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Le discours Divin et le discours scientifique humain (4/4)

La cohérence et l’unicité du discours divin face à l’incohérence, la fragmentation et la non-robustesse du discours scientifique humain

  • Quatrième Partie –

    1. Remise en cause de l’induction

L’induction a été déjà remise en cause par Wittgenstein et par Popper. Mais selon notre examen précédent, elle devient inutile puisque les relations entre ces propositions perdent leur importance. Par ailleurs, nous avons déjà affirmé qu’il n’existe dans une théorie que des propositions atomiques1.

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Il n’y a aucune raison à l’existence d’une logique relationnelle, c’est-à-dire basée sur les relations arbitraires établies entre les propositions. La séparabilité logique des propositions trouve son fondement dans l’impossibilité de toute logique pure, une question qui a été examiné dans un article précédent.

Des philosophes et des logiciens à l’instar de Husserl se sont efforcés de prouver l’existence d’une logique pure, mais cet effort se heurte à l’impossibilité d’affranchir les lois logiques de la justification légale et de la réalité substantielle du monde.

Notons ici que Wittgenstein avait déjà condamné sans appel toute logique pure, en affirmant que les propositions de la logique ne sont que des tautologies ne signifiant absolument rien.

Ce processus lié à la philosophie inductive a incité les philosophes et les scientifiques à construire de manière artificielle des connexions entre les phénomènes. Par un mimétisme systématique, les connexions entre les phénomènes ont entraîné, à leur tour, des connexions entre les idées et les propositions scientifiques et qui ne sont valables que dans les limites de la construction théorique.

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Cette genèse a été le fruit des travaux de nombreux philosophes et de savants, dont Ernest Mach et Philip Frank: le premier a affirmé « Le but de la science de la nature est de parvenir aux connexions entre les phénomènes2».

Quant au second, il rappelé que : « Les connexions connues entre les phénomènes forment un réseau ; la théorie cherche à faire passer une surface continue à travers les nœuds et les fils du filet»3 (Frank).

Le concept qui a forgé les esprits autour de la connexion entre les phénomènes et les idées est l’induction (opération par laquelle nous passons de la connaissance des faits à celles des lois qui les régissent).

Mais celle-ci a perdu sa force depuis les attaques philosophiques et logiques dont elle a fait l’objet4. Nous nous contenterons de dire que l’induction ne peut être fondée ni sur la logique ni sur l’épistémologie5et qu’à ce titre, il n’est pas possible que le holisme s’appuie sur elle.

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La conclusion la plus importante de ce « holisme » est que si l’on ne peut ni réfuter ni infirmer une théorie, celle-ci devient ni vraie ni fausse. C’est ainsi que le « holisme des théories scientifiques » est en même temps un « holisme vis-à-vis du statut de vérité » de ces mêmes théories scientifiques. Ces deux versions sont en contradiction avec le principe du « tiers exclu. »

Par ailleurs et comme signe révélateur de la non-pertinence et du dépassement de la philosophie inductive, on peut citer le livre de J. Lachelier, Du Fondement de l’Induction (1896).

Dans ce livre, il est rappelé l’inutilité de faire reposer ce principe sur l’ordre logique (principe d’identité) et sur le principe de causalité. L’auteur en arrive à l’ultime solution qui est le recours aux notions de causes efficientes et finales6.

D’autres philosophes considèrent que le fondement de l’induction n’est autre que la loi de causalité. Selon John Stuart Mill, la loi de causalité est la seule loi de succession qui soit indéfectible et rigoureuse dans la justification de l’induction.

Nous appelons cette loi « première loi de causalité » dans la
mesure où elle évoque un « aspect matériel ». Cette première loi de causalité est similaire au principe de causalité cité par Kant.

Ce qu’il y a de plus surprenant dans l’analyse kantienne, c’est qu’elle considère le principe de causalité comme une catégorie a priori. La loi qui énonce «tout phénomène a une cause » est équivalente à la proposition kantienne : « tout ce qui arrive a sa cause».

Kant présente le principe de causalité comme étant « universel et nécessaire ». C’est pourquoi il est qualifié d’a priori.

Si Hume fait dériver le principe d’une association fréquente de ce qui suit avec ce qui précède et d’une habitude qui en résulte, Kant, pour sa part, l’élève à un rang supérieur qualifié d’a priori et qui représente une condition sine qua none à la légalité de la nature et à la possibilité d’objectiver l’expérience.

Toutefois, la physique moderne apporte une critique fondamentale au principe de causalité sous l’angle matériel, c’est-à-dire en tenant compte de la réalité physique.

C’est le phénomène de la radioactivité qui permet de remettre en cause le principe de causalité. Bien que les physiciens abordent la radioactivité comme un phénomène macroscopique dans la mesure où ils considèrent que la durée de vie d’un élément est calculée sur le temps que met la moitié de cet élément radioactif pour sa désintégration, il est néanmoins impossible de prévoir quand un atome d’un élément radioactif émettra un électron et se transformera en un autre atome et pourquoi.

Cette transformation n’a tout simplement pas de cause.

W. Heisenberg explique cette situation :

« Supposons […] que nous avons affaire à un atome individuel de radium B. Il est certainement plus facile de faire de l’expérimentation sur un grand nombre de tels atomes à la fois, c’est-à-dire sur une petite quantité macroscopique de radium B, que sur un atome individuel ; cependant, fondamentalement, rien ne nous empêche d’étudier également le comportement d’un atome isolé. Dans ce cas, nous savons que, au bout d’un certain temps plus ou moins long, l’atome de radium B émettra un électron dans une direction quelconque et se transformera ainsi en un atome de radium C. En moyenne, ceci se fera à peu près en une demi-heure ; cependant, l’atome peut, tout aussi bien, se transformer déjà au bout de quelques secondes ou seulement au bout de quelques jours. En “moyenne” cela veut dire ceci : si nous disposons de beaucoup d’atomes de radium B, à peu près la moitié sera transformée au bout d’une demi-heure. Mais pour un atome de radium B isolé, nous ne pouvons pas – et c’est là que se manifeste effectivement une certaine défaillance de la loi de causalité – indiquer la cause qui fait qu’il se transforme précisément à cet instant-là et non pas plus tôt ou plus tard, qu’il émet un électron dans cette direction-là et non pas de telle autre. Et pour de nombreuses raisons, d’ailleurs, nous sommes persuadés qu’une telle cause n’existe pas7

Par ailleurs, certains philosophes remettent en cause la loi de causalité d’une façon plus radicale. Voyons à ce propos ce qu’en dit E. Mach : « …dans la nature, il n’y a ni causes, ni effets car la nature n’est présente qu’une fois8 ». Il affirme aussi « La répétition à l’identique de conditions et d’effets similaires, précise-t-il encore, n’existe que dans nos constructions théoriques9»

Il donne un exemple familier mais pertinent : la loi PV=t. pour un même volume V, l’augmentation de la pression P d’un gaz cause-t-elle l’augmentation de la température T ou est-ce l’inverse ?

Mach montre à travers cet exemple qu’il vaudrait mieux parler d’interdépendance que de lien entre cause et effet. Mach affirme ainsi une vérité incontournable : « On caractérise suffisamment la loi de causalité en disant qu’elle est la présupposition de la dépendance mutuelle des phénomènes. Certaines questions oiseuses, par exemple de savoir si la cause précède l’effet ou est simultanée avec lui, disparaissent d’elles-mêmes. La loi de causalité est identique avec la supposition qu’entre les phénomènes naturels a, b, c, d…z, certaines équations subsistent»10.

On peut se permettre ici de rappeler qu’Al-Ghazali a critiqué le principe de causalité afin de défendre l’existence des miracles au temps des prophètes qui ont été révélées dans le Coran, ce qu’Ibn Rushd n’a pas accepté au nom de sa défense désespérée de l’aristotélisme. La physique moderne donne ainsi raison au penseur ascharite. Les versets du Coran qui relatent les miracles peuvent donc être défendus sur la base de ces développements spectaculaires de la physique moderne.

Revenons maintenant à notre critique de l’induction.

Après l’échec de la philosophie inductive basée sur le principe de causalité, d’autres philosophes empiristes comme Bertrand Russel et Whitehead ont soutenu que la vérité d’une proposition ou d’une phrase peut trouver son essence dans certaines prémisses inductives qui ne sont ni vérifiables ni démontrables mais qui sont nécessaires, faute de quoi notre connaissance et une bonne partie du langage scientifique perdraient leur intérêt. Russel recourt à la réfutation classique du réalisme naïf.

