in

Retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL)

«  Je voulais mieux connaître la vie de celui qui, aujourd’hui détient indiscutablement les cœurs de millions d’êtres humains ; je suis, désormais, plus que jamais convaincu que ce n’était pas l’épée qui créait une place pour l’islam dans le cœur de ceux qui cherchaient une direction à leur vie. C’était cette grande humilité, cet altruisme du Prophète, l’égard scrupuleux envers ses engagements, sa dévotion intense à ses amis et adeptes, son intrépidité, son courage, sa confiance absolue en Dieu et en sa propre mission. Ces faits, et non l’épée, lui amenèrent tant de succès et lui permirent de surmonter les problèmes ».

Ce témoignage émane du célèbre dramaturge et critique irlandais, George Bernard Shaw(1856-1950), prix Nobel de littérature 1925, considéré comme l’auteur dramatique le plus important depuis Shakespeare et qui puisa son inspiration dans la critique de la société capitaliste. Ses propos peuvent surprendre plus d’un à notre époque alors que l’auteur, en son temps, n’était pas le seul à manifester autant d’égard au Prophète de l’islam.

Il est vrai qu’en ces moments traversés par d’innombrables questions existentielles et où, plus que jamais, se pose le problème de la destinée humaine, au regard des crises morales et socio-politiques, il peut sembler naïf voire déplacé, pour certains, d’évoquer une figure religieuse et de vouloir tirer une quelconque leçon de son expérience, surtout lorsque cette dernière est dite prophétique.

Le « désenchantement du monde » au sens weberien et le sécularisme triomphaliste peuvent induire l’obsolescence du religieux au profit d’une victoire sans appel du rationalisme. Mais ce serait sans compter avec l’éternelle quête de sens qui n’a jamais cessé de hanter l’humain. Malgré la désaffection à l’égard des religions traditionnelles et/ou classiques, les formes de religiosités qui meublent notre espace – se disant modernes – subsistent, surgissent et ressurgissent ça-et-là avec une ampleur plus ou moins perceptible.

La manifestation la plus nette du phénomène de l’attachement humain aux « moyens de productions » du sens est l’impossibilité conceptuelle et matérielle de distinguer, aujourd’hui, à la manière de Durkheim les domaines du « profane » et du « religieux » dans l’activité sociale. On peut croire que ce besoin de sens est inhérent à la nature humaine et gît en son sein même.

Les religions, en général, avec la montée en puissance des extrémismes, sont au ban de la « société pensante » et des médias d’aujourd’hui. L’islam dont l’approche ne bénéficie pas de la même disposition d’esprit que celle adoptée pour l’étude des autres monothéismes se trouve indexé comme la parfaite illustration du péril religieux menaçant les libertés, la démocratie et aux antipodes de l’esprit laïc et du progrès. Du coup, appréhendée hors des conditions sociales et historiques de son émergence dans les différents contextes où elle est au cœur du monde social, la religion musulmane est stigmatisée et confinée dans des schémas qui en font un monothéisme particulièrement monolithique, donc incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité.

Pourtant, un retour sur le parcours du Prophète Muhammad (PSL) permettrait de voir, sous plusieurs aspects, comment cette religion qui naquit au 7ème siècle a toujours été source de dynamisme et facteur de changement façonnant aujourd’hui la vie de plus d’un milliard d’individus sur cinq continents. Evoquant la personnalité de Muhammad (PSL), on se rend compte de l’extraordinaire manière dont la religion qu’il a professée a su épouser les contours de diverses cultures, unir dans leur diversité des peuples aux traditions différentes et rapprocher des contrées éloignées aux conditions socio-historiques variées.

Quelles que soient les opinions contradictoires émises par les uns et les autres sur ses formes, l’expansion de l’islam a toujours intrigué les analystes les plus rompus aux processus historiques. L’échelle de temps, l’étendue du champ et les adaptations sociologiques de cette expansion qui n’a pas nui à l’harmonie sociale des sociétés ayant embrassé l’islam sont tant d’éléments qui méritent réflexion.

