qu’« un plan complet » est déjà prêt.

Côté mise en œuvre, le document prévoit un transfert d’autorités à un trust américano-israélien, une sécurité d’abord confiée à des contractants occidentaux puis à une police locale formée. Des pays comme la Libye, l’Éthiopie, le Soudan du Sud, l’Indonésie ou le Somaliland sont évoqués comme destinations possibles, malgré leurs propres crises. Le Post rappelle que 90 % des logements de Gaza ont été détruits et que plus de 60 000 Palestiniens ont déjà été tués, rendant tout « après-guerre » explosif et contesté.

Ce document, révélé par le Washington Post, met à nu une logique impitoyable : maquiller de promesses clinquantes de modernité et de profits un projet qui revient, selon de nombreux observateurs, à pousser un peuple vers l’exil après un massacre de masse que des instances internationales qualifient déjà de génocide. Derrière l’image d’une « Riviera » futuriste se dessine la transformation d’une tragédie humaine en opportunité immobilière, au prix d’une dépossession totale et irréversible.

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