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Noor Tagouri, la première journaliste voilée de la télévision américaine, critiquée pour avoir posé dans Playboy

Habituellement couverte de fleurs par la communauté musulmane américaine qui voit en elle l’étoffe d’une star télévisuelle, Noor Tagouri, 22 ans, la première journaliste free-lance voilée à avoir symbolisé un autre modèle féminin sous les feux des projecteurs, essuie aujourd’hui les critiques de ses coreligionnaires après son apparition dans le magazine Playboy, jugée au mieux détonnante, au pire totalement inconvenante.

Sous la carapace qu’elle s’est forgée pour se protéger essentiellement de la véhémence de ses détracteurs non musulmans, la jeune femme d’origine libyenne fend à présent l’armure devant la désapprobation que ses photos incongrues, parues dans le célèbre magazine érotique destiné au public masculin, ont déclenchée au sein de la sphère musulmane.

Loin de jouer les playmates, Noor Tagouri a pris la pose habillée d’un jean, d’un blouson en cuir et chaussée de baskets Converse, afin d’évoquer le combat personnel qu’elle mène sans relâche pour s’imposer en tant que journaliste en hijab sur le petit écran.

« Pour être honnête, je pense qu’être une femme musulmane voilée m'a aidé à gagner la confiance des gens que j’ai interviewés », confie la reporter en herbe qui, il y a trois ans de cela, avait fortement impressionné la direction de CBS Radio par sa télégénie et sa couverture de la journée mondiale du Sida réalisée dans le cadre de ses études journalistiques.

« Je sais pertinemment que les médias ont une perception déformée de l’islam et de ma communauté, et propagent une propagande pernicieuse. Alors, je me suis dit, je sais ce que c’est que d’être l’objet de mensonges et de dénigrement, et moi, je peux rétablir la vérité en racontant la véritable histoire de mes coreligionnaires. C’est incroyablement gratifiant ! Cela peut éclairer les esprits et créer des liens », insiste-t-elle dans le portrait qui lui est consacré.

Alors que la page Facebook de Noor Tagouri a été inondée de commentaires désobligeants fustigeant l’indécence de sa promotion dans un magazine aussi éloigné des valeurs musulmanes, la direction de Playboy, quant à elle, préfère mettre en avant sa cure de jouvence, mais aussi et surtout son nouvel angle de traitement qui s’attacherait moins à reléguer la gent féminine à l’éternel rôle dévalorisant de la femme objet de tous les fantasmes, pour mettre davantage l’accent sur l’autonomisation du sexe dit faible.

Affectée par la réprobation générale mais pas abattue, Noor Tagouri s’insurge contre cette « énergie négative et malsaine » qui se déchaîne contre elle, tout en se réjouissant de compter un large cercle d’amis qui l’entourent de leur affection et lui ont renouvelé toute leur confiance.

 

 

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