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Le FBI et sa lutte contre le terrorisme riche en faux complots

Pour débusquer les jihadistes en herbe dans leur repaire sur le sol de la bannière étoilée, rien de tel que de lever une armée de taupes ( plus de 15 000 informateurs souterrains) pour infiltrer leurs rangs, et si possible de leur souffler des mauvaises idées, voire de leur donner envie de passer à l’acte, histoire de prouver l’efficacité du FBI dans une traque riche en intrigues et semée de chausse-trappes…

Mubin Shaikh (photo ci-dessus) fut l’un de ces espions à la solde du renseignement canadien, jouissant d’une totale impunité pour opérer, qui a décidé de dévoiler dans l’ouvrage « Undercover Jihadi » des méthodes de travail très similaires avec celles du renseignement américain, ainsi que ses agissements personnels sous couverture dont il ressort clairement que la fin justifie les moyens pour dénicher des apprentis terroristes, jusqu’à créer des faux complots et fabriquer de toutes pièces des cellules intégristes.

« Il faut qu’ils soient convaincus que vous êtes de leur bord », explique celui qui est passé maître dans l'art de prêcher le faux pour savoir le vrai. Et de raconter son approche d’extrémistes présumés, dans le cadre d’une mission qui lui avait été confiée, mais en se gardant bien toutefois de révéler les graves dérives de certaines opérations qui contaminent les esprits les plus malléables, les conditionnent et pire encore les arment pour commettre des actes répréhensibles qui leur sont souvent totalement étrangers et auxquels ils n’auraient sans doute jamais pensé sans ce mauvais coup de pouce du destin.

« Je lui ai dit: il se pourrait que nous organisions en décembre un camp (d’entraînement au djihad). Tu ne voudrais pas venir former quelques gars ? Il m’a parfaitement compris, mais a répondu: ‘Non mon frère, je suis là pour étudier la religion’. Très bien, j’en ai conclu qu’il n’était pas le genre de type qu’on recherchait, il n’a pas mordu à l’hameçon. Mais si je dis exactement la même chose à quelqu’un d’autre et qu’il répond: 'Oh oui', je ne tends pas là un piège déloyal, c’est lui qui se fait prendre »,, a-t-il relaté en conférence de presse.

Le 10 avril dernier, le FBI se glorifiait de l’arrestation d’un homme de 20 ans, John Booker, sur le point de commettre un attentat suicide à la voiture piégée contre une base militaire du Kansas, selon la version officielle. Or, la réalité était tout autre, le soi-disant dangereux criminel en puissance ayant été un vulgaire pantin dans les mains du FBI, manipulé et mis en mouvement pendant six mois, comme le met en évidence un compte-rendu d’enquête consulté par l’AFPCe sont des agents infiltrés qui ont joué à la fois les grands inspirateurs et les réalisateurs de  sa vidéo de « martyr », allant jusqu’à confectionner et lui remettre une bombe factice, avec un véhicule. 

Dans un rapport de juillet 2014, Human Rights Watch, l'ONG de défense des droits de l'Homme, avait accusé sans détour le FBI de « créer des terroristes » en ciblant des personnes vulnérables, dans des coups montés.

Difficile, dans un tel contexte, de ne pas céder à la psychose quand on appartient à la communauté musulmane Outre-Atlantique, d’autant plus que le FBI justifie la « part de tromperie, d’ingérence dans des vies privées ou de coopération avec des personnes dont le sérieux et les motivations sont sujets à caution », en se gargarisant de la légalité et de la nécessité de telles méthodes dans une lutte anti-terroriste qui fraye dans des eaux vraiment troubles…

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