in

La Flottille de la Liberté II : “Le Dignité” vogue vers Gaza, laissez-le passer !

Laissez passer Le Dignité-Al Karama !“. Cri de ralliement et cri du cœur, les “citoyens de conscience“, comme les décrit Stéphane Hessel, montés à bord du bateau de plaisance français ou restés sur la terre ferme en France et ailleurs, appellent avec force à laisser voguer la nouvelle figure de proue de la Flottille de la Liberté II jusqu’à bon port : Gaza.

Bloquée à quai, puis interceptée, avant d’être à nouveau arraisonnée tout récemment, les obstacles les plus insurmontables n’ont pas fait baisser pavillon à la petite embarcation tricolore qui est devenue le symbole de la résistance à un nouvel ordre mondial à la solde d’Israël, dans une régate en solitaire, mais aux couleurs internationales, vers un blocus insoutenable.

Première grande victoire remportée sur l’adversité, “Le Dignité-Al Karama” a triomphé de l’interdiction de naviguer décrétée par la Grèce à la demande expresse du gouvernement Israélien, et c’est depuis le port de Kastellorizo, une perle grecque à la frontière turque, qu’il a finalement hissé les voiles, samedi 16 juillet, avec l’insigne honneur d’être le porte-parole de l’opération.

Avec au gouvernail deux français – le capitaine, Yannick Voisin, et son second – “Le Dignité-Al Karama” a largué les amarres en toute légalité, et voit se profiler à l’horizon Alexandrie, avant de mettre le cap vers sa destination finale : l’enclave palestinienne, dont la levée du blocus est dans tous les esprits.

A son bord, un équipage sans frontières et de tous les horizons, dont deux journalistes de renom, a repris avec détermination le flambeau de cette aventure humaine et humanitaire unique, chacun étant impatient de délivrer son message de solidarité auprès de la population palestinienne :

  •  Amira Hass, journaliste israélienne connue pour ses positions courageuses et ses articles dans Haaretz ;
  •  Ayyache Derradji, journaliste d’Al Jazeera, accompagné de Stéphane Guida cameraman de la chaîne ;
  •  Jacqueline Le Corre, médecin, collectif 14 de soutien au peuple palestinien, PCF ;
  •  Jean-Claude Lefort, député honoraire et président de l’Association France Palestine Solidarité ;
  •  Omeyya Seddik, représentant la Fédération des Tunisiens Citoyens des deux Rives ;
  •  Dror Elimelech Feiler, musicien suédois, représentant de la campagne suédoise “Ship to Gaza” ;
  •  Stéphane Corriveau, représentant de la campagne canadienne “Un bateau pour Gaza”,
  •  Thomas Sommer-Houdeville, représentant de la Campagne Civile Internationale de Protection du Peuple Palestinien, porte-parole de la campagne française ;
  •  Jo Le Guen, sportif et marin célèbre, qui s’est illustré dans la traversée à la rame de l’Atlantique ;
  •  Hilaire Folacci, marin ;
  •  Yamin Makri, membre du Collectif 69 de soutien au peuple palestinien ;
  •  Vangelis Pissias, coordinateur international de la seconde flottille, représentant de la campagne grecque “Ship to Gaza-Greece” ;
  •  Claude Léostic de l’Association France Palestine Solidarité, porte-parole de la campagne française “Un bateau pour Gaza” ;
  •  Jérôme Gleizes, enseignant d’économie à l’Université Paris 13, responsable de la commission internationale chez les Verts.

    Fidèle au poste, Yamin Makri reprend le cours de son journal de bord, en nous offrant la primeur des toutes premières images de ce départ depuis une île enchanteresse, autrefois Ottomane, avec la réaction de Jacqueline Le Corre, médecin et membre du collectif 14 de soutien au peuple palestinien.

    A peine entré dans les eaux internationales, le “Dignité-Al Karama” a été approché vers 5h30 du matin par une navette, vraisemblablement israélienne, qui l’a pris en photo. Image exclusive de la navette prise depuis le bateau français :

    Alors que la formidable ténacité de tous les hommes et femmes de bonne volonté, qui ont porté à bout de bras la Flottille de la Liberté II, a déjà payé, Yamin Makri nous a confié l’émotion qui l’étreint, après moult péripéties éprouvantes et source de cruelles désillusions :

  •  ” C’est du bonheur, de la gratitude, de la fierté. Du bonheur d’abord, après toute cette attente, ces provocations multiples. La persévérance des militantes et des militants en Grèce, à Lyon et à Paris, qui nous ont soutenus, discrètement mais efficacement, a finalement payé. C’est tout à leur honneur. Je suis heureux pour toutes ces personnes, mais aussi pour celles et ceux qui ont exprimé leur solidarité.

    De la gratitude ensuite, pour la patience de notre équipage et de leurs passagers, et cela s’est conclu par une victoire. Nous avons brisé ce blocus grec que l’état sioniste voudrait imposer. Cela n’a pas été facile. Il fallait préserver l’unité du groupe, consolider nos convictions, ne rien perdre de notre détermination, tout en restant très lucides. Merci à eux. Et enfin de la fierté que de pouvoir dire aujourd’hui que, nous, citoyens libres et pleinement conscients de notre devoir de résistance, nous, citoyens du monde, à force d’abnégation et de cohésion, avons prouvé que nous pouvons briser le mur de l’indifférence !

    La “communauté internationale” a de nouveau fait la triste démonstration de son comportement lâche et indigne face au drame et à la résistance du peuple palestinien. Nous serons toujours là pour agir et rappeler à l’ordre les Puissants de ce monde.

    Toutes mes pensées vont vers les organisations françaises et tous les militants qui ont oeuvré pour que l’opération ne soit pas qu’un voeu pieux, et voie le jour. Nous voudrions leur dire que nous sommes très conscients de la confiance qu’ils ont mise en nous. Nous essayons de les représenter dignement et nous ne lâcherons rien. Nous espérons sincèrement, au bout du compte, et quelle que soit l’issue, avoir mérité cette confiance. L’argent récolté, les sacrifices endurés ne seront pas vains, nous vous le promettons.

    Si, demain, nous arrivons à bon port, Gaza, nous serons comblés au-delà des mots et des actes. Ce sera des regards, des sourires, des cœurs qui se rencontrent. Notre seule présence signifiera tant : on est là, le monde voudrait qu’on vous oublie, mais nous sommes venus jusqu’à vous pour vous dire que nous sommes partie intégrante de ce monde-là, et que nous, nous ne vous oublions pas, vous êtes dans nos coeurs.

    Quant à savoir si nous la police maritime israélienne va passer à l’abordage, c’est une crainte, indéniablement. Notre action est basée sur la non-violence. A Athènes, nous avons été initiés aux techniques non-violentes. Face à leur comportement quel qu’il soit, nous resterons dignes et pacifiques. Nous sommes venus rencontrer nos sœurs et frères de Gaza. Nous ne sommes pas belliqueux. Nous ne les craignons pas non plus.”

  • Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    « Ni voilée, ni violée » : Rokhaya Diallo éreinte un très petit livre signé Sihem Habchi

    Jérusalem : le musée de la Tolérance sortira de terre sur des tombes musulmanes