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“Muhammad”, la super-production visant à réhabiliter l’image de l’islam, sort en salles en Iran (vidéo)

La plus belle réponse à la dénaturation de l’image de l’islam, savamment orchestrée et tout aussi sciemment propagée, de Majid Majidi, 56 ans, l’un des grands noms du cinéma iranien, ne pouvait être que filmique, sous la forme d’une trilogie ambitieuse, à l’aune d’un budget pharaonique (34 millions d’euros) qui est d’ores et déjà entré dans les annales du septième art persan.

C’est sous le titre tout trouvé de « Muhammad » que le réalisateur de renom a tourné un péplum d’un genre nouveau, plantant ses caméras dans le sud de Téhéran, au beau milieu d’un décor grandeur nature où La Mecque fait plus vrai que nature, afin de projeter sur grand écran le vrai visage de l’islam, mais sans jamais montrer celui de son illustre personnage.

"Ces dernières années, une mauvaise lecture de l’islam dans le monde occidental en a donné une image violente qui n’a strictement aucune relation avec sa vraie nature", a expliqué Majid Majidi à l’AFP, à la veille de la sortie de son film dans 143 salles en Iran et de sa projection en ouverture du festival de Montréal, heureux d’avoir usé de la meilleure des armes pour contrecarrer les effets pernicieux d’une diabolisation instrumentalisée à dessein : une super-production remontant aux sources de l’islam et s’attachant à dépeindre les premières années du Prophète (PBSL), de sa naissance jusqu’à ses treize ans, ainsi que le monde tourmenté et tyrannique où il naquit.

"En tant qu’artiste musulman (…) mon objectif était de créer une vision (de l’islam) qui change de celle qu’a l’Occident et qui se résume souvent à un terrorisme islamique empreint de violence", se désole-t-il, tout en déniant aux « djihadistes de Daech » le droit de se réclamer de l’islam pour commettre leurs atrocités. "L’islam c’est la concertation, la bonté et la paix", clame un cinéaste qui se dit confiant dans les réactions que son œuvre ne manquera pas de susciter, notamment dans le royaume saoudien, s’en remettant au « jugement positif » des leaders religieux chiites et sunnites d’Iran et de Turquie qui ont eu la primeur d’être les premiers spectateurs très avertis.

"Dans ce film, nous avons rendu hommage à d’autres religions, y compris le christianisme et le judaïsme", souligne-t-il, en formulant le vœu que son hymne cinématographique au grand homme de l’islam favorise "l’union" des musulmans sunnites et chiites et non leur "désunion" qui, outre son funeste présage, serait entachée d’anachronisme car "Il n’y avait pas de querelle à cette période", comme il se plaît à le dire.

Premier volet d’un tryptique, « Muhammad » se veut être un long métrage au souffle épique, dont Majid Majidi passera volontiers le flambeau créatif à d’autres cinéastes musulmans de talent, afin de retracer l’intégralité de l’extraordinaire parcours d’un homme d’exception.

Les premières images du film

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