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La psychanalyse à l’usage des musulmans ?

S’il est un domaine à l’égard duquel les musulmans sont méfiants, c’est bien la psychanalyse. Alors que, l’introspection selon l’imam Al-Ghazali est du devoir de chaque musulman sincère qui cherche à se réformer et à se remettre en question.

Toutefois l’on peut comprendre que certains tiennent la psychanalyse pour une science hérétique (bid’a ou innovation) parce qu’émanant d’un occident perçu comme diabolisé ou libertaire, mais il faut comprendre que cette discipline permet la prise de conscience de troubles psychiques ou névroses que rencontrerait un sujet à l’égard de sa communauté, de sa condition sociale, de son parcours sentimental ou de sa vie affective, sans pour autant qu’il se culpabilise.

Ce qui a permis cette suspicion tenace, n’est ni plus ni moins que la critique de la Bible chez Spinoza dès le XVI ème siècle dans son Traité théologico-politique (Tome II) et plus tard chez Freud à travers le geste sacrificiel abrahamique qui resteront constitutifs de la philosophie moderne, et qui feront du détachement de la Loi et des écritures scripturaires émanant de Dieu, un paradigme.

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Bien entendu les termes inconscient, névroses, psychoses, libido, psychanalyse, et bien d’autres, sont apparues sous la plume des psychanalystes du XIXème siècle, notamment Freud, et que nous ne pouvons par mesure d’honnêteté intellectuelle et au risque d’anachronisme le dénier

Pour replacer les origines de ce malentendu, on expliquera la naissance de la psychanalyse en tant que telle à l’aulne de son époque sous l’impulsion d’intellectuels et de chercheurs du XIXème siècle, et quelles ont été les conséquences qui ont permis son éclosion ou son apparition. Quant à la polémique sur le débat autour de la question insoluble « la psychanalyse est-elle une science et quelles sont ses origines ? », dans la lancée d’un Karl Popper épistémologue, et de certains polémistes pour qui Freud n’aura fait que plagier les concepts de Nietzsche ; je tiens à préciser que Nietzsche lui-même doit beaucoup à Schopenhauer et surtout à l’incontournable Spinoza. Mais cela nous amène sur un autre débat que nous ne ferons pas ici.

Pour ce qui est du débat judéo-musulman sur les origines de la médecine expérimentale et l’interprétation du rêve (Ibn Sîrîn) et les prémisses de la psychanalyse (Ibn Sina, « Le Livre de la guérison » et A. M. Goichon, « Livre des directives et remarques, introduction à Avicenne ») je ne m’y aventurerai pas, tant le sujet est vaste et passionnant.

Néanmoins, je ne peux m’empêcher de rappeler que Abû Hamid Al-Ghazâli (1058-1111) dans son Daf al-Mudirr al-Kulliya Abdân al-Insâniya, puis plus tard Ibn Al-Wardî (1290-1349) avec son « Al-Lubâb fî ‘Ilm al-Irâb » étudièrent et analysèrent les manifestations psychiques, associées à des chocs émotionnels oubliés et profondément ancrés dans l’inconscient. La thérapie qu’ils dégagent vise à pouvoir amener le patient à rappeler sans censure l’expérience émotionnelle et permettre ainsi sa libération.
Ils formuleront et démontreront que les rêves sont en fait constitutifs du fonctionnement des processus inconscients. Ainsi par une analyse rigoureuse et par le biais du Coran et notamment de l’importance du rêve chez les nabi ou prophètes, dont la figure emblématique est Abraham avec la symbolique du sacrifice de son fils (Ismaël pour les musulmans et Isaac pour les juifs et les chrétiens), qu’il est possible au travers du contenu manifeste de découvrir ou de mettre en exergue son contenu latent qui représente la réalisation d’un désir ou d’une aspiration, ou au contraire, d’une angoisse, d’un trouble névrotique lié à un refoulement.

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Comprendre le contexte des débuts de la psychanalyse en Europe

La psychanalyse n’est vraiment compréhensible que si l’on se représente la morale d’avant-guerre à la fin du XIX ème siècle en Europe et l’idée qu’on se faisait des instincts humains, sans oublier les communautés juives tiraillées entre l’assimilation ou le détachement et le repli communautaire ou identitaire : prix de la modernité ou de la désacralisation ou du désenchantement du monde ; ce que Baruch Spinoza, Franz Kafka, ou Stefan Zweig ont payé chacun à leur façon et parfois au péril de leur vie.