« Si la grandeur du dessein, la petitesse des moyens et l’immensité du résultat sont les trois mesures du génie humain, qui oserait comparer un homme de l’histoire moderne à Mahomet ? », se demandait Alphonse de Lamartine en 1854. Ces questionnements s’inscrivent dans cette absence d’explication exhaustive du phénomène Muhammad (PSL). Loin de nous, la prétention d’essayer de fournir toutes les clefs permettant d’établir une grille performante de lecture de l’histoire de cet homme hors du commun pour les Musulmans.

En plus de la qualité de l’homme, le caractère « surhumain » de son dessein rend impossible toute exhaustivité. L’auteur de la Vie de Mahomet prévient que ce n’est point une mince affaire de rendre compte de toutes les facettes de la vie du Prophète de l’islam qu’il considère comme le plus grand : « Jamais un homme ne se proposa, volontairement ou involontairement, un but plus sublime, puisque ce but était surhumain : Saper les superstitions interposées entre la créature et le Créateur, rendre Dieu à l’homme et l’homme à Dieu, restaurer l’idée rationnelle et sainte de la divinité », affirme t-il, sans réserves.

Nous nous limiterons, donc, à une simple re-visite des étapes de sa vie en nous arrêtant surtout sur les conséquences de cette prédication et de ce message sur le cours de l’Histoire. Malgré les désaccords et les divergences de vues, la naissance du Sceau des prophète ce 22 juin 570 (ou 571 d’après d’autres sources) à la Mecque marquera les esprits pour toujours.

Le fils d’Amina et d’Abdallah Ibn Abdelmutallib est né dans une société en pleine mutation à un moment de l’histoire arabe qualifiée par les traditions islamiques de trouble et sombre. Et voici que, selon les termes de Mujtaba-Musawi Lari, qu’« un autre soleil se leva dans le ciel obscurci dont la lumière éclaira soudain l’horizon sombre de la vie ». Le mérite d’un tel être fut, selon ses adeptes, de devenir l’homme le plus sublime au monde après avoir été élevé dans une société corrompue et injuste.

Les moyens pour arriver à son but ne pouvaient être que très modestes à l’égard de sa condition sociale d’orphelin à l’enfance secouée de péripéties douloureuses. N’ayant jamais vu son père disparu peu avant sa naissance, séparé, très tôt de sa mère par la mort, puis privé de l’assistance de son grand-père Abdelmutallib, ce notable de Quraysh, qui lui fit défaut dès qu’il eût huit ans, Muhammad (PSL) sera sans défense dans la société qu’il voulut transformer et où il ne pouvait plus compter sur l’appui de son oncle, Abû Talib qui quitta ce monde alors que le futur prophète n’avait pas encore commencé sa prédication.

Dans son Khilâs al-Dhahab fî Sîrat Khayr al-‘arab, Seydi El Hadji Malick Sy de Tivaoaune (Sénégal) qui a fait de la célébration du Mawlid un événement d’une grande ampleur, décrit bien cette jeunesse de Muhammad (PSL) et ses multiples péripéties.

L’orphelin qui voulait devenir le père de l’humanité, le refuge des opprimés dans une société inégalitaire et le compatissant des misérables, puisera étonnamment dans l’accoutumance à la souffrance, des dénuements et des malheurs, la force indispensable pour accomplir sa mission. Ainsi, le jeune Mecquois qui ne sortit de son Hijâz naturel qu’à deux reprises : une fois en compagnie de son défunt oncle et lors de son travail de caravanier au service d’une riche veuve qui l’épousera et lui apportera tout son soutien, aura un destin difficile à assumer tellement la tâche était colossale.

La tradition est assez prolixe au sujet des qualités morales et personnelles qu’elle trouvera chez Muhammad (PSL). N’est-ce pas dans cette société mecquoise qui le combattra qu’il gagna le titre d’Al-Amîn «  le digne de confiance » ? A première vue, le déroulement de sa carrière prophétique, n’aura aucun caractère original au regard des similitudes avec tous les porteurs de messages religieux ou autres auxquels leur société d’origine a toujours opposé une farouche résistance. Nul n’est prophète chez soi dirait, la maxime ! Mais, on ne saurait nier la spécificité du premier cercle des adeptes de Muhammad (PSL) dès l’an 610 ap.JC.

