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Pour Walid Nekiche et toutes les victimes de la torture en Algérie

Walid Nekiche, étudiant et militant du Hirak, a été arrêté le 26 novembre 2019, alors qu’il filmait avec son téléphone la marche des étudiants. Détenu arbitrairement à la prison d’El-Harrach, il a enfin été jugé ler février 2021. Il était accusé d’« organisation secrète de correspondances à distance susceptibles de porter atteinte à la défense nationale » ; « participation à un complot incitant les citoyens ou habitants à porter les armes contre l’autorité de l’État » etc. sur la base d’aveux extorqués sous la torture durant sa garde à vue. Alors que le procureur requiert une condamnation à la prison à perpétuité, le tribunal l’a condamné pour « détention de documents pouvant porter atteinte aux intérêts du pays » à six mois de prison ferme. Il a retrouvé sa liberté le jour même. Sa détention arbitraire aura duré 14 mois.

Les tortures subies par le jeune étudiant et activiste du Hirak Walid Nekiche sont absolument intolérables. Aucun être humain quels que soient les griefs qui lui sont imputés ou les accusations portées contre lui ne peut être touché dans son intégrité physique, psychique ou morale. En Algérie, ces pratiques se situent dans la continuité de la répression des manifestations d’Octobre 1988 et de la sale guerre des années 1990 et du début des années 2000.

On le sait, la torture est une forme de violence destinée à terroriser la société en s’attaquant à l’individu. Dans la gamme des atrocités, les atteintes sexuelles sont un moyen couramment utilisé par les agents du régime, continuateurs en cela des mœurs de l’occupant colonial. Pour habituelles et communes qu’elles puissent paraître, ces agressions demeurent une des formes les plus inacceptables de torture en ce qu’elles atteignent aussi leurs victimes au plus intime de leur psychisme.

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Ces faits constituent des crimes imprescriptibles.

La gravité de ces actes est exacerbée quand ils sont perpétrés par des individus relevant des corps de sécurité officiels ou de forces armées régulières.

L’humiliation et la violence à l’intérieur des commissariats de police, des brigades de gendarmerie ou des centres de détention de la SM/DRS (ou de tout appellation dont la police militaire secrète s’est affublé depuis l’indépendance du pays) sont des pratiques encore trop répandues. Ceux qui sont envoyés en prison à l’issue parodies de procès témoignent de la continuité de traitements dégradants1.

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Ces usages, largement documentés par Algeria-Watch et d’autres organisations en particulier lors de la sale guerre des années 1990, n’ont pas, lorsqu’ils ont été ainsi établis dans toute leur horreur et dénoncés, suscité l’indignation ni provoqué une mobilisation audible de l’opinion. Il faut dire qu’à l’époque, la propagande du régime, puissamment relayée par les médias français, masquait ces exactions quand elle ne les justifiait pas du fait que les suppliciés étaient des islamistes réels ou supposés. Relevant de cette catégorie, il ne s’agissait pas de victimes au sens plein car ces torturés ne bénéficiaient pas du statut d’êtres humains selon la presse algérienne éradicatrice et ses amis de la Civilisation…

De ce point de vue on ne peut qu’apprécier l’indignation massive suscitée par les déclarations publiques de Walid Nekiche.

Les auteurs directs des tortures infligées à Walid Nekiche et à d’autres militants du Hirak doivent être identifiés et poursuivis tout comme les autorités dont ils relèvent, qui ont ordonnés ou couverts ces exactions.

Algeria-Watch

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