Il faut avoir en tête le poids de cette morale et de ce puritanisme qui a essaimé et codifié durant des siècles à travers l’Europe chrétienne catholique, luthérienne, calviniste, et juive ashkénaze, les règles comportementales et la norme, pour comprendre l’impact de la psychanalyse face à des siècles de retenues agressives, sexuelles et anarchiques de l’individu que l’excès libertaire d’aujourd’hui a mis au grand jour avec toutes ses conséquences psychologiques. (Cf, Dany Robert Dufour, « La cité perverse », éditions Denoël)

Nous ne pouvons encore saisir la psychanalyse et son importance au sein de la communauté juive sans comprendre que de nombreux juifs à l’instar de Franz Kafka ont dû en arriver au « meurtre du père », si scrupuleusement sondé par Freud, pour comprendre son rapport intime à la religion. (Cf, Franz Kafka « Lettre au père » en Poche, et « Journal intime », éditions Rivages poche)

Contrairement à un Sören Kierkegaard père de l’existentialisme dont la figure du père l’aura hanté comme pour conjurer le sort d’un père rentier et perçu comme pêcheur au prix de voir sa nombreuse progéniture mourir à la façon du prophète Job,  Frantz Kafka n’aura vu en son père que l’absurdité de la tradition patriarcale juive entretenue par un ritualisme sans contenu et sans vie : une répétition de gestes et de paroles ancestrales dont il ne comprend plus le sens.

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Kafka, tout comme Spinoza des siècles bien avant lui, éprouvera le besoin de trouver Dieu en dehors de la communauté religieuse, sauf que ce dernier l’appellera Nature et remplacera la Loi par L’Ethique. Dans ce contexte, notamment en France depuis la loi de 1905, il n’est nul besoin de comprendre l’impérative nécessité de se détacher de toute référence ou visibilité religieuse, sachant que le culte n’est plus voué à Dieu et à ses Lois, mais à cet autre idole qu’est la Nation, pour reprendre Nietzsche.

Cette assimilation au moule républicain ne se fit pas sans heurts, sans déni de soi-même, sans renoncements, sans concessions, au point de se renier. Et l’une des figures qui aura atteint ce degré d’assimilation au point d’en être imprégné jusqu’au sang, jusqu’à l’âme, et qui aura marqué bien des générations, de par sa dimension cosmopolite et citoyen du monde, n’est ni plus ni moins que le fameux Stefan Zweig, qui se suicidera pour avoir assisté non pas à la fin du monde, mais à la fin d’un monde, cette Autriche qu’il aimait tant et qui aura sombrée dans le national-socialisme. D’autres personnalités comme Théodore Lessing ne verront dans ces juifs que certains appellent post-marrane ou déjudaïsés, que la figure du juif honteux ou qui ont la haine de soi (Cf, Théodore Lessing, « La haine de soi, le refus d’être juif », édition Agora).

Le vingtième siècle et notre siècle ne seront que le tiraillement entre la figure cosmopolite ou mondialisée et le repli identitaire ou nationaliste du juif et du musulman en situation de minorité. Non pas de l’identité à l’existence, mais du reniement de soi au retour à l’identitaire exacerbé en nationalisme ou extrémisme ou fanatisme religieux ou messianisme.

« Le meurtre du père » selon Freud et la rupture avec la tradition et la religion

Pour Freud le sentiment religieux relève d’un désir infantile et au refoulement de la sexualité. Pour lui, c’est une névrose, la transformation d’une homosexualité à l’égard d’une image paternelle, une sorte d’avatar contaminée par l’image du divin, à la façon d’un Kierkegaard ou d’un Kafka, l’un positivement, l’autre négativement.

