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Le sacrifice d’Abraham dans la Bible et le Coran (1/2)

Dans un article publié au mois d’Août 2018, Zul Hijjah (mois de Tabaski 2019), nous avons montré ou plus précisément déduit du Coran, à la suite de quelques rares commentateurs, que c’est Ismaël le fils ainé[1] d’Abraham (paix sur eux) qui a été concerné par l’épreuve du sacrifice et pas Isaac (paix sur lui).

Dans les lignes qui suivent, nous reprenons les arguments clés de notre démonstration, tout en étant plus précis sur certains aspects du sujet. L’épreuve du sacrifice est une des plus marquantes de celles auxquelles Abraham (paix sur lui) fut confronté dans le parcours initiatique qui va le mener au statut d’Imam de l’Humanité[2]. Ce fut un moment où il fit encore montre de toute la grandeur de sa foi, de sa soumission et de sa totale confiance en Dieu.

A l’épilogue de l’épreuve du sacrifice, Dieu le qualifia de vrai croyant, soumis et bienfaisant. C’est le seul prophète que le Coran a qualifié d’ami de Dieu :

 « Et Dieu a pris Abraham pour ami » (Coran 4 :125)

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Juifs, chrétiens et musulmans revendiquent son héritage spirituel, chacun à sa façon. La Bible parle d’Abraham pas toujours de la même façon que le Coran le fait d’Ibrâhîm. Après une brève revue comparée entre la Bible et le Coran sur le sujet, nous allons proposer une réflexion sur qui d’Ismaël ou d’Isaac était le fils concerné par l’épreuve du sacrifice.

Contexte de l’épreuve du sacrifice 

C’est dans Genèse, 22 : 1-19)[3] qu’on trouve le récit de la Bible se rapportant à l’épreuve du sacrifice. Dans le Coran, le récit de l’épreuve du sacrifice est mentionné intégralement dans la sourate 37, du verset 100 au 113. A la lecture des récits biblique et coranique, on note des différences significatives à propos du contexte des événements de l’épreuve du sacrifice.

En effet, selon la Bible, celle-ci se déroule après qu’Abraham a « renvoyé » Agar, la servante égyptienne et son fils Ismaël dans le désert de Paran. Dans ce récit, on note que l’épreuve du sacrifice va donc se dérouler alors qu’Ismaël et sa mère Agar sont loin du pays des Philistins où résidait Abraham[4]. De plus, Isaac y est nommément cité, ce qui ne laisse aucune place à un éventuel débat sur qui d’Ismaël ou d’Isaac sera le fils concerné par le sacrifice : «Après ces choses, Dieu mit Abraham à l’épreuve, et lui dit : Abraham ! Et il répondit : Me voici ! Dieu dit : Prends ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en au pays de Morija, et là offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je te dirai » (Gen, 22 : 1-2)

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De son côté, le récit du Coran rapporte que les événements du sacrifice se déroulent après les confrontations entre Abraham et son peuple, et notamment après que ce dernier a voulu le jeter dans une fosse de feu pour en finir. C’est après cela qu’Abraham demande à son Seigneur de lui trouver une issue. Suit alors l’annonce de la venue au monde d’un garçon magnanime « ghulâmin halîm » :

« Ils dirent : ‘Préparez-lui une construction et jetez-le dans la fournaise’.  Ils voulurent intriguer contre lui, mais ce sont eux que nous avons mis à bas. Et il dit : ‘Je m’en vais vers mon Seigneur, Qui me guidera. Seigneur, donne-moi qui[5] sera d’entre les vertueux. Alors, Nous lui fîmes l’heureuse annonce d’un garçon magnanime » (Coran 37 : 98-101). Cet enfant est qualifié mais pas nommé.

Le récit biblique annonce à l’entame que c’est pour l’éprouver que Dieu commande à Abraham d’aller offrir Isaac, qualifié de fils unique, celui qu’il aime, en holocauste. On note en filigrane, une insistance à faire croire qu’Isaac est le fils unique d’Abraham au moment où advient l’épreuve du sacrifice et que c’est lui qu’il (Abraham) aime. On peut déjà se poser la question de savoir pourquoi préciser que c’est Isaac qu’Abraham aime, étant donné qu’il n’y a pas un autre enfant que pourrait aimer Abraham ? L’interprétation donnée par les auteurs juifs et chrétiens à ce sujet est que, le statut de fils ainé d’Ismaël ne pouvant être passé sous le boisseau, ce dernier n’est pas un fils légal ! Sa mère Agar est une esclave égyptienne concubine d’Abraham, alors que Sara, mère d’Isaac, est une femme libre et mariée comme il se doit au Patriarche.