La tradition universitaire des années 70 fortement inspirée par une analyse marxisante dans sa démarche, a longuement insisté sur la dialectique caractérisant les premières années de la prédication muhammadienne. Il est vrai que certains aspects de sa vie et de sa prédication ont bien l’air sinon d’une « révolution », du moins d’une profonde mutation sociétale.

A une société marquée par un polythéisme faisant partie du système socio-économique, Muhammad (PSL) proposera l’adoration du Dieu unique. Au culte des divinités représentées, sculptées, il tentera de substituer celui d’une religion qui crée le rapport abstrait entre Dieu et l’homme. C’est dans ce sens qu’Alphonse de Lamartine voit en lui « le restaurateur de dogmes rationnels et d’un culte sans images ».

Les premiers adeptes de l’islam naissant viennent de différents horizons mais partagent tous la même condition sociale de dominés dans un contexte hautement hiérarchisé où l’inégalité est érigée en règle. A travers leurs noms, on perçoit la diversité de leurs provenances. Hormis le petit nombre de Compagnons qui pouvaient faire prévaloir un rôle et une place importante dans la société mecquoise, Muhammad (PSL) était entouré d’opprimés et de personnes demandeuses de justice sociale qui trouvaient dans le nouveau message, le réconfort et la solidarité qu’ils ne pouvaient espérer dans un système défavorable.

Bilâl, l’esclave affranchi selon la tradition musulmane, dit ‘al-habashî (l’Abyssin), venant de l’autre côté de la Mer Rouge, de l’Abyssinie (Ethiopie), Souhayb est al-Rûmî, provenant certainement des régions sous la domination de Byzance, Salmân est al-Fârisî, (le Persan) allusion au domaine de l’empire Perse. A leurs côtés, un groupe d’hommes et de femmes qui malgré la condition qui leur était infligée affirmaient, au péril de leur vie, leur loyauté envers Muhammad (PSL) et la foi en l’unicité de Dieu.

Il faut rappeler que l’émergence de l’islam a coïncidé avec une période où l’Arabie vivait un tournant. La sédentarisation progressive, la reconversion de sociétés bédouines, nomades, au commerce et à la finance, faisaient que certaines vertus cardinales de l’homme arabe avaient du mal à perdurer devant l’appât du gain etl’accumulation. Un tel système est de nature à creuser les inégalités et à modifier les hiérarchies. La notion même et les critères du prestige social s’en trouvent bouleversés. Ceux qui sont à la marge du système sont plus que jamais attentifs et réceptif à l’égard de ce Prophète qui leur proposait la justice, l’égalité, le respect de l’orphelin, la charité à l’égard de l’étranger.

Malmenés pour avoir porté atteinte au système établi et défié la puissance de la hiérarchie mecquoise, les membres de la première communauté de l’islam connaîtront très tôt l’exil. Le Négus, souverain de l’Abyssinie, les accueillera avec hospitalité et charité, les protégera dans la pure tradition chrétienne. Quelle heureuse rencontre, quel symbole de tolérance et d’acceptation mutuelle !

Mais, la nouvelle religion professée par Muhammad ne tarda pas à trouver un écho favorable dans différentes régions d’Arabie. Après les persécutions, les blocus, les menaces et les tortures, les habitants de Yathrib qui deviendra Médine (Madinat al-rasûl = la ville du Prophète), accueilleront Muhammad (PSL) et ses fidèles en l’an 622.

Le cadre étroit de cet article ne permet pas l’analyse profonde nécessaire à la compréhension de la nouvelle impulsion à partir de Médine où l’islam arabe à ses débuts allait s’universalisant à la rencontre du monde, des cultures et des différentes civilisations. Ce train de la spiritualité parti de Médine, partout où il s’arrêtera accueillera à son bord en même temps que les Hommes, les vertus et les qualités qui ont fait sa grande civilisation.