Cette geste sacrificielle non pas du fils mais du père est un retournement contre l’ordre établi par les écritures et une rupture avec le modèle patriarcale ancestral. Freud explique dans Totem et Tabou, « Il faut dire que la vengeance du père, renversé puis réintronisé, revêt une grande dureté, que le règne de l’autorité est à son apogée. Les fils soumis ont mis à profit la nouvelle situation pour alléger encore leur sentiment de culpabilité. Le sacrifice, tel qu’il est à présent, échappe complètement à leur responsabilité.

C’est Dieu lui-même qui l’a exigé et en a réglé l’ordonnancement. C’est à cette phase qu’appartiennent les mythes dans lesquels le dieu tue lui-même l’animal qui est sacré pour lui, qui est en fait lui-même. C’est le suprême déni du grand méfait avec lequel la société et le sentiment de culpabilité ont commencé. Il ne faut pas négliger une seconde signification de cette représentation du sacrifice. Elle exprime la satisfaction que l’on ait abandonné l’ancien substitut du père au profit de la conception plus élevée d’un dieu. »

La psychanalyse à l’usage des musulmans ?

Pour conclure après cette courte présentation du contexte et des débuts de la psychanalyse en Europe comme palliatif au sacré et réponse aux troubles et aux craintes liés à la modernité, il est plus aisé de comprendre le rôle que cette discipline a eu et continue d’avoir aujourd’hui dans les sociétés post-libérales ou post-modernes. Au-delà de l’analyse du Coran au risque de la psychanalyse comme le titre du livre de Youssef Olfa, dans un rapport herméneutique et exégétique ou à défaut de réinterprétation à la façon d’un Spinoza, il faut restituer la psychanalyse et la réévaluer dans son contexte d’origine pour en tirer une leçon sur les bienfaits et l’intérêt qu’elle peut avoir dans un monde arabe et musulman en pleine mutation depuis le choc colonial.

Dans la même lancée que les savants musulmans à l’apogée de la civilisation islamique, non seulement se réapproprier cette science de l’inconscient et du cœur, non pas en faire juste une psychanalyse islamique ce qui ne veut rien dire, mais reprendre les outils conceptuels du rapport au père, du complexe d’Oedipe, de la névrose, de l’hystérie, des psychoses, de la libido… et de la réinvestir dans les champs et les problématiques propres aux sociétés islamiques en devenir et en mutation.

Personne ne peut nier les troubles psychiques et les comportements schizophrènes (entre tradition et modernité) que la modernité, ou que d’autres appelleront occidentalisation, a apporté avec les difficultés liées à des situations sociales, économiques, et politiques précaires : pour reprendre le terme de l’intellectuel El-Mandjra « L’Humilocratie » érigée en système.

Cependant, il faut reconnaître de par ses origines et cette volonté de « tuer le père » ou la religion, que la psychanalyse jouit dans le monde musulman d’un capital symbolique ou de confiance plutôt faible voire négatif. Mais si nous l’ajustons dans la continuité d’un Abu Hamid Al-Ghazali à l’instar de son traité de Shifa al-Qulub (Guérison des cœurs), en utilisant la terminologie moderne et en ne se cantonnant pas seulement à la lecture du Coran ou des vertus de la prière ou du jeûne pour guérir, mais en se donnant les moyens de comprendre son mal être de façon rationnelle. Cela ne pourra être que bénéfique dans la compréhension du rapport à soi et à la société.

Une société qui s’auto-analyse et des citoyens et des croyants qui font un travail d’introspection ne peuvent qu’amener à une prise de conscience de soi et du réel pour mieux se comprendre et se maîtriser. Sortir d’une dialectique où tout serait expliqué selon le rapport au bien (Allah, les anges) et au mal (Satan, les démons, la tentation), permettrait d’assumer ses responsabilités et ses actes, dans l’esprit du verset coranique, « Celui qui fera un atome de bien le verra, celui qui fera un atome de mal le verra » et l’esprit du Coran affirmant que chacun porte ses actes à son cou. Quitter ce cercle vicieux de la victimisation ou de la superstition (mauvais œil) tous azimuts, qui confinent plus à la mauvaise foi qu’à la sincérité.