Cette volonté, que partagent le judaïsme rabbinique et le christianisme, de ne pas faire figurer Ismaël dans la lignée légitime d’Abraham a beaucoup à voir avec le refus d’abord judaïque, puis chrétien, d’accepter que Muhammad (saws) soit un prophète. En effet, étant donné que ce dernier est un descendant d’Ismaël, il n’est pas un fils du « peuple élu », c’est-à-dire,  de la lignée d’Israël (autre nom de Jacob), fils d’Isaac, exclusivement dépositaire du message auquel l’humanité doit adhérer pour assurer son salut…[6]

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La posture juive puis chrétienne qui consiste à refuser que Muhammad (saws) soit le sceau des prophètes, et celui illettré que la Thora et l’Evangile ont annoncé, indique une méconnaissance du plan divin tel que le décrit si bellement Martin Lings qui écrit : « Ce n’était pas une seule mais deux grandes nations qui devaient regarder Abraham comme leur père. Deux grandes nations, c’est-à-dire deux puissances bien guidées, deux instruments faits pour accomplir la volonté du Ciel, car la bénédiction promise par Dieu n’est pas d’ordre profane, et il n’est de grandeur devant Dieu que la grandeur selon l’Esprit. Ainsi Abraham fut-il la source de deux courants spirituels, qui ne devaient pas s’écouler ensemble mais suivre chacun son propre cours. »

Il faut ajouter que tout l’Ancien Testament disponible de nos jours parle essentiellement de l’histoire religieuse du peuple israélite (la lignée de Jacob fils d’Isaac). Le judaïsme rabbinique rejette Jésus (paix sur lui) comme prophète et comme Messie. Pour le statut de Messie, le rejet est surtout motivé par la naissance miraculeuse, sans père de Jésus, ce qui fait qu’il ne peut appartenir à la maison de David.[7]

On voit dans le récit de la Bible qu’Abraham ne veut pas que son fils, qui ne se doute de rien, sache que c’est lui qui est concerné par le sacrifice : « Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac, et porta dans sa main le feu et le couteau. Et ils marchèrent tous deux ensemble. Alors Isaac, parlant à Abraham, son père, dit : Mon père ! Et il répondit : Me voici, mon fils ! Isaac reprit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? Abraham répondit : Mon fils, Dieu se pourvoira lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble. Lorsqu’ils furent arrivés au lieu que Dieu lui avait dit, Abraham y éleva un autel, et rangea le bois. Il lia son fils Isaac, et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. Puis Abraham étendit la main, et prit le couteau, pour égorger son fils. Alors l’ange de l’Éternel l’appela des cieux, et dit : Abraham ! Abraham ! Et il répondit : Me voici ! L’ange dit : N’avance pas ta main sur l’enfant, et ne lui fais rien ; car je sais maintenant que tu crains Dieu, et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. Abraham leva les yeux, et vit derrière lui un bélier retenu dans un buisson par les cornes ; et Abraham alla prendre le bélier, et l’offrit en holocauste à la place de son fils. Abraham donna à ce lieu le nom de Jehova Jiré. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : A la montagne de l’Éternel il sera pourvu.» (Gen, 22 : 6-14) 

A la différence du récit biblique si glacial, dans lequel Isaac ne sait pas et subit, le Coran rapporte un dialogue entre Abraham et le fils magnanime dont le nom n’est pas mentionné :

« Quand celui-ci fut en âge de l’accompagner, il[8] dit : «Ô mon fils, je me vois en songe en train de t’immoler. Vois donc ce que tu en penses». Il[9] dit : «Ô mon cher père, fais ce qui t’es commandé : tu me trouveras, s’il plaît à Dieu, du nombre des endurants». Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut couché sur le front, voilà que Nous l’appelâmes ‘Abraham ! Tu viens de confirmer[10] le songe. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants’. C’était là certes, l’épreuve manifeste. » (Coran 37 : 102-106)  

Ce dialogue ouvre un sens qu’on ne trouve pas dans le récit biblique, à savoir que le fils magnanime sait que le songe de son père est un commandement divin à l’immoler et il dit oui. Il accepte dans son cœur de subir l’immolation dignement, avec l’aide de Dieu. Dans le récit biblique, le fils concerné, Isaac, n’est actif que dans la préparation du feu et du bois. Pour la suite, jusqu’au geste qui pourrait lui être fatal, Isaac est passif et subit sans comprendre, dans une ignorance totale de la signification du sacrifice.

