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Pourquoi les médias ne parlent jamais des mouvements de gauche de la résistance palestinienne ?

Si on en croit les médias mainstream, le conflit actuel entre Israéliens et Palestiniens serait avant tout un bras de fer entre l’armée israélienne et le mouvement Hamas même s’il leur arrive de citer également le « Djihad islamique ». Aucun mot sur les autres composantes de la résistance à Gaza qui ne se réclament pas de la mouvance islamiste, à l’instar des organisations de la gauche palestinienne avec à leur tête le FDPLP et le FPLP ou les Comités de la résistance populaire. Pourtant, ces organisations sont très actives sur le terrain à Gaza et leurs bras armés respectifs sont présents au sein de la chambre d’opérations commune qui a été mise en place en vue de diriger conjointement les actions militaires de la résistance contre l’agresseur israélien. Le FPLP agit notamment à travers son bras armé les « brigades d’Abou Ali Mustapha », le FDPLP participe au combat à travers son aile militaire, les « brigades de la résistance nationale » et les Comités de la résistance populaire ne sont pas en reste puisqu’ils ont aussi leur bras armé : « les brigades Al Nasser Salah Eddine ».

Pourquoi les médias mainstream ne parlent jamais de ces  mouvements de gauche qui participent pourtant à la résistance armée aux côtés des «  brigades Al Qassam » (le bras armé du Hamas) et des « brigades d’Al Qods » (le bras armé du Djihad islamique) ? Un tel ostracisme revient à cacher à l’opinion publique la réalité diverse et multiforme de la résistance palestinienne. En braquant les projecteurs sur le Hamas et le Djihad islamique, qualifiés par ailleurs d’organisations « terroristes », les médias mainstream cherchent à exploiter le climat d’islamophobie ambiant qui traverse aujourd’hui la plupart des pays européens et tout particulièrement la France. Le but poursuivi dans le cadre de ce qui est une vaste opération de désinformation et de guerre psychologique est la dénaturation du sens véritable du combat que mènent ces organisations pour la libération de leur patrie de la domination coloniale en vue de les isoler politiquement et diplomatiquement.

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Mais la censure pratiquée par les médias mainstream peut cacher également d’autres motivations à caractère politique. L’occultation volontaire de l’aile gauche de la résistance palestinienne vise à rabaisser sur le plan politique la société palestinienne qui serait par définition incapable de gérer démocratiquement ses différences religieuses, idéologiques et politiques. La mise en exergue de la diversité des composantes de la résistance palestinienne risque a-contrario d’attirer l’attention de l’opinion publique sur les véritables enjeux politiques du conflit israélo-palestinien qui est avant tout  un problème de droit et de justice comme l’a rappelé le président de l’Association France Palestine Solidarité, Bertrand Heilbronn. En mettant en avant exclusivement le Hamas et le Djihad islamique, les médias espèrent détourner l’attention vers un imaginaire conflit à caractère religieux pour n’avoir pas à se positionner sur les racines du conflit, à savoir la colonisation et la politique d’apartheid pratiquée systématiquement par l’occupant israélien à l’encontre du peuple palestinien.

Bien entendu, le fait de mentionner le rôle actif joué au sein de la résistance palestinienne par les organisations de gauche ne revient pas à amoindrir le rôle du Hamas et du Djihad islamique dont la contribution sur le terrain est sans commune mesure avec celle du FDPLP, du FPLP et des Comités populaires pour la simple et bonne raison que les uns et les autres ne disposent pas des mêmes soutiens financiers, politiques et militaires extérieurs. En effet, si le Hamas peut compter sur le soutien du Qatar, de la Turquie et de l’Iran (même s’il a perdu celui de la Syrie) et il est de notoriété publique que le Djihad islamique a toujours bénéficié de l’appui de l’Iran. De leur côté, le FDPLP et le FPLP ont soit perdu leur principal soutien dans la région (Libye de Kadafi) soit ils ont assisté à l’affaiblissement de leurs anciens alliés (Syrie, Algérie) qui ne peuvent plus les soutenir de la même façon que par le passé (La Syrie a été durement affectée par la guerre et l’Algérie fait l’objet d’une opération de subversion soft téléguidée de l’étranger qui cherche à instrumentaliser l’aspiration légitime de la jeunesse algérienne au changement). Au demeurant, les pays occidentaux sont mal placés pour prendre prétexte de la supériorité du Hamas et du Djihad islamique sur la scène de Gaza en vue de délégitimer la résistance palestinienne dans la mesure où ils ont, eux-mêmes, contribué par ailleurs à la destruction ou à l’affaiblissement des régimes arabes qui soutenaient jusqu’ici les organisations de la gauche palestinienne.

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Dans leur entreprise de désinformation systématique, les médias mainstream ne se contentent pas d’ignorer volontairement le rôle joué par les organisations de gauche et des comités populaires au sein de la résistance palestinienne. Ils font tout pour présenter de manière tronquée cette résistance. Certes, la résistance armée de Gaza est un élément essentiel qui vient rappeler à l’Etat d’Israël qu’il n’a plus désormais le monopole d’envoyer les missiles mais elle n’est qu’un maillon d’une chaîne de résistance plus longue. La résistance multiforme du peuple palestinien touche tous les aspects de la vie quotidienne : économique, social, politique, humanitaire, culturel et artistique. Et si depuis une semaine, la forme militaire semble avoir pris le dessus, le soulèvement général du peuple palestinien sur l’ensemble de la Palestine historique à l’occasion du 73eme anniversaire de la Nakba, est venu nous rappeler que seule l’appropriation de la geste libératrice par le peuple peut changer l’équation stratégique régionale et laisser espérer dans un proche avenir la restauration du droit sur cette terre de civilisation multiséculaire.

Un commentaire

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  1. Depuis quelques temps, les choses ont évolué. Le Hamas a déclaré récemment recevoir à nouveau l’aide technique du Hezbollah et du gouvernement syrien pour la fabrication des missiles, tout en ayant officiellement quitté l’organisation des Frères musulmans. Il faut aussi noter la présence sur le terrain de la résistance armée à Gaza des Brigades Al Aqsa, l’aile armée du Fatah, qui ne suit pas la ligne politique de compromission de la centrale de Ramallah. L’étape régressive dudit « printemps arabe » semble donc en passe d’être dépassée.

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