Enfin, à partir de cet effort de réappropriation et de réhabilitation de la psychanalyse de façon académique et démocratique, pouvoir réétudier les mouvements sociaux, politiques ou religieux à l’aulne de cette science pour comprendre leurs impulsions conscientes ou inconscientes. Par exemple, comme l’a souligné Samir Amghar dans son livre « Le salafisme d’aujourd’hui » (éditions Michalon) :« En occident, le développement du salafisme chez les jeunes peut s’assimiler à une forme de rébellion contre les parents. Ces derniers sont accusés soit de pratiquer un islam teinté de superstitions et de traditions, soit d’avoir un rapport lâche à la religion. Le salafisme entraîne ainsi dans les familles des attitudes offensives qui peuvent aboutir à inverser les lignes traditionnelles de l’autorité. Si, à première vue, l’islam de type salafiste apparaît comme un outil pour critiquer l’islam des parents (primo-migrants), ces oppositions s’apparentent, d’un point de vue psychanalitique, à une mise à mort symbolique du père par le fils ».

Ce que montrent et analysent les travaux de Farhad Khosrokhavar de façon pertinente, contrairement à Daryush Shayegan qui essaie d’expliquer la chizophrénie culturelle du monde musulman en basant ses études sur la société iranienne qui n’a rien à voir avec les sociétés maghrébines et ses liens et ses échanges et sa proximité avec l’Europe.

Dans le cas de figure du salafisme en occident, la modernité n’a pas apporté une rupture ou un détachement avec la « tradition » perçue comme authentique, mais une réinterprétation au risque de décréter un modèle « idéal » et « mythique » pour arriver en définitive au même résultat : une acculturation, une désintégration, une fuite de la réalité sociale _ ce qu’Olivier Roy explique à merveille dans son livre « La Sainte ignorance » (éditions Seuil).

Ne plus faire de la figure prophétique un modèle à atteindre, d’autant plus difficile qu’il est l’Elu ou l’Aimé d’Allah ou le Saint par excellence, mais comprendre avant tout sa dimension humaine, et pour cela reconnaître nos failles et nos faiblesses en les acceptants. Enfin, percevoir la psychanalyse non pas comme une fin en soi ou une vérité absolue, mais comme un moyen de se comprendre, de s’analyser par l’introspection et de mieux saisir la société et le rapport à l’altérité, pour en déduire les mécanismes conscients ou inconscients.

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16 commentaires

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  1. Salam ‘alaïkoum, je reviens sur cette page, un truc m’avait échappé, je sais plus quoi, cette saillie sur les jeunes dits salafis, donc opposés à leurpère suggère lourdement l’auteur. N’avez-vous pas l’impression d’une publicité pour attirer le chaland, avec ses gros sabots? On nous suggèrerait si nous avons des enfants en pareille crise, l’auteur la suggère ainsi et ne lui fait pas l’honneur de l’interroger, ni d’en exposer les formes diverses, aussi diverses que chacun en réalité, bon, l’auteur a besoin qu’on lui amène des patients, ça vous as pas choqué? Eh bien j’ai une mauvaise nouvelle à annoncer à l’auteur. Ben d’abord, la qualité un peu générique de salafiya n’existe pas, et puis la mode se perd, c’est fini, il n’y en a plus de vraiment nouveaux. Et d’abord, c’est quand-même étrange, pourquoi ce serait maladif et pourquoi s’en guérirait-on? Pourquoi cette pointe intéressée d’irrationalité dans un article qui se veut rationel? La pensée égarée selon les uns ou droite pour les autres, mettons égarée pour la plupart et peu adéquate aucontexte se dissout delle-même face à la vie, à la réalité. Autrement, ce n’est qu’une expérience qui sollicite le débat dialectique honnête san prendre personne pour demeuré ou malade. Et pourquoi avoir pensé à ça au lieu de suggérer éventuellement la prise-en-charge de jeunes et ados hommossexuels? En d’autres temps, et si c’était politiquement correct, lauteur de l’article l’eut suggéré mais les choses étant ce qu’elles sont, il n’en fait rien et ne propose pas une chose qui se pratiquait autrefois sans aucun résultat bien entendu.