Dans la suite du récit, il y a convergence dans le fond. En effet, la voix de l’ange selon la Bible, celle de Dieu dans le Coran interpelle Abraham lui enjoignant de stopper son geste. Puis Abraham finit par sacrifier un bélier grandiose. C’est après avoir levé la main pour immoler le fils magnanime que le Coran utilise pour la première fois dans son récit le terme d’épreuve, là où la Bible l’emploie dès le début. L’objet constant sur lequel porte la convergence entre le récit du Coran et celui de la Bible est la nature de l’épreuve : Dieu veut qu’Abraham manifeste jusqu’où il peut et veut aller dans sa foi, sa soumission et sa confiance en Dieu.

Dans le récit de la Bible, Abraham est qualifié de craignant Dieu, puis, il lui est promis une grande nation comme postérité et un statut de pôle de bénédiction pour le monde : « L’ange de l’Éternel appela une seconde fois Abraham des cieux, et dit : Je le jure par moi-même, parole de l’Éternel ! Parce-que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, je te bénirai et je multiplierai ta postérité, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est sur le bord de la mer ; et ta postérité possédera la porte de ses ennemis. Toutes les nations de la terre seront bénies en ta postérité, parce que tu as obéi à ma voix. Abraham étant retourné vers ses serviteurs, ils se levèrent et s’en allèrent ensemble à Beer Schéba ; car Abraham demeurait à Beer Schéba » (Gen, 22 : 14-19)  

De son côté, le récit du Coran qualifie Abraham de (« muslim », soumis), de bienfaisant (« muhsin », au sens de qui a atteint la perfection spirituelle) et de (« mu-e-min », croyant) :

        « Puis quand tous deux se furent soumis et qu’il l’eut couché sur le front, voilà que Nous l’appelâmes «Abraham ! Tu viens de confirmer le songe. C’est ainsi que Nous récompensons les bienfaisants» C’était là certes, l’épreuve manifeste. Et Nous le rachetâmes par une bête grandiose. Et Nous perpétuâmes son renom dans la postérité : ‘Paix sur Abraham’. Ainsi récompensons-Nous les bienfaisants, car il était de Nos serviteurs croyants » (Coran 37 : 103-111) 

A suivre…

 

 

[1] « Louange à Allah, qui en dépit de ma vieillesse, m’a donné Ismaël et Isaac. Certes, mon Seigneur entend bien les invocations. (Coran 14 : 39)

[2] «« Quand ton Seigneur eut éprouvé Abraham par certaines paroles, et qu’il les eut accomplis, le seigneur lui dit : ‘’Je vais faire de toi un Imam pour les gens’’ –‘’Et parmi ma descendance ? ‘’ demanda-t-il.- Mon Pacte, dit Allah, ne s’applique pas aux injustes’»’ (Coran 2 : 124)

[3] http://www.bible-en-ligne.net/bible,01O-22,genese.php

[4] Voir (Gen, 21 : 1-21)

[5] Tous les commentateurs comprennent qu’il s’agit d’une invocation pour une progéniture vertueuse.

[6] Il appert de la recension des arguments mentionnés dans le Coran que les juifs opposent principalement au prophète (Muhammad) son non appartenance à la lignée israélite.

[7] Pour le judaïsme rabbinique, le Messie sera un descendant en chair et en os du Roi David alors que Jésus est né sans père.

[8] Il s’agit d’Abraham

[9] Il s’agit du fils magnanime.

[10] Au sens d’avoir fait le nécessaire pour mettre en œuvre le songe.

