in

Le bel élan de solidarité de la Turquie envers son voisin grec au bord du gouffre

Dans le club très fermé des 28, qui rechigne à s’étendre jusqu’aux rives du Bosphore, mettre la main à la poche pour sauver la Grèce du désastre annoncé dépasse l’entendement, à croire que l’Europe des technocrates n’a pas le cœur sur la main, et tant pis pour la grandeur de l’idéal européen !

C’est à Ankara, du côté du candidat jugé indésirable par cette Union européenne aux confins limités, qu’il faut aller chercher ce petit supplément d’âme et cette main tendue au berceau de la démocratie, par la voix du Premier ministre turc de l'AKP, Ahmet Davutoglu, qui a généreusement proposé l’aide de son pays, se disant prêt à examiner « toute proposition de coopération ».

Tranchant magnifiquement le nœud gordien du conflit non résolu sur Chypre, long de 41 ans, source de forts antagonismes et incitant plus rarement à fumer le calumet de la paix, la Turquie se lève aujourd'hui comme un seul homme pour voler à la rescousse de son voisin au bord du gouffre, son bel élan de solidarité en faisant véritablement un pays à part face à cette Europe inflexible qui lui tourne royalement le dos…

Sitôt suggérée, sitôt entérinée, la proposition de coopération a été officialisée par le ministre de l'économie turc Nihat Zeybekci, ce dernier précisant "qu'elle va être évaluée" dans un entretien au journal grec Ekathimerini"Nous voulons que la Grèce soit forte (…) nous sommes prêts à aider la Grèce à se sortir de la crise économique en coopérant dans le tourisme, l'énergie, le commerce", a déclaré, pour sa part, le Premier ministre turc devant les députés de son parti, indiquant que des "contacts vont être pris avec la Grèce pour organiser une réunion de coopération à haut niveau dès que possible, afin d'étudier des mesures conjointes sur la crise financière" qui touche de plein fouet son voisin et risque fort de le mettre à terre.

Sans ombre au tableau, cette volonté d’envoyer une bouée de sauvetage à la Grèce, et non de lui enfoncer la tête dans l’eau, est partagée par les deux coprésidents du principal parti kurde de Turquie, le HDP, et allié du parti Syriza au pouvoir en Grèce, qui ont exprimé avec force leur "solidarité avec le peuple grec et son gouvernement". "Nous pensons que, plutôt que d'imposer des politiques d'austérité aux peuples européens, il existe des solutions plus raisonnables et acceptables", ont martelé Figen Yüksekdag et Selahattin Demirtas, les deux chefs de file du Parti démocratique des peuples (HDP).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ramadan: comment font les musulmans pour tenir durant la canicule? (BFMTV)

Islam, laïcité, liberté : le difficile chemin de la gauche