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Pourquoi le système et les médias mainstream ont intérêt à diaboliser Jean-Luc Mélenchon

Si la première chose à retenir du deuxième tour des élections législatives françaises est le rejet du RN par les deux tiers de l’électorat français, la seconde est incontestablement la victoire inattendue du Nouveau Front populaire qui constitue désormais le premier bloc au sein de l’Assemblée nationale, avec 182 députés.

Même si le bloc du Nouveau Front populaire ne bénéficie pas d’une majorité absolue et sera appelé dans le meilleur des cas à composer avec les autres forces démocratiques représentées à l’Assemblée pour faire passer les projets qui lui tiennent à cœur, cela suffit à jeter l’effroi au sein du système et de ses prolongements médiatiques.

L’objectif recherché est l’implosion du Nouveau front populaire par la mise hors-jeu de la LFI .

Au centre de cette manœuvre politicienne scélérate se trouve la diabolisation du leader de la LFI, Jean-Luc Mélenchon. La question est d’une importance politique cruciale pour les prochains mois, voire les prochaines années qui nous séparent de l’échéance présidentielle de 2027.

L’accusation fallacieuse d’ « antisémitisme »

Pour ceux qui suivent ce qui se dit dans les médias mainstream, la chose va de soi : Jean-Luc Mélenchon est le diable en personne et avec lui toutes celles et tous qui, au sein de la LFI, ne l’ont pas publiquement désavoué.

Les motifs qui expliquent la diabolisation de la LFI et de son leader tiennent en un seul mot : « antisémitisme ».

L’accusation, aussi infâmante soit-elle, est plus proche de la diffamation que d’autre chose. Pour la raison simple que l’ »antisémitisme » n’est pas seulement quelque chose de moralement répréhensible, mais constitue au regard du droit français un délit qui fait l’objet de poursuites pénales.

Or, aucune poursuite de ce genre n’a pu être intentée contre Jean-Luc Mélenchon ni contre d’autres dirigeants de la LFI.

On l’aura compris. La LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon sont accusés d’ « antisémitisme » en raison de leurs positions courageuses par rapport à ce qui se passe à Gaza.

Le fait d’appeler un chat un chat, en qualifiant ce qui se passe à Gaza de guerre d’extermination et en appelant à la cessation de cette guerre et au respect du droit à l’autodétermination du peuple palestinien, conformément au droit international, suffit visiblement à leur coller l’accusation infâmante d’ « antisémitisme ».

Le caractère diffamatoire des accusations portées contre Jean-Luc Mélenchon apparaît d’autant plus clairement que ce dernier n’a jamais tenu publiquement des propos qui pourraient attester d’une prise de position antisioniste.

Jean-Luc Mélenchon dénonce la guerre et la colonisation israéliennes et se prononce pour la solution des deux Etats, ce qui ne remet nullement en question le projet sioniste qui consiste à créer un « foyer national juif » sur une partie de la terre de Palestine. Pour rappel, il y des mouvements civiques et politiques juifs dans le monde, y compris en Israël, qui expriment sur le sujet des positions plus radicales que celles de Jean-Luc Mélenchon et de la LFI.

Il suffit de comparer ce qui se dit dans certains médias israéliens et américains et ce qui se dit dans les médias français pour se rendre compte qu’en France, on est plus royaliste que le roi.

Le plus grand éditorialiste du New York Times, Thomas Friedman, n’a pas mâché ses mots en imputant au gouvernement Netanyahu la responsabilité de ce qui risque d’arriver à l’Etat d’Israël.

Il ne se passe pas un jour sans que le quotidien de gauche israélien Haaretz ne publie un article alarmant sur les dangers que fait courir la politique du gouvernement de droite de Netanyahu à l’Etat d’Israël. Plus récemment, le quotidien populaire israélien Maariv a publié un rapport qui conclut qu’après neuf mois de guerre, aucune alternative au Hamas à Gaza n’est réaliste.

Quoiqu’il en soit, il est étonnant et incompréhensible qu’une question de politique internationale – aussi chargée de sens symbolique soit-elle, comme l’est incontestablement le conflit israélo-palestinien –  puisse constituer une question aussi clivante dans le paysage politique français.

Entre les deux tours, Raphaël Glucksmann s’est grandi en s’élevant contre ceux qui voulaient l’enfermer dans un choix aussi étroit, et en affirmant qu’il était avant tout un citoyen français avec des convictions républicaines et démocratiques. C’est à ce titre qu’il a appelé au barrage contre le RN, en s’alliant avec la LFI au sein du NFP.

L’aurait-il fait s’il était au fond convaincu que Jean-Luc Mélenchon était réellement « antisémite » ?

Le même raisonnement peut s’appliquer au président Macron et à son Premier ministre, Gabriel Attal, qui ont appelé entre les deux tours à faire barrage au RN, quitte à se désister au profit des candidats du Nouveau front populaire dans de nombreuses triangulaires, même si le camp présidentiel a finalement plus profité au second tour des reports de voix des électeurs de gauche.

Les véritables motifs de la diabolisation de Jean-Luc Mélenchon

Alors comment expliquer dans ces conditions la campagne délirante contre la LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon ?