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12 commentaires

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  1. @water water. Voilà ce qui est écrit dans la genèse Rabba qui dissipe le malentendu :
    « Dieu lui dit : « Je t’en prie, prends ton fils… » Il lui répond : « Mais j’ai deux fils !–Ton unique…–Mais chacun est unique pour sa mère !–Celui que tu aimes…–Y aurait-il des frontières dans mes entrailles ?–… Isaac. » Pourquoi Dieu ne lui a-t-il pas révélé le nom dès le départ ? Pour accroître l’affection d’Abraham envers Isaac et accroître ainsi son mérite (Genèse Rabba 55 : 7). »

  2. Merci pour cet article. Les récits de la Bible et ceux du Coran sont rarement directement comparables car ceux du Coran se situent à un niveau autre, en-deçà, plus “élevé” dans l’ordre du symbolique. C’est pourquoi, me semble-t-il, souvent les détails de la “réalité” ne sont pas donnés, comme dans l’histoire de la Caverne où le Coran ne veut pas donner de précisions sur le nombre d’années, etc. Car cela se passe dans le monde de Dieu, pas dans celui des humains avec leurs préoccupations un peu bassement humaines (trop humaines, comme dirait Nietzsche). C’est un peu la différence entre un roman et de la poésie, ou un article de journal et un texte de philosophie : on ne peut pas les lire de la même façon, ils ne se situent pas sur un même plan. Il me semble qu’il faut éviter de trop rattacher le Coran à la terre, contre son gré.

    • Assez d’accord avec vous, même si je souhaite nuancer un peu juste après la remarque sur les dormants d’Ephèse, je vous cite : « comme dans l’histoire de la Caverne où le Coran ne veut pas donner de précisions sur le nombre d’années »
      En fait ce n’est pas grave mais vous confondez, c’est le nombre de dormants qui n’est pas précisé
      سَيَقُولُونَ ثَلَاثَةٌ رَّابِعُهُمْ كَلْبُهُمْ وَيَقُولُونَ خَمْسَةٌ سَادِسُهُمْ كَلْبُهُمْ رَجْمًا بِالْغَيْبِ ۖ وَيَقُولُونَ سَبْعَةٌ وَثَامِنُهُمْ كَلْبُهُمْ ۚ قُل رَّبِّي أَعْلَمُ بِعِدَّتِهِم مَّا يَعْلَمُهُمْ إِلَّا قَلِيلٌ ۗ فَلَا تُمَارِ فِيهِمْ إِلَّا مِرَاءً ظَاهِرًا وَلَا تَسْتَفْتِ فِيهِم مِّنْهُمْ أَحَدًا (22)
      [22] On disputera aussi sur leur nombre. «Ils étaient trois, leur chien étant le quatrième», diront les uns. «Ils étaient cinq, et leur chien le sixième», diront d’autres en conjecturant sur leur mystère. «Ils étaient sept, et leur chien le huitième», affirmeront d’autres encore. Dis-leur : «Mon Seigneur est le mieux Informé de leur nombre, mais il n’en est que peu qui le savent.» Ne pousse pas trop loin la discussion à leur sujet et ne prends l’avis de personne à cet égard.
      Au passage, des deux premières affirmations 3+1 et 5+1, le Coran dit que c’étaient là des conjectures rien de plus ce qu’il ne dit pas de la troisième affirmation 7+1 et ce silence fera dire à certains qu’ils étaient donc 7 mais ce n’est pas aussi simple puisque 7 qui n’est pas démenti est aussi un chiffre qui signifie multitude dans le Coran, bref, ils repasseront s’ils croient contredire le verset.
      En revanche le nombre d’années – qui s’écoulera jusqu’à ce qu’un roi croyant et juste administrant de nouvelles générations s’installe à proximité – est donné avec une précision redoutable. Voila ce que dit la traduction du verset :
      [25] Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, auxquels s’en ajoutèrent neuf.
      Or, si une année solaire comporte en moyenne 365.25 jours, une année lunaire en comporte en moyenne 354.5
      354.5 x 309 années lunaires = 109 540.5
      109 540.5 / 365.25 (le nombre de jours de l’année solaire) = 299.9 tout autre commentaire semble superflu…
      J’en arrive à la nuance
      1. Les exégètes du Coran –dignes de ce nom évidemment-, notent qu’à chaque fois que les faits rapportés ne peuvent en aucune manière se reproduire à l’avenir et par conséquent que les versets concernés ne peuvent s’appliquer à d’autres personnages qu’aux seuls protagonistes qui les ont vécus, le nom de ces derniers est donné. Exp : Aucune femme ne vivra jamais plus ce qu’a vécu la plus pure de toutes les femmes de la création, la mère du nazaréen et elle est citée nommément Marie Maryam, à contrario des despotes tyranniques et oppresseurs qui s’auto-divinisent et entrainent dans leur sillage leur cour et leurs soldats il y ‘en aura un paquet après le pharaon de l’exode, première conséquence les versets nombreux – et les leçons à en tirer par les croyants- qui décrivent leur orgueil, leurs crimes, leur refus obstiné et aveugle de la vérité restent valables pour d’autres qu’eux qui viendront plus tard Staline, Hitler et apparentés et le principal concerné n’est pas nommé autrement que par Pharaon. Les exemples pour étayer l’affirmation sont légion dans le texte coranique.
      2. Dans le Coran tous les sujets ne sont pas traités de la même manière en évitant des détails qui n’apportent rien ni au contenu ni aux leçons destinées à l’humanité, au contraire certains sont traités avec une foison de détails (exemple la reproduction humaine http://abderraouf.canalblog.com/archives/2010/11/05/19522445.html )
      Et alors là où le surplus de détail typiquement « humain » dans la Bible a permis au contraire de mettre à jour l’intervention humaine sur le texte, le surplus de détail jamais démentis dans pareils sujets traités par le Coran, est au contraire un défi à l’explication humaine.