Ils cherchent à maintenir l’induction afin de justifier le principe du tiers exclu (soit qu’une proposition est vraie, soit qu’elle est fausse) selon un empirisme logique11.

Mais il s’avère que le logicien Brouwer avait déjà remis en cause le principe du tiers exclu en affirmant que la vérité et la fausseté d’une proposition donnée sont loin de relever exclusivement de l’ordre logique et semblent plus appartenir à l’ordre épistémologique. Selon ce dernier la vérité ou la fausseté d’une proposition comme : « tous les corbeaux sont noirs » doit être analysée tenant compte de sa vérifiabilité et non de l’induction.

Toutefois, nous pouvons rejeter le principe du tiers exclu dans sa forme logico-inductive en se basant sur une meilleure connaissance de nos facultés perceptives et sur une critique de la logique et de l’empirisme, qui sont deux conceptions du réel reposant paradoxalement sur le même dogme, à savoir une croyance fondée sur la distinction entre réalité perceptive et réalité mentale qui est le corollaire du distinguo entre le monde subjectif du sensorium et le monde objectif de la pensée.

Nous pouvons résumer cette problématique en parlant d’une opposition entre deux philosophies, la première est basée sur la perception, redécouverte sur la base des expérimentations modernes et celle qui est basée sur l’induction.

Cette opposition n’a aucune raison d’être chez Russel pour trois raisons
principales.

La première découle normalement de la propension, toute naturelle mais essentiellement illusoire, à voir l’induction agir directement et systématiquement dès l’élaboration intuitive de propositions comme « Henri a vu Marc durant toutes les soirées » et « il a neigé toute la nuit, ce soir ».

La deuxième tient au fait que beaucoup de philosophes croient en l’existence de deux types de propositions : le premier est de nature épistémologique vérifiable et le second est d’essence logique et inductif comme s’il existe deux définitions, épistémologique et logique, de la vérité12.

À partir de là, les logiciens considèrent qu’il est possible de construire à partir des « propositions perceptives » de base des propositions plus complexes en inférant à partir des premières.

La troisième raison est le recourt fréquent à des propositions extra-logiques comme : « il a neigé sur l’île de Manhattan le premier janvier de l’an I de notre
ère
13». Cependant, de telles propositions ne justifient pas le maintien du principe du principe du tiers exclu et de l’induction car notre connaissance d’occurrences de phénomènes ou d’événements extrêmement aléatoires sur une échelle de temps infiniment grande comme très relative, voire impossible.

Il existe toujours une incertitude dans le déroulement des phénomènes physiques dans la nature. La mécanique quantique nous apprend que ce type d’incertitude ou d’indéterminisme s’applique non seulement aux phénomènes de l’infiniment petit, mais aussi dans le monde macroscopique.

La physique nous apprend aussi qu’en présence d’un nombre élevé de paramètres, comme le cas de particules atomiques dans un gaz macroscopique, les notions de prédictibilité et de déterminisme sont inapplicables (théorie du chaos) et c’est justement le cas lorsqu’on parle de prévisions atmosphériques.

Russel considère que la vérité de la proposition précédente, disons P, doit se définir épistémologiquement. P n’est ni vrai ni faux. Russel dit : «… que savons-nous de P, l’histoire nous apprend qu’il y eut un an I de notre ère et la géologie nous assure que l’île de Manhattan existait réellement alors, nous savons que la neige tombe souvent à cet endroit durant l’hiver, c’est pourquoi nous comprenons P, exactement de la même manière que qu’il se rapportait à une chute de neige dont il existerait un témoignage historique. En théorie, un calculateur de Laplace pourrait inférer la météorologie d’époques antérieures exactement comme l’astronomie infère des éclipses. Néanmoins en pratique, ceci est impossible. Non seulement parce que les calculs seraient très difficiles, mais parce qu’un plus grand nombre de données seraient requises que celui que nous pourrons jamais réunir. Nous devons donc admettre que nous n’avons aucune preuve qui nous permet de savoir si P est vrai ou faux, puisque autant que nous puissions voir, nous n’aurons probablement jamais aucune14».

Russel admet implicitement et justement la croyance selon laquelle il ne saurait y avoir d’induction sans causalité, car il s’agit précisément de cela dans sa démonstration. Or il s’avère que le principe de causalité est violé dans beaucoup de processus physiques de la même nature que celui qui a été évoqué, précisément lorsqu’on se trouve en présence d’un nombre très élevé d’éléments.

Dans l’exemple donné par Russel, il s’avère justement que nous ne comprenons pas « P ». La proposition y afférente ne peut se rapporter à une chute de neige dont il n’existerait aucune preuve historique, ou physique, car cette occurrence est très aléatoire, se produisant sur une échelle de temps très grande et relève plus d’un chaos mathématique à l’égard duquel la causalité est
très faible, voire insignifiante et ce, compte tenu du nombre infiniment grand des particules atomiques de l’atmosphère. Avant même de savoir si on pourrait inférer la météorologie d’époques antérieures, il se trouve que la proposition P est impossible ou dénuée de sens.

À vrai dire, il est inimaginable d’inférer quelque chose à partir de cette proposition, ni au nom du déterminisme et de la prédictibilité ni au nom de l’induction. La proposition « P » n’a tout simplement pas de sens.

Concernant des propositions comme : « il a neigé sur l’île de Manhattan le 1er janvier de l’an I de notre ère. » Russel admet en principe les généralisations inductives, car il est possible, d’une part, de croire à la vérité de la proposition à partir du moment où nous avons admis que nous pourrions croire que l’île de Manhattan existait probablement à la date en question et d’autre part, d’admettre « qu’il n’y a pas de raison de refuser qu’il y ait une preuve quelconque, favorable du moins, si faible soit-elle15».

Russel se laisse ensuite entraîner par la supposition vaine en la probabilité d’avoir une preuve que le climat de Manhattan ne s’est pas beaucoup modifié au cours des deux derniers millénaires et ainsi de suite jusqu’à l’admission de la validité du tiers exclu.

Il est du moins étonnant que ce dernier se soit donné tant de mal à admettre la possibilité d’une généralisation inductive avant même d’examiner sa possibilité physico-perceptive et nous avons vu précisément les limites du raisonnement logique concernant des occurrences d’événements incroyablement aléatoires sur une durée incroyablement longue en remettant fondamentalement en cause le principe de causalité et les généralisations inductives16.

Tout ceci dénote les limites des propositions extra-logiques et de l’applicabilité à leur égard du principe du tiers exclu. Mais il faudrait attirer l’attention sur le fait que l’erreur de Russel provient de la méconnaissance du rôle de la perception.

Des phénomènes comme l’asymétrie, l’entropie, le désordre, le parcours du temps, le problème de la mesure en mécanique quantique sont proprement « perceptifs ».

La question de la causalité est secondaire. Il suffit de voir les tâtonnements des physiciens pour expliquer la causalité physique de phénomènes comme l’irréversibilité du temps et pour comprendre qu’en fait nos percepts sont inséparables de la réalité des choses du monde extérieur.

Examinons maintenant une autre proposition : « il y a un cosmos qui ne possède aucun rapport spatio-temporel avec celui dans lequel nous vivons17».
Selon Russel, il n’existe dans ce genre de propositions aucune sorte de preuve.

Dans ce genre de propositions, il n’existe aucun argument inductif ni pour ni contre18.

« Le contraire signifierait soit un accroissement miraculeux de nos propres facultés perceptives, soit des sortes de divinités contemplant tous les mondes qu’elles auraient créés, condition sine qua none pour rétablir le chaînon avec notre propre monde19»

Il en a conclu que la proposition n’est « ni vraie ni fausse », donc incapable de démontrer qu’il existe des propositions qui n’obéissent pas à la loi du tiers exclu.

Toutefois, on pourrait supposer l’inverse de la première proposition : « il ne saurait exister de cosmos qui ne possède aucun rapport avec celui dans lequel nous vivons » et ce, ni au nom du déterminisme basé sur la notion de causalité, ni au nom du réalisme.

Nous pouvons donc considérer que la proposition : « il y a un cosmos qui ne possède aucun rapport spatio-temporel avec celui dans lequel nous vivons» comme fausse.

Par conséquent, le principe d’induction ne tient pas.

Ainsi, rien n’assure que sur le plan logique et épistémologique, la théorie scientifique soit cohérente et robuste et pouvant être considérée comme une base solide pour une extrapolation à d’autres domaines comme la religion et la révélation coranique.

