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Marielle Timme, rescapée du Bataclan, dénonce le “racisme très décomplexé en France” avec une pensée pour “ses amis musulmans”

Elle fait partie des rescapés de la nuit d’horreur du Bataclan, ressortie indemne mais traumatisée de la loge de 5m² où elle s’était engouffrée avec sept autres personnes, dans le noir et le silence, pendant deux heures interminables, pour échapper à une fusillade sanglante, Marielle Timme, une jeune conseillère municipale de la ville de Lens, s’élève aujourd’hui avec force contre la xénophobie et l’islamophobie ambiantes, avec un sens du discernement et un élan de solidarité envers ses concitoyens musulmans extraordinaires.

C’est au micro d’Europe 1 que la jeune femme, affligée par les récents débordements racistes en Corse et la profanation inqualifiable d’une salle de prières à Ajaccio en signe de représailles dignes d’un autre âge, a fait entendre sa vive désapprobation mêlée de compassion envers les boucs émissaires tout désignés de la République, depuis ce 13 novembre de sinistre mémoire.  

"J'ai remarqué que le racisme est maintenant très décomplexé en France. Déjà depuis plusieurs années, mais encore plus depuis les attentats", a-t-elle commenté en préambule, avant de dénoncer les manifestations houleuses qui ont gravement dégénéré sur l’île de beauté 

" Ce qui se passe en Corse, de voir que des jeunes de cité ont mal agi et que la réaction du reste de la population soit d'attaquer une salle de prières, de déchirer et de brûler des exemplaires du Coran, je trouve ça complètement disproportionné. Je vais vous dire : j'étais otage, et du fond de ma cachette, j'avais une pensée pour tous mes amis musulmans. Je me suis dit 'ils vont encore s'en prendre plein la tête, les pauvres'. Je ne veux pas vivre dans la peur. Je ne veux pas que tous mes actes soient gouvernés par ce que j'ai vécu au Bataclan, sinon, ça veut dire que Daech a gagné", a-t-elle clamé, avec une hauteur de vue qui fait cruellement défaut dans une France qui s’éclaire à la lueur blafarde du flambeau de la haine, notamment à Béziers…

Marielle Timme n’aime rien moins que les apprentis sorciers de la politique de bas étage qui embrasent les villes et les villages en toute impunité, et c’est vers Robert Ménard, le maire indigne de son écharpe tricolore, qu’elle pointe un doigt accusateur, condamnant ses derniers propos immondes qui ont dénigré l’initiative bienveillante de certains musulmans consistant à protéger des églises le soir de Noël, en les comparant à « des pyromanes protégeant un incendie ».

"Il y a cette dissension que Daech a voulu créer dans le peuple français, et Robert Ménard fait la même chose en recréant, pareillement, une dissension dans le peuple. Il me semble, en associant les musulmans à Daech, qu'il fait leur jeu. Il fait le jeu de Daech, c'est ça qui est révoltant pour moi", s'est-elle indignée.

Elle incarne cette « génération Bataclan » fauchée par le terrorisme aveugle, un vendredi soir funeste de novembre, Marielle Timme est aussi une voix de la sagesse qui mériterait de résonner largement et au-dessus des cris de ralliement stridents, des slogans fielleux et analogies hautement délétères.

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