      • Bonjour, pour le nombre d’années je ne confondais pas, je songeais au verset qui suit immédiatement celui que vous citez : “Dieu sait mieux combien de temps ils y sont restés.” Il me semble que c’est une façon de relativiser l’affirmation précédente, comme si Dieu ne voulait pas que les humains prétendent avoir une connaissance prétentieuse de ce genre de choses. Mais bien sûr chacun est libre de le comprendre autrement.

        • Bonjour
          Je vous cite : « Il me semble que c’est une façon de relativiser l’affirmation précédente », comme si Dieu ne voulait pas que les humains prétendent avoir une connaissance prétentieuse de ce genre de choses.
          Les humains peuvent avoir la prétention qu’ils veulent et avoir d’eux-mêmes la haute opinion que leurs complexes, leurs démons, ou plus sûrement leur bêtise leur susurrera. Ce n’est pas ça qui empêchera l’omniscient tout puissant de taire une information pour des raisons qui nous échappent le plus souvent ou au contraire de faire éclater la vérité qu’il veut, quand il le veut et par le canal qu’il choisit.
          J’aurais une piètre idée de mon seigneur si j’envisageais qu’il puisse – après nous avoir commandés de raisonner (49 occurrences de la racine عقل raison dans le texte coranique), de réfléchir, de méditer chacun de ses signes et donc d’être en perpétuelle recherche de la vérité pour prétendre aller un peu plus vers lui-, je disais donc qu’il puisse relativiser une information précise à ce point là juste après l’avoir donnée, rien que pour que éviter que ses créatures ne se prennent pour ce qu’elles ne sont pas. Mais j’admets en effet que dans l’absolu il fait ce qu’il veut.
          Le verset en question (*), je le vois plutôt – en sus de la réaffirmation magistrale de son omniscience et de son autorité sans partage-, répondre au dialogue du verset 19 l’ayant précédé, et dont le contenu apparait en maints autres endroits dans le Coran nous apprenant que morts (comme en témoigne ce qu’ils disent- une fois ressuscités pour le jour j) et endormis ( indifféremment pour 8 H ou pour 1 respectivement 3 siècles) n’ont aucune – pas la moindre – notion de l’écoulement du temps.
          [19] Nous les avons ensuite réveillés pour leur permettre de s’interroger mutuellement. C’est ainsi que l’un d’eux demanda : «Combien de temps sommes-nous restés ici?» – «Peut-être un jour ou même moins encore», répondirent d’autres. Puis ils reprirent : «Dieu le sait mieux que nous. Envoyez plutôt l’un de vous à la ville avec l’argent que voici, pour qu’il cherche l’aliment le plus pur et qu’il vous en apporte de quoi vous nourrir. Qu’il agisse avec tact pour ne révéler à personne votre retraite,

          (*) Voici les deux versets à titre de rappel
          [25] Or, ils demeurèrent dans leur caverne trois cents ans, auxquels s’en ajoutèrent neuf.
          [26] Dis : «Dieu est le mieux Informé du temps qu’ils y ont passé, car Il détient le mystère des Cieux et de la Terre. Et nul n’entend ni ne voit mieux que Lui ! Les hommes n’ont point d’autre protecteur que Lui, car Il n’associe personne à Son autorité.»