    1. Primauté de la perception sur l’entendement

Cette question est de la plus haute importante. L’enjeu de l’opposition entre la perception et l’entendement est d’ordre scientifique mais aussi religieux. Etant donné que la perception est un attribut humain accordé par Dieu, il devient alors clair que nous observons le monde tel qu’Il a décidé et non par un hasard évolutionniste.

Nous allons montrer dans cette partie de l’article que la perception est un champ plus vaste que la science actuelle a négligé. Par ailleurs, si notre connaissance dépend entièrement de la perception, l’entendement humain ne peut à lui seul accéder à la réalité du monde. C’est en partie en s’appuyant sur l’induction, un concept qui a été remis en cause, que l’entendement humain solitaire est déclaré le véritable générateur des idées.

En réalité, la perception est séparable de l’entendement humain qui est supposé (de manière certes erronée) produire des idées comme entités platoniciennes du monde. La perception n’est pas le produit réducteur du sensorium mais plutôt une génératrice indépendante d’idées sur le monde à travers ce que nous appelons les objets mentaux20.

Pourtant pendant très longtemps on a cru que tout se passait dans notre cerveau et que la raison humaine détermine le champ de la perception. Notre croyance en cette réalité est déterminée par la constatation suivante « La science démontre que notre expérience des choses n’est pas tant objective qu’on pourrait le penser, notre observation des choses est l’effet de ces choses sur nous-mêmes et non de ce qu’elles sont en réalité21 ».

Bertrand Russel illustre bien les limites de la perception telle que définie par l’empirisme : « Nous partons tous du « réalisme naïf », c’est-à-dire de la doctrine en vertu de laquelle les choses sont ce qu’elles paraissent être.
Nous pensons que l’herbe est verte, que les pierres sont dures, et que la neige est froide. Mais la physique nous assure que la verdeur de l’herbe, la dureté des pierres et la froideur de la neige ne sont pas la verdure, dureté et froideur que nous connaissons par notre propre expérience, mais quelque chose de très différent. Quand l’observateur semble, à ses propres yeux, occupé d’observer une pierre, en réalité, s’il faut en croire la physique, cet observateur est en train d’observer les effets de la pierre sur lui-même
22».

Dans la mesure où l’on découvre que la perception est bien plus vaste que la conscience, le réalisme naïf n’a aucune raison d’exister. Ce que nous percevons est le résultat complexe de la coopération imagerie mentale-perception qui met en jeu les mêmes processus neuronaux. Cela veut dire que la perception n’est pas cette fixité sensorielle qui se déclenche au contact de stimulus d’une certaine espèce, mais plutôt la plateforme d’une interaction entre ces stimulus et les idées
qui se créent dans notre esprit.

Les recherches relativement récentes sur la perception ont mis en évidence l’existence d’«objets mentaux ». Cette découverte a une portée décisive puisque elle repousse la frontière entre sensorium et conscience. Les objets mentaux sont les véritables catégories de l’entendement humain.

On comprend alors pourquoi l’empirisme est resté dans un état branlant d’incertitude, incapable de remonter aux concepts des théories scientifiques.

Les
connaissances très pauvres sur la complexité sensorielle et sur la coopération imagerie mentale-perception ne pouvaient permettre de hisser l’empirisme à un statut privilégié. L’empirisme est resté dans une position bien inférieure par rapport au raisonnement inductif théorique.

Le lien entre empirisme et raisonnement théorique ne pouvait être non plus établi de manière tangible et durable ni par l’empirisme logique ni par le psychologisme (après les attaques de Husserl qui a bien démontré la pauvreté de cette doctrine par rapport à une logique pure) ni par l’analytique kantienne. Nous pouvons qualifier cette incertitude comme une rupture avec la réalité : rupture qui transforma l’expérience empirique en une victime expiatoire du raisonnement théorique.

C’est encore Bertrand Russel qui exprime avec précision cette situation. Selon ce penseur lorsqu’on affirme qu’il y a des «ondes sonores dans l’air » (proposition p), on recourt à l’induction, car comment vérifier la vérité de cette proposition puisqu’on ne pourrait jamais percevoir au travers de notre expérience sensible «des ondes » que seulement leurs effets sur notre audition.

C’est justement dans l’établissement d’un lien de causalité supposée garanti par le recours à l’induction pour affirmer la vérité de la proposition : «il y a des ondes sonores dans l’air ».

Mais en fait des concepts qu’on croyait purement inductifs sont en fait directement dérivés de l’expérience perceptive. La proposition « il y a des ondes sonores dans l’air » est, sur le plan épistémologique, équivalente à la proposition « la rafale de vent a entraîné une ondulation dans le champ de blé ». La reconnaissance de la vérité et de l’authenticité de la première proposition recourt à une image mentale qui ressemble fort bien à l’image visuelle courante évoquée dans la deuxième proposition. La vérité de la première proposition : « il y a des ondes sonores dans l’air » n’est pas établie en vertu de l’induction. La forme
ondulatoire est réifiée par les nombreuses occurrences du monde perceptif.

Ce que la forme d’onde représente réellement par rapport aux conceptions scientifiques d’ondes sonores, électromagnétiques ou autres est du même contenu et du même symbolisme que de dire que la forme de sphère existe parce que certaines de nos expériences quotidiennes, visuelles et mentales, permettent de classer certains percepts familiers dans cette définition conventionnelle de sphère.

La différence entre la multitude de ces percepts et l’image réifiée de sphère ou de cercle réside seulement et exclusivement dans cette sorte d’idéalisation, parce que l’esprit humain, animé par une motivation d’ordre métaphysique, a constamment besoin d’une perfection, d’une harmonie et d’une certitude.

Imaginons maintenant cette expérience de pensée : Dans une pièce sans éclairage, ni porte, ni fenêtres, un homme agite un aimant ou un objet électriquement chargé. Selon la théorie de Maxwell, l’aimant devrait
produire des ondes électromagnétiques lumineuses et donc produire de la lumière. Or il s’avère, sans le recours à l’expérimentation scientifique, qu’on ne peut que remarquer que l’agitation d’un aimant ou d’un objet chargé électriquement ne produit jamais de la lumière et ce, bien qu’on sache depuis Maxwell que l’électricité et le magnétisme produisent bien des ondes électromagnétiques.

Le problème ici n’est pas dans l’établissement d’une chaîne causale, puisque
dans notre exemple la théorie de Maxwell établit précisément que l’électricité et le magnétisme sont les forces qui produisent bien des ondes électromagnétiques
constituantes de la lumière. L’écueil réside dans la perception proprement dite de la luminance
.

L’œil humain n’est pas sensible aux ondes émises par l’aimant agité parce que leur intensité est très faible. Mais en réalité cette affirmation n’est même pas suffisante, car si l’on n’a pas besoin de vérifier si la proposition p « un aimant agité produit des ondes électromagnétiques constituantes de la lumière » est vraie, il n’en demeure pas moins que la proposition : « l’aimant agité produit de la lumière » est fausse.

La contradiction n’est pas liée à la causalité parce qu’il ne s’agit pas de démontrer si l’aimant produit bien des ondes électromagnétiques constituantes de la lumière23. Elle n’est pas non plus inductive, car on n’a pas besoin de savoir si on peut démontrer l’existence de la lumière émise sans en avoir une expérience.

C’est plutôt le concept de «luminance» qui est au centre de notre problématique et qui nous fait effectivement défaut dans l’affirmation de la vérité de la
proposition
p.

La nécessité sous-jacente au concept de «luminance» confère à la proposition p non seulement une signification différente mais aussi un statut différent de vérité. La proposition : « un aimant agité produit des ondes électromagnétiques» est vraie alors que la proposition « un aimant agité produit des ondes lumineuses » est nécessaire (nécessairement vraie).

Enfin, il est inutile de considérer une phrase comme « la proposition p est vraie si on observe effectivement de la lumière. Cela fait rappeler le type de phrases découvertes par Russel et qui sont « formées à propos d’occurrences particulières telle que : ceci est rouge, cela est brillant, j’ai chaud maintenant24. »

Au lieu de voir dans ce genre de propositions un trait authentique de la théorie de la connaissance, Russel a été amené à reconnaître finalement l’induction comme nécessaire pour établir le « chaînon manquant » où pour prendre sa propre terminologie l’«interconnexion» avec d’autres phrases.

Nous pensons qu’il n’y a pas que l’occurrence qui puisse donner à la proposition p un statut supérieur de vérité, mais également le fait que la notion de « luminance », qu’elle soit observée ou non, transforme p en une proposition nécessairement vraie.