    Y a-t-il des spécificités et parti cularités des Musulmans dans l’expérience personelle de la maladie mental? Non, aucune raison. En revanche, il y a quelques petites particularités non pas Islamiqes, mais culturelles, Arabo-Berbères par exemple, dans l’expression de la schyzophrénie où le patient malheureux, envahi d’un ou de plusieurs personnages dans son quotidien, se croit parfois envahi de jinns. Et là, le mot jinn n’est employé qu’au sens populaire, équivalent à démons, et pas au sens Coranique puisqu’il signifie tout autre chose.

    Maintenant, les gens qui disent faire de l’exhorcisme, des chrétiens ou Musulmans, assurent que la possession est différente de la schyzophrénie. Je ne voi pas pourquoi objectivement. Mais ppourquoi ne pas essayer? On ne sait jamais, les traitements ne sont que palliatifs et parfois lourds, si l’adolescent veut bien, si la cérémonie se déroule dans l’ambiance voulue, si l’opérateur convient au patient. Enfin, le patient est un sujet, un fils, une fille, un être cher, qu’on ne le mène pas consulter un exhorciste, et encore moins un psychianalyste comme on mènerait un animal ou un objet qi nou est à charge. J’ignore hélas si l’amour des parents aide à soigner ces ados, mais l’amour filial plaît à Allah, Qui a toute guérison. Aimer et écouter l’adolescent même dans ses délires, on n’est pas obligé d’y croire bien sûr, mais on respectera autant qu’on pourra une parole malheureuse et une plainte longue.

    Croissant de lune.

  2. Assalamou ‘alaïkoum. Si la psychanalyse est à juger comme un ensemble d’aproches thérapeutiques, non seulement je ne conais pas, mais je ne connais personne qui connaît le moindre cas avéré de bénéfice thérapeutique palpable. C’est mêm plus grave s’agissant des enfants auttistes et leurs parents. Il fallut Michel Onfray et de violentes relectures et critiques pour qu’on admette la supériorité des aproches comportementales, ce qui est aujourd’hui bien admis, donc pa corporatisme, je ne vois aucune autre raison, en France, les psychanalystes ont tenté de résister, faisan fi de l’intérêt des enfants et des parents.

    Maintenant, si la psychanalyse est une pratique suplémentaire d’introspection, bien que j’ignore pourquoi il faudrait pour ce faire une pratique si peu codifiée soit-elle, je ne vois pas la puissance de son apport, on fait un peu comme si les gens avant Freud ignoraient l’introspection pourtant naturelle à l’homme.

    Le rapport dialectique entre la psychanalyse et l’Islam est à incrire plus simplement dans le contexte plus général du rapport dialectique entre psychanalyse et dines. On peut tout dire, tout faire, mais en effet, la psychanalyse va avec la perte du dine, parce que ce n’est pas conciliable et quel que soit le dine considéré. Jai un ami catho qui fut plus jeune tenté par la prêtrise, eh bien il a du mal à comprendre, enfin si il comprend trop bien l’incohérence de certains religieux catholiques ou protestants ça n’y change rien, qui pratiquent la psychanalyse. Et là, il m’a souligné juste l’incohérence puisque l’un exclue l’autre, mais il pouvait souligner l’énorme perte de temps, l’insuccès, puisque si la question est de soigner des gens et de s’occuper d’eux, tant vaut mieux aproches moins chronovores et un peu moins vaines.

    Et moi-même, j’ai écouté un soir un sheikh sur la Jazira, qui parlait de son expérience, c’était soporiffique, enfin, non, lassant mais sans vrai endormissement bienfaisant, je n’ai rien compris. Apparemment il se comprenait tout seul avec son interviouveur,je ne me souviens même plus de son nom tant j’y portais peu d’intérêt. Apparemment si, donc des religieux Musulmans sont aussi investis en psychanalyse, sont-ils conservateur ou progressistes, j’ai pas creusé la question.

    A Michel Onfray, Elizabeth Roudinesco a répondu par, “Pourquoi tant de haine?”rien que le titre est sentimental et atteint au point Godwin.