Si l’accusation infâmante d’ « antisémitisme » est aussi infondée, il faut bien chercher ailleurs les motifs d’une campagne aussi mensongère. Les médias mainstream et les intellectuels et politiques invités sur les plateaux pour distiller leur haine contre Jean-Luc Mélenchon ne sont pas des samaritains. Ils sont en service commandé. Pour deviner ce qui fait danser ces médias, il suffit de savoir qui les paie.

Derrière les médias mainstream qui vomissent tous les jours leur haine contre la LFI et son leader Jean-Luc Mélenchon, il y a un système qui brasse des milliers de milliards d’euros, avec une organisation verticale et horizontale faite de holdings financiers transnationaux et d’administrations supranationales et nationales aux ramifications tentaculaires à tous les niveaux de la société.

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Dans les vieilles démocraties, le système peut bien s’accommoder de la libre concurrence des programmes et des partis politiques dans le cadre des compétitions électorales, à condition que tout cela ne vienne pas compromettre les équilibres fondamentaux du système.

Dans le contexte de la Ve République, les pouvoirs du président de la République sont importants, et c’est pourquoi le choix de la personne qui devrait occuper ce poste s’avère décisif.

Il n’est pas dit que le profil politique de Jean-Luc Mélenchon soit de nature à rassurer les centres du système. Curieusement, Jean-Luc Mélenchon est aussi impopulaire au sein des médias à la solde du système qu’il est populaire au sein de la société française, et plus particulièrement au sein des couches populaires.

Le programme du Nouveau Front populaire ne peut que séduire les larges couches populaires laminées ces dernières années par les réformes libérales de l’ère Macron.

Si ce programme aura du mal à passer au sein d’une Assemblée dans laquelle le NFP ne dispose pas d’une majorité absolue, il reste qu’il peut agréger autour de la personnalité qui l’incarne de la plus belle des manières de larges couches populaires lors de la prochaine présidentielle, si entre-temps Macron et ses conseillers ne précipitent pas l’enterrement de la Ve République au profit d’une nouvelle République parlementaire, dans laquelle le président de la République n’aura plus les mêmes pouvoirs.

Si les choses restent en l’état, la prochaine échéance présidentielle risque de constituer un casse-tête pour les tenants du système. S’il n’est pas disqualifié d’avance dans le cadre d’on ne sait quelle cabale, on voit mal qui pourrait rivaliser avec Jean-Luc Mélenchon au premier tour parmi les candidats potentiels que le système s’apprête à adouber, à l’instar de Gabriel Attal ou de Gerald Darmanin.

La question mérite d’autant plus d’être posée que Jean-Luc Mélenchon apparaît aujourd’hui comme celui qui a réappris à la Gauche à gagner, y compris dans une proportion qui a déjoué les pronostics des instituts de sondage.

La performance est d’autant plus méritoire qu’elle advient dans un contexte marqué par une brutale tentative de liquidation de la gauche sous couvert du dépassement du clivage gauche-droite, jugé désormais archaïque.

Les qualités d’orateur et de tribun hors-pair de Jean-Luc Mélenchon y sont pour quelque chose dans cette performance remarquable, mais loin d’être empruntées comme c’est le cas chez de nombreux politiques, ses qualités rhétoriques sont toujours adossées à des argumentaires forts au service de convictions républicaines et sociales sans ambigüité.

Mieux, la présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour de la présidentielle de 2027 ne serait pas du tout incongrue si dès maintenant les gardiens du temple ne se mettent au travail pour lui barrer la route. En effet, imaginons un seul instant Jean-Luc Mélenchon au second tour face à Marine Le Pen. Quelle sera l’attitude du système et de ses prêtres dans pareil cas ?

Il y a longtemps que le destin n’a pas donné de rendez-vous aussi épique dans l’histoire de la Ve république. La réconciliation de la souveraineté nationale et de la souveraineté populaire  en vue de réaliser l’aspiration de la multitude à une prospérité partagée et à la paix en Europe et dans le monde, n’est ni une utopie ni le chaos que nous prédisent les porte-parole de la finance internationale et de la Commission européenne.

Mais ce que Jean-Luc Mélenchon incarne par-dessus tout, en ces temps d’incertitudes où l’espoir d’un vivre-ensemble apaisé côtoie les appels à la haine et à l’exclusion, c’est avant tout la réconciliation de l’humanisme et du socialisme, chère à Jean Jaurès, dans un élan de générosité qui accueille les nouvelles forces populaires venues d’ailleurs mais qui restent, par-delà leurs particularités, charnellement attachées au mode de vie français, quoiqu’en disent les sirènes de la discorde.

C’est assez pour que le système et ses médias tentent par tous les moyens – y compris la diffamation – de diaboliser Jean-Luc Mélenchon.

Parviendront-ils à leurs fins ? Il dépend des forces populaires qui ont barré la route au RN et qui ont propulsé le NFP au premier rang, ce 7 juillet mémorable, de les démentir et de continuer leur mobilisation unitaire pour que le dernier mot revienne au peuple.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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