  3. C’est quoi l’intérêt de savoir si c’est Isaac ou Ismael qui est concerné par le sacrifice d’Abraham ? Toujours est il que la réponse coule de source pour les chrétiens et les juifs : le fils préféré (sinon ce sacrifice n’a guère de sens) donc Isaac, fils de Sarah. Ismael est le fils par défaut jusqu’à ce que Sarah puisse concevoir.
    D’ailleurs comme vous le dites, il n’y a pas question. La Bible cite Isaac, le Coran ne donne pas de nom. Si ç’avait eu de l’importance, le Coran l’aurait précisé vous ne croyez pas ? Bref encore un débat stérile de plus chez les musulmans.

    • Le coran dit son fils sans aucune précision, c’est à dire l’aîné, le cadet n’est pas encore né.

      Qui est l’aîné dans cette affaire ?

    • ” Si ç’avait eu de l’importance, le Coran l’aurait précisé vous ne croyez pas ?”

      je suis de votre avis et me place évidemment en réfutation de tous ceux qui veulent voir en la Parole seulement ce qui leur convient.

      il est dommage que cette vérité que vous énoncez ne le soit que par un non-musulman -ce qui en dit long sur notre état.

  4. Un plaisir de vous lire comme à chaque fois merci infiniment.
    Au-delà du sujet lui-même, les israélites peuvent dire ce qu’ils veulent d’Ismaël versus Isaac, leurs pères, les propres enfants de Jacob-Israël sur son lit de mort, n’en faisaient eux, ni un fils d’esclave à distinguer de leur grand-père ni même un oncle plus ou moins proche de leur père, ils le tenaient et dans le bon ordre d’aînesse siouplait pour … l’un de leurs trois ascendants directs:
    وَوَصَّىٰ بِهَا إِبْرَاهِيمُ بَنِيهِ وَيَعْقُوبُ يَا بَنِيَّ إِنَّ اللَّهَ اصْطَفَىٰ لَكُمُ الدِّينَ فَلَا تَمُوتُنَّ إِلَّا وَأَنتُم مُّسْلِمُونَ (132)
    أَمْ كُنتُمْ شُهَدَاءَ إِذْ حَضَرَ يَعْقُوبَ الْمَوْتُ إِذْ قَالَ لِبَنِيهِ مَا تَعْبُدُونَ مِنْ بَعْدِي قَالُوا نَعْبُدُ إِلَهَكَ وَإِلَهَ آبَائِكَ إِبْرَاهِيمَ وَإِسْمَاعِيلَ وَإِسْحَقَ إِلَهاً وَاحِداً وَنَحْنُ لَهُ مُسْلِمُونَ (133)
    [132] Abraham qui fit cette recommandation à ses enfants, suivi en cela par Jacob : «Ô mes enfants ! Dieu a choisi pour vous cette religion. Que votre soumission à Dieu soit totale et entière jusqu’à votre mort !»
    [133] Étiez-vous témoins lorsque, sur son lit de mort, Jacob demanda à ses enfants : «Qu’allez-vous adorer après moi?» – «Nous adorerons, répondirent-ils, ton Dieu qui est aussi le Dieu de tes pères, Abraham, Ismaël, Isaac, l’Unique Dieu auquel notre soumission est totale et entière».

