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Tourcoing : brûlé au visage par du gaz lacrymogène, Nabil Zane porte plainte contre la police

Lundi dernier, à Tourcoing, la réalité a largement dépassé la fiction pour Nabil Zane, 28 ans, versant dans un film d’épouvante dont il est ressorti le visage bouffi, gravement brûlé au deuxième degré.

Quel danger funeste menaçait donc ce jeune homme au cours d’une journée pour le moins ubuesque, ponctuée de deux contrôles d’identité subis coup sur coup par deux équipes de CRS distinctes, et qui s’est soldée par un gazage lacrymogène à bout portant, en guise de toute réponse à sa protestation contre cet excès de zèle manifeste ?

Victime d’un délit de faciès qui l’a rendu aujourd’hui méconnaissable, Nabil Zane vient de porter plainte contre la police au commissariat central de Tourcoing.

Nadine Morano  lui reprocherait certainement d’être un peu trop typé dans sa France fantasmée «  de race blanche », avec le langage fleuri qui en fait la charretière de la politique de caniveau. Et nul doute qu’elle exulterait en apprenant la suite de son calvaire qui, aussi ahurissant que cela puisse paraître, n’a pas pris fin avec son hospitalisation d’urgence au CHR de Lille et l’incapacité totale de travail d’une durée de 11 jours qui lui a été notifiée.

Non, loin s’en faut ! Le malheureux Nabil Zane n’était pas au bout de ses peines, et alors qu’il revenait chez lui, mercredi après-midi, le visage enveloppé sous un bandage, à bord de la voiture conduite par son épouse, un troisième contrôle policier lui a barré la route. Point de gaz lacrymogène cette fois-ci, mais à la place une interpellation rondement menée, suivie d'un placement en garde à vue pour « outrages » confinant à l’absurde, à moins que ce ne soit à l’absurdité de l’arbitraire…

"J’étais en voiture, c’est ma femme qui conduisait. Les policiers nous ont arrêtés rue Raspail. Ils m’ont dit : Vous savez pourquoi on vous arrête, parce que vous passez votre temps à nous insulter", a-t-il relaté à la Voix du Nord.

L’institution policière se mure, pour l'heure, dans le silence au sujet de la plainte déposée contre elle par Nabil Zane, ce Tourquennois considéré éternellement de seconde zone, passé de contrevenant potentiel à plaignant bien réel…

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