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Le maire qui exhortait à “interdire l’islam” désavoué par les urnes dans les Bouches-du-Rhône

Exhorter à l’interdiction de l’islam, en pensant que ce cri de guerre suffit désormais à faire un programme politique, n’est pas le ticket gagnant à coup sûr dans les isoloirs… C'est ce que vient d’apprendre à ses dépens Robert Chardon, cet ex-UMP battu dimanche à plate couture dans son fief des Bouches-du-Rhône, au cours d’un deuxième tour d’élections municipales partielles qui a définitivement scellé son sort.

L’ex-maire de Venelles, une bourgade de 8 000 âmes située dans le sud de la France, a été exclu de son parti en mai dernier par un Nicolas Sarkozy que l’on a dit ulcéré par son délirium islamophobe aigu, rehaussé d’une pointe de mégalomanie qui a dû achever de le discréditer, déclenchant une houle de protestations sur Twitter où il avait appelé purement et simplement à proscrire le culte musulman en France.

Sa détestation de l’islam ainsi déversée sur les réseaux sociaux et les grands principes de la laïcité ainsi piétinés allègrement ne l’ont pas érigé sur le piédestal auquel il aspirait,  et ce ne sont pas ses références historiques à Louis XIV, auquel il osait se comparer, qui en ont fait le héros du jour mais un dangereux illuminé d’une baronnie locale…

"Je supprime la loi de 1905 et proclame que la république favorise la pratique de la foi chrétienne", décrétait ce petit édile à la tête d'une petite localité, qui prenait ses désirs pour des réalités en jouant les monarques de droit divin. "332 ans après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV on interdit l'islam en France", proclamait-il du haut de son arrogance. Affirmant que "notre culture est judéo-chrétienne", Robert Chardon planifiait déjà des charters ou des embarcations de la honte pour expulser par les airs ou la mer ces citoyens jugés indésirables : "Les contrevenants prendront le bateau ou l'avion (…) L'islam au Maghreb, c'est très bien", écrivait-il sous une plume trempée dans l’encre noire et peu avares de messages anti-musulmans orduriers.

En guise d’apothéose, et aggravant son cas, ce dernier publiait l’image de l’étendard national avec en exergue une légende sarcastique que n’aurait pas reniée la dynastie Le Pen : « Protégez-vous, adoptez un cochon ».

Les urnes ont parlé dimanche en infligeant un cuisant revers électoral à cet élu local sans honneur, qui s’est accroché désespérément à son fauteuil de maire sous l’opprobre général. Et l’on se demande alors pourquoi Nadine Morano, dont les récents propos ignominieux résonnent des mêmes inflexions droitières, islamophobes et racistes, n’est pas bannie à son tour avec le même empressement des « Républicains ». A croire que Sarkozy a l'indignation très sélective et ne craint pas que son porte-flingue en jupon ternisse irrémédiablement le blason de son parti…

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