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Le Parlement du Québec se prononce à l’unanimité contre l’islamophobie

Les 125 députés siégeant au sein de l’Assemblée nationale du Québec ont adopté à l'unanimité jeudi une motion déposée par  la formation de gauche "Québec solidaire" visant à « condamner l'islamophobie, les appels à la haine et à la violence envers les Québécois de confession musulmane ».

"Ce dont on s'est rendu compte, c'est qu'un certain nombre de gens mêlent tout : djihad, niqab, islam, radicalisation", a indiqué la porte-parole du parti et ardente avocate de cette motion, Françoise David. "Tout est mêlé, alors qu'en fait – et c'est important de le dire – l'immense majorité de nos concitoyens de confession musulmane ne veulent qu'une chose : vivre en paix au Québec, en intégrant les valeurs québécoises d'égalité entre les hommes et les femmes", a-t-elle ajouté.

"Ils veulent vivre en paix et rejettent toutes ces formes de conservatisme et de radicalisme", a encore insisté François David, en se félicitant d'avoir été entendue et suivie par ses pairs, sans l'ombre d'une objection. 

Le Parti libéral, le Parti québécois et la Coalition avenir Québec ont tenté, de leur côté, de faire supprimer toute notion d'islamophobie du libellé de la motion, mais en vain. "On avait souhaité une portée plus large parce qu'en fait, lorsqu'on a fait la consultation sur la politique publique, il y a beaucoup de gens qui sont victimes d'intolérance", a expliqué la ministre de l'Immigration, de la Diversité et de l'Inclusion, Kathleen Weil, non sans avoir remercié Françoise David pour son initiative.

Québec solidaire tenait à ce que sa motion vise directement la défense de la communauté musulmane, en raison de déclarations inappropriées lues sur les réseaux sociaux et d’incidents particulièrement odieux survenus récemment dans la Belle Province. Françoise David s'est dit scandalisée par l'agression intolérable d'"une femme enceinte de cinq mois, molestée par une bande d’hommes qui l’ont fait tomber par terre et lui ont arraché son voile".

En point de presse, la parlementaire a expliqué qu’à la lumière de certains faits qui l’ont révulsée, elle souhaitait ardemment que "le mot islamophobie apparaisse dans une motion". "Les incidents qui se multiplient depuis quelques semaines sont des incidents qui touchent particulièrement les musulmans du Québec.Il faut appeler un chat, un chat", a-t-elle plaidé avec force, en ne cachant pas son exaspération devant l'instrumentalisation de la peur du niqab, empoigné en épouvantail  utile de la campagne fédérale qui bat actuellement son plein.

"Est-ce qu’il n’y a pas d’autres sujets qui devraient attirer l’attention de l’ensemble des Québécois ?", a lancé Françoise David, visiblement excédée par ces basses manoeuvres politiciennes qui parasitent constamment le débat public, et dont nous ne connaissons que trop, ici, en France, les ressorts maléfiques.

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