    Plus le temps passe et plus les psychoses s’avèrent organiques et physiologiques, voire visibles en imagerie. Remarquez, ceci n’empêche pas que si on veut, peut-être le complexe d’Œdipe plus ou moins malvécu ait des effets tangibles, mais, la démonstration, la démonstration? Et l’évaluation, l’évaluation? Qu’on évalue en parallèle cette approche psychanalytique avec des approches dites raditionelles pas démontrées non plus. Elles sont de moindre durée, soit ça marche un peu soit ça marche pas, nul autre que le patient n’est impliqué, puisqu’on essaie de le délivrer des jinns ou démons qui le hantent avec des cérémonies. Il paraît que Jacqueline Mourau, cette hégérie des gilets jaunes est relativiste, elle chasserait de vous au choix, ou les jinns ou les démons selon vos références culturelles, ce n’est pas une psychothérapeute ou hypnothérapeute, enfin elle fait de tout et chante assez bien. Si vous-mêmes ou votre enfant souffre et qu’on ait échoué à le soulager, courez, courez chez Jacqueline Mouraud, vêtu d’un gilet jaune libéral SVP! et un peu d’argent sans doute, sans dot.

    Croissant de lune.

  3. L”humilocratie, c’est exactement ça. Ce terme révèle à mon sens l’ampleur des dégâts occasionnés par ce larguage en règle voulu par un système inégalitaire et criant, fondé avant tout sur le”nous avant eux”.

    Voilà qui va plaire au cas peu laid, la victimisation a encore de beaux jours devant elle.

    Tiens juste un truc le roy de la piquette qui tâche: imagine un instant qu’on jette à la mer(comme le souhaite le pelé) tous les arabes de France et de Navarre et que vous vidiez la France de toute espèce d’arabité. Devine qui va aller leur casser les bonbons à nouveaux quand le râle gaulois reprendra ses droits et que vous vous apercevrez qu’il fait bien vide chez vous? Faudrait savoir à la fin on est de trop ou on est les bienvenus?

    • Rachid, avez-vous déjà pensé à un début de psychanalyse ?
      Comme je l’ai déjà dit, trop de religion peut atteindre gravement le cerveau.
      Et votre cas m’inquiète. Pourquoi ne pas consulter au départ un CATTP (un centre d’aide thérapeutique à temps partiel), relevant de l’hôpital public, qui ensuite pourra vous orienter.
      Tenez-moi au courant, Rachid. Je souhaite vous aider.
      Courage.

  4. La dépression est la maladie du XXIème siècle. Ni Freud ni la Roqiya (récitation coranique) n’en viendront à bout (a part peut-être sous un effet placebo. Hein Patrice;)).

    Les causes sont pourtant bien connues. Forcément, dans un monde où tout s’achète, tout, ou presque, se solutionne (loi de l’offre et de la demande) on vous vendra le remède et/ou la discipline miracle.
    Et beh quoi ? Est-ce à dire qu’il n’y avait pas de dépressifs au moyen-âge ? Sûrement, mais il n’en faisaient pas étalage. Il étaient trop occupé pour ces quelques maux de tête (ou mélancolie au milieu du troupeau de mouton). Les questions existentielles, le future, toussa, c’est pour ceux qui ont le temps de se remuer les méninges.

    • @Foulan

      L’œuf ou la poule? les courbes décrivant les ventes de médicaments psychotropes sont quasiment les mêmes que celles quantifiant les cas de dépression.
      Difficile de lier la multiplication des dépressions aux conditions de vie, surtout juste après la guerre. On passait de l’Occupation aux trente glorieuses, avec de l’opulence et du travail pour tous. Plus globalement, les conditions de vie au XIXème et durant la première moitié du XXème étaient assez pénibles: 12 heures de travail par jour, les guerres, les maladies, etc.
      La dépression a été inventée par les médecins. C’est leur vache à lait.

  5. Je ne vois pas les musulmans recourir à la psychanalyse puisque Sigmund Freud était juif.
    En plus il a parfois étudié le rapport entre la religion et ce que l’esprit peut subir, lorsque la religion est appliquée à haute dose.
    Donc les musulmans ne peuvent pas recourir à la psychanalyse. Ils doivent apprendre par coeur.

    Remarquez, les juifs non plus : leur religion sort du même tonneau moyen-oriental, et leur réflexion est effacée par les traditions.
    Allez, plus c’est ancien, et plus on doit y croire.