S’arrêtant sur cet aspect de l’œuvre de Muhammad, Lamartine voyait en lui cet homme maître dans l’art de l’harmonie le « créateur de vingt empires terrestres et d’un empire spirituel ». C’est ce dernier qui a le plus émerveillé les observateurs de sa mission prophétique. Comment en effet une religion née et ayant évolué dans des circonstances aussi difficiles a pu, non seulement, se répandre aussi rapidement, mais créer, en plus, une symbiose dans un océan de diversité.

Dans son Regard sur l’histoire du monde, Nehru exprimait cette interrogation en ces termes : « Chose surprenante, la race arabe qui semblait durant des siècles demeurée dans une contrée sans renom, endormie, ayant perdu totalement sa vivacité, isolée du monde, ignorait apparemment tout ce qui s’y passait, se réveilla soudain, bouleversant avec une force vigoureuse le monde ! ». il conçoit comme « un des merveilles du monde dans l’histoire humaine », cette manière dont « l’aventure de l’islam et l’histoire de sa progression en Asie, en Afrique et en Europe, et, avec, la fondation d’une civilisation magnifique et une culture suprême ».

C’est à cet homme professant l’islam et offrant comme message la fraternité et l’égalité que revient le mérite d’une telle révolution silencieuse et non au génie d’un quelconque peuple car l’histoire de l’islam, hormis la problématique parenthèse omeyyade (approximativement de 661 à 850) est faite de diversité et d’apport des cultures qu’il a traversées, malgré les tentatives d’ethnicisation et d’arabisation depuis Abdul Malik Ibn Marwân.

Comme le rappelle Nehru, «  la pensée motrice qui éveilla le monde arabe et le combla de la confiance en soi et de la force créatrice ne fut que l’islam prophétisé par Muhammad ». Cheikh Ahmed Tidiane Sy, le disait lors d’une visite à la Mecque « Si ce n’était pas le Prophète, messager de l’islam, qui connaîtrait cette civilisation se distinguant par l’hospitalité envers l’étranger » (lawla-n-nabiyyu rasûlullâhi mâ ‘urifat/hadâratun sha’nuhâ-t-takrîmu li-l-ghurabâ).

En tout cas, la métamorphise qui a conduit une telle société, de son confinement historique à la conquête d’une grande partie du monde, embrassant cultures et civilisations de l’Atlantique à la Mer de Chine reste, tellement, une énigme, pour les analystes que d’aucuns hésitent d’y voir un simple « phénomène naturel ». Mais, comme le fait remarquer, l’auteur des Méditations poétiques, les utopies ne sont quelques fois que des « vérités prématurés »

Hormis la rapide et durable expansion de l’islam, c’est la pérennité du message de Muhammad (PSL) (mort en 632), ayant déjà traversé quatorze siècles, qui peut attirer l’attention. Sans entrer dans la polémique de l’inimitabilité du Coran (i‘jâz), on ne peut ne pas s’arrêter sur l’emprise qu’eût et a toujours le message du Prophète dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe.

Il est vrai, l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences. De Baghdad à Ispahan jusqu’à Samarkand, de Cairouan à l’Andalousie en passant par Fèz l’impériale, la civilisation islamique a offert au monde de grands esprits éclairés. Constant Virgil Gheorghui rappelle dans la biographie consacrée au Prophète de l’islam : «  quoi qu’il fut illettré, les premiers versets révélés mettent en valeur la plume, la science, l’éducation et l’instruction. Si Muhammad avait été un savant, la révélation, réalisée dans la caverne de « Hirâ », n’aurait pas causé d’étonnement ».

Pour expliquer le caractère pérenne et fortement inscrit dans l’éternité, du message de Muhammad (PSL), plusieurs hypothèses ont été émises. Mais les explications les plus fournies se heurtent à l’ampleur du phénomène et finissent par être quelques fois involontairement réductrices. La nature du message de l’islam, se voulant une synthèse des prophéties qui l’ont précédé, son génie pour l’adaptation et le respect des traditions culturelles de ses prosélytes pourraient être avancés comme des éléments pouvant aider à dégager une piste.

