in

Génocide Gaza : Fatima Payman, la première sénatrice voilée, quitte le Parti travailliste australien

Deux ans après être entrée par la grande porte dans l’histoire politique de l’Australie, ce pays de cocagne où ses parents afghans trouvèrent refuge alors qu’elle n’était encore qu’une enfant, Fatima Payman, 29 ans, ne sourit plus sous le hijab qui en fit la singularité.

C’est, en effet, la mine grave et le coeur lourd que la première sénatrice musulmane et voilée du Parlement d’Australie-Occidentale, qui faisait figure d’étoile montante du Labor Party, s’est présentée devant les médias afin de leur annoncer sa terrible décision, la plus « difficile et déchirante de sa vie » : elle jette l’éponge. 

Cruellement désillusionnée après avoir été suspendue par ses pairs, celle qui oscillait entre rire et larmes au soir de son éclatante victoire aux élections fédérales, le 20 juin 2022, et dont le Premier ministre travailliste, Anthony Albanese, chanta les louanges, paye le prix fort de son engagement indéfectible pour la terre martyre de Palestine. 

Hier encensée, aujourd’hui immolée sur l’autel de basses compromissions, Fatima Payman, n’y tenant plus, préfère démissionner, la tête haute et la conscience tranquille, plutôt que de continuer à se fourvoyer gravement au sein d’un parti dont elle condamne l’indifférence face à l’indicible souffrance de la population de Gaza. 

« Ma famille n’a pas fui un pays en guerre et obtenu ici, en Australie, le statut de réfugiés pour que moi, aujourd’hui, je reste muette face aux atrocités infligées à des innocents à Gaza. Quand je vois l’indifférence de notre gouvernement devant la plus grande et horrible injustice de notre temps, je m’interroge sur la direction que prend ce parti », s’est-elle indignée lors de sa conférence de presse au fort retentissement.

Publicité
Publicité
Publicité

Ostracisée pour avoir signé une motion des Verts en faveur de la reconnaissance d’un État palestinien, la fille aînée de réfugiés afghans, qui avait conquis les coeurs et les suffrages, et dont les caciques de son parti louaient à l’unisson la force de conviction ainsi que l’éloquence, refuse d’être humiliée plus longtemps.

« Nous avons tous vu les images sanglantes de jeunes enfants perdant des membres, amputés sans anesthésie et mourant de faim alors qu’Israël poursuit son assaut, diffusées en direct dans le monde entier. C’est une question sur laquelle je ne peux pas faire de compromis. », a-t-elle martelé, la voix tremblante d’émotion.

Loin de renoncer à l’exercice plein de noblesse de la politique, tel qu’elle le conçoit, Fatima Payman quitte les rangs travaillistes pour mieux siéger ailleurs, en l’occurrence sur le banc des députés indépendants. Deux ans après avoir été plébiscitée dans les urnes, l’exaltation a toutefois laissé place à l’amer désenchantement chez celle qui incarnait, aux yeux de beaucoup, le renouveau de la politique australienne, à bien des égards. 

Publicité
Publicité
Publicité

Laisser un commentaire

Chargement…

0

Le ministre israélien Itamar Ben-Gvir appelle à l’assassinat des prisonniers palestiniens

Mahmoud Zheng He : le grand explorateur Chinois musulman