Le bateau français "Le Dignité" a été intercepté par les autorités grecques pour une taxe portuaire de 29 euros.
POURQUOI LIRE :
- Pour comprendre les enjeux de l'interception du Dignité.
- Pour découvrir les réactions de l'équipage et des autorités grecques.
- Pour suivre l'évolution de la situation vers Gaza.
Dernier rebondissement en date : le bateau français “Le Dignité-Al Karama” a été intercepté cette nuit, dans les eaux internationales, par les autorités grecques au motif de… taxes portuaires à acquitter. Yamin Makri, notre correspondant sur place et membre de l’opération “Un bateau français pour Gaza”, relate cet abordage, et nous donne des nouvelles fraîches de l’équipage, qui envisage toujours de repartir, même s’il est pour l’heure bloqué à terre.
Le Dignité intercepté en Crète : une armada militaire déployée pour… 29 euros
C’est une situation aussi surréaliste que tragi-comique qui s’est jouée ces dernières heures au large de la Crète. Le bateau Le Dignité, seul navire de la Flottille de la Liberté à avoir réussi à briser le blocus initial, a été intercepté par les garde-côtes grecs. Yamin Makri, membre de l’équipage et correspondant pour Oumma.com, nous raconte les coulisses de cette arraisonnement ubuesque.
Alors que Le Dignité voguait vers son objectif, il a été encerclé et intercepté hier soir par un déploiement de force disproportionné : deux vedettes de la police maritime et une trentaine de militaires armés. L’objectif de cette opération commando ? Réclamer le paiement d’une taxe portuaire impayée d’un montant de… 29,33 euros.
Une situation “surréaliste”
Joint par téléphone, Yamin Makri, également membre du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien, décrit une scène oscillant entre tension et absurdité. “Est-ce qu’on a besoin de deux vedettes et de trente militaires pour faire payer 29 euros ?”, a ironisé l’un des passagers face aux forces de l’ordre.
Face à cette remarque, les policiers grecs eux-mêmes n’ont pu s’empêcher de sourire. Loin de l’image répressive attendue, l’attitude des autorités sur place s’est révélée “très amicale, serviable, et même gênée”, rapporte notre correspondant.
Le comble de l’ironie a été atteint une fois le navire ramené au port de Sitia, à l’extrême-est de la Crète. Après s’être acquitté de la fameuse taxe et avoir reçu leur récépissé, l’équipage a demandé aux policiers de les aider à faire le plein de carburant. Une requête acceptée par les agents grecs qui ont participé à la manœuvre dans une ambiance bon enfant, plaisantant sur la proximité culturelle entre les peuples de la Méditerranée.
Vers un changement d’attitude d’Athènes ?
Cet épisode laisse l’équipage et les militants perplexes quant à la position réelle du gouvernement grec. Historiquement pro-palestinienne, la Grèce avait surpris par sa position radicale et son alignement récent sur les exigences du blocus, probablement sous la pression internationale.
Cependant, la facilité avec laquelle Le Dignité a été autorisé à repartir après cet incident mineur soulève des questions. “Est-ce que les autorités grecques ont changé leur fusil d’épaule ? On ne comprend pas trop, mais on l’espère”, analyse Yamin Makri.
Cap sur Rhodes… et Gaza
Pour l’heure, le moral à bord est au beau fixe. Le navire a officiellement déclaré faire route vers l’île de Rhodes pour “visiter les belles plages de Grèce”, une destination affichée en toute légalité. Mais pour les militants, l’objectif reste inchangé. Ce ravitaillement à Sitia était la dernière étape technique : le bateau dispose désormais de l’autonomie nécessaire pour rejoindre Gaza.
“S’ils doivent nous arrêter, c’est maintenant”, conclut Yamin Makri. Le Dignité a repris la mer, portant avec lui l’espoir de briser le siège, fort de cette petite victoire symbolique face à l’absurdité administrative.
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