Dans la distinction qu’il fait entre ce qu’il appelle les « lois humaines » et les « lois » divines, Montesquieu (voir de l’Esprit des lois) bien que niant à tort tout dynamisme des normes religieuses, aboutit à une conclusion intéressante pour notre question. Il parvient à l’idée selon laquelle la force principale des lois religieuses vient de ce qu’on les croit ; la force des lois humaines vient de ce qu’on les craint.

Le cas de l’Afrique noire pourrait-être cité en exemple où l’islam s’est rarement imposé mais s’est plutôt substitué et a très vite refaçonné les cultures sans les rejeter. Voici qu’une religion qui naquit du désert d’Arabie, porté par un homme qui avait tout contre lui, arrive à gagner tous les continents, en privilégiant la conquête des cœurs à la soumission des corps.

La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv. Autour d’un prophète, d’un message et d’une foi, elle a donné au monde l’une de ses plus brillantes civilisations. Les auteurs les plus apologétiques ont vite atteint leur limite dans la description de ses qualités humaines et morales. Al-Bûsayrî (XIIIème s.) dans sa Burdah se contentera de conclure qu’il est un homme et le meilleur des créatures : fa mablaghul ‘ilmi annahû basharun/ wa annahû khayru khalqi lâhi kullihimi. Le grand Muqaddam de la Tijâniyya, Seydi El Hadji Malick Sy (1855-1922), sur les mêmes rime (qâfiya) et mètre (basît), recourut vite au résumé en affirmant que pour tout qualificatif afférant à la noblesse de l’âme, Muhammad (PSL) mérite le superlatif absolu ! : fî kulli wasfin hamîdin hâza af‘ala tafdîlin rajâ’ul barâyâ yawma muzdahamî

Reste que ce message soit revivifié dans toutes ses dimensions, une fois libérés des préjugés dans lesquels aussi bien les extrêmes qui le dénaturent et en usent, que les tenants de l’essentialisme, portent la malheureuse responsabilité.

Mais quelles que soient les tensions, malgré les déchirures et la percée du virus de l’animosité dans le monde d’aujourd’hui, on ne pourra jamais nier que cette religion appelle au dialogue au respect et à la coexistence pacifique.

N’en déplaise aux théoriciens du choc des civilisations et de la confrontation entre un fantasmatique Orient et un Occident diabolisé, des esprits éclairés s’évertueront toujours à appeler au dialogue et à la compréhension mutuelle. L’exemple donné par Goethe, dans la citation suivante, par laquelle nous conclurons, mérite méditation : « J’ai toujours eu une grande estime pour la religion prêchée par Mohamed parce qu’elle déborde d’une vitalité merveilleuse. Elle est la seule religion qui me paraît contenir le pouvoir d’assimiler la phase changeante de l’existence – pouvoir qui peut la rendre alléchante à toute période. J’ai étudié cet homme merveilleux, et, à mon avis, loin d’être un antéchrist, il doit être appelé le sauveur de l’humanité. (…) J’ai prophétisé sur la foi de Mohamed, qu’elle sera acceptable à l’Europe de demain comme elle commence à être acceptable à l’Europe d’aujourd’hui ».

9 commentaires

Laissez un commentaire
  1. La sunna telle que nous l’a connaissons aujourd’hui a malheureusement sclérosé et divisé le monde musulman.c’est ce qu’a craint le prophète Mohammed en interdisant de son vivant la transcription de ses paroles.les califes Abou Bakr et Omar ont perpétué cette interdiction durant leur califat et ont brùlé les manuscrits des compagnons du prophètes qui ont tenté de transcrire les paroles du prophète après sa mort(sources:Boukhari et Muslim).la transcription de la sunna a été faite trois siècles environ après la mort du prophète avec tous les rajouts et les omissions humaines d’une transmission orale de plusieurs siècles et les intérèts politiques et sociaux du règne d’un pouvoir politique héréditaire et illégitime.Il est temps de lever le tabou de la sunna et de revenir à la source originelle de la charia: le Coran.

