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L’enseignement de l’islam fait son entrée dans les écoles primaires d’Allemagne

Il suffit de traverser le Rhin pour observer, non pas que l’herbe y est plus verte, mais que la sécularisation du poids lourd européen n’est pas partout synonyme d’intolérance religieuse, à l’image du Land de Hesse, où l’islam est invité à franchir le seuil des écoles primaires après y avoir été indésirable pendant des décennies.

Placé sur un pied d’égalité avec l’apprentissage officiel du protestantisme et du catholicisme, l’enseignement de la religion musulmane n’est plus frappé d’ostracisme dans cette région du centre-ouest de l’Allemagne, qui espère ouvrir la voie en ouvrant grand ses portes aux petits écoliers musulmans et à la connaissance de leur foi.

Pour Nicola Beer, chantre de l’instruction islamique en milieu scolaire, et ministre de l’éducation du Land qui fait figure de laboratoire pédagogique en la matière, il était urgent d’en finir avec la discrimination exercée à l’encontre de l’islam, d’autant plus qu’elle s’est avérée préjudiciable à l’intégration sociale de sa population, favorisant qui plus est la propagation d’une « pensée radicale religieuse ». "En tant qu’Allemands, nous vivons ici ensemble sur le même territoire, nous travaillons ensemble, et nous devons éduquer nos enfants ensemble", martèle sans relâche l’homme politique allemand qui a permis à l’islam d’entrer par la grande porte dans le temple scolaire, faisant abstraction de l’islamophobie funeste qui abolit les frontières européennes et annihile toutes les bonnes volontés.

Ce n’est pas le récent sondage réalisé par l’Université de Munster qui, à l’unisson d’autres études, a mis en lumière le regard noir porté par les Allemands sur les Musulmans qui est venu à bout de la volonté de Nicola Beer, ni même le désenchantement cruel ressenti par nombre de ses concitoyens de confession musulmane qui se heurtent à une diabolisation oppressante : "Il est difficile d'être musulman en Allemagne", a déclaré Fazil Altin, un avocat de 34 ans qui préside la Fédération islamique locale. "Le fait est que nous sommes considérés comme un danger", déplore ce dernier.

Aussi, l’initiative éducative portée à bout de bras par Nicola Beer et mise en place par le Land de Hesse fait-elle l’effet d’une bouffée d’air frais dans un ciel fédéral pollué par un sentiment anti-musulmans accru, les citoyens, professeurs et parents d'élèves musulmans des 16 autres Etats appelant sans attendre à son élargissement à l’ensemble du territoire national.

 

 

 

 

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