La lumière en tant que telle n’est pas seulement inhérente au physicalisme, elle n’est pas seulement un objet physique, un phénomène de la nature comme le sauraient être des « ondes électromagnétiques ».

Le concept de lumière est inhérent à la notion de « luminance » qui sans être seulement un mot est beaucoup plus qu’un objet de notre conscience, de notre vie mentale et de nos émotions, c’est plutôt un « concept nécessairement anthropomorphique ».

Des concepts anthropomorphiques existent réellement dans toutes nos théories scientifiques et rien ne peut changer cet état des choses. Des concepts comme luminosité, luminance, force dénotent que le raisonnement anthropomorphique n’est pas la simple survivance d’une pensée primitive remontant aux ténèbres de l’histoire de la pensée humaine, mais qu’il est plutôt un trait authentique de la pensée scientifique. L’oubli de la pensée occidentale à l’égard de ce fait indéniable a été en grande partie responsable de la crise de la philosophie moderne à l’égard du concept de Nature.

Ces propositions sont le résultat de la projection de l’homme sur la nature. L’homme décrit les phénomènes de la nature en s’inspirant de ses propres attributs et surtout des résultats de sa propre perception (force, pesanteur, couleurs, etc.).

Elles sont différentes des propositions vraies en ce que l’élément de nécessité dans la catégorie des propositions nécessaires (anthropomorphiques) est absolument et catégoriquement vrai, cum fundamento in re si on évite des interprétations qui sont souvent hasardeuses25.

La proposition nécessaire se base sur notre connaissance (elle est perceptive), alors qu’une proposition vraie en tant que telle transcende notre perception et elle n’est que le produit de l’entendement en tant que processus isolé du monde. Heisenberg a affirmé que « l’homme se retrouve seul avec lui-même26».

Rien ne nous assure que la proposition vraie : « cinq plus trois égale huit » est nécessaire. La proposition : «la somme des angles d’un triangle rectangle est de 180° » est vraie, mais elle n’est pas nécessaire. Puisqu’elle n’est valable que dans une géométrie euclidienne. Dans le cas d’une géométrie non euclidienne, cette proposition n’est plus vraie.

Depuis des siècles, les géomètres n’ont jamais douté que la géométrie euclidienne (à deux dimensions) avait quelque chose de réducteur et qu’elle n’est pas toujours intuitive, puisque la perception d’un espace euclidien n’est qu’une approximation d’une perception des objets à trois dimensions.

La proposition «en présence d’un champ magnétique, les limailles de fer sont attirées » est une proposition nécessaire parce qu’elle est basée sur l’observation et parce qu’il existe un champ magnétique qu’il est facile d’imaginer et de matérialiser en plaçant de la limaille de fer autour d’un aimant. De ce fait, le champ magnétique devient visible.

Il existe bien sûr en l’absence de la limaille de fer, mais il ne s’agit ici que de vérifier la proposition, non d’établir une loi générale.

La proposition contenue dans la théorie de Kepler sur les mouvements des planètes : «les carrés des temps de révolution des planètes sont entre eux comme les cubes de leur distance moyenne au soleil » est nécessaire parce qu’elle est basée, quoique non exclusivement, sur les observations précises de Tycho Brahé.

Les propositions nécessaires ne recourent pas aux relations causales.
La causalité ne nous permet pas de démontrer la vérité de la proposition : «un aimant agité produit des ondes lumineuses». La proposition : «les carrés des temps de révolution des planètes sont entre eux comme les cubes de leur distance moyenne au soleil», se rapportant à la troisième loi de Kepler, est nécessaire sans qu’on puisse parler de ce qui peut bien causer la révolution des planètes, et c’est précisément cette ignorance qui est l’une des caractéristiques du système de Kepler
27.

Par ailleurs, ces propositions ne sont jamais basées sur le langage qui occulte la perception. Le caractère relativiste des mots du langage est clairement traduit dans la définition donnée par Russel au concept de proposition. Selon lui, « une proposition est définie comme toutes les phrases qui ont la même signification qu’une phrase donnée28» et cela partant du fait linguistique qui nous enseigne que plusieurs formes de mots peuvent avoir la même signification.

Cette définition n’a rien à avoir avec celle relative aux percepts qui eux sont hétérogènes et indubitablement séparables29.

En comparant entre le langage et la perception, on s’aperçoit que le premier possède un pouvoir rhétorique alors que le second dépend de la matérialité de l’attribut physique ou physiologique de l’être humain.

Lorsqu’on dit « César fut assassiné au cours des ides de Mars ». Puis « Aux ides de Mars, César fut assassiné », on décèle cette faculté rhétorique.

Cette faculté est absente des perceptions qui sont immuables et inchangeables. Nous percevons, lors du déroulement du temps de manière irréversible, les processus thermodynamiques comme la chaleur et le froid de manière entropique (les objets passant de la chaleur au froid et pas inversement) et la disposition d’objets comme les cartes de Poker, de l’ordre vers le désordre et nous risquons plus de nous perdre dans une grande ville inconnue que de retrouver le bon chemin. Enfin nous percevons les objets de manière asymétrique plutôt que symétrique.

Nous pouvons même dire que cette faculté d’immuabilité et d’asymétrie est révélée par la mécanique quantique. Dans le cadre de cette mécanique, les mathématiques non commutatives prennent le pas sur les calculs conventionnels qui d’ordinaire tolèrent la commutativité. D’ailleurs, les théories physiques ne peuvent pas prévoir et représenter de manière cohérente l’irréversibilité du temps. Cette dernière est un phénomène exclusivement perceptif.

Si nous partons du principe que la réalité n’est pas indépendante de l’observateur (rejoignant en cela l’une des grandes maximes de la mécanique quantique) nous pourrons facilement comprendre l’idée d’un lien très fort entre notre perception, a priori atomisée, et la réalité extérieure différenciée.

Par conséquent, la fixité, l’immuabilité, l’atomicité et la nature cognitive des percepts prouvent qu’elles sont non seulement supérieures aux catégories et aux concepts de l’entendement tels que ceux imaginés par Kant dans sa Critique de la raison pure mais sont également, ce qui est plus important encore, des attributs de la puissance divine. Ils sont des guides et des lanternes pour permettre aux hommes de voir, d’observer et d’admirer l’univers, création divine par excellence.

Grâce aux objets mentaux rendus possibles par la perception, l’homme peut comprendre ce qu’il voit et surtout connaître les noms de toutes les choses de ce monde.

C’est un verset du Coran qui nous permet d’entrevoir cette importante réalité :

« Et Il apprit à Adam tous les noms (de toutes choses), puis Il les présenta aux Anges et dit: «Informez-Moi des noms de ceux-là, si vous êtes véridiques!» (Dans votre prétention que vous êtes plus méritants qu’Adam)30 ».

Conclusion

Selon l’enchainement logique de cet article, on peut retenir les idées suivantes :

  • Le contenu de tous les versets du Coran possède une unité ontologique et épistémologique puisque il est le produit de la parole divine. Il ne souffre d’aucune fragmentation ou d’incohérence.

Nous entendons par incohérence et non robustesse, la divisibilité d’un discours en plusieurs propositions dont certaines sont fausses ou indécidables.

  • En revanche, le discours scientifique renfermé dans une théorie est fragmenté en une diversité de propositions qui ne sont liées entre elles ni par l’induction ni par aucun autre système logique comme le prétendent les logiciens et les philosophes.

  • Les propositions les plus solides qui permettent de comprendre le monde sont les propositions nécessaires qui sont le produit de la perception. Celle-ci est un don de Dieu puisque sans elle nous ne pouvons comprendre le monde. Nous ne doutons jamais de la vérité de ces propositions.

  • La perception est supérieure sur le plan cognitif aux idées de l’entendement que nous supposons comme vraies. Souvent, se sont des idées fausses qui peuplent nos théories scientifiques.

  • Le discours divin est auto-suffisant selon l’organisation de ses axes principaux (moralité, salut, histoire, cosmogonie et finalisme trans-scientifique du monde). Il n’a nul besoin d’une interprétation hors tradition et hors texte coranique.

  • Les tentatives de certains penseurs pour parvenir à une analyse prétendument scientifique du Coran sont basées sur des fondements erronés. Elles confrontent le discours divin à une pensée humaine finalement, faillible, relativiste et aventureuse.

  • Ce qu’il y a peut être aussi de fondamental à comparer le discours divin à la pensée humaine c’est l’incommensurabilité entre l’infinité de la transcendance divine et le caractère fini de l’entendement humain.

