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Le tribunal correctionnel de Paris condamne le FN dans l’affaire des Kits de campagne

Tous les effets de manche des avocats du Rassemblement national (RN) pour que le blason de l’extrême droite française, dont seul le nom a changé, ne soit pas trop terni par la fameuse affaire des Kits de campagne lors des législatives de 2012, n’auront servi à rien.

Ils auront eu beau, avec emphase, s’extasier devant « l’ingéniosité de ce système », censé remédier aux difficultés de financement de ce qui s’appelait encore le FN, notamment après les lourds revers électoraux de 2007, voire même y déceler un trait de génie de la part de Marine Le Pen, sa présidente indétrônable, tout en criant à sa parfaite légalité, rien n’y a fait !

Plaidant la relaxe en pure perte, même le doigt accusateur qu’ils ont pointé vers « l’entrée de la politique dans le prétoire » à seule fin « d’éliminer la concurrence de l’échiquier politique », n’aura pas infléchi le jugement du tribunal correctionnel de Paris. A trop tirer sur la corde de la victimisation outrancière de l’extrême droite française, elle finit par se rompre…

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Le vernis de respectabilité du RN n’aura pas résisté à l’épreuve d’un procès long de trois semaines, au cours duquel le système de kits – tracts, affiches, site internet, prestations comptables… – vendus aux candidats par Jeanne, le micro-parti créé par Marine Le Pen, et fournis par Riwal, la société de communication de Frédéric Chatillon, son proche conseiller et président du Gud dans une vie antérieure ( le syndicat étudiant d’extrême droite), a été minutieusement décortiqué.
Un vernis un tantinet trop brillant, qui s’est fissuré de toutes parts à l’énoncé du verdict rendu ce mardi 16 juin : l’ancien parti de Jean-Marie Le Pen, dont la nouvelle virginité politique n’est que de la poudre aux yeux, a été condamné à une amende de 18.750 euros.

                       Frédéric Chatillon

Certains de ses cadres ont été condamnés à passer par la case prison, dont l’homme clé du dispositif, Frédéric Chatillon. Celui-ci s’est vu infliger une peine de 30 mois d’emprisonnement, dont 20 avec sursis, assortie de 250.000 € d’amende pour « escroquerie ». A 52 ans, il était sous le coup de l’accusation « d’enrichissement frauduleux »,  en détournant les bénéfices juteux engrangés par ses sociétés.

« Le Front national est ainsi condamné pour “recel d’abus de biens sociaux”  à une amende de 18.750€, soit le maximum encouru pour une personne morale », a précisé le tribunal.

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            Wallerand de Saint-Just
Jean-François Jalkh, au premier plan

Ils ont eux aussi échoué à s’attirer la clémence des juges :  le trésorier Wallerand de Saint-Just est condamné à 6 mois de prison avec sursis, tandis que le député européen Jean-François Jalkh écope de 2 ans de prison, dont 18 mois avec sursis, et une peine de 5 ans d’inéligibilité.

Contre Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen qu’il présidait et qui a servi de couverture à ces basses manoeuvres, le tribunal a fixé une amende de 300.000 euros, dont la moitié avec sursis. Dans le volet des prêts fictifs, le tribunal a estimé le préjudice de l’Etat à quelque 860.000 euros, qui doivent être dédommagés solidairement par Frédéric Chatillon et Jean-François Jalkh, le micro-parti Jeanne, et deux autres protagonistes. Les représentants du parquet ont aussi appelé à sanctionner des opérations suspectes lors de la présidentielle de 2012 et d’autres campagnes électorales jusqu’en 2015.

Moralité : faire croire au renouveau du FN d’un coup de baguette magique, en changeant juste de nom, n’abuse que Marine Le Pen et tous les sinistres illusionnistes de l’extrême droite française… qui ne dit pas son nom.

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