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Russie : le refoulement de cinq collégiennes voilées défraie la chronique

La tentation d’assigner le voile à résidence et de lui interdire l’accès au temple du savoir est l'un des sentiments les mieux partagés sur le Vieux Continent, avec plus ou moins de sectarisme, d’acrimonie, et de détermination dans son ostracisme à tout prix.

La Russie n’a pas succombé aux sirènes stridentes du dogmatisme laïc en légiférant contre le port du voile à l’école, et pourtant cela n’a pas empêché, la semaine dernière, la directrice d’un collège situé dans le sud du pays, d’interpréter à sa guise la Constitution en vigueur en refoulant subitement cinq adolescentes revêtues du hijab.

Dans la tourmente depuis son excès de zèle qui fait couler beaucoup d’encre, notamment dans le quotidien Izvestia, la décision de la directrice anti-voile a suscité l’indignation des parents des jeunes filles qui ont saisi la justice pour contester ce détournement flagrant de la loi.

Forte du soutien du ministère de l’Education au nom du droit qui revient à chaque école d’ériger ses propres règles de conduite, cette dernière est en revanche désavouée par le délégué du Kremlin pour les droits de l'enfant, Pavel Astakhov, jugeant sa sanction "illégale" et l’appelant instamment à "revoir sa position". "La Constitution de la Fédération de Russie permet à chacun de décider de sa façon de s'habiller, de sa croyance et de ses valeurs", a-t-il insisté, estimant que "le règlement de l'école ne peut être considéré comme supérieur à la loi sur l'éducation". 

Force reste à la loi, à condition que certains, en Russie, ne la dévoient délibérément pour exacerber un ressentiment à l'égard de la visibilité de l'islam à peine voilé.

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