    • C’est surtout vous qui êtes sclérosé. La sunna est coranique, Dieu swt nous recommande dans le Noble Coran de prendre pour exemple le prophète Muhammed sws. Ses paroles sont d’or car ils mettent en lumière beaucoup de versets coraniques. Vous ne trompez que vous par vos mensonges.
      Salam

      • Quels mensonges.Est-ce à dire des mensonges que de constater que pratiquement toute la jurisprudence musulmane est puisée d’une sunna transmise par les hommes d’une époque qui a subit les fluctuations que l’on connait à travers son histoire pour se maintenir au pouvoir et se donner une légitimité contraire aux recommandations de Dieu et de son prophète?Nous en subissons amèrement les conséquences aujourd’hui.N’est-il pas temps de reconnaitre que dans la sunna il y a beaucoup de faux et de falsification?N’est-il pas temps à la Oumma musulmane de se réconcilier avec elle-mème et de revenir vers la loi de Dieu :le Coran?Nous aimons notre prophète et c’est pour cela que nous n’acceptons pas que l’on falsifie ses paroles.

        • 1 – Vous confondez le fiqh = jurisprudence islamique avec la sunna = tradition prophétique.
          2 – Vous êtes ignorant sur le fait que la sunna est contenue dans le Noble Coran :
          “Et tu (Muhammed sws) es certes d’une moralité éminente.” (Sourate Al-Qalam, verset 4)
          “En effet vous avez dans le Prophète un excellent modèle, pour quiconque espère en Allah et au Jour dernier et invoque Allah fréquemment.” (Sourate Al Ahzâb, verset 21)
          3 – C’est quoi la sunna ? Ce sont les 5 piliers de l’Islam qui se retrouvent dans le Noble Coran ainsi que les paroles du prophète sws qui mettent en lumière les versets coraniques. Vous pouvez déceler si un hadtih est faux en le confrontant au Noble Coran et en vérifiant sa validité de transmission auprès des ulémas.

          Vous ne trompez que vous encore une fois.

          Salam

          • 1-le fikh actuel se base sur la sunna globale avec ses vrais et ses faux hadiths en 1er lieu et sur une interprétation fantaisiste des versets du coran en 2ème lieu. 2-la sunna n’est pas contenue dans le coran.Le noble coran,Parole de Dieu,est préservé par Dieu de toute falsification humaine(et les tentatives actuelles de réforme du coran seront vaines):”inna nahnou nazzalna adhikra oua inna lahou lahafidhoun”.coran. la sunna n’est pas préservée de falsification et de manipulation. 3- la sunna c’est les faits et les paroles du prophète transmises d’abord oralement durant 3 siècles puis transcrites. 4-vous avez raison quand vous dites que vous pouvez déceler un faux hadith en le confortant au Noble coran et ce devrait ètre la mission des oulamas :assainir la tradition du prophètes des mensonges et des scories de 14 siècles. 5-Oh OUI “tu es certes (Mohammed) d’une moralité éminente:coran. salla Allahou alaihi oua sallam. “E n effet vous avez en le prophète un excellent modèle,pour quiconque espère en Allah et au jour dernier et invoque Allah fréquemment”:coran. Salla Allahou alaihi oua sallam.Que la paix et la bénédiction de Dieu soit sur lui .Il est et sera notre meilleur modèle et nous suivrons la voie d’Allah (le coran) comme il l’a suivie .Puisse Allah nous guider vers la voie droite(assirat al moustakim).

