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L’influence de l’Occident sur les jeunes met-elle en péril les traditions saoudiennes ?

L’identité saoudienne serait-elle menacée par l’influence manifestement irrésistible qu’exerce l’Occident, ses différents styles vestimentaires tendances, ses coupes de cheveux dans l’air du temps et sa langue anglaise universelle, sur la jeunesse masculine du royaume wahhabite ?

C’est en tout cas ce que craignent fort plusieurs experts de renom, au premier rang desquels Khaled Al-Jelban, un consultant en médecine familiale et communautaire à l'Université de King Khalid, désapprouve vivement les goûts et les couleurs de jeunes gens à ce point sous influence américaine qu’ils en arrivent à créer des néologismes linguistiques, mêlant arabe et anglais, à partir des séries télévisuelles et des blockbusters hollywoodiens dont ils sont très friands.

Redoutant que ce phénomène ne prenne de l’ampleur et finisse par mettre en péril la culture et les us et coutumes de l’Arabie saoudite, celui-ci ne cesse d’alerter sur une mauvaise influence occidentale qui ne flatte que les bas instincts, exacerbant un sentiment d’orgueil et encourageant l’ostentation, tout en reprochant à cette jeunesse dorée de passer ses vacances à l’étranger, sans surveillance parentale, et d’en revenir imprégnée de valeurs qui vont « à l’encontre des traditions transmises par nos pères et grands-pères ».

« C’est un phénomène dangereux », a-t-il averti récemment dans un entretien accordé à Arab news, tandis que Ahmed Al-Saad, un autre universitaire saoudien, partage la même inquiétude, fustigeant pour sa part une « imitation aveugle de l’Occident ». "Dans le passé, les gens dénonçaient ce genre de comportement, mais maintenant nous voyons de nombreux parents soutenir les choix, vestimentaires et autres, de leurs enfants", déplore-t-il, avant de rendre responsables les parents et les médias sociaux de cette propension à singer l’Occident qui n’augure rien de bon pour l’avenir, selon ses dires.

Plus nuancé et compréhensif, Saoud Al-Dahain, un professeur de sciences sociales à l'Université du Roi Saoud, perçoit dans cette attirance pour les codes esthétiques, culturels et linguistiques occidentaux, une certaine forme de rébellion, mais aussi une sorte d'appel à l’aide de la part de ces jeunes qui « ne veulent pas être marginalisés » dans ce vaste monde.

A ses yeux, ce ne sont pas les anathèmes et un rigorisme forcené qui permettront de faire face sereinement à cette situation, mais plutôt les conseils avisés, sans jugements de valeur, seuls à même d' amorcer le dialogue avec intelligence et d'éclairer des esprits malléables par excellence.

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