1 Wittgenstein a proposé les propositions moléculaires sur lesquelles repose toute sa théorie des fonctions de vérité.

2 Op.cit. Pierre Wagner, 2002, p. 644.

3 Ibid.

4 Nous n’examinerons pas ce sujet ici.

5 Dans son fameux livre La logique de la découverte scientifique, Karl Popper a remis en cause l’importance de l’induction pour le progrès scientifique.

6 Ceci montre d’ailleurs que la connaissance humaine a cruellement besoin de se référer à quelque chose de transcendantale, d’où la référence aux causes finales.

7 Werner Heisenberg La Partie et le Tout, Ed. Flammarion., p.165.

8 Op.cit. Wagner, 2002, p. 637.

9 Ibid.

10 Ibid.

11Dont une très bonne synthèse nous est donnée dans son fameux livre Signification et vérité, éd. Flammarion, Paris, 1969.

12 Ce qui d’ailleurs est contraire au principe de l’indivisibilité du principe de vérité.

13 Ibid. 301.

14 Ibid.

15 Ibid., p. 302.

16 Nous rejetons le principe du tiers exclu, mais seulement dans sa forme logico-inductive.

17 Ibid.

18 Ibid.

19 Ibid.

20 Un pas significatif dans la voie qui doit mener inexorablement vers cette découverte, c’est la congruence qui existe et qui n’est pas facile à établir entre les percepts ou objets mentaux et les phénomènes physiques tels que décrits par les plus grandes théories, comme celles de la mécanique quantique, de la relativité restreinte et de la thermodynamique. Pour établir ce fait, il est nécessaire de procéder à une véritable critique de la faculté à sentir.

21 Ibid., p. 24.

22 Ibid., pp. 24-25.

23 L’aimant en produit effectivement.

24 La réflexion de Russel concernant de telles propositions (appelées dans bon nombre de ses analyses égocentriques) grâce à laquelle il se démarque du positivisme logique de Carnap, part du principe que la preuve de leur existence ne réside pas en d’autres phrases, mais plutôt en une occurrence singulière qui n’a aucun rapport avec d’autres qui soient antérieures.

25 Jean Ulmo (La pensée scientifique moderne, Flammarion, Paris, 1996, p. 201) donne l’exemple de l’éclipse, qui, pour le primitif, peut être un dragon ayant mangé le soleil. À quelque distance de là, l’éclipse n’est que partielle, le dragon a manqué d’appétit. Un tel exemple montre que la perception est sujette à des interprétations.

26 Op.cit. Heisenberg, p. 27.

27 C’est seulement grâce à la théorie de Newton qui est intervenue bien après les travaux de Kepler que la gravitation été vraiment étudiée.

28 Op.cit. Russel., p. 20.

29 Ce qui a inspiré aux empiristes l’image de percepts « atomisés ».

30 Coran, Sourate 2, 31.

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16 commentaires

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  1. Selon Dostoïevski, “la roulette n’a ni mémoire, ni conscience”. A chaque tirage, on aura toujours une chance sur deux de sortir un rouge, même après une série de 10 “rouge” consécutifs. Par contre, au bout de 100 000 tirages, rouge et noir seront en équilibre presque parfait. On en déduit que la prédictivité est une question d’échelle. Le fait que la prédiction soit d’ordre statistique ne réduit en aucune manière son caractère logique.
    S’il est impossible de prédire un phénomène à l’échelle nanométrique, il est facile de le faire à l’échelle métrique, pour peu que l’on soit informé de la totalité des données. Par exemple, la pression dépendra de la hauteur d’eau considérée, bien qu’elle résulte d’un nombre infini de collisions chaotiques et aléatoires. Ne cherchons pas l’intention là où elle n’est pas.
    De la même manière, la roulette n’a pas l’intention de faire gagner ou perdre le joueur qui mise sur une chance simple.
    La logique mécanique matérialiste vise l’efficacité. Elle ne cherchera jamais à prévoir la trajectoire d’une particule au sein d’un système chaotique. Mais elle permettra de prédire la température d’une combustion, ou d’une interaction nucléaire, avec une précision parfaite. Nier le caractère reproductible de ces observations est aussi absurde que supposer qu’elles sont régies par une puissance occulte.
    L’univers est régi par des lois qui déterminent le comportement de la matière aux échelles moyenne et grande. On parle de la logique terrestre, newtonienne, et de la logique cosmique, relativiste. Extrapoler les lois quantiques aux macro-phénomènes est juste une erreur, de même que supposer que le comportement des particules est régi par une quelconque intention.

    • Vous confondez technique et théorie scientifique. Vous devriez lire ses précédents articles.

      Nos expériences sont justes parce qu’elles sont reproductibles selon un contexte donné, pas parce que nos théories sont justes. C’est très différent. Dès que vous sortez de la technique, il n’y a aucune vérité scientifique en dehors de ce que l’on perçoit.

      Dans le monde de l’innovation, ce n’est pas la théorie qui performe mais les essais et différentes combinaisons qui augmentent non pas notre supposé savoir mais nos supposées connaissances. Tout au plus, la théorie aide à la réflexion mais s’y limiter est impossible. Ainsi, la logique inductive pour arriver à une reproductibilité ne peut pas s’étendre entre différentes expériences pour arriver à une théorie globale sans capacité méthaphysique unificatrice.

      Un matérialiste est un très bon technicien et innovateur mais un très mauvais théoricien et créateur de savoir. C’est pour cela que plus la science s’athéise en obstruant les croyants, plus la source va tarir. Vous ne pouvez pas être un métaphysicien accompli sans spiritualité. L’histoire le prouve.

      En effet, si la science est incapable de décrire la réalité de l’Univers, la religion, elle, a cette prétention. Les deux vont de pairs et ne s’opposent donc pas. Et c’est la capacité métaphysique d’un croyant qui aide à l’élévation nécessaire de la raison pour théoriser scientifiquement. Dieu élève la raison quand l’athée fait du terre à terre uniquement. Un croyant est à la fois terre à terre mais est également capable d’élever sa raison afin de mieux percevoir et comprendre sans se perdre.

      La différence avec l’islam est que son Livre est irréfragable scientifiquement. Ce qui indique la religion mère.

      Dans tous les cas, personne n’a le monopole et chacun a des atouts. C’est surtout ce qu’il faut retenir. L’islam est clair : nous sommes tous égaux sur terre (cela ne signifie pas que nous disposons des mêmes atouts car il est dit qu’en apprenant à se connaître, on s’améliore).

      • @Kalim

        merci pour cette intelligente réponse.
        Je note cependant le fait que même si, parfois, dans le cas de Newton, par exemple, la spiritualité a pu jouer le rôle d’un stimulant à l’imagination, je me réfère surtout à la vision alchimique ce ce chercheur, dans bien d’autres cas, l’inspiration religieuse n’a joué aucun rôle. La Relativité générale, par exemple, a pour origine des expériences de pensée tout ce qu’il y a de profanes.Le fameux “ascenseur spatial” n’est pas mû par le Tout Puissant, ni par aucune force magique.
        Sinon, d’accord avec vous pour conserver cette distance nécessaire entre sciences et religions. Mais la métaphysique, ou la philosophie, ne peuvent plus ignorer les acquis scientifiques des trois derniers siècles. Un exemple parmi d’autres: L’existentialisme sartrien s’est heurté frontalement aux observations de Konrad Lorenz, qui démentaient formellement l’absence de pulsions comportementales innées chez l”homme. (Concrètement, on observait des structures sociales identiques au structures humaines chez le surmulot).
        Par ailleurs, dans la mesure où les religions modernes développent une morale, il n’est pas inintéressant de nous interroger sur la morale naturelle des primates, ou celle, presque identique, des primitifs.
        Enfin, s’agissant des livres sacrés, tout ce qui est vérifiable s’avère faux.
        Dernier point. L’Islam ne saurait être la religion mère, à l’aune des datations couramment admises: Religion juive: Élaborée entre -900 et -400. Religion chrétienne: Issue de la secte essénienne (-100), peaufinée entre l’an 36 (Paul), 75 (les premiers évangiles), et 170, (le début du tri).
        Pour ce qui est de l’Islam, je me contenterai de rappeler qu’il est né au septième siècle, soit 13.7 milliards d’années après la Création.
        Bref.

        • “Religion juive: Élaborée entre -900 et -400. Religion chrétienne: Issue de la secte essénienne (-100), peaufinée entre l’an 36 (Paul), 75 (les premiers évangiles), et 170, (le début du tri)”
          Vos preuves svp. Sinon joli roman appris par coeur.

