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La Chine se dote d’un parc à thème pour promouvoir sa “vision positive” de l’islam

Immense terre de contrastes, la toute-puissante Chine ne pouvait engendrer qu’un paradoxe saisissant pour tenter de redorer son blason en matière d’islam et de droits de l’homme à la face du monde : un gigantesque parc à thème qui a un coût, 3,5 milliards de dollars, et le fabuleux pouvoir d’occulter la répression implacable menée contre les musulmans en général, et les Ouïghours turcophones en particulier…

Pour adoucir son image et faire taire les critiques virulentes qui condamnent l’effroyable sort réservé à cette ethnie musulmane de la province du Xinjian, l’oppresseur chinois a lancé un grand chantier censé faire de lui un parangon de tolérance, mais pas n’importe où : en plein cœur de Yinchuan, la cité phare du Ningxia, la région autonome dominée par les Hui, ces musulmans qui parlent le mandarin, ne sont pas associés au « terrorisme » et jouissent de la relative bienveillance de Pékin.

Le « World Muslim City », ce parc unique en son genre, plus ludique, voire folklorique que foncièrement pédagogique, où les visiteurs musulmans venus des quatre coins du globe – gràce à un terminal spécial mis en place dans l'aéroport de Ningxia et des vols directs depuis la Mongolie et la Jordanie – pourront s’émerveiller devant le « Palace Doré » en forme de mosquée et se laisser éblouir par un spectacle son et lumière inspiré des Milles et Une Nuits, ou encore se déguiser en musulmans du terroir en revêtant des atours traditionnels, devrait être finalisé d’ici à l’horizon 2020. C’est à cette date butoir que la Chine entend promouvoir très largement sa « vision positive » sur l’islam, imprégnée d'un parfum d’orientalisme dont les effluves sont exhalés à dessein.

Une vision qui s’inscrit dans la continuité des plans ambitieux nourris par le président en personne,  Xi Jinping, et détaillés dans son livre blanc publié en janvier, visant à accroître l'influence de son empire au Moyen-Orient.

Alors que le parc d'attractions Yinchian a déjà ouvert ses portes au grand public, force est de constater que le succès massif n’est pas encore au rendez-vous et que la main de fer du pouvoir frappe toujours aussi durement, même enveloppée dans ce qui n'a que l’apparence d’un gant de velours…

 

 

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