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Rabah Oussidhoum, l’Algérien antifasciste tombé en Espagne en 1938

Le 27 mai 1938, Rabah Oussidhoum, ouvrier algérien et militant communiste, tombait au combat à Miraflores, en Aragon. À 35 ans, il commandait alors le Bataillon Commune de Paris, unité des Brigades internationales composée de Français, Belges, Britanniques et Américains. Fils d’un forgeron, Oussidhoum avait connu la misère et le racisme en Algérie avant de s’exiler en France, où il travailla chez Renault et adhéra au Parti communiste français, séduit par son engagement anticolonial.

Avec le socialiste Mohand Amokrane Belaïdi et l’anarchiste Mohamed Saïl, il fut l’un des 500 à 800 Algériens engagés aux côtés des républicains espagnols. Pour ces hommes, combattre Franco revenait à frapper l’impérialisme qui opprimait leurs peuples. Comme le soulignait le communiste syrien Khaled Bakdash, ils entendaient « laver l’honneur » du monde arabe, entaché par l’enrôlement forcé de soldats marocains dans l’armée franquiste.

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Le livre Moros contra Franco (Marc Almodóvar et Andreu Rosés, 2025) explore cet épisode méconnu. Ces brigadistes – majoritairement algériens, mais aussi palestiniens ou syriens – incarnaient un monde arabe urbanisé et politisé, où ouvriers et intellectuels, musulmans, juifs et chrétiens, voyaient dans le communisme un outil de libération. Le parcours du Palestinien Muhammad Najati Sidqi en témoigne : envoyé pour soulever les troupes marocaines contre Franco, il échoua, freiné par la modération anticoloniale des républicains, soucieux de ne pas provoquer Paris. Malgré leur faible nombre face aux 80 000 supplétifs marocains de Franco, ces hommes révélèrent une aspiration commune : unir antifascisme et lutte décoloniale. Un héritage effacé, que l’histoire commence enfin à redécouvrir.

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