          • @nacera
            Nier l’évidence que je vous apporte n’y changera rien.
            1 – Le fiqh se base avant tout sur la charia pour être guidé par le Noble Coran.
            2 – Je vous ai déjà apporté la preuve par des versets que la sunna est une recommandation d’Allah swt.
            3 – Pas seulement puisque Muhammed sws priait, donnait la zakat etc, d’ailleurs beaucoup de hadiths nous expliquent la prière, le zakat etc.
            4 – Ceci est en cours, l’arabie saoudite en a parlé et al azhar est en train d’y réfléchir mais c’est loin d’être un blocage pour quoique ce soit ni une priorité comme vous semblez le penser. Il suffit d’observer la diversité du fiqh au sein des pays musulmans.
            5 – On est d’accord, alors arrêtez d’être contre la sunna.

            Pour comprendre mes propos, voici un exemple : https://oumma.com/charia-droits-des-femmes-et-lois-des-hommes-2-2/

            Salam

  2. Très bel article merci !
    Le plus grand homme que la terre a porté est certainement le noble prophète Muhammed sws. Il créa toute une civilisation (religion, science, culture, tradition, social etc) de son propre vivant par adhésion de différents peuples. Plus qu’une civilisation, c’est une structure de pensée universelle qu’il légua au monde. Une source d’inspiration infinie, intemporelle et multiculturelle.
    Nénmoins :
    “…incapable de fournir l’impulsion et le dynamisme nécessaires à l’entrée dans la modernité…” La doctrine politique veut qu’appeler à la modernité et à la révolution c’est appeler à l’effacement du religieux. Ne serait-il pas plus avisé de parler de renouveau, d’évolution voire pour certains pays de meilleur développement et cela doit justement passer par “La diversité fut sa force, la justice sociale son leitmotiv.”.
    “…dans le cœur et l’attitude de plus d’un milliard d’individus à travers le globe…” Ne serait-il pas plus judicieux d’écrire presque 2 milliards d’individus.
    “…l’homme dit illettré dans bien des sources est parvenu avec un élan foudroyant à faire entrer son peuple dans le monde des livres et des sciences…” C’est le premier miracle de l’Islam ! Dieu swt a donné ordre à Jibril de commander au prophète de lire : “Lis! Lis! Lis!” fut le premier acte de la révélation. Le prophète sws ne pouvait plus être un “illétré”.

    Dieu sait mieux
    Salam

    • 4- “ceci est en cours,l’Arabie Saoudite en a parlé et El Azhar est en train d’y reflechir…”Donc vous reconnaissez que la sunna telle que transcrite est incertaine.A moins que vous ne jugiez que la sunna doit encore une fois étre au service du nouvel ordre mondial et de ses deux fidèles alliés :l’Arabie Saoudite et l’Egypte.A méditer…

  3. Si les peuples connaissaient la tradition muhammadienne, ils jugeraient autrement l’islam et, il faut travailler à la faire connaître. Mais, pour être crédible, il faut aussi être prêt dans ce cas à discuter scientifiquement entre ce qui est prouvable historiquement dans cette tradition, ce qui ne l’est pas et ce qui est un rajout ultérieur de la part de ses partisans. Il est clair que l’expansion de l’islam a été très rapide et pratiquement pacifique …500 soldats ont conquis toute l’Afrique du nord, soit l’équivalent de la moitié de l’Europe ! Cela ne s’appelle pas une conquête mais une offensive libératrice qui a fait tomber par pans entiers les pouvoirs existant. Cela c’est scientifiquement prouvable. Même chose pour la révolution qu’a constitué la “conquête” …pacifique de La Mecque. La plupart du temps les armées musulmanes ont été attendues comme des libérateurs. C’est d’ailleurs pour cela que le pape des coptes d’Egypte avait envoyé Myriam pour l’offrir au prophète. Et les armées musulmanes allaient ensuite libérer l’Egypte de la domination roumi (greco-romaine). Mais il faut pouvoir faire une analyse critique au regard de la méthodologie moderne de la Sunna et ne pas exiger des non musulmans, et aussi des musulmans d’ailleurs, qu’ils “croient” dans la Sunna sans la soumettre au filtre des contestations scientifiques.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pour un calendrier musulman basé sur le calcul astronomique : le hadith oublié ou mal compris (suite et fin)

Iran : trois jeunes femmes se déguisent en hommes pour assister à un match de football