    Ensuite, je vous rejoins parfaitement, dans le fait – c’en est impressionnant – que le texte coranique dit superbement de Ibrahim (69 occurrences+un nom de sourate), ce qu’il ne dit de personne mais alors personne d’autre. Et ce qui m’impressionne le plus, ce qui est à méditer par tous les musulmans à mon sens, c’est son attitude vis-à-vis des non-croyants parmi lesquels … Sodome et Gomorrhe excusez du peu… Mais pas qu’eux.
    1. D’abord son père idolâtre (Dr Metwalli Chaarawi dit qu’en fait il s’agit de son oncle sinon le texte coranique n’aurait pas précisé le nom « à son père Azar » mais peu importe), en faveur duquel ses invocations n’ont cessé que le jour où il eut la certitude qu’il était irrémédiablement un ennemi de Dieu et Ibrahim ne pouvait ignorer l’épisode de Noé avec son fils et qu’on peut encourir la colère de Dieu en l’invoquant en faveur d’un de ses ennemis, c’est dire au passage l’importance du douaa pour Dieu et donc l’importance de faire très attention à ce qu’on dit dans un douaa.
    وَمَا كَانَ اسْتِغْفَارُ إِبْرَاهِيمَ لأَبِيهِ إِلاَّ عَنْ مَوْعِدَةٍ وَعَدَهَا إِيَّاهُ فَلَمَّا تَبَيَّنَ لَهُ أَنَّهُ عَدُوٌّ لِلَّهِ تَبَرَّأَ مِنْهُ إِنَّ إِبْرَاهِيمَ لأَوَّاهٌ حَلِيمٌ (114)
    [114] Et si Abraham avait demandé pardon en faveur de son père, c’est uniquement à cause d’une promesse qu’il lui avait faite jadis. Mais dès qu’il eut la certitude que son père était un ennemi de Dieu, il le désavoua. Et pourtant Abraham était la bonté et la compassion mêmes !

    2. Ensuite le peuple de Loth (le mal absolu pour une majorité de musulmans), et alors même qu’il venait d’apprendre que les anges étaient venus sur ordre de Dieu pour leur châtiment.
    (73) فَلَمَّا ذَهَبَ عَنْ إِبْرَاهِيمَ الرَّوْعُ وَجَاءَتْهُ الْبُشْرَى يُجَادِلُنَا فِي قَوْمِ لُوطٍ (74) إِنَّ إِبْرَاهِيمَ لَحَلِيمٌ أَوَّاهٌ مُنِيبٌ (75) يَا إِبْرَاهِيمُ أَعْرِضْ عَنْ هَذَا إِنَّهُ قَدْ جَاءَ أَمْرُ رَبِّكَ وَإِنَّهُمْ آتِيهِمْ عَذَابٌ غَيْرُ مَرْدُودٍ
    [74] Lorsque Abraham fut remis de sa peur et qu’il eut reçu la bonne nouvelle, il se mit à plaider, devant Nous, la cause du peuple de Loth, [75] car Abraham était doux, compatissant et enclin au repentir. [76] «Ô Abraham, dirent les émissaires, cesse de défendre leur cause ! L’arrêt de ton Seigneur est déjà pris. Un châtiment irrévocable doit les frapper.»

    3. Enfin les idolâtres/associateurs (le péché mortel par excellence) et après avoir demandé à Dieu en faveur de ceux qui lui obéiront d’en faire les siens et sans oser demander directement -pour les autres, ceux qui lui désobéiront-, à Dieu de leur pardonner, il lui rappelle quand même à leur sujet qu’il est lui l’invoqué le … clément, le miséricordieux.
    وَإِذْ قَالَ إِبْرَاهِيمُ رَبِّ اجْعَلْ هَذَا الْبَلَدَ آمِناً وَاجْنُبْنِي وَبَنِيَّ أَنْ نَعْبُدَ الأَصْنَامَ (35) رَبِّ إِنَّهُنَّ أَضْلَلْنَ كَثِيراً مِنْ النَّاسِ فَمَنْ تَبِعَنِي فَإِنَّهُ مِنِّي وَمَنْ عَصَانِي فَإِنَّكَ غَفُورٌ رَحِيمٌ (36)
    [35] «Seigneur, implora Abraham, fais de cette cité un havre de paix ! Préserve-moi ainsi que ma descendance de l’adoration des idoles [36] qui ont, Seigneur, égaré un grand nombre d’hommes ! Quiconque me suivra sera des miens. Mais quiconque me désobéira… Seigneur, Tu es Clément et Miséricordieux.

    Qui peut prétendre agir de la sorte avec ses pires ennemis ? et pourtant cet homme est censé être notre guide à tous
    اللهم من علينا من خلق ابراهيم و محمد ما نطيق في يسر منك و عافية

  5. Le père des prophète Ibrahim (saws) , qui nous a appelé musulmans, avait détruit les statues (divinité) du temps du roi Néron.

    Traduction (sourat les prophètes) :

    59. Ils dirent: «Qui a fait cela à nos divinités? Il est certes parmi les injustes».

    60. (Certains) dirent: «Nous avons entendu un jeune homme médire d’elles; il s’appelle Abraham ».

    Ce qui veut dire, ceux sont les jeunes qui font la révolution, jamais les vieux.

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