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Près de 300 femmes en niqab verbalisées en un an

A l’heure où l’avenir de la France pour les cinq prochaines années va se jouer dans le secret des isoloirs, loin du matraquage sondagier quotidien et de la déferlante de promesses rituelles qui fait injure à l’intelligence, il est encore temps de se retourner sur un passé récent, qui a fait feu de tout bois en soufflant sur les braises de la vindicte.

Empoigné comme le repoussoir emblématique de la République par Nicolas Sarkozy et son parti l’UMP, dans un unanimisme politique exalté, quasi hystérique, suffisamment rare pour être cité, la criminalisation du long voile marginal est un de ces acquis gadget du Sarkozysme, qui a mis à mal la cohésion nationale, pendant que la crise et ses artisans avaient un boulevard pour sévir.

Alors, parlons chiffres pour évoquer l’éradication de cette poignée de femmes à part, à côté desquelles la faillite de l’Europe et de l’Euro, la banqueroute de la France, le chômage endémique, les délocalisations en cascade et leurs plans de licenciement de masse, les questions du logement, de l’échec scolaire, et les efforts exigés des plus démunis pendant que les plus nantis s’exilent sous des cieux plus cléments… ne sont que pures broutilles. 354 femmes contrôlées, dont 299 femmes verbalisées, tel est le bilan officiel publié par le ministère du triste sire de l’Intérieur, Claude Guéant, après une année d’une traque inédite dans l’espace public, entrée en vigueur le 11 avril 2011.

Un recensement légèrement revu à la hausse par Rachid Nekkaz, porte-parole de l'association « Touche pas à ma Constitution », et généreux mécène des femmes en niqab, qui estime à 367 le nombre   d'amendes en un an,  toutes les citoyennes pénalisées ayant subi un interrogatoire dans des commissariats de police pendant " une heure et demi et trois heures".

D'après le portrait qu’il en brosse, 88% d'entre elles sont "de nationalité française",  35% seraient des "Françaises de souche », 67% étant "divorcées ou célibataires" preuve, toujours selon lui, qu'elles ne portent pas le voile "sous la contrainte d'un mari".

Cette nouvelle chasse aux sorcières a-t-elle été au final giboyeuse ? Difficile à dire, selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, à la prudence éloquente. Assurément, répond, pour sa part, Claude Guéant, missionné pour nous vanter les mérites d’une croisade anti-musulmans qui n’a pas dit son nom, sauf quand cela lui a échappé…

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