          “soit 13.7 milliards d’années après la Création”
          Vos preuves svp. Sinon joli roman appris par coeur.

          Ne vous embêtez pas car vos théories ne sont ni vraies ni fausses ni même démontrables et vous êtes juste endoctriné. Vos assertions relèvent de la croyance pure du scientisme religieux sauce judéo-chrétienne.

          Newton croyait en Dieu et l’a cité pour expliquer des phénomènes physiques. Sa méthaphysique était croyante et spirituelle.

          • @Kalim

            – Newton croyait que la Terre avait été crée en six jours il y a 6000 ans. Il donnait aussi dans l’alchimie. Comme quoi même les génies peuvent se tromper.
            – S’agissant de la datation du Big Bang, elle ne fait plus débat. Toutes les revues scientifiques s’accordent sur 13.7 Milliards d’années. Pour ce qui est de la méthode, voir les travaux de Hubble. Sur quels travaux vous appuyez-vous pour remettre en question ce consensus? Les brillantes publications de Yahyah?
            – L’élaboration de l’AT entre -900 et -400 est également bien documentée, même si les écrits les plus anciens remontent à -200. Il est bien entendu très difficile de connaitre le contenu des premières versions, mais il en va de même pour tous les Livres Saints, Coran y compris. … Sans parler des évangiles, dont il existe plus de 20 variantes. La règle semble être: Environ 150 ans pour approcher de la version définitive. On devine aussi que chaque rédacteur a inventé des éléments, si bien que c’est le tri qui détermine le dogme.

          • @Patrice
            Je vous demande des preuves, vous m’apportez des incantations. Je ne doute pas que vous soyez un fervent athéenéen judéo-chrétien et scientiste pur et dur. A chacun sa croyance et sa religion.

            Amitiés

    • “Selon Dostoïevski, “la roulette n’a ni mémoire, ni conscience”. A chaque tirage, on aura toujours une chance sur deux de sortir un rouge, même après une série de 10 “rouge” consécutifs. Par contre, au bout de 100 000 tirages, rouge et noir seront en équilibre presque parfait. On en déduit que la prédictivité est une question d’échelle. Le fait que la prédiction soit d’ordre statistique ne réduit en aucune manière son caractère logique.”
      Les casinos font travailler de grands mathématiciens pour que ces casinos soient, en général, gagnants (sur ce point, on pourrait déjà dire que Dostoïevski n’a pas vraiment raison). Ceci étant, même en faisant abstraction de cet arrangement, les tirages successifs NE SONT PAS réellement indépendants: les résultats d’un tirage donné dépendent du tirage qui l’a précédé (conditions INITIALES) et ceci fait que leurs résultats sont différents. Autrement, si les conditions initiales (toutes sortes de conditions physiques, chimiques – température, humidité, vent, différentes forces, etc-) sont IDENTIQUES pour 2 tirages donnés, qu’est-ce qui interdirait d’obtenir le MÊME résultat ? Pour un exemple très simple que de prononcer 2 fois de suite la lettre “A”, notez que lors de la 2ème prononciation,” l’environnement” n’est plus le même, et le “résultat” ne serait pas forcément le même (exemple, tonalité différente). Ce changement d’environnement fait que, parfois, le résultat obtenu n’est pas celui auquel on s’attendait le plus ! Par exemple, compter la somme des chiffres obtenus après le lancer de 2 dés (idéalement identiques) nous amènerait à dire que la somme 7 l’emporterait (le plus de cas pour cette somme: 6 et 1, 5 et 2, etc.). Pourtant, rien n’interdit d’obtenir la somme 2 (cas le MOINS probable), à cause, justement, de ce changement d’environnement !
      “S’il est impossible de prédire un phénomène à l’échelle nanométrique, il est facile de le faire à l’échelle métrique, pour peu que l’on soit informé de la totalité des données”
      Ce qu’on ne sait pas faire maintenant ne relève pas forcément de l’IMPOSSIBLE, demain. Déjà que certains aspects à l’échelle nanométrique sont BIEN maîtrisés (matériaux, composants, nano-capsules, nano-caméras, etc.). A ce titre, dès que l’athée ne sait pas faire une chose, il la rejette (ils dirent qui ressuscitera ces ossements ? – Dis: IL les ressuscitera CELUI qui les a créés la 1ère fois: Sens d’un verset Coranique).
      “L’univers est régi par des lois qui déterminent le comportement de la matière aux échelles moyenne et grande. On parle de la logique terrestre, newtonienne, et de la logique cosmique, relativiste. Extrapoler les lois quantiques aux macro-phénomènes est juste une erreur, de même que supposer que le comportement des particules est régi par une quelconque intention.”
      L’univers est régi par des lois qui déterminent le comportement de la matière à TOUTE ECHELLE (une seule faille, à n’importe quelle échelle, ferait dégringoler tout l’univers, par effet DOMINO). Voyez-vous une faille dans NOTRE création de l’Univers ? (Sens d’un verset Coranique).

      • @Omar

        Merci pour votre réponse bien argumentée.
        – S’agissant de la roulette, quelques remarques: Le profit du casino vient du zéro, s’agissant des chances simples. Si on met de côté le zéro, la probabilité de gagner est de 50%. Le fait que chaque lancé reparte du précédent point de chute n’a guère d’incidence s’agissant des chances simples. En revanche, le calcul des écarts est exploitable sil’on joue des secteurs (voisins du zéro, pex, quand le secteur semble prometteur.).
        – S’agissant de la mécanique quantique, tout le monde estimait au début, comme Einstein, que le hasard dissimulait une causalité cachée. Mais les superpositions d’état ruinent cette causalité, au point de remettre en cause le concept même de succession entre un événement et sa conséquence. (Cf les travaux de Cyril Branciard). L’hypothèse de Démocrite, qui posait que, connaissant 100% des causes, on en déduirait les conséquences, ne vaut plus à l’échelle nano. La bilocalisation possible des particules autorise en fait plusieurs effets simultanés. Il existe d’ailleurs des conséquences à l’échelle macroscopique, comme la performance inouïe de la photosynthèse (98% de rendement!).
        – Quand bien même les lois de la physique seraient universelles, celle qui régit le nano-monde est la loi du hasard. C’est pourquoi je dis que la logique des macro-événements découle de la statistique.
        – Dans un système chaotique, il est virtuellement impossible de réaliser des simulations au delà de trois événements. Or, dans certains cas, les interactions frisent l’infini. Exemple: l’interaction entre une hélice d’avion et le flux d’air. Aucun ordinateur n’est en mesure d’effectuer ces calculs, mais on dispose de bases empiriques reliant vitesse de rotation, vitesse de l’avion, et profil de l’hélice. (En prenant en compte l’incidence des pales).
        – S’agissant de la perfection des lois de la physique, qui semblent taillées sur mesure pour favoriser l’apparition de la vie, l’hypothèse des multivers s’est récemment enrichie d’une théorie inspirée de Darwin. Une sélection naturelle des univers capables de générer des trous noirs, lesquels généreraient de nouveaux univers fertiles.
        – Cette théorie est non prouvée, bien sûr, mais elle parait envisageable.
        – Dernier point. Le déterminisme musulman me semble un peu surprenant, dans la mesure où il s’oppose au principe même de mérite, alors que cette religion incite à suivre des règles. A quoi bon, si tout est écrit?

        • “A quoi bon, si tout est écrit?”
          A quoi bon regarder un film? Mais le plus marrant dans votre démarche est que vous reconnaissez le besoin d’une finalité.