  6. Toutes les études de l’OMS prouvent clairement la caractère placebo de la psychanalyse, une thérapie horriblement coûteuse, et beaucoup moins efficace que les thérapies comportementales, lesquelles font jeu égal avec…. Le sport, dans le traitement de la maladie mentale!
    Est-il nécessaire de rappeler le fait que Freud n’a jamais guéri un seul malade? Par contre, il a gagné beaucoup d’argent. Juste pour mémoire, il refusait de soigner les pauvres.
    A noter au passage le fait que la psychiatrie est tout aussi inefficace. On soupçonne même les antidépresseurs d’être responsables des maladies mentales, dans neuf cas sur dix. (Vous perdez votre job. Le toubib vous abonne à sa came, et vous devenez vraiment fou).
    Par expérience, j’aurais tendance à dire que le mieux est de patienter, en menant une vie saine. (Si tel n’était pas le cas). Ce qu’on appelle dépression est très souvent en lien avec de gros malheurs: Séparation, deuil, chômage, maladie chronique, ennuis d’argent, enfants turbulents. Médicaliser le désespoir, c’est ajouter des problèmes.
    Enfin, le XXème siècle a inventé un nombre hallucinant de médecines bidon. Homéopathie, hypnose, etc. Mais la psychanalyse bat quand même tous les records, avec des traitements hebdomadaires sur une durée de 20 ans, qui transforment généralement le patient en geignard haineux. (Tout ça, c’est la faute à papa…).
    Sauve qui peut!
    Sinon, je conseillerai aux nombreux intervenants qui prisent Onfray (…) la lecture de son pavé sur Freud, qui est un vrai régal. Un peu long, mais vraiment démonstratif. On y explique entre autres comment le maître à penser de la libération sexuelle soignait l’onanisme par injection d’eau glacée dans l’urètre. Ca ne s’invente pas (comme le génocide indien).

      • @Ness

        On se fait plein d’idées fausses sur Freud, issues d’une légende construite à sa propre gloire par le gourou. C’est ainsi qu’on en a fait un chantre de la libération sexuelle, un homme de gauche, un ennemi déclaré du nazisme, ce qu’il ne devint que tardivement après avoir tenté de négocier. On ignore aussi que Freud fut d’abord un mauvais magnétiseur avant d’inventer la psychanalyse sur l’unique socle de sa propre expérience (celle de son auto-analyse). Pas la moindre observation de cas cliniques, pas la moindre expérimentation! Il s’est mis à soigner des gens du jour au lendemain, sans jamais obtenir ne serait-ce qu’une seule guérison. Tous les patients qu’il se vante d’avoir soignés ont en fait terminé à l’asile!
        Quant à sa théorie, c’est juste la théorisation de sa névrose propre, puisqu’il haïssait son père et adorait sa mère. Tous ses soi-disant diagnostics ramènent à cette généralisation pour le moins abusive. C’est le fameux complexe d’œdipe, mis à toute les sauces. (à différents stades de la maturation sexuelle, selon le client).
        Enfin, les successeurs de Freud ne valent pas mieux que le maître. Certains ont même fait de gros dégâts comme Bettelheim avec les autistes.
        Le seul mérite de Freud est d’avoir formulé le concept d’inconscient, pompé sur Schopenhauer, et celui de névrose, volé à Nietzsche. (Sans jamais les citer!).

        • C’est vrai que lorsqu’on réduit mai 68 à une révolution sexuelle en occultant Marcuse entre autres
          on peut traquillou démolir Bettelheim qui a fait plus que n’importe qui pour les autistes.
          Quant à Freud il n’a peut-être pas eu la solution mais il a bien identifié la cause du moment, la frustration sexuelle et ses tabous ce qui n’est plus valable pour l’occident l’est pleinement pour les musulmans.

