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Législatives : Copé ne néglige aucune voix, même celles des “voilées”

Les professionnels de la politique nous étonneront toujours !  Ces acteurs caméléons de la vie publique, qui jouent sur tous les registres de l’émotion derrière le masque de leur ambition, font preuve d’une faculté de rebondir qui forcerait l’admiration si elle ne trahissait leur supercherie.

Cumulards notoires des fonctions électives, souvent associés dans des cabinets d’avocats, jamais vaincus même quand une présidentielle les fait tomber de haut, ces experts du travestissement ne sont pas à une manipulation près, et Jean-François Copé, patron aux dents longues de l’UMP, non plus

Législatives obligent, le grand inquisiteur d’hier s’est mué en rassembleur au cœur tendre, oubliant  la ferveur de sa croisade contre l’islam, synonyme de péril vert, et le niqab, repoussoir utile de la République, pour arborer son plus beau sourire, lors d’une réunion d’appartement dans sa bonne ville de Meaux, dont il est député-maire.

Miracle de la défaite cuisante, prodige de la prochaine élection à venir, l’un des plus redoutables artisans de la bouc émissarisation de l’ère Sarkozy a fait face à ses administrés un peu trop typés, ces sans voix et sans grade, « musulmans d’apparence », si souvent voués aux gémonies,  et qu’une seule élection suffit à rendre humains et audibles…

Face à l’élu devenu comme par enchantement accessible, ouvert, et tolérant, la France black-blanc-beur était représentée par une trentaine de personnes, dont certains n’ont pas craint de l’interpeller sur la radicalisation de son action. Et là, surprise ! Jean-François a nié tout en bloc, la stigmatisation  lui est étrangère, c’est tout juste s’il ne fallait pas lui expliquer ce que c’est !

Mais c’était sans compter  sa carte maîtresse, son « atout charme » comme le souligne Le Point, en la personne de Nadia Copé, sa femme, alias Nadia Hamama, épousée en secondes noces.  Cette dernière a cru bon d’intervenir dans la discussion, en faisant état de ses origines. Son rôle public est dès lors  tout trouvé : être la caution « beur » de son mari.  Voilà un sacré coup de théâtre dont seuls les politiciens ont le secret !

Le clou de la soirée, déjà riche en rebondissements, ce fut indéniablement lorsque Jean-François Copé répondant à une femme revêtue d’un foulard, qui critiquait la loi contre le voile intégral, a lancé : "La République se vit à visage découvert. La burqa est un masque qui dissimule le visage. Mais le foulard que vous portez ne pose aucun problème !"  Devant une telle volte-face finale, on serait presque tenté de dire chapeau bas, si là encore l’hypocrisie électoraliste n’était pas aussi grossière..

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