        • “Le fait que chaque lancé reparte du précédent point de chute n’a guère d’incidence s’agissant des chances simples”
          Selon vos dires, ceci revient à dire que des lancers repartant du même point de chute n’engendrent pas le même résultat. Il y’a donc un indéterminisme. Quelle en est la cause si ce n’est un changement d’environnements qui fait que les sorties (résultats) sont différentes car les données le SONT AUSSI (données=point de chute identique + environnements différents).
          “S’agissant de la mécanique quantique, tout le monde estimait au début, comme Einstein, que le hasard dissimulait une causalité cachée”
          Je viens de l’apprendre de vous car, au mieux de mes connaissances, Einstein ne croyait pas au hasard (sa célèbre expression “DIEU ne joue pas aux dés”, contredit ce que vous dites).
          ” Mais les superpositions d’état ruinent cette causalité, au point de remettre en cause le concept même de succession entre un événement et sa conséquence. (Cf les travaux de Cyril Branciard)”
          Cette superposition d’états ne ruine en aucun cas cette causalité. IBM et Google sont actuellement en compétition pour concevoir des ordinateurs quantiques, basés sur des superpositions d’états (qbits). Ceci étant, ces ordinateurs sont DÉTERMINISTES (le même résultat est obtenu pour les mêmes données). Si vous êtes sûr de votre affirmation, vous n’avez qu’à informer Google et IBM pour arrêter leurs travaux en cours (Ô combien coûteux !).
          “L’hypothèse de Démocrite, qui posait que, connaissant 100% des causes, on en déduirait les conséquences, ne vaut plus à l’échelle nano. La bilocalisation possible des particules autorise en fait plusieurs effets simultanés. Il existe d’ailleurs des conséquences à l’échelle macroscopique, comme la performance inouïe de la photosynthèse (98% de rendement!).”
          Dans ce passage, il faut discerner 2 aspects différents: l’échelle NANO n’est pas forcément en relation avec la physique quantique (superposition d’états). A cette échelle, on peut toujours parler de bits, et l’aspect CAUSALITÉ ne diffère pas pour autant de celui concernant l’échelle MICROMÉTRIQUE, par exemple. Pour ce qui est de la physique quantique, vous utilisez l’expression “ne vaut plus …”. Avez-vous un contre-exemple à ce sujet ? Il me semble que, quand bien même vieille de plusieurs années, la mécanique quantique est encore à ses balbutiements, comparativement à ce qui serait réalisé dans le futur IN CHAA ALLAH. Il y’a donc moult questionnements sur des phénomènes, mais ceci ne veut pas dire qu’ils resteront sans réponse. Au risque de me répéter, quand vous dites que “l’hypothèse de Démocrite ne vaut plus à l’échelle NANO”, et à supposer que ceci a été vérifié dans un cas, rien n’interdit de se poser des questions sur le fameux environnement (expérience menée dans les conditions idéales ?). Avant même d’aller à l’échelle NANO, vous savez sans doute que la fabrication de circuits IDENTIQUES, conçus de manière IDENTIQUE et présents sur le même WAFER ne garantit pas qu’ils fonctionneront TOUS, correctement …. et pourtant ! Ceci étant, les spécialistes ne pointent pas du doigt la causalité, mais cherchent plutôt à connaitre le(s) évènement(s) qui en est (sont) responsable(s). Si de tels questionnements ne trouvent pas encore de réponse dans le domaine de la physique classique, qu’en est-il alors de la physique quantique ? 2 particules A et B initialement intriquées et placées à plus de 1000 Kms l’une de l’autre (record mondial actuellement tenu par les Chinois) prennent simultanément le même état quand A ou B seulement est excitée ! Pourquoi ? Ceci n’est certainement pas un mystère pour les spécialistes, et même si ces derniers n’ont pas toute la réponse, il n’est pas exclu que tout serait élucidé dans le temps.
          “Quand bien même les lois de la physique seraient universelles, celle qui régit le nano-monde est la loi du hasard. C’est pourquoi je dis que la logique des macro-événements découle de la statistique.”
          Encore une fois, il n’y’a pas de hasard … tout est déterministe. Seulement, on n’a pas encore toutes les connaissances qu’il faut pour expliquer un phénomène. Evidemment, les lois qui s’appliquent à une échelle ne sont pas forcément valables à une autre échelle. Par exemple, un robot ouvre ses pinces pour lâcher un objet (exploiter la gravitation). Ceci n’est pas possible pour un nano-robot (les forces électrostatiques sont plus fortes que le poids de l’objet en question). Mais ceci ne veut pas dire pour autant que le monde nanométrique est régi par le hasard (pour cet exemple, il faut trouver un autre procédé pour que ce nano-robot lâche sa prise).
          “Dans un système chaotique, il est virtuellement impossible de réaliser des simulations au delà de trois événements. Or, dans certains cas, les interactions frisent l’infini. Exemple: l’interaction entre une hélice d’avion et le flux d’air. Aucun ordinateur n’est en mesure d’effectuer ces calculs, mais on dispose de bases empiriques reliant vitesse de rotation, vitesse de l’avion, et profil de l’hélice. (En prenant en compte l’incidence des pales).”
          Cette problématique n’est pas propre à un système chaotique. Elle se pose pour de nombreuses applications …. beaucoup plus simples encore (par exemple, le jeu de la tour de Hanoï). Si les ordinateurs actuels ne sont pas en mesure d’y faire face de manière rigoureuse (obtenir le résultat exact), ceci est dû au fait que la complexité algorithmique de tels problèmes n’est pas polynomiale, mais exponentielle. Ceci fait que si la taille des données est large, le temps CPU se situerait à ‘l’infini’ (jours, heures, semaines, mois, années, siècles, etc.). Pour de tels problèmes non polynomiaux, on développe des algorithmes à base d’heuristiques ou de méta-heuristiques, ce qui présente une double difficulté: la méthode doit être polynomiale (pour espérer obtenir la réponse en un temps CPU raisonnable) tout en devant générer une solution de qualité (optimale, voire optimale). En plus de ces efforts de recherche à développer de tels algorithmes, on commence, aussi, à développer des ordinateurs quantiques (on revient à IBM et Google) nettement plus rapides que les ordinateurs classiques.
          “S’agissant de la perfection des lois de la physique, qui semblent taillées sur mesure pour favoriser l’apparition de la vie, l’hypothèse des multivers s’est récemment enrichie d’une théorie inspirée de Darwin. Une sélection naturelle des univers capables de générer des trous noirs, lesquels généreraient de nouveaux univers fertiles. Cette théorie est non prouvée, bien sûr, mais elle parait envisageable.”
          Cette théorie est non prouvée. Evidemment, rien n’interdit de chercher dans cette voie (présence de plusieurs univers).Quant à la théorie de DARWIN, je vous en ai déjà donné des éléments de réponse. Ceci ne m’empêche pas de redire: bizarrement,cette théorie n’a concerné que les espèces du passé (c’est évidemment faux). Pourquoi les singes d’aujourd’hui n’évoluent-ils pas ? Pourquoi l’Homme n’a t’il pas évolué ? Attention, on ne parle pas ici d’acquisition de connaissances, mais bien d’évolution BIOLOGIQUE !
          “Dernier point. Le déterminisme musulman me semble un peu surprenant, dans la mesure où il s’oppose au principe même de mérite, alors que cette religion incite à suivre des règles. A quoi bon, si tout est écrit?”
          Je ne comprends pas bien votre question. Qui vous dit que l’ISLAM s’oppose au mérite ? Il y’a plein de versets coraniques qui prouvent le contraire ! ‘Cherchez dans les fins fonds des cieux et de la terre’; ‘réfléchissez sur la Création des cieux et de la terre’; ‘le meilleur d’entre vous est le plus méritant (au sens large du terme)’; etc. Sens de versets Coraniques.
          Quand bien même tout est écrit, ceci n’empêche pas de rester les bras croisés. A chaque problématique rencontrée (d’ordre social, scientifique, etc.), il faut œuvrer pour la résoudre. Le Prophète Mohamed (que le salut de DIEU soit sur lui) dît “si l’un de vous est entrain de planter un arbre alors que la fin du monde survint, qu’il continue à planter son arbre” !

        • COMPLÉMENT DE RÉPONSE:

          En plus de ces efforts de recherche à développer de tels algorithmes, on commence, aussi, à développer des ordinateurs quantiques (on revient à IBM et Google) nettement plus rapides que les ordinateurs classiques. Cette rapidité est exploitée pour mieux explorer l’espace des solutions (souvent très vastes pour les problèmes non polynomiaux) et donc mieux améliorer la solution.

  2. NON,

    On ne croit pas comme ça !
    La foi est basée sur le fait que le Livre émane bien de DIEU et que celui qui transmet son contenu est son Prophète (miracles Coraniques et Prophétiques, socles d’un raisonnement LOGIQUE qui en découle ). Notons que ce type de raisonnement peut être à la portée de ceux qui n’ont pas de préjugés (une personne peut être intelligente sans avoir beaucoup de connaissances) pour converger vers la VÉRITÉ. Evidemment, les connaissances renforcent plus la FOI.

    انما يخشى الله من عباده العلماء – CORAN –

  3. Ayant lu, avec intérêt, cet article, je me pose les questions suivantes:

    « Notons ici que Wittgenstein avait déjà condamné sans appel toute logique pure, en affirmant que les propositions de la logique ne sont que des tautologies ne signifiant absolument rien. »
    Pourquoi ? La logique de Boyer-Moore (basée sur des propositions) est utilisée, par exemple, pour la vérification FORMELLE d‘un circuit. Par exemple, après la conception d’un multiplieur, on peut faire un nombre important de tests pour confirmer la validité du circuit. Toutefois, comme il n’est pas possible de faire des tests exhaustifs, rien ne dit qu’il n’existe pas 2 nombres pour lesquels le circuit donne un produit faux. Ainsi, cette logique permet de confirmer (si la conception du circuit est correcte) que la sortie S vaut X * Y. Cette fois-ci, cette vérification confirme bien que le résultat est bien un produit, quelles que soient les valeurs de X et de Y

    « Le concept qui a forgé les esprits autour de la connexion entre les phénomènes et les idées est l’induction (opération par laquelle nous passons de la connaissance des faits à celles des lois qui les régissent). Mais celle-ci a perdu sa force depuis les attaques philosophiques et logiques dont elle a fait l’objet. Nous nous contenterons de dire que l’induction ne peut être fondée ni sur la logique ni sur l’épistémologie et qu’à ce titre, il n’est pas possible que le holisme s’appuie sur elle. »
    De nombreux systèmes experts, munis de moteurs d’inférences (ensemble de propositions et règles les régissant) sont utilises avec succès : calcul automatique d’intégrales compliquées, aide au diagnostic de maladies, etc.

    « Théorie ni vraie ni fausse »
    Dans ce cas, certaines propositions qui la composent ne sont que des CONJECTURES.

    « John Stuart Mill (causalite, induction) »
    Pourquoi Mill n’aurait pas raison par rapport a Wittgenstein ?

    «Tout phénomène a sa cause VS atome isole et groupe d’atomes/ C’est le phénomène de la radioactivité qui permet de remettre en cause le principe de causalité. Bien que les physiciens abordent la radioactivité comme un phénomène macroscopique dans la mesure où ils considèrent que la durée de vie d’un élément est calculée sur le temps que met la moitié de cet élément radioactif pour sa désintégration, IL EST NÉANMOINS IMPOSSIBLE PRÉVOIR quand un atome d’un élément radioactif émettra un électron et se transformera en un autre atome et pourquoi. »
    Pourquoi ne pas le dire de cette façon : C’est le phénomène de la radioactivité qui permet de remettre en cause le principe de causalité. Bien que les physiciens abordent la radioactivité comme un phénomène macroscopique dans la mesure où ils considèrent que la durée de vie d’un élément est calculée sur le temps que met la moitié de cet élément radioactif pour sa désintégration, ON NE SAIT PAS ENCORE PREVOIR quand un atome d’un élément radioactif émettra un électron et se transformera en un autre atome et pourquoi.

    « A propos de l’atome de radium B isole nous sommes persuades qu’une telle cause n’existe pas »
    Quelle en est la preuve ? Déjà, les 2 environnements ne sont pas les mêmes. Donc on ne peut pas s’attendre, forcément, au même résultat. Par analogie à cet exemple, prenons en un, plus simple. Je conçois un petit circuit C et je détermine son temps de réponse, disons T1. Je conçois un autre circuit composé de 2 instances IDENTIQUES de C, NON INTERCONNECTES. Les temps de réponse des 2 circuits NE SONT PLUS EGAUX a T1. Ceci est dû au fait que cette fois-ci, on a affaire à un autre environnement : création de paramètres électriques PARASITES qui ont influencé les 2 temps de réponse que l’on s’attendait valoir T1.

    « Mach : dans la nature, il n’y’a ni cause ni effet »
    La sécheresse n’est-elle pas la cause des incendies, du manque d’eau de source, d’une mauvaise moisson , etc. ?

    « Mach : P = V * t »
    Pour un volume donné, si P augmente alors t augmente. Autrement, ce ne serait pas une loi CORRECTE (comment a-t-elle été établie ?) Dans ce cas, moi, Omar, je dirais que le poids d’un homme est P = M / G (et non pas P = M * G). Comment se fait-il alors que pour la même masse, le poids d’un homme est plus important sur la Terre que sur la Lune (sachant que la constante de gravitation sur la lune est inférieure à celle sur la terre) ! Au passage, à ma connaissance, le 2ème principe de la thermodynamique énonce plutôt cette loi : P * V = n * R *T

    « Al Ghazali, Ibn Rushd » :
    DIEU peut changer, à tout moment, SES lois. Pour le commun des mortels d’entre-nous, s’il se jette dans un brasier, il brûlerait (CAUSE à EFFET : L’esprit de causalité est bien présent ici). Pour le Prophète Ibrahim (que le salut de DIEU soit sur lui), le feu a été … fraîcheur et salut !

    « Russel et la neige » :
    Le fait que Manhattan existait en l’An 1, que les conditions météorologiques sont sensiblement les mêmes depuis, et qu’actuellement il neige à Manhattan, n’implique pas forcément, comme dit Russel, qu’il a neigé a Manhattan en l’an 1.
    Preuve : soit F(t) = 1/t si t se trouve dans l’intervalle [t1, t2] ; F(t)= t*t si t se trouve dans l’intervalle ]t2, t3]
    En supposant l’intervalle ]t2, t3] très grand (millénaires), la fonction est CROISSANTE dans cet intervalle (neige durant des millénaires). Pourtant, ceci n’implique pas de chute de neige au temps t1 (la fonction est DECROISSANTE –pas de neige-)

    « Toutefois, on pourrait supposer l’inverse de la première proposition : ” il ne saurait exister de cosmos qui ne possède aucun rapport avec celui dans lequel nous vivons” et ce, ni au nom du déterminisme basé sur la notion de causalité, ni au nom du réalisme. Nous pouvons donc considérer que la proposition : ” il y a un cosmos qui ne possède aucun rapport spatio-temporel avec celui dans lequel nous vivons» comme fausse. Par conséquent, le principe d’induction ne tient pas.”
    Pourquoi ? la 1ère proposition n’est certainement pas vraie : c’est juste une CONJECTURE. Comment peut-on alors parler d’induction à partir d’une conjecture (et non pas d’une proposition vraie) ?

    Ceci étant, je me permets de dire que cet état de “paroles contre paroles” entre des scientifiques (qui ne sont pas forcément des anges) est dû à plusieurs facteurs :
    – Concurrence : dès qu’un scientifique a une idée, avant de la bien penser et la valider, il s’empresse de la publier, par peur que quelqu’un d’autre ne la publie avant lui. Evidemment, quelque temps après, cette idée va s’avérer incomplète, voire fausse
    – Conflit d’intérêts : des fois de bonnes idées ne sont pas publiées. Si l’Histoire de la Physique dit vrai, le Grand Newton n’a pu publier qu’une fois le responsable de la chaire de physique décédé
    – Exploitation de sa renommée : le Grand Schrödinger (fameuse équation de Schrödinger) nous balance, par fantaisie, son histoire de chat à la fois mort et vivant pour nous expliquer la physique quantique
    – Confrontation d’idées : Entre 2 Grands Physiciens que sont Bohr et Einstein. Bohr disant a Einstein que la particule se trouve dans 2 états distincts à la fois, Einstein (qui n’était pas, par ailleurs, contre la mécanique quantique et optait plutôt pour une force-fantôme à déterminer), lui demanda de vérifier de visu. Bohr lui rétorqua alors que si on enlevait “le couvercle”, on fausserait l’expérience (évidemment, si on enlevait le couvercle de la boite contenant le chat de Schrödinger, celui-ci serait ou mort ou vivant, mais pas les 2 à la fois –Normal, expérience faussée !). Ce à quoi Einstein répondit à Bohr ‘je ne vois pas la Lune (elle était dans son dos), et pourtant je sais bien qu’elle est la !

  4. Pour résumer : Soubhanou wa ta’ala!

    Joli texte encore. J’avais peur d’un rejet total de l’induction mais vous l’avez justement remise en bonne place. En science, il faut toujours réflechir à partir des données brutes et comprendre les expériences qui les communiquent.

    Merci à vous

      • PRÉCISION:
        Mon commentaire précédent était une réponse à celui de Pr Sheldon Cooper:

        NON,

        On ne croit pas comme ça !
        La foi est basée sur le fait que le Livre émane bien de DIEU et que celui qui transmet son contenu est son Prophète (miracles Coraniques et Prophétiques, socles d’un raisonnement LOGIQUE qui en découle ). Notons que ce type de raisonnement peut être à la portée de ceux qui n’ont pas de préjugés (une personne peut être intelligente sans avoir beaucoup de connaissances) pour converger vers la VÉRITÉ. Evidemment, les connaissances renforcent plus la FOI.

        انما يخشى الله من عباده العلماء – CORAN –

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