          • @Spera

            Bettelheim a surtout fait plus que n’importe qui pour Bettelheim. …Et contre les parents des malheureux patients, accusés de tous les maux de la Terre. Ses théories sont heureusement totalement abandonnées.
            Quant à Freud, les seules choses intelligentes qu’il a soutenues ont été pompées sur Schopenhauer ou Nietzsche. Le refoulement, c’est Nietzsche. Idem s’agissant du rejet des tabous religieux. L’inconscient, notion intéressante, même si Freud peinait à le définir, vient du Wille de Schopenhauer. Mais Freud niait avoir jamais lu l’un ou l’autre, alors qu’il possédait leurs œuvres complètes dans sa bibliothèque.
            Enfin, 68 fut bien une révolte hédoniste pratiquement a-politique. On a beaucoup entendu les gauchistes, mais le mouvement leur échappait totalement. Certains partis trotskistes, comme l’OCI, n’ont même pas participé aux manifestations! Après les accords de Grenelle, signés par les partis conventionnels, les émeutiers ont viré hippies. Sex, drugs, and rock and roll, tandis que les gauchistes rentraient dans leurs coquilles et se coupaient du monde. La nouvelle religion a fait un bide. Et, 10 ans plus tard, on pénétrait dans l’ère de l’argent roi. Les hippies montaient des agences de pub, tandis qu’Arlette entrait dans les ordres dans l’indifférence générale. Quant à Marcuse, j’aimerais bien savoir qui est parvenu à le lire? Un masochiste?

        • @Patrice pas de répondre possible sous votre com

          Pour Bettelheim je n’ai pas votre connaissance approfondie sur la culpabilisation des parents je n’ai que le souvenir bouleversant d’un reportage en plusieurs parties de Daniel Karlin qui m’a fait découvrir l’autisme et surtout les enfants autistes parce qu’à part les USA qui à l’époque en parlait ? Avec surtout des enfants qui s’en sont sorti et franchement quand on les voit au début dans le bac à sable c’était pas gagné.
          Pour les parents à l’époque et quelque soit le problème ils étaient culpabilisés. Je suis d’accord c’était pas forcément juste enfin pas dans ce cas.

          • @Spera

            Tout comme vous j’ai cru aux thèses de Bettelheim dans les années 70. J’ai même lu son bouquin. En gros, Bettelheim faisait de l’autisme un trouble névrotique en lien avec le désir inconscient des parents de tuer le gosse. Il fallait donc le séparer des parents, et le placer dans un milieu plus favorable, en l’entourant d’affection, de caresses, etc.
            Aujourd’hui, on sait que l’autisme est une maladie généralement congénitale dû à une anomalie du système nerveux central. Certaines connections sont absentes. En attendant de pouvoir réparer les dégâts, on utilise des méthodes de rééducation sans bien sûr couper l’enfant de sa famille. A noter aussi le fait qu’on a enfin abandonné des pratiques totalement imbéciles comme l’enveloppement dans des linges glacés (!). Bettelheim n’est pas en cause. Par contre, il semblerait que pas mal de guignols aient expérimenté sur les gosses des théories ineptes.
            En fait, on a en général à faire à des malformations congénitales du SNC, sans doute en lien avec les pesticides. Les cas se multiplient donc au même rythme que les cancers.
            Bref, Bettelheim avait fait d’une malformation congénitale une maladie névrotique, ce qui est tout simplement une erreur. Autant que je sache, le psy a quand même obtenu quelques améliorations transitoires, qui régressaient après la sortie du HP. Plus grave encore, il a culpabilisé les parents de ces malheureux, et pourri leurs relations avec leurs gosses.
            Sciences et Vie a publié plusieurs articles sur ce sujet, assez bien documentés. Enfin, les thérapeutes déments sévissent encore de loin en loin.
            Je note aussi le fait qu’aucune thérapie psychanalytique n’a fait les preuves de son efficacité. Pour les névroses légères, en revanche, les TCC donnent de bons résultats en peu de temps, à moindres frais. Le principe consiste à corriger le comportement névrotique directement, via des conseils. C’est exactement le contraire de la psychanalyse, qui cherche à rechercher les causes profondes du traumatisme. Or, rien ne prouve qu’on pourrait y parvenir, ni que le fait d’y parvenir aurait un effet curatif. Juste pour mémoire, nous oublions nos cinq premières années de vie, et 99% des cinq années suivantes. Ce qui est effacé ne reviendra pas. Par contre, on peut inventer des faux souvenirs. Parfois, ça aussi, ça fait des dégâts. Surtout quand la “régression” est pilotée par un dingue.

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