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Le départ de Bachar Al-Assad n’est plus un préalable rédhibitoire

Bachar Al-Assad n'est-il pas un moindre mal pour la Syrie? Cette interrogation commence à tarauder les esprits d'un grand nombre de dirigeants occidentaux, quels que soient les euphémismes et les périphrases utilisés, une nouvelle donne émerge en Syrie.L'intervention directe de l'armée russe aux côtés de l'armée syrienne accentue ce clivage entre d'un côté les rebelles du front Al-Noosra ayant fait allégeance à Al-Qaeda et dont le ministre français des affaires étrangères considérait il y a peu de temps, encore « qu'ils faisaient du bon boulot » ; de l'autre côté, les jihadistes de l'Etat islamique et enfin quelques volontaires de l'armée syrienne libre, organisation bien plus présente dans les hôtels de Londres, Paris et Washington que sur le terrain.

Ces groupes de « jihadistes » possèdent deux dénominateurs communs : l'ignorance et la haine de l'infidèle soigneusement cultivées par des recruteurs qui eux se gardent bien d'aller en Syrie. Leur haine du Président Bachar Al-Assad de confession Alaouite, présentée historiquement comme une branche du Shi'isme est délibérément entretenue par les monarchies pétrolières du golfe dont deux d'entre elles, le Qatar et L'Arabie Saoudite sont dirigées par des princes à la mentalité tribale qui ont mis en place des régimes considérés comme les plus arriérés de la planète.
Malgré ce constat, les dirigeants occidentaux férus de pétrodollars leur déroulent le tapis rouge en permanence. Tout le monde sait que l'Arabie Saoudite, La Turquie, les monarchies pétrolières du Golfe, aidés des Etats-Unis, financent indirectement la rébellion syrienne : composée majoritairement de jihadistes affiliés à des groupes rivaux qui souvent d'ailleurs , animés par de tels enjeux de pouvoir, vont jusqu'à s' entre-tuer mutuellement.

Le minaret, la synagogue et le clocher symbolisaient depuis l'avènement du parti Baath, dans les années soixante : la liberté de conscience religieuse des peuples syrien et irakien. On sait ce qu'il en advint en Irak où un million de chrétiens ont dû fuir ce pays après l'invasion américaine de 2003. Les groupes de la haine et de l'horreur appelés par euphémisme : opposition syrienne, pillent, saccagent les églises, les synagogues, les fresques de la mémoire universelle – la dernière en date fut la destruction de la ville de Palmyre et la décapitation du conservateur de son musée- torturent la population, violent les femmes, les jeunes filles, imposent comme c'est le cas dans les territoires occupés par L'Emirat islamique du Levant l'application de la shari'ah à tous ses habitants : musulmans et non musulmans, obligent les femmes musulmanes et non musulmanes à porter le voile intégral.

Pendant ce temps, le Président Hollande, depuis son arrivée à l'Elysée en 2012 jusqu'aux attentats du 13 novembre 2015, et son ministre des affaires étrangères : Laurent Fabius accusaient le gouvernement syrien des pires exactions et exigeaient le départ de son président avant toute négociation politique. Il semblerait depuis la dernière conférence de presse, que le président français ait légèrement nuancé son propos. De même, après avoir posé dans toutes les instances internationales le départ de Bachar Al-Assad comme préalable à toute évolution de la situation politique en Syrie, Le ministre Laurent Fabius vient de déclarer dans la presse régionale que le président Bachar Al -Assad doit quitter le pouvoir à l'issue de la transition politique.

Une fois de plus, les citoyens épris de la liberté d'information mais aussi d'analyse critique doivent s'interroger en toute légitimité sur la partialité des médias, les plus en vue dans le paysage audio-visuel occidental et français, afin de ne pas céder à une pensée unique ponctuée par les slogans fluctuants du Prince auxquels les citoyens de cette aire socio-culturelle dénommée Occident devraient se soumettre par principe puisque leurs dirigeants appartiennent à l'axe du bien élargi au Qatar, à l'Arabie Saoudite, à Israël contre l'axe du mal incarné par le Président Bachar-Al-Assad, le Président Vladimir Poutine, le Hizbollah libanais. Nous assistons ainsi à une nouvelle version des" croisades" modernes fondées désormais sur un antagonisme plus axiologique que religieux.

Certes, Le Président Bachar-Al-Assad se comporte en dictateur, à l'image de tous les chefs d'Etat de la région. Nonobstant, comment qualifier le régime tribal d'Arabie Saoudite, du Qatar ? Valait-il mieux être une femme en Syrie avant le début de la guerre civile ou en Arabie Saoudite où jusqu'à aujourd'hui, aucune femme ne peut passer son permis de conduire, ne peut sortir de chez elle seule, sans être accompagnée par un mari, un frère, un oncle, un tuteur légal selon la terminologie saoudienne et ce, quelque soit son âge !

Pourquoi les gouvernements occidentaux ne dénoncent-ils pas l'aide militaire et financière apportée par des fondations ayant pignon sur rue dans ces deux pays à la barbarie jihadiste en Syrie ? Pourquoi les Présidents Obama, Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, le premier ministre britannique Cameron, ne condamnent-ils jamais les violations quotidiennes des droits de l'homme en Arabie Saoudite ? Par ailleurs, il convient de rappeler que le terme jihadiste reste un substantif inventé de toute pièce en Occident pour mieux discréditer l'Islam et les musulmans car dans la tradition musulmane, le mot « jihad » se traduit en français par effort personnel, pureté intérieure, ces attributs visent à commettre le bien.

Ensuite toujours dans la tradition musulmane, on évoque le « petit jihad » lorsqu'il s'agit de répondre à une agression émanant d'une instance, d'un groupe extérieur. En l'occurrence, ceux, qui s'autoproclament jihadistes, qui combattent-ils ? Surtout lorsqu'ils viennent de France, de Belgique ou d'ailleurs, ne connaissant rien à la réalité syrienne, ignorant quasiment tout de l'Islam, ne parlant pas un mot d'arabe…Certains de leurs témoignages édifiants justifient leur engagement comme un palliatif à leur errance, leur désœuvrement en Europe. Le fait de partir en Syrie viendrait soudainement donner du sens à leur vie, ce qui expliquerait leur exaltation guerrière de surcroît sur fond de transcendance. Méditons cette réflexion de Victor Hugo: « la guerre, c'est la guerre des hommes, la paix, c'est la guerre des idées. »
 

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