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Le MRAP porte plainte contre Renaud Camus, orateur des «Assises Internationales contre l’islamisation»

Islamophobes de tous les pays, donnez-vous la main… C’est sous ce cri de ralliement que les sombres artisans de la stigmatisation obsessionnelle de l’islam s’étaient donné rendez-vous, le 18 décembre 2010, lors des «Assises Internationales contre l’islamisation», une grand-messe aux allures de croisade contre le péril vert qui aspirait à frapper un grand coup, dans la foulée des «apéros saucisson pinard» ultra-cocardiers.

Dans cette internationale des farouches détracteurs de l’islam et fiers de l’être, la France était représentée par la fine fleur d’une mouvance radicale qui se sent pousser des ailes depuis que la parole raciste et nationaliste est désinhibée. Riposte Laïque, le bloc Identitaire, Résistance Républicaine étaient de la partie aux côtés de l’European Defense League, et ont donné de la voix, martelant que l’islam était une menace devant un auditoire galvanisé.

Alors que l’incitation à la haine bénéficiait là d’une tribune publique inespérée, sans que la République ne s’en offusque, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP), qui avait appelé en vain à son interdiction, s’était ému de la tonalité ignominieuse, et plus encore, tombant sous le coup de la loi, de certaines diatribes, dont celle de l’écrivain Renaud Camus.

Eternelle cinquième colonne verte, l’islam et ses fidèles étaient comparés, dans sa bouche, non pas à  "des voyous, mais à des soldats", dont la mission suprême serait de faire fuir "les indigènes blancs", l’immigration étant présentée comme une agression militaire. Un festival d’analogies, où le grotesque le disputait à l’ordurier, dont entre autres perles, il y eut cette phrase glaçante qui fut ovationnée : "les enfants étrangers sont poussés par leur famille à détester cette culture et cette histoire et cette langue qu’on s’étonne ensuite d’avoir du mal à leur inculquer."

Près de deux ans après, Renaud Camus, président du parti de l’In-nocence, pas si innocent que cela,  fait l’objet d'une plainte déposée par le MRAP. Rattrapé par la portée fielleuse de son discours de décembre 2010, qui a résonné au-delà de l’enceinte extrémiste des «Assises Internationales contre l’islamisation », Renaud Camus est aujourd’hui poursuivi en justice par le procureur Anne de Fontette.

Un extrait de son intervention de décembre 2010, le passage sur l’islam